Pied de nez à Bruxelles et aux Chinois : Stellantis revient au diesel
Au sortir d’une année noire en 2025, le groupe italo-franco-américain (fusion de Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler) a d’abord annoncé une enveloppe de 22 milliards d’euros, dont BV s’est fait l’écho, afin de financer son rebond sur le marché.
Stellantis surprend son monde
Si, annonçant les grandes lignes de son plan de relance, le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a indiqué que plus de la moitié de cette somme (13 milliards) sera investie aux États-Unis, consacrant la montée en puissance des Américains au sein du groupe, l’Europe n’est pas oubliée pour autant. On attendait donc le détail pour en savoir plus et force est de constater que l’annonce faite par la direction, le 15 février, est pour le moins surprenante. C’est en effet d’un grand retour en force qu'il est question, dans un domaine qui était quasiment à l’abandon : le diesel. Alors qu’outre-Atlantique, on annonce le retour du gros V8 essence, l’Europe fait un tout autre choix : « Nous avons décidé de poursuivre la production de moteurs diesel sur des modèles tels que la DS7, l'Alfa Romeo Tonale, la Giulia et la Stelvio », explique la direction du groupe, confirmant ainsi la rupture totale avec l’ancienne stratégie consistant à passer progressivement au tout électrique. Mais ce n’est pas tout, puisqu’elle prévoit d’aller plus loin concernant Peugeot, Opel et DS, et de réintroduire des versions diesel « sur des modèles tels que la 308, l'Astra et la DS n°4 ».
À l’écoute des clients
Officiellement, il ne s’agit par pour Stellantis de tourner le dos à l’électrique. « Stellantis s'engage pleinement en faveur de l'électrification, avec le lancement d'environ 30 nouveaux produits en Europe entre 2025 et 2026, dont la grande majorité sera composée de véhicules électriques à batterie (BEV) et hybrides », explique-t-on à la direction du groupe. Mais alors, pourquoi un tel revirement ?
Stellantis relance le moteur diesel en Europe, notamment sur la Peugeot 308, une décision stratégique pour le groupe.
⛽️ Le diesel, représentant seulement 7,7% des ventes en Europe, est réintroduit pour offrir plus de choix aux clients face à une concurrence chinoise… pic.twitter.com/Nt29jY1aXh
— Alex Xplore (@AlexXplore) February 18, 2026
Stellantis dit en fait vouloir « offrir une liberté de choix à ses clients. Notre objectif est de proposer une offre pertinente à nos clients, en leur donnant ce qu'ils veulent et ce dont ils ont besoin », c’est-à dire, aussi, du diesel. Pourtant, s’interroge par exemple Auto Plus, si ce « retour du diesel apparaîtra comme une excellente nouvelle pour les aficionados de ce type de motorisation », il convient de relativiser l’importance de ce créneau, puisqu’en 2025, « le diesel n’a représenté que 7,7 % des ventes de voitures neuves en Europe ». L’augmentation brutale de la fiscalité du carburant diesel, combinée aux pressions réglementaires exercées par Bruxelles sur les constructeurs au nom du « Pacte vert », ont eu raison d’une motorisation qui représentait encore plus de la moitié des ventes il y a quelques années.
Les Chinois dans le viseur
Au-delà de sa volonté déclarée d’écoute de ses clients, le groupe Stellantis tient aussi compte d’un contexte. Le groupe a souffert sans doute plus que ses concurrents européens sur le marché du tout électrique, du fait d’un savoir-faire amoindri et de nombreuses erreurs, avec un rapport qualité-prix souvent peu convaincant, comme l’analyse un peu méchamment mais avec lucidité le média spécialisé en voitures électriques Frandroid. Stellantis a besoin de temps pour s’améliorer sur l’électrique. Et la reculade de Bruxelles sur son objectif imposé aux constructeurs d’interdire les ventes de thermiques en neuf en 2035 lui donne du temps. Mais pendant ce temps, les constructeurs chinois progressent à grands pas sur le marché européen du tout électrique. N’ayant pas pour l’instant les moyens de leur faire face sur ce terrain, le groupe Stellantis cherche donc à reconquérir un public et des parts de marché sur un marché du diesel où il excelle. Un domaine où les Chinois, n’ayant pas de savoir-faire, sont totalement absents.
