[PEOPLE] Star Ac’ : Mélissa accusée d’appropriation culturelle

La polémique après le plateau de Quotidien : non, la chanteuse n'a pas inventé le terme « masta dinguerie » !
Melissa Star Ac
Capture d'écran © Youtube Gu'Live

Mélissa, jeune candidate de la Star Academy, a été éliminée lors du prime du 27 décembre mais, sans doute bien malgré elle, la polémique qu’elle a provoquée sur le plateau de Quotidien, le 5 janvier dernier, risque de durer plus longtemps que sa participation au télé-crochet.

Des étincelles chez Quotidien

« Vous avez inventé le concept de la Masta dinguerie, est-ce que vous êtes fière ? », l’interroge Yann Barthès. À l’évidence, la jeune fille n’avait pas vraiment réfléchi à la question et lance un « oui » un peu hésitant. C’est surtout lorsque l’animateur lui demande si elle a « déposé » le terme que l’étincelle prend, avant de faire flamber Internet. Sur X, les internautes s’indignent : « Donc, en 2026, une fille blanche de 19 ans confirme à la télé qu’elle a créé masta dinguerie alors que ça a été créé par des filles noires du ghetto dans les années 2010 », s’indigne l’un d’eux. Pourtant, notamment pour TV Actu, le 1er janvier dernier, la jeune chanteuse avait déjà expliqué l’origine qu’elle donnait à ce terme devenu courant dans le château de la Star Ac’ et sur les réseaux : « Masta dinguerie, c’est le level au-dessus » de dinguerie. En bref, rien d’extrêmement pertinent mais rien qui ne semble bien méchant non plus.

Des gangs de filles noires…

Et pourtant… il a suffi du passage chez Yann Barthès de la jeune chanteuse pour lancer la polémique : Konbini et Fraîche ont sorti chacun une vidéo pour expliquer la véritable origine de « masta dinguerie » et pourquoi Mélissa ne peut pas prétendre en être à l’origine. Donc Konbini vous informe que « masta dinguerie » est apparu dans un reportage de France 24 en 2011 pour désigner « un groupe de meufs noires qui se battent, qui parlent fort, qui aiment bien crier dans la rue, qui aiment bien faire du boucan et tout ».

 

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Selon Wikipédia, dont l'article ne cesse d'être modifié depuis la polémique, « masta » signifierait « ami » ou « camarade », en lingala (langue parlée au Congo). Dans un article en mai 2011, Le Parisien décrit « un gang de filles d’Île-de-France » qui se font appeler les « Mastah Dinguerie » - avec un h. L’une d’elle explique au média que « Mastah, comme la variante de "master", "maître" en anglais. Et "Dinguerie" parce qu'on est un peu dingue », elles appartiennent à « la nébuleuse Mastah, qui fédère différents groupes d'ados violentes de l'Est parisien ». Le groupe de filles en question sèment la peur à la Foire du Trône : « La bande s'approche discrètement, formant un cercle hermétique autour de sa cible. Les regards sont hostiles, les gestes agressifs », décrit Le Parisien, et quand ces collégiennes de Malakoff et de Montrouge ne s’amusent pas à « chanter, danser, faire du boucan, […] se faire remarquer », elles avouent racketter dans un centre commercial des Yvelines. Ce qu’elles extorquent à leurs jeunes victimes isolées, elles le revendent à la sauvette à Châtelet. Parfois, elles ne se battent même pas par cupidité, juste parce qu’une fille ne leur « revient pas » : « C’est juste pour le fun. ». Rien de très reluisant, donc.

À l’appropriation culturelle

Masta dinguerie, explique Fraîche, serait devenu une revendication, une façon de s’affirmer : « Il désignait des gangs de jeunes filles noires à l’époque où des termes péjoratifs comme niafou et beurettes étaient couramment utilisés pour parler des femmes racisées », explique le média, qui complète : « Les masta dingueries se sont affirmées comme des jeunes femmes bruyantes, violentes et capables de se moquer de l’image qu’elles renvoient, affichant un manque de gêne souvent lié à des traumatismes sociaux. »

 

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Finalement, donc, ces jeunes filles seraient plus combatives qu’agressives ? Quoi qu’il en soit, Melissa ne peut pas revendiquer être à l’origine du terme. Le HuffPost rapporte que, devant l’ampleur prise par la polémique, la jeune chanteuse s’est fendue d’une story d’excuse sur Instagram : « Je n’avais pas connaissance de l’origine ni de la portée culturelle de ce terme et je n’ai jamais voulu manquer de respect. » Le journal cite aussi Christelle Murhula, écrivain et journaliste de société : « Quand j’étais dans mon lycée de banlieue grande couronne, […] c’était l’expression de celles à qui personne ne voulait ressembler. » Alors, pourquoi tant de bruit pour s’en attribuer le prestige ? C’est au nom de l’appropriation culturelle. Sur Instagram, le compte Tétons Marrons explique que « les coutumes stigmatisées deviennent attractives, stylées, fun et valorisées lorsque les personnes blanches en font l'usage. Ceci prouve que le racisme continue de structurer notre société et que les populations minorisées continueront d'être invisibilisées pour valoriser les personnes blanches en crise identitaire. »

« C’est dangereux de propager des expressions dont on ne connaît pas l’origine et dont on ne connaît pas le sens », conclut Konbini. Le média n’a pas tort, mais étonnamment, un équivalent comme « sottise colossale » n’aurait sans doute pas rencontré le même succès au sein de la Star Ac’ ni sur TikTok.

