[POINT DE VUE] Abbatiale de Moissac : cette profanation tellement symbolique

Dans l’abbatiale Saint-Pierre de Moissac, un individu s’en est pris à une bonne sœur
©CC BY-SA 3.0
©CC BY-SA 3.0

Dimanche dernier, un homme est entré dans l’abbatiale Saint-Pierre de Moissac (Tarn-et-Garonne). Il s’en est pris à une bonne sœur, a menacé une autre personne qui le filmait puis est parti en poussant des cris stridents, avant de mettre un grand coup de pied dans la porte et de partir tranquillement dans la rue, comme si de rien n’était.

Relayée par Pierre-Guillaume Mercadal, éleveur de cochons laineux de son état, et habitué de la défense de la ruralité dans le Sud-Ouest - à commencer par sa propre exploitation -, la vidéo a fait le tour des réseaux sociaux et a été repostée bien au-delà de nos frontières. On peut donc y voir ce brave citoyen moissagais hurler, menacer, avant de quitter l’édifice religieux millénaire. Pierre-Guillaume Mercadal, qui s’est marié dans l’abbatiale, rappelle que le bâtiment remonte au VIIe siècle et constitue l’une des étapes du pèlerinage de Compostelle. Il ne pouvait pas laisser passer cela.

 

Cela dit, non seulement on apprend que le procureur local a décidé de ne pas poursuivre l’individu. Affaire classée ans suite. Il paraît que l'individu serait « fou », mais serait aussi chef d’entreprise, selon notre éleveur de cochons. On imagine qu'à Moissac, charmante cité de moins de 14.000 habitants, tout le monde, ou presque, se connaît. Pour Pierre-Guillaume Mercadal, c'est une autre affaire, puisque la famille de l’agresseur de bonne sœur aurait porté plainte contre lui pour avoir diffusé la vidéo. Par ailleurs, Pierre-Guillaume Mercadal affirme avoir été l'objet de menaces. Néanmoins, il semble prendre les choses avec bonhomie, attendant de pied ferme que ces menaces soient mises à exécution. Il en a vu d'autres...

Le maire de Moissac, Romain Lopez, a également réagi à cette intrusion en publiant une vidéo sur X. Il signale que l’homme qui s’est introduit dans l’abbatiale serait fiché S et exprime sa colère de maire qui doit faire « face à l'impuissance de l'État à préserver la population et à protéger nos lieux de culte ». Et si cet homme, qui semble dérangé, revient la prochaine fois avec un couteau ? demande l'édile. On sait que les églises sont des cibles de choix, pour les cinglés. « Ras le bol », conclut le premier magistrat de Moissac. Au passage, on se demande ce qui serait arrivé si le même genre de « débordement » commis par une personne « dérangée » s’était produit dans une mosquée. Le procureur aurait-il classé l’affaire sans suite ? On pose ça là.

 

Bref, tout est symbolique, dans cette histoire. Une abbatiale millénaire, dans laquelle entre un homme décidé à montrer son irrespect ; une Justice qui classe sans suite ; un agriculteur qui ouvre sa gueule ; un maire qui en a ras le bol mais qui ne baisse pas les bras.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

90 commentaires

  1. Ah,si cela avait été une synagogue ,voire une mosquée..
    Curieusement toutes ces agressions islamiques sont commises par des fous ,ce qui est sans doute en partie vrai, mais jamais quand il s’agit d’agissements de « nervis d’extrême droite » dont les capacités intellectuelles seraient intactes ,ce dont il est permis aussi de douter !

  2. Le procureur qui a classé l’affaire sans suite est aussi dérangé que ce fiché S chef d’entreprise. On continue de s’enfoncer, les traîtres à la Nation millénaire, comme cet église, sont partout. Vivement 2027, et du balai, oust

  3. Et la prochaine fois, il se passe quoi ? il revient avec un couteau. Quelle honte, de partout on risque tous nos vies. Nous sommes à la merci de soit disant dérangé du cerveau mais qui n’oublie pas de choisir les lieux ou ils vont.

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