« Nous défendrons ceux qui subissent les carences de la puissance publique »

La nouvelle Ligue des libertés veut remettre le droit au service du peuple face aux dérives idéologiques de la justice.
entretien_ecrit CARAYON

Fondateur de la Ligue des libertés, avocat au barreau de Paris et vice-président de l’Union des droites pour la République, Guilhem Carayon entend investir le terrain juridique qu’il juge délaissé. Tout juste créée, la Ligue des libertés se donne pour objectif d’engager des contentieux stratégiques afin de remettre, selon ses promoteurs, le droit « au service de l’intérêt général et du peuple ».

 

Aliénor de Pompignan : En créant La Ligue des libertés, souhaitez-vous contraindre la justice à répondre aux attentes de la population française ? Sur quels sujets cette attente vous paraît-elle la plus forte ?

Guilhem Carayon : Nous partons d’un constat : le droit est trop souvent instrumentalisé. Depuis des années, certains acteurs, notamment une partie de la gauche, mènent une forme de guérilla juridique en utilisant le contentieux comme une arme politique pour neutraliser l’action de l’État, affaiblir son autorité et imposer un agenda idéologique. Nous considérons qu’il s’agit d’une dérive de la justice et de l’État de droit. C’est pour y répondre que nous avons créé cette association, qui réunit des avocats, des juristes, des universitaires et des personnalités de la société civile. Notre ambition est de porter devant les tribunaux la voix de ceux qu’on n’entend plus, afin que le droit redevienne un instrument de protection de l’intérêt général et du peuple.

Concrètement, nous défendrons ceux qui subissent les carences de la puissance publique : les familles, les contribuables, les entrepreneurs, les collectivités. Nous serons particulièrement actifs sur la protection de l’argent public et la lutte contre le gaspillage, en engageant la responsabilité de l’État lorsque ses défaillances sont caractérisées, notamment en matière de sécurité, d’aide sociale à l’enfance ou de politique migratoire.

Nous agirons également pour défendre la liberté d’expression contre les logiques de censure, et mènerons des actions relevant de la guerre économique face aux stratégies d’influence et aux risques de déstabilisation.

A. de P. Sur la question migratoire, entendez-vous attaquer l’État lorsque des personnes sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF) sont jugées pour des atteintes aux personnes ?

G. C. C’est précisément l’enjeu d’un contentieux que nous comptons engager dans les prochaines semaines. L’objectif est d’établir le lien de causalité entre l’inexécution d’OQTF et les préjudices subis par certains justiciables, qu’il s’agisse d’agressions, parfois sexuelles, de viols ou de crimes.

A de P. Vous dénoncez une justice aux mains de la gauche. La Ligue des libertés sera-t-elle un outil de reconquête juridique pour la droite ?

G. C. L’association ne se revendique pas comme de droite. Je suis personnellement de droite, mais la Ligue des libertés rassemble des profils divers. Nous comptons notamment Noëlle Lenoir, ancienne ministre, engagée au Parti socialiste et première femme membre du Conseil constitutionnel. Notre ambition est d’être transpartisans. Notre seule boussole est le respect du droit, à travers des actions contentieuses stratégiques lorsque l’intérêt général et l’intérêt national l’exigent. Il s’agit d’un droit capable de protéger d’abord les victimes, de garantir l’ordre républicain et d’assurer la sécurité de tous. Pour nous, la loi doit être appliquée, non détournée, notamment au service de logiques communautaristes. C’est le sens de notre engagement.

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Méfions nous de gens qui créent une structure chargée de l’impossible sans avancer la moindre idée pour parvenir à leur but.

    • Et bien, si !
      L’idée qu’elle serait bonne , serait qu’elle soit subventionnée par l’état où des fonds privés .
      Mais toute entreprise qui se veut d’aller contre des habitudes établies se doit de démarrer , » petit  » parce que sinon suspecte .
      Le contenu me plaît car d’utilité publique dans un tel contexte.

  2. Je crains que cette Ligue des Libertés ne joue les troublions par rapport à l’Institut Pour la Justice, qu’elle devrait au contraire rejoindre, et renforcer, du fait.

    • Je ne pense pas qu’elle intervient dans le même registre. Celui de l’Institut pour la justice est spécialisé dans la défense du statut de victime et je pense que celui de la ligue des libertés est dans la lutte contre l’intrusion trop militante des idéologies dans les façons de concevoir la justice et dans lesquelles ne se retrouve pas nécessairement le judiciable .

  3. formidable !!!!!…..mais devant les juges rouges…..les décisions seront les mêmes……et surtout enterrées…..
    encore de grandes idées ! honorables……mais qui ne changeront rien

  4. « Notre ambition est d’être transpartisans. Notre seule boussole est le respect du droit, à travers des actions contentieuses stratégiques lorsque l’intérêt général et l’intérêt national l’exigent. Il s’agit d’un droit capable de protéger d’abord les victimes, de garantir l’ordre républicain et d’assurer la sécurité de tous. Pour nous, la loi doit être appliquée, non détournée, notamment au service de logiques communautaristes. »

    Un seul mot = BRAVO Monsieur!

  5. Et si on commençait par dissoudre ce douteux Syndicat de la magistrature et déchoir de leur poste tous ces juges qui s’en réclament, et les condamner aussi pour le fameux mur des cons, ce serait un bon début

  6. Vaste programme, ça revient à nettoyer les écuries d’Augias avec les mains liées dans le dos.
    Tous mes voeux de réussite !