 

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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 11:29.

Vos commentaires

28 commentaires

  1. C’est sur qu’on aura du mal à reprocher aux personnes issus de l’immigration l’appropriation culturel de notre langue, nos valeurs, notre histoire ou notre culture. J’irais même plus loin qu’ils apprennent déjà la langue du pays qui les a accueilli avant de faire des effets de style. C’est comme une Lamborghini loué à un mariage puis craché parceque le conducteur sait à peine conduire, c’est grotesque!

    • Il est vrai que c’est une invention tellement géniale et salutaire pour l’humanité qu’il faudrait même lui attribuer un prix Nobel !

  2. Merci de m’ avoir éclairé sur ce sujet passionnant. L’origine de cette expression et même sa signification m’étant inconnue jusqu’ici. C’est presque aussi exaltant que l’origine de l’humanité (enfin, pas le journal).

  3. C’est vachement grave de s’approprier ce truc masta machin , retiré la maternité d’une appellation de racisée à de pauvre descendantes d’esclaves noir c’est sur c’est encore de l’exploitation de ces sales blancs !!

  4. On se croirait à l’Académie Française, j’en suis tout retourné, je m’aperçois que je suis un inculte

    • Je suis dans le même cas. Je n’ai pas dormi de la nuit après avoir lu cette information d’une importance cruciale à notre survie.

  5. Vraiment rien d’autre à faire ? je rabâche, mais tant pis
    « dans la vraie vie, il y a ceux qui parlent et ceux qui font, et ce ne sont pas les mêmes »

  6. « C’est dangereux de propager des expressions dont on ne connaît pas l’origine et dont on ne connaît pas le sens »
    Tu en veux d’autres Konbini, mais ça n’a rien à voir avec des expressions venues d’ailleurs, mais des expressions propagées vides de sens et pleines de pléonasmes, on en propage déjà plein et c’est aussi dangereux. Ex: « projets d’avenir », « au jour d’aujourd’hui », « arrêt complet », « concerter ensemble », etc la liste est longue.
    Donc les journalistes qui ont supposément fait des études de français devraient mieux colporter un bon français.

  7. Vous voulez que je vous dise ? Non ? Eh bien je le dis quand même, dans un ultime spasme : cette époque n’est plus la mienne.

  8. J’adore l’expression « appropriation culturelle.
    Pourquoi ne pas parler d’appropriation culturelle quand un africain s’habille à l’européenne, quand un pianiste africain joue du Bach ? Puisqu’on ne peut pas s’amuser à parler comme un africain, pourquoi un africain pourrait-il avoir l’accent parisien ?
    Ceux qui parlent d’appropriation culturelle sont des racistes et veulent l’apartheid.
    Il faut en terminer avec des idéologies séparatistes, vouloir que chacun reste dans son pré carré s’inventer des frontières raciales ou ethniques.

  9. « Appropriation culturelle » : peut-on me dire où cela se trouve dans le Dalloz ? Code pénal ? Pourquoi « accuse-t-on  » ? De quel droit ? Que cette jeune femme envoie braire ces professionnels de la polémique et du communautarisme, et elle et nous vivrons tranquilles tandis qu’ils resteront dans leurs vains bruits.

  10. Que de polémiques pour des choses aussi ridicules qu’idiotes dignes du niveau caniveau représenté par une partie de la jeunesse d’aujourd’hui avec ses « codes », ses phrases,ses délires, mais franchement, qu’est-ce qu’on en a à foutre de tous ces trucs de détraqués de la cervelle,de ces gangs de filles noires qui s’amusent à attaquer à plusieurs d’autres filles, sûrement blanches d’ailleurs,je ne pense pas que ces « dures à cuire » aillent s’attaquer à un second ligne de rugby homme bien sûr, ou à Jérôme Lebanner le multi-combattant. On accorde de l’intérêt à de la nullité crasse et il n’est pas étonnant que « Quotidien », cette émission minable et pourrie fasse état de ce genre de truc tout aussi insensé.

    • PAREIL « remarque » ! LE sous-titre de cet article est ubuesque :
      Dans la phrase : « Star Ac’: Mélissa accusée d’appropriation culturelle
      La polémique après le plateau de Quotidien : non, la chanteuse n’a pas inventé le terme « masta dinguerie » ! … »
      il y a TROIS mots qui se « percutent violement :
      « Star »AC », « appropriation culturelle » et « polémique » sur plateau Quotidien » …
      Ca devient irréel ? ! … Y a pas de mots en fait tellement ces mots sont totalement disproportionnés entre réalité, évidence et situation pitoyable ! …

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