[POINT DE VUE ] Ambre et Clémence : deux vies fauchées par un chauffard alcoolisé et drogué

Le drame des citoyens ordinaires.
Capture d'écran X
Capture d'écran X

Ambre et Clémence avaient 33 et 34 ans. Elles étaient infirmières dans le même hôpital privé, situé dans le département des Alpes-Maritimes, et habitaient toutes les deux dans le Var. Elles étaient toutes les deux mères de famille. L’une d’elles venait de reprendre le travail : elle revenait de congé maternité. Amies proches, tellement habituées à travailler ensemble que leurs collègues les surnommaient « Tic et Tac », elles allaient au travail en covoiturage, ce jeudi 26 juin.

À 6h40, sur l’autoroute A8, à hauteur de Mandelieu-la-Napoule, un SUV blanc, venu de l’autre sens de circulation, les a percutées de plein fouet, à pleine vitesse. Leur voiture rouge a été littéralement décapitée. Les images du choc sont impressionnantes. Ambre et Clémence sont mortes sur le coup. Elles n’avaient rien demandé à personne. Elles n’avaient rien fait de mal.

Le chauffard est mort, lui aussi. Il avait une vingtaine d’années, de l’alcool dans le sang, de la cocaïne dans le nez et une bouteille de protoxyde d’azote (ce fameux gaz qui rend con) à ses pieds. Son passager est en urgence absolue.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages décrivent des femmes pleines de gentillesse et de dévouement, de « belles personnes » - même si le terme est exaspérant, on comprend ce qu’il décrit. Le personnel de l’hôpital Arnault-Tzanck de Mougins est sous le choc. Son communiqué résume le sentiment général : « Ambre et Clémence étaient pleinement engagées dans leur métier, reconnues pour leur humanité et leur professionnalisme. Leur disparition bouleverse profondément leurs collègues, l’ensemble de notre établissement et tous ceux qui ont eu la chance de les côtoyer. » Une cagnotte a été lancée par l’hôpital pour soutenir ses proches. À ce jour, elle a permis de récolter près de 30.000 euros.

On ne devrait pas tarder à connaître le profil du chauffard. Il y a fort à parier que l’on ne sera guère surpris. Excès de vitesse au petit matin, alcool, drogue et protoxyde : tout le monde sait. Et tout le monde sait également, presque deux ans jour pour jour après les émeutes liées à la mort de Nahel, que quand ce sont des infirmières nommées Ambre et Clémence qui meurent dans un accident de la route, rien ne brûle, personne ne casse. C’est le drame des citoyens ordinaires : ils sont suprêmement corrects.

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Y aura-t-il une marche blanche ? La famille refusera-t-elle toute récupération ? Va-t-on trouver une artiste pour interpréter Parlez-moi d’amour avec une boîte à musique, comme lors des attentats d’Annecy (Parlez moi d’amour par Laure Pauthex lors de la cérémonie citoyenne d’Annecy) ? Les vies ordinaires, à la différence des vies des racailles, sont souvent timidement honorées.

Ambre et Clémence, deux vies fauchées par la bêtise et la décivilisation. « Trois vies emportées », commente Christian Estrosi, sur X. Ce n’est pas tout à fait exact, car la vie du chauffard est partie par sa propre faute. C’est presque une forme de suicide.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

69 commentaires

  1. Vous avez entendu Retailleau , Darmanin , Macron , Bayrou ?
    Rien pas un mot de la part de ces grands hommes pleins de compassion ( n’est ce pas l’occasion de l’écrire en deux mots ?) . Quant aux juges ne vont ils pas trouver motif pour considérer que les conjoints de Ambre et Clémence n’avait pas à les laisser sortir , en voiture , sur l’autoroute et pire encore dans le sens de la circulation!

    • Les victimes n’étaient pas de la bonne couleur donc silence y compris des médias
      En plus de belles personnes, infirmières donc qui aidaient les autres, non vraiment aucun intérêt pour certains
      Moi ça me touche et me met en colère aussi

  2. Mes condoléances aux familles et paix a leur âmes. Je n’en dirai pas plus tant cela me révolte.

  3. quand sera donné le prénom et le nom de la personne responsable de l’accident et condoléances au deux familles

  4. Ces deux infirmières vont tristement manquer à leurs proches, le jeune aurait mieux fait de se suicider seul. La vie est cruelle, prions pour ces deux infirmières qui ont rejoint la maison du Père.

  5. En réponse à Jean Aymar, non monsieur, toutes les vies ne sont pas « respectables ». Certains individus sont des fléaux pour les autres, des agents de mort, et leur disparition est un bienfait pour la société.

    • @Volente
      D’accord avec vous.
      Ces individus-là n’ont aucun respect pour la vie d’autrui. Eh bien moi je n’ai aucune compassion quand un de ces voyous est victime de ses propres actes.

  6. tous ces délinquants sont relchés systématiquement, on ne condamne pas les juges, mais on condamne à perpétuité les familles endeuillées, une journée ordinaire en France, hélas, toutes es condoléances aux familles.

    • Je vous comprends, Paul Ter Gheist.
      On n’est pas remis de la mort de Mélanie que Ambre et Clémence sont retirées à leurs familles.
      Que de détresse, que de drames, qui n’auraient pas dû avoir lieu.

  7. Réponse à M. Jean Aymar : la vie est respectable sauf pour ceux qui l’enlève aux autres, surtout dans des conditions aussi honteuses ! Je n’ai pas de mot pour exprimer ma révolte et, évidemment, mon chagrin très profond, pour ces deux infirmières.

  8. Un internaute , s’étant étonné de la censure appliquée sur l’identité du brave conducteur, s’est vu traité de raciste parr un français moyen , très moyen. L’inversion des valeurs fait son chemin….

  9. J’ose espérer qu’il n’y aura pas des « vous n’aurez pas ma haine » car il y aura marche blanche et fleurs. Pensée et respect pour ces infirmières.

  10. Je suis bouleversé, mon infirmière de fille a le même age, elle part aussi à l’aube, rentre en soirée, travaille la nuit, accumule des gardes, et les parents, ils doivent être dans un état indescriptible. Comment réagir…?

  11. Bon dieu, Estrosi, pour dire çà, mettre les victimes au niveau de l’horreur sur pattes , ça me révulse. Si Zemmour avait sorti une idiotie pareille il était écarté de scrutin !!!

  12. Que dire au regard d’un pareil drame… C’est le silence indigné, attristé, et respectueux qui s’impose.
    Pauvres femmes, pauvres petits, et les familles marquées a vie.

  13. Un juriste dira qu’il manquait de discernement au moment du crime. Quant à l’identité du drogué on va certainement attendre et avoir besoin des réseaux…

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