    • Je pensais également aux écuries d’Augias… À quand un grand tsunami dans l’écurie France?…Qui aura le courage d’ouvrir les vannes pour le grand nettoyage? Allez les politiques de tous bords, un peu de courage.

  7. Tiens, tiens !
    Guilhem Carayon, fils du député ex-RPR devenu UDR, et avocat Bernard Carayon, celui qui rêvait de privatiser les services publics, à commencer par l’électricité « au nom de l’Europe » (je me suis bien informé). C’est vrai, les services publics, quelle plaie, n’est-ce pas ? Surtout que la Commission européenne a pris au mot un tel souhait et on voit ce qu’est devenu le « marché commun » de l’énergie : une vraie catastrophe !
    Cela commence mal…..

    Fonder une association juridique « de défense des libertés ». Ah bon ? Mais il y en a déjà ! l’ASL dont BV a présenté les activités le fait déjà. Et puis ce jeune avocat ne connaît-il pas le « cercle droit et liberté » qui, il me semble a déjà un groupe de travail sur ce thème.
    J’aurais aimé que cet avocat soit un peu plus critique sur certaines politiques publiques : comme celles qui ont été mises en oeuvre au titre de la « crise sanitaire » dont tant de textes – usine à gaz – ont été votés par les parlementaires – dont ceux du Rassemblement national- avec des atteintes fondamentales aux libertés et à la vie privée. C’est curieux qu’il n’ait eu aucun mot pour en parler.
    « Vous dénoncez une justice aux mains de la gauche ». C’est ce que rapporte Mme de Pompignan, journaliste. Gageons que ce soit vrai : voilà un bel exemple de populisme et cette fois c’est un avocat qui s’exprime de cette manière. Ah bravo ! Je ne vais revenir sur ce thème (et on sait que je ne suis pas le seul parmi les lecteurs à l’aborder) ; j’en ai parlé récemment, en dernier lieu en réponse à « Ainoha » sous l’article de Nicolas Gauthier. Mais qu’un juriste s’exprime en ces termes, cela me laisse pantois !

    • BREF … Encore un qui prend les français pour des « lapins de 3 semaines » ! …
      LA FRANCE est vraiment mal barrée ! … dans TOUS les sens du terme ! …

      • Pleurons et allons nous coucher la mort dans l’âme.
        Qui ne tente rien n’a rien. Me Carayon tente quelque chose, ce qu »on ne saurait critiquer a priori, sauf que c’ est inadéquat.

    • Un CDL polémique, non structuré et bien peu clair. En particulier : « une justice aux mains de la gauche ». C’est ce que rapporte Mme de Pompignan, journaliste. Gageons que ce soit vrai : voilà un bel exemple de populisme et cette fois c’est un avocat qui s’exprime de cette manière. Ah bravo !  » Or tous les avocats et juristes qui savent ce dont ils parlent (à la différence de vous) savent cette évidence qu’on ne peu dissimuler en se limitant des mots-hochets comme  »populisme ». Relisez donc le ‘Mur des C… » Et les  »discours » du Directeur de l’ENM.

    • Un avocat défend son client, de quel bord qu’il soit.
      De plus qu’importe de quel bord politique est son client.
      Triste de voir ce genre d’argumentation.

      • ça c’est de la théorie
        d’ailleurs, vous pouvez constater que les avocats de gauche défendent les gauchistes et que ceux de droite défendent, en pricipa les victimes / avez-vous vu Me de Montbrial défendre des LFistes ?

      • Je n’y crois pas une minute pour avoir eu affaire a plusieurs reprises à des avocats
        L’ideologie très à gauche sans parler du wokisme a le vent en poupe et pas seulement chez les magistrats et cela intervient dans le » coeur qu’ils vont mettre à l’ouvrage  » , si je puis dire. Certains articles de loi leurs conviennent idéologiquement plus que d’autres.
        Et je conseille à toute personne qui est novice en la matière de se préparer mentalement et méthodiquement avant de confier son dossier à un avocat.
        Déjà , il ne faudra pas attendre de celui ci une quelconque empathie pour les faits que vous leur soumettrait . Deuxio ce ne sont pas des assistantes sociales . Et ils ne sont pas neutres par rapport au personnes , et ont aussi leurs à priori . qui va parfois de développer plus de bienveillance pour votre adversaire que pour vous pour des raisons qui ne devrait rien à voir en justice . Ce qui influera necessairemenr et en amont dans la défense qu’ils vont développer pour leur client .
        En dernier lieu pour eux c’est le droit , et toujours le droit mais avec tout de même des préférences parmi le nombre de sujets et les articles qui s’y rapporteront.
        Ils sont souvent à invoquer la confiance necessaire entre eux et leurs clients mais celle ci se construit et ne se décrète pas .
        C’est comme l’éthique et probité derrière lesquelles ils se réfugient en permanence pour dire qu’ils vont traiter de façon égale toute personne qui s’adresse . Mais comme l’a dit Coluche en son temps  » il y a des gens plus égaux que d’autres ! » .

  8. Merci Guilhem, en Occitanie les Jeunes arrivent pour remettre du baume au cœur de Tous les Patriotes. Soutien total. Stop aux Juges Rouges.

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