[PEOPLE] Russel Crowe explique le succès de Gladiator par « le fondement moral » de l’histoire
Certains films deviennent des références pour toute une génération : c’est le cas de Gladiator, sorti en 2000, un succès mondial qui appelait une suite, sortie, elle, en 2024. Sauf qu’elle n’a pas rencontré le même succès ; il faut dire que les attentes du public étaient grandes. Russell Crowe,, qui jouait le fameux général Maximus dans le premier opus, explique au micro de la radio australienne Triple J, que Gladiator II est « un malheureux exemple du fait que même les personnes impliquées dans sa production n'ont pas vraiment compris ce qui rendait le premier film si spécial ».
Un succès mondial à la suite décevante
« Mon nom est Maximus Desimus Meridius, commandant en chef des armées du nord, général des légions Félix, fidèle serviteur du vrai empereur Marc Aurèle. Père d'un fils assassiné, époux d'une femme assassinée, et j'aurai ma vengeance dans cette vie ou dans l'autre. » Tout le monde se souvient de la tirade du général déchu devenu gladiateur faisant face, au cœur de l’arène, à l’empereur usurpateur Commode : un symbole de courage et d'honneur qui a séduit à la fois les jurys de prix et le public.
Gladiator a été à la fois un succès commercial : 466 millions de dollars de recette, pour un budget de 103 millions, et pas moins de cinq Oscars™, dont celui du meilleur film et du meilleur acteur pour Russell Crowe. Encensé par la critique, nombre de ses répliques sont devenues cultes et, depuis 2001, les fans réclamaient une suite que Ridley Scott a fini par leur accorder en 2024. Le second opus, malgré un énorme budget de 310 millions de dollars, a généré peu ou prou la même recette que le premier. « Ce n'est pas un échec cuisant, mais c'est loin d'être en phase avec le premier » explique l'acteur : en chiffres relatifs, et en prenant en compte l'inflation, effectivement, on est loin du triomphe du premier, qui a tant marqué les esprits.
Pour Russell Crowe, la production n'a pas compris ce qui avait tant plu dans Gladiator : « Ce n'était pas le faste. Ce n'étaient pas les circonstances. Ce n'était pas l'action. C'était le fondement moral. » Ce qu’avaient porté aux nues les spectateurs en 2000, ce n’était donc pas un péplum bien réalisé dans des décors impressionnants et des costumes historiques, non, c’était l’histoire universelle et édifiante d’un homme qui a tout perdu sauf sa fidélité, son honneur et sa force d'âme. Comme l'écrivait le critique cinéma de BV Pierre Marcellesi, Gladiator II n'était qu'une pâle copie du premier volet, une façon de surfer sur le succès sans se donner trop de mal : « Le premier Gladiator allait à l’essentiel, compensait la simplicité de son récit par une mise en scène lyrique, solennelle, voire contemplative, et par des dialogues inspirés, là où Gladiator II n’en finit pas de broder autour de ses diverses intrigues et ne laisse aucune place à la mélancolie ni au silence. Ultra-rythmé, foutraque, boursouflé, le scénario se perd en cours de route. » Sur le site Sens critique, les avis des internautes sont sans appel : « Dans le premier opus, les combats dans les arènes étaient épiques. Là, ils sont encore plus sanglants et gore, à la limite du ridicule [...] »
Des valeurs morales au simple divertissement
« Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas », disait Napoléon, et Gladiator II, sans la profondeur morale de Maximus, semble bien l'avoir franchi. Gladiator II met en scène Lucius, le neveu de Commode et le fils de Lucilla, mais, pour faire un lien avec le film précédent, laisse entendre que ce dernier est le fils de Maximus : « Donc, parallèlement à sa relation avec sa femme, il couchait avec cette autre femme ? De quoi on parle ? C'est dingue ! », s’indigne Russel Crowe. C’est vrai que cela semble plutôt incohérent, dans la mesure où le premier film montre la revanche du général romain après l’assassinat par Commode de son épouse et de son fils, la fidélité à sa famille et la loyauté à son empereur servant de colonne vertébrale à tout le film.
L’acteur rapporte même dans l’interview qu’à la sortie du deuxième film, de nombreuses femmes en Europe sont venues lui demander des comptes et qu’il a été obligé de se justifier : « Mais ce n’est pas moi, je n'ai pas fait ça ! » Une émission de Radio France rapporte que l’acteur ne faisait pas que jouer Maximus : « Russell Crowe ne s’est pas contenté de jouer le rôle de Maximus : il a également fait tout son possible pour donner de l’épaisseur à son personnage, et plus largement au scénario, en cherchant constamment à apporter des améliorations au script et aux dialogues. » D’ailleurs, l’acteur l’explique aussi dans l’interview de la semaine dernière, il s’est battu pendant le tournage du premier film. Il y avait « une lutte quotidienne sur le plateau pour préserver l'intégrité morale du personnage », par exemple en évitant « les scènes de sexe ou des choses comme ça pour Maximus », qui lui auraient « enlev[é] son pouvoir ! » Gladiator n'est pas qu'un bon et beau film : il est édifiant, et c'est cela qui marquait les spectateurs.
