[POINT DE VUE] Avrechy (Oise) : le curé annule la crèche et la messe de l’Avent !
Le petit village d’Avrechy, dans l’Oise, est l’un de ces havres de paix de la France périphérique. 1150 habitants, une petite église qui ne s’anime guère qu’aux fêtes carillonnées… et une équipe municipale resserrée, qui trouve pourtant le moyen de s’écharper à l’approche des municipales. Jean-Charles Lefèvre, organisateur des festivités de Noël au nom de la mairie, est l’ancien premier adjoint de la maire Astrid Lequen. L’an dernier, il avait organisé un goûter, installé une crèche et un sapin, à la faveur de la « messe de l’Avent » du 20 décembre, une tradition non inscrite dans les missels mais à laquelle le curé, le P. Jean-Frédéric Plateaux, avait consenti de bonne grâce. Seulement, désormais, M. Lefèvre a rejoint l’opposition, et le père Plateaux craint d’être instrumentalisé. Alors ? il a été clair : il n’y aura pas de crèche cette année, ni de messe de l’Avent, nous apprend Le Parisien.
« Si on ne peut plus être élu et chrétien, c’est dommage »
Jean-Charles Lefèvre ne comprend pas. Cela fait quatre ans qu’il se démène pour redonner vie à la petite paroisse : « Si on ne peut plus être élu et chrétien, c’est dommage », regrette-t-il. Il se défend de toute volonté de récupération - une récupération à laquelle on ne pourrait d’ailleurs pas donner de couleur politique, puisque l’actuelle maire comme son ancien premier adjoint sont sans étiquette. Mais le curé ne semble pas vouloir en démordre : « La vie communale, c’est une chose, la vie paroissiale, c’en est une autre. » Il semble ainsi accuser, sans le dire, M. Lefèvre d’utiliser l’organisation des festivités de Noël du village à son profit.
Et puis, il y a cette histoire de messe en semaine qui chiffonne le curé d’Avrechy, car « ça n’existe pas ailleurs, la messe de l’Avent », dit le père Plateaux. Et puis, il n’est « plus coutume d’organiser des messes en semaine ». Alors, si ce n’est plus la coutume…
Jean-Charles Lefèvre a écrit à l’évêque du lieu, Mgr Benoît-Gonnin, pour lui demander d’accorder aux habitants d’Avrechy cette messe qui leur permettait de se retrouver à l’approche de Noël. La mairie n’a pas souhaité commenter…
« La foi n’a rien à voir avec mon engagement au sein de la municipalité »
Il y a deux volets dans cette histoire de Clochemerle picard. D’abord, dans de petits villages comme celui-ci, l’église reste l’un des derniers lieux de sociabilité, et la mémoire des grandes fêtes n’a pas disparu. Cela, c’est objectivement une excellente nouvelle. Ensuite, d’un autre côté, même si nous ne connaissons pas les tenants et les aboutissants de la décision du curé, on peut tout de même se désoler de son refus d’autoriser la mairie à organiser un goûter de Noël, une messe de l’Avent et à mettre en place une crèche. On sait que la crise des vocations est cruelle et que les curés ont souvent une bonne douzaine de clochers à desservir : pourquoi s’opposeraient-ils à ce que les membres d'une municipalité républicaine, pour une fois, aillent dans le sens des célébrations catholiques ? Alors comme ça, dans les églises de campagne, Jacqueline de la chorale, celle qui chante « Signes par milliers » tous les dimanches, aurait le droit de se croire chez elle, mais un adjoint au maire serait prié de rester à sa place ?
Franchement, c’est à n’y rien comprendre. Puisque la mairie n’a pas apporté sa version, reprenons les mots de Jean-Charles Lefèvre à nos confrères du Parisien : « La foi fait aussi partie de ma vie et ça me regarde moi mais ça n’a rien à voir avec mon engagement au sein de la municipalité. Ce sont deux choses différentes. » Deux choses différentes, en effet, la foi et la politique. Pourquoi le curé d’Avrechy refuse-t-il de le comprendre ? L’argument de la messe en semaine en paraîtrait presque une manière de tirer au flanc…
Thématiques :
Noël
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour



































92 commentaires
Un curé gaucho qui fait l’éloge d’un nouveau communisme.
N’en déplaise à monsieur le curé, il se doit de dire sa messe quotidienne et de préférence en présence de fidèles. Monsieur le maire n’aura pas de difficulté dans quelques temps pour faire admettre la nécessité de faire démolir l’église dont le curé refuse l’utilisation.
Pas de Crèche pas de Messe de l’Avent, c’est consternant l! Du coup, les habitants sont sanctionnés à cause d’un petit rien. Ce Curé est bien susceptible. On dirait un épisode à la DON CAMILLO.