[POINT DE VUE] BB huée post mortem aux César™ : indécence et ingratitude

Ce n’est pas parce qu’on est de gauche, et que BB était de droite, que l’on peut la huer avec autant de laideur morale.
Capture d'écran Twitter
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Il y avait donc, jeudi 26 février, la cérémonie des César™. Grand moment de retrouvailles et d’entre-soi pour une famille du cinéma français qui ressemble davantage aux Atrides qu’aux Ingalls. Comme dans certaines lignées maudites, on n’a souvent plus rien à se dire quand on n’a plus personne à critiquer. Et puis, une fois ou deux fois par an, on se retrouve comme si de rien n’était. Tout cela, dans le cas du cinéma, se déroule sous l’œil des caméras, ce qui est évidemment propice à une certaine indécence.

D’indécence, une partie du public choisi des César™ n’en a pas manqué. Au-delà des traditionnels sketchs et des remerciements enamourés, il y a eu, de la part du maître de cérémonie Benjamin Lavernhe (qui, par ailleurs, s’en est très bien tiré), une tentative de rendre hommage à BB. C’était bien le moins : l’icône du cinéma français a marqué notre Histoire, pas seulement dans le domaine du septième art, mais aussi dans la mode, la photo, les stations balnéaires, la variété française, les canons de beauté et mille autres choses. Les « professionnels de la profession » étaient seulement priés de l’applaudir… mais même ça, ils n’en sont pas capables.

« Raciste ! »

Il y a donc d’abord eu une projection de plusieurs extraits mythiques de ses films, puis la salle s’est rallumée. Brigitte Bardot a alors été huée par quelques membres de cette assistance triée sur le volet. On a même entendu l’invective « Raciste ! » Huée post mortem à l’issue d’une projection rétrospective : cela ressemble presque à une profanation de sépulture, pour celle qui aura passé une bonne partie de sa vie devant la caméra. Où était la dignité que l’on doit aux morts ? Et, plus grave, où était la gratitude que le cinéma français doit à la figure de BB en particulier, à cette femme qui incarna la Nouvelle Vague, qui sut se renouveler et eut même l’élégance de ne pas finir en vieille diva en quittant le métier avant la quarantaine ? Tout cela est consternant. Il faut peut-être aller un peu plus loin et analyser les causes d’une telle saloperie humaine.

Le monde du cinéma a besoin de travailler et, comme le disait si bien Fabrice Luchini, pour avoir du boulot dans le monde du cinéma, il faut être de gauche. Sinon, c’est dur. Être apolitique, c’est être de droite, on le sait. C’est peut-être la première cause de ce navrant spectacle. Pourtant, ce n’est pas parce qu’on est de gauche, et que BB était de droite, que l’on peut la huer avec autant de laideur morale. On n’est pas obligé de faire de la surenchère ni de la traiter de raciste. On peut se contenter de reconnaître ce qu’elle a apporté au monde en général et au cinéma français en particulier. Ou alors, est-ce un jugement sur son talent ? BB ne jouait pas très bien, paraît-il, sauf quand les metteurs en scène lui mettaient des gifles avant de crier « Moteur ! » Ça, pour le coup, c’est un comportement que l’on pourrait huer… BB n’a-t-elle pas fait beaucoup, pour la libération des femmes et de leur désir, dans une époque de mémères corsetées ? On pourrait lui rendre grâce de ceci, dans les travées des César™. Mais on préfère voir Corinne Masiero à poil, sans doute...

Décidément, faut-il comprendre que le monde de la culture ne comprend rien aux gens pour qui il est censé faire des films. La « foule sentimentale » aime les belles choses et on ne lui propose que des films chiants et laids. Elle aime les grands acteurs, les grands films, et on ne lui propose que des gnomes qui draguent des laiderons à cheveux gras dans des appartements haussmanniens. Elle aime rire, pleurer, rêver, et on lui fait subventionner de force des navets sur l’accueil des migrants. BB n’était pas du même bois, c’est sûr. Ces huées ont une valeur d’hommage.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

61 commentaires

  1. La morale, leur morale, pour ces individus de gauche, tout particulièrement du monde de la politique, du spectacle et de la culture, comme l’actualité nous le prouve, est un précepte qu’ils ne connaissent pas, sauf quand il s’agit de juger, d’insulter la mémoire ou de stigmatiser l’œuvre de personnalités qu’ils estiment de droite parce qu’elles ne pensent pas ou n’agissent pas comme eux.

  2. Pour ces résistants, la lutte contre l’extrême droite est une lutte de tous les instants. Ils traquent les fachos jusque dans les cimetières au péril de leur vie.

  3. Bah, le vent va tourner et les girouettes aussi….. Nos « zélites » du cinéma vont changer leur fusil d’épaule. . ou du moins la boucler , encaisser le fric pour ceux qui ont un peu de talent et essayer de survivre pour les autres.

  4. Les rois de l’entre soi et des navets payés bien souvent grâce aux subventions provenant bien souvent des impôts de Nicolas

    • Oui mais Nicolas souhaite la fin de la recrée ! Ils n ont pas de respect pour ceux qui les font vivre et ils ont même la prétention de ne pas se produire dans les endroits où l on ne vote pas bien.

  5. Pauvres césarins et césarines, ils ne sont qu’un groupuscule de l’humanité mais se voient trop souvent en haut d’une affiche qui n’arrive pas à la cheville de BB: « La France en majuscule, les césars la France en entre soi moraliste ». Le césar des tartuffes est attribué aux tartuffes.
    C’est certainement le manque de talent de ces bobowokistes d’opérette, qui les rend si hargneux, si haineux, des électeurs potentiels de LFI donc…
    Avec BB la vie est belle et réelle!
    BB for ever!

  6. La Culture c’était avec De Gaulle, puis, faute de talents, la petite culture, enfin le mauvais goût; la tour Montparnasse, suivie de Beaubourg les colonnes de Buren et la pyramide du Louvre. Le chaubise gnangnan a remplacé le cinéma à la Audiard et les grands de la chanson française, et ne parlons même pas de l’affreux Lang. On regrettera longtemps cette haute époque de la Culture ;comparable à celle du Grand Siècle.

    • Je pense souvent à Michel Audiard et ce qu’il en penserait. Sauf qu’il ne pourrait plus rien dire…

  7. Je ne vois pas en quoi applaudir était obligatoire. On peut très bien montrer sa désapprobation par l’inaction voire quitter la salle. Point besoin de hurler. Mais bon, le hurlement est tellement à la mode.

  8. Qu’on aime ou pas le personnage et/ou son œuvre, qu’importe, le mythe Brigitte Bardot demeurera. Il est indécent de voir et entendre les moutons bêler à l’unisson ou presque pour faire comme le troupeau alors que la plus grande majorité d’entre-eux ne laisseront rien derrière eux et seront oubliés dans quelques années.

    • Vous avez raison. Ce sont des aigris qui ne lui arrivent même pas à la cheville. Et encore, leur place est juste en dessous, dans le caniveau.

  9. Quelle tristesse de voir les français se vautrer si naïvement dans la bien-pensance. Pauvre pays qui se renie chaque jour un peu plus.

  10. Y-a-t-il encore de bons acteurs en France à l’heure actuelle? Si peut-être justement Fabrice Luchini. Pour ma part, ma grande idole est Jean Gabin surtout dans ses jeunes années.

    • Et Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean Pierre Marielle…. et tous les Grands qui les ont précédés.

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