Pour Russell Crowe, le succès de Gladiator n’est pas celui d’un film hollywoodien qui en met plein la vue, c’est le triomphe des valeurs morales, de l’honneur, du courage et de la fidélité. Quand Gladiator édifiait, proposait profondeur et transcendance, le deuxième était un divertissement, un bon spectacle. Quand Lucius est un gladiateur ambitieux et féroce, Maximus incarnait parfaitement l'Homme décrit par Kipling, celui qui « peu[t] voir détruit l'ouvrage de [s]a vie/Et sans dire un seul mot [se] mettre à rebâtir ». En tout cas, l'honneur et la loyauté ne sont finalement pas si démodés, aux yeux de nos contemporains, et Russell Crowe n'a pas tout à fait laissé tomber le glaive de Maximus !
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18 commentaires
Excellente analyse.
La moralité de Maximus transcende la fresque historique, et persistera dans le temps comme une œuvre majeure.
Ciselée, d’une loyale justesse, aucune parole ni scène de trop, incarnation parfaite de qui suis-je, quelle vie intérieure pousse à agir, vers une pérennité universelle d’une vie accomplie et morale.
Gladiator 2 nous a fait une 300 2!
Je retiens certaines scènes comme celle avec musique ad hoc frénétique, barbare, en Afrique et puis soudain, les nuages et en vue aérienne, Rome, dont le seul nom fait frémir, la musique wagnérienne, la pompe et la puissance, la foule, l’empereur, les images à la Mussolini, les tambours, les choeurs écrasants, la gloire.
Il est presque constant que les suites voire les « remakes » n’arrivent pas à la hauteur du premier « jus ». En surfant sur un premier succès on ramasse encore un peu d’argent mais le contact n’y est plus. Et c’est également vrai pour certains livres.
Il est constant dans la nature humaine d’apprécier particulièrement la nouveauté d’un sentiment agréable. C’est relaté par toutes les civilisations anciennes, la répétition lasse: la pub n’a rien inventé. Une seule fois dans ma vie, j’ai été surpris qu’un film soit aussi beau, profond et surprenant que le livre: « Les cavaliers »! (Mais vous pourriez aussi citer « Le Cid », « 2001 l’odyssée de l’espace », ou « Laurence d’Arabie »).
Je n’avais pas voulu voir le « remake » car la bande annonce, à sa sortie, ne m’avait pas du tout convaincu – pourquoi donner une suite à un film qui se suffit amplement à lui-même ? Gladiator, c’est l’histoire d’un homme dévoué à sa patrie et à sa famille, qui transcende la barbarie de l’esclavage en tant que gladiateur pour venger les siens. Le second, cher et surtout grand-guignolesque comme cela est sous-entendu, a simplement été tourné pour faire du fric. Là où l’épique côtoyait l’intime et l’émotion – quand on voit Maximus sculpter les figurines de sa femme et de son fils dans du bois, par exemple – la version 2024 semble jouer dans la surenchère de violence gratuite au point d’en être ridicule. Je continuerai donc de regarder Gladiator avec le même plaisir qu’il y a 25 ans, le remake n’a pour moi aucun intérêt. Et puis, n’est pas Russel Crowe qui veut – il crève littéralement l’écran, et en version originale (il a une voix grave qui colle parfaitement) cela donne un relief supplémentaire à tous ces moments d’émotion qui font de ce film, peut-être encore plus que les scènes de bataille ou de combat – un chef d’œuvre.
Excellent édito victoire !!
Je reprend ALDO, oui ici en France nous avons commode, pas de bol !
Nous attendons Maximus avec impatience et espoir.
Maximus est sur CNEWS presque tous les vendredi soir…en attendant mieux!
Très bon.
Pas besoin de suite puisque Maximus était mort, idée stupide.
L’histoire universelle et édifiante d’un homme qui a tout perdu sauf sa fidélité à sa femme, à Rome, son honneur et sa force d’âme. Un véritable conservateur et souverainiste par Jupiter !
Le second manquait tout simplement de cette âme qui fait les grands hommes : Vercingétorix, Jeanne d’Arc, le Chevalier Bayard, Lafayette, Napoléon, De Gaulle, etc.
C’est certain que faire un deuxième opus version woke et cancel culture cela a accouché d’un navet sans âme à plusieurs millions de dollars..
Alors que la version avec R.Crowe est un hymne à la fidélité et le respect
Force et honneur
GLADIATOR 1 un chef d’œuvre dont on ne se lasse pas. Tout est bon rien à jeter. L’opus 2 tant attendu, par contre tourne à des scènes loufoques virant au ridicule très décevant que l’on n’a pas envie de revoir deux fois. Le premier reste mon film culte en matière de film historique une véritable euvre d’art. Le second un véritable navet même pas bon pour la soupe.
Bien parlé Gladiator, mais ici en France en 2025, nous avons Commode au pouvoir et son premier ministre Minimus!
on est mal!
Excellent.
Jamais un président n’aura autant abîmé la France que Macron et sa clique
ET « c’est PAS FINI » ! …
Rien que d’ici à NOËL, il aura « planté » un énième poignard dans le dos des paysans qu’il a gravé « Mercosur » ! …
D’ici à ce qu’il parte de l’Elysée, il a déjà un autre « poignard » à la ceinture : imposer l’Ukraine dans l’UE ! …
Macron Commode ? À peine un tabouret…