Reviving diesel models could give Stellantis a competitive advantage over Chinese rivals that focus on electric and plug-in hybrid cars. https://t.co/avIcdGzLxv pic.twitter.com/2T3ytBQWrR
— AutoNews Europe (@AutoNewsEurope) February 13, 2026
Ce délai suffira-t-il à Stellantis à se refaire durablement une santé ? Nous saurons en tout cas bientôt s’il permet au groupe de souffler. Et même si le poids des marques françaises au sein de Stellantis a quelque peu fondu, Peugeot, Citroën, DS et leur nombreux fournisseurs et sous-traitants représentent encore pour la France un poids économique important et de très nombreux emplois.
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52 commentaires
La clientèle croit de moins en moins a la propulsion électrique ! Les infrastructures ne suivent pas et la fiabilité attendue n’est pas ! Certains qui roulent à « l’électrique » reviennent au moteur thermique !
Je soutiens, comme vous, nos constructeurs Français. Pourtant je ne suis pas sûr qu’encourager les constructeurs à produire des voitures thermiques (essence ou diesel) soit une bonne idée. On ne sait pas quand il n’y aura plus de voitures thermiques, mais on est sûrs d’une chose: Cela prendra fin un jour, 100% certain.
Aussi, il vaudrait mieux investir dans ce qui sera la norme demain ou après-demain, c-a-d l’électrique. Sans quoi on aura (enfin, on a déjà) un retard technologique irrattrapable. C’est donc une politique à courte vue. C’est un peu comme si vous encouragiez à produire des ampoule à incandescence au motif qu’on sait faire. Vous perdrez tout marché demain puisqu’il n’y aura plus que des ampoules LED. Alors qu’il faudrait investir dans la technologie LED.
Avez-vous envisagé la problématique sous cet angle ?
Sûr que si l’U€ supprime le diesel du catalogue, 100% certain qu’il disparaitra.
Faut il pour autant se soumettre à l’oukaze de l’€urope soit disant démocratique et dirigée par des bourges plein de fric. Pour eux pas de problème : voiture électrique jusqu’à l’aéroport ou l’héliport et le tout est joué!
Pour le citoyen de base : ce sera une autre paire de manche. Votre bagnole à autonomie limitée par les conditions météo vous collera sur les grands axes routiers sans compter sur ce que deviendront vos batteries question recyclage et qu’une fois l’électrification totale obtenue qui empêchera le gouvernement d’augmenter la taxe sur ce système vu qu’il ne sait utiliser QUE ce moyen?
Avez-vous envisagé la problématique sous cet angle ?
M’en fous de la motorisation à ceci ou cela pourvu que ma bagnole ne m’emm* pas et que le gouvernement ne me fasse pas ch*er.
Avez-vous envisagé la problématique sous cet angle ?
Et c’ est tant mieux. Déjà lors de la déification de la motorisation » électrique », une célèbre marque allemande avait dit ( sans trop l’ ébruiter) qu’ elle conservait « ses brevets de motorisation thermiques ». Entendez » nous continuerons de les développer, les faire évoluer, au cas où… » La voiture électrique et son utilisation quotidienne est encore fort imparfaite. ( Autonomie, capacité par grand froid, disponibilité et rapidité de recharge, etc….) Et qu’on arrête avec les particules fines! Il n’ y a pas que le pot d’ échappement qui pollue. Embrayage, freinage, pneus engendrent également des particules….Même sur véhicules électriques. Avez -vous remarqué cette armada de livreurs qui sillonnent nos villes? Nombreux arrêts et autant de redémarrage intempestifs avec des véhicules aux carrosseries gravement endommagées qui signifient la destruction à court terme ou la revente dans un pays aux contraintes écologiques inexistantes ou presque… Et combien de particules émises lors de festifs embrasements de bagnoles pour le 31 décembre et /ou 14 juillet? Là, certains admirateurs ( trices) de la défense de la qualité de l’ air, ne s’ époumonent pas à le dénoncer. Pourtant, JE suis un défenseur de la planète. N’en doutez pas.
A énergie égale, les véhicules électriques sont plus lourds que les véhicules thermiques à cause du poids des batteries. De ce fait l’érosion des pneus émet beaucoup plus de particules fines.
Quand nous cesserons d’écouter des « pseudos » experts ,mais de laisser faire les « pros » nous gagnerons du temps
Et de l’argent, car leurs délires nous coûtent un max.
D’accord
Et ils ont raison, l’électrique va faire « psiiiit », déjà batteries inflammables et demandez aux pompiers
Batteries non recyclables, donc on dénombre déjà des « cimetières » de voitures électriques
Pour recharger c’est pas gagné quand vous partez en vacances
Bref il faut revenir aux fondamentaux, même si VDL fait la tronche