[POINT DE VUE] Contre Elon Musk, la dictature européenne a encore frappé

Musk utilise sa puissance médiatique pour dénoncer les excès de la bureaucratie bruxelloise. Ça déplaît en haut lieu.
Capture d'écran YT
Capture d'écran YT

L’Union européenne vient d’infliger, vendredi dernier, une amende de 120 millions d’euros au réseau social X et à Elon Musk pour une série de prétendues infractions au Digital Services Act (DSA), l’un des documents encadrants de cette bureaucratie obèse qui prétend nous gouverner tous, comme l’anneau de Sauron dans le livre de Tolkien. On se doute que Musk le libertarien n’a pas apprécié cette amende, bien qu’elle ne soit pas tout à fait confiscatoire dans son cas, puisqu’elle représente environ 0,028 % de son invraisemblable fortune financière. Le fondateur de Tesla s’est révolté, mais ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de principe. « L’Union européenne (UE) devrait être abolie et la souveraineté rendue aux pays, afin que les gouvernements puissent mieux représenter leurs citoyens », a-t-il posté, sur son réseau social. Beaucoup de nos lecteurs ne sauraient mieux dire. Il est vrai qu’on ne nous a pas beaucoup demandé notre avis, ces dernières années, quand il s’agissait de normes européennes, y compris pour la Constitution de 2005, puisque nous avions mal voté…

Bureaucratie bruxelloise

Elon Musk a donc décidé d’utiliser toute sa puissance médiatique (elle est très importante), toute sa visibilité (elle est immense), pour dénoncer les excès de la bureaucratie bruxelloise. Les reproches de l’UE remontent au mois de juillet 2024, lorsque Bruxelles avait reproché à X d’accorder des « coches bleues », symboles de comptes vérifiés, d’une manière prétendument moins scrupuleuse qu’auparavant. En gros, les « comptes vérifiés » le sont désormais sur la base d’un paiement et non d’une enquête approfondie. X refusait aussi que des « chercheurs agréés » (on se demande bien ce que c’est) puissent accéder aux données internes de sa plate-forme. Bref, X ne se comportait pas comme l’Union européenne le lui avait demandé, et l’Union européenne, habituée à être toute-puissante et à fixer jusqu’au calibre des tomates, ne l’avait pas supporté. Elle a donc décidé, comme un teckel qui mord les mollets d’un ours, de piquer quelques millions à un multimilliardaire pour lui apprendre à se comporter selon ses volontés.

Musk ne décolère pas et n’a pas de mots assez durs pour qualifier la « surrégulation » du continent par sa caste non élue. « Les commissaires "woke" de la Stasi de l’UE sont sur le point de comprendre toute la signification de l’effet Streisand », a-t-il encore publié. On rappellera aux plus jeunes de nos lecteurs que la Stasi fut la police politique est-allemande, de sinistre mémoire. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le patron de X a également publié un drapeau européen qui dévoile une croix gammée, avec cette légende pleine de nuances : « À peu près le Quatrième Reich ».

Interrogé sur BFM TV, ce dimanche, Éric Zemmour a eu un commentaire plein de bon sens. « Je suis pour la liberté d’expression totale. » Il n’a pas tort : c’est précisément là que le débat se situe. La question n’est pas tant de savoir si X respecte telle ou telle injonction, mais de déterminer si une instance supranationale élue par personne a le droit de faire payer des amendes confiscatoires à une entreprise privée. Musk a reçu le soutien de la droite américaine, mais aussi de la Russie – de Dmitri Medvedev, précisément. Cela suffit aux commentateurs pour tracer une ligne finaude entre bien et mal : soit on est pour la censure de X, soit on est du côté des fachos américains et des Russes qui viennent jusque dans nos bras, etc.

L’administration Trump vient de sortir un document de politique internationale qui prédit, si l’on ne fait rien, l’effacement civilisationnel de l’Europe dans moins de vingt ans. Le président américain n’a jamais fait dans la nuance. Mais ce qui est certain, c’est que si on ajoute au Grand Remplacement la grisaille dictatoriale de Bruxelles, nous ne sommes pas rendus.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Que dire alors de ce que Trump a annoncé aujourd’hui: Il veut que les touristes arrivant aux Etats-Unis fournissent leur historique de réseaux sociaux des 5 dernière années !!! Et que je sache, Trump et Musk sont sur la même longueur d’onde. Et vous dites que l’UE est une dictature ?

  2. Il est étonnant de constater que l’UE fait tout (et n’importe quoi !) pour se fâcher avec tout le monde… Les dirigeants européens, enfin pas tous, semblent vouloir se suicider car à jouer ainsi à la roulette russe, on ne peut rien y voir de positif. On est en droit de se poser la question de savoir pour quelle raison nos dirigeants – ou certains – cherchent-ils à se brouiller avec les grands de ce monde ?… Si vous avez la réponse, je prends.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois