Opération Dudula : en Afrique du Sud, ce mouvement qui lutte contre les clandestins
Des citoyens qui contrôlent les papiers à l’entrée des hôpitaux publics afin de débusquer les migrants qui abusent du système… Cela se passe en Afrique du Sud, au moment même où Johannesburg accueille le G20 !
Ces dernières semaines, divers hôpitaux du pays ont été ciblés par Opération Dudula, nom du groupe qui pratique ces contrôles d’identité pour empêcher les illégaux d’accéder aux soins. Sans violence, mais en les redirigeant vers les hôpitaux privés. En Afrique du Sud, l’accès aux soins publics est gratuit : c'est une pompe aspirante pour les migrants venus du Zimbabwe, du Lesotho, du Mozambique, voire de beaucoup plus loin (Nigeria, Éthiopie), attirés par l’équivalent de l’AME locale. Le système de santé zimbabwéen étant proche de zéro, le système de santé sud-africain paraît paradisiaque. « Notre problème, explique Tholakele Nkwanyana, membre de Dudula, c’est que l’afflux d’étrangers est trop important et que les médicaments sont insuffisants ». Loin de la France soi-disant raciste, l'immigration ne semble pas plus heureuse...
Des vétérans de la branche armée de l'ANC
Le mouvement Opération Dudula a émergé durant la crise du Covid-19, où l’accès à la nourriture et aux soins est devenu un sujet plus que sensible, du fait des clandestins surnuméraires. Dudula, en zoulou, signifie « repousser » : autrement dit expulser. Son slogan est « Notre économie — Notre héritage ». L’une de ses campagnes a été « l’Afrique du Sud d’abord ». Une sémantique qui fleure bon l’extrême droite ? Pas exactement. Dans ce mouvement composite, on trouve par exemple des syndicalistes, ceux de All Truck Drivers Foundation (Fondation de tous les chauffeurs routiers). Ils revendiquent l’union des routiers « pour empêcher que nos emplois ne nous soient volés au profit des ressortissants étrangers ».
On trouve aussi des vétérans de la branche armée de l’ANC, jadis rassemblés dans le Umkhonto we Sizwe Military Veterans Association, laquelle a été dissoute. Le uMkhonto weSizwe était, selon la définition de Jeune Afrique, « l’armée secrète de Mandela contre l’apartheid ». À son origine : des militants de l’ANC et des membres du Parti communiste (South African Communist Party). Loin de l’idée d’un combat pacifique que les médias attachent ordinairement à l’action politique de Nelson Mandela, ils ne furent pas des anges. Aujourd’hui, bien sûr, le Parti communiste sud-africain se désolidarise totalement de Opération Dudula. Il « condamne fermement les actes de justice privée anti-immigrés et appelle à la solidarité de la classe ouvrière ».
Bientôt un parti politique ?
Amnesty International attribue aussi à Opération Dudula des actions violentes contre les migrants. Le problème n’est pas nouveau, dans le pays. En 2008, déjà, une soixantaine de migrants avaient été tués. Un massacre passé presque inaperçu, dans un pays classé 5e au monde en matière de criminalité.
L’Afrique du Sud montre que lutter contre l’immigration illégale n’est pas assimilable à du racisme. Opération Dudula est à majorité, sinon exclusivement, noire. Son logo, un poing noir dressé, n’est pas sans faire penser au mouvement Black Lives Matter. Dudula n’est pas, non plus, assimilable à une « idéologie d’extrême droite », étiquette inapplicable à d’anciens hommes de main de l’ANC.
Les membres du groupe, qui ont manifesté ce 22 novembre aux abords du G20, ont été arrosés de lacrymogène, en particulier l’une de ses responsables, Zandile Dabula. « C’est triste que la force qu’ils emploient contre nous, ils ne l’emploient pas face aux criminels », a-t-elle commenté. Début novembre, la justice avait interdit à Dudula de bloquer les accès aux hôpitaux : comme ailleurs, ceux qui tentent de sauvegarder leur pays sont plus durement traités que ceux qui y entrent illégalement. Mais Dudula a décidé de ne pas plier. Le mouvement devient peu à peu un parti politique qui reflète les préoccupations d’une partie des Noirs sud-africains excédés par l'immigration incontrôlée.
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8 commentaires
Pas d’Europe pour leur mette le joug et les fouetter à grand coup de propagande ou de sanction! Ça me fait rêver un frexit contre cette dictature de Bruxelles (devenu le Belgikistan entre temps).
Bel exemple d’un pays où la population est souveraine (pas de LFI je présume là bas)
On ne peut pas parler vraiment de « racisme » en l’occurrence là non ? Chez nous, pour les mêmes raisons, si tu l’exprimes t’es un nazifachôd’ekstrêmdroëtnauséabondkiékout’ cnews.
Faut envoyer des députés LFI en Afrique de Sud pour soutenir les migrants contre Dabula juste pour voir comment ils vont étre bien reçu.
L’Afrique du sud n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde…Tiens, cella me rappelle quelque chose.
Les membres du groupe, qui ont manifesté ce 22 novembre aux abords du G20, ont été arrosés de lacrymogène, en particulier l’une de ses responsables, Zandile Dabula. « C’est triste que la force qu’ils emploient contre nous, ils ne l’emploient pas face aux criminels, » a-t-elle commenté.
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Tiens! Ça me rappelle un autre pays moins exotique!
Un air de déjà vu dans le pays des gaulois. Comme c’est étrange, qu’en pense la gauche.
Ayant vecu 10 ans aux Émirats arabes Unis.
Il n y avait pas de clandestins. On leur rend la vie impossible.
Ils peuvent rien faire sans carte de séjour biométrique valide.
Du coup ceux qui ont un visa expiré demande a repartir.