[POINT DE VUE] Discours sur l’état de l’Union : un Donald Trump clivant

Ce discours est un exercice de fierté, de prétention peut-être, mais surtout une démonstration de vitalité.
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Radio-Canada Info
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Le discours sur l’état de l’Union est l’une des traditions de la politique américaine. C’est le moment où, chaque année, le président des États-Unis s’adresse aux parlementaires pour leur expliquer à quel point son action est juste et produit des résultats. C’est en quelque sorte une assemblée générale d’actionnaires, parallèle tout naturel pour la nation qui a inventé le business moderne. Et Dieu sait que Donald Trump connaît par cœur le monde des affaires : il a donc décidé de marquer les esprits au moment de présenter son bilan annuel.

D’abord, il a établi un record : une heure quarante-sept minutes de tchatche. On n’avait jamais vu ça depuis que le discours sur l’état de l’Union existe. On pourra trouver cela admirable, chez un octogénaire qui a encore toute sa tête et toute sa gouaille et fait le spectacle comme s’il avait soixante ans. On pourra, à l’inverse, se souvenir des discours de Fidel Castro, qui duraient plusieurs heures et étaient retransmis in extenso, en direct, à la télévision cubaine. La vérité est probablement quelque part entre les deux. Trump aime les records, l’excès, ce qui est too much : l’or, les limousines, les tours immenses, les mots grossiers, les déclarations à l’emporte-pièce. Rien de surprenant, bien sûr.

Ensuite, il a commencé par rappeler les bons chiffres de son bilan et montrer le visage d’une Amérique qui gagne. Il l’a fait à sa manière : tout ce qu’il fait est ce qui se fait de mieux, rien n’a jamais été aussi bien fait, et sans lui, ce serait l’apocalypse. Baisse du prix de l’essence, baisse de l’inflation, baisse de la consommation de fentanyl, chiffres de la criminalité au plus bas pour la première fois depuis 125 ans ; hausse des investissements, hausse des emplois créés dans le privé. On ajoute à cela, pêle-mêle, la victoire de l’équipe de hockey, l’hommage à un centenaire, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, à un sauveteur qui a empêché une jeune fille de se noyer pendant une tempête, un indice Dow Jones prometteur, une pub pour le site Internet Trump Accounts, et on obtient un mélange entre le patriotisme « All American », le goût du lucre, la célébration des victoires, l’utilisation des indicateurs statistiques et l’autopromotion. Très américain, en somme.

Un exercice de fierté

La seconde partie du discours de Trump se voulait plus clivante. Après une phase d’autocongratulation, comportant une incise sur l’inaptitude fondamentale de l’administration Biden, le président américain a tenu à rappeler que sa préoccupation principale était l’immigration. Il a demandé aux parlementaires qui pensaient que la politique devait protéger les citoyens plus que les immigrés clandestins de se lever. Les républicains lui ont fait une interminable standing ovation qui (là encore) rappelle les comités centraux du PCUS, tandis que les démocrates sont ostensiblement restés assis. Tout cela après avoir dit que, pour la première fois depuis bien longtemps, aucun - aucun ! - immigré illégal n’avait essayé d’entrer aux États-Unis. Un discours qui se veut à la fois très clivant et émaillé de clins d’œil (sur Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, par exemple : « Mauvaise politique, mais type sympa »).

Alors, que retenir de tout cela ? Trump fait certes du Trump, mais encore ? Eh bien, les États-Unis auront bientôt 250 ans et leur puissance n’a jamais été aussi forte. Cette date anniversaire clôt, d’ailleurs, le discours de Donald Trump. Pourquoi sont-ils si puissants ? Peut-être parce qu’au cours de ce discours, on a aussi rendu hommage aux héros, comme ce pilote d’hélicoptère des forces spéciales, très grièvement blessé pendant l’attaque sur Caracas, qui a reçu la médaille d’honneur du Congrès pour sa bravoure. Nous ne ferions jamais cela en public, nous : nous avons préféré créer une médaille pour les victimes du terrorisme.

Au fond, ce discours est un exercice de fierté, de prétention peut-être, mais surtout une démonstration de vitalité. La France en serait-elle capable ? Espérons-le pour la suite.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

15 commentaires

  1. Et si on parlait des grâves accusations qui pèsent sur le milliardaire et qui le rattraperont un jour ?
    Peut-être plus tôt que prévu …

  2. Le président Trump ne sera définitivement et décidément pas consensuel .
    C’est ce qui fait les grands présidents, parce qu’ils savent ce qu’ils veulent et cela ne plait pas à tout le monde .
    Le général de Gaulle était clivant , Valéry Giscard d’Estaing ménageait la chèvre et le choux .
    Du moment où cela est pour la bonne cause de son pays et de ses concitoyens , pourquoi pas ?
    Par contre ses discours à rallonge montre qu’il n’est plus tout jeune . IL se raconte du fait de sa longue expérience .
    Du moment où cela plait à son auditoire , pourquoi pas ? Il faut juste prévoir un peu de temps .

  3. Non , bien sur que non ; votre peuple francais est mort et enterre sous la double influence des programmes debilitants de l’education nationale et du feminisme castrateur des 68 tardes et de leurs filles steriles . Vos garcons ne font pluys de service miluraire et l’idee meme de virilite es percue comme toxique ! …il ne reste plus qu’une frange de 10 a 12 % de vrais guerriers de droite et ceux-ci au vu de ce qui est arrive a Quentin ne savent meme plus se battre en groupe !.

    • Et vive la bagarre et les vrais guerriers ( de droite ) ! et tout ça sous les ordres
      d’un Trump qui lui, s’en tirera toujours (comme tous les millionnaires)

  4. Bon résumé du discours, pas besoin de passer une heure et demi à l’écouter. Trump n’est pas parfait mais quand on voit les alternatives du côté démocrate, on se dit qu’on a de la chance de l’avoir et tant pis pour la France de Macron ou à l’Europe de Von der Leyen si elles ne sont pas à la hauteur du défi.

  5. Moi, ce que j’aimerais bien, mais aucun média n’y pense, c’est d’avoir un discours pareil en France, et aussi, une élection à mi-mandat. Pourquoi notre macron ne serait pas évalué à mi-mandat aussi. On a l’habitude d’imiter les USA…

  6. Quoiqu’on dise de lui, et sans intention de l’encenser, D.Trump tient son pays, le redresse même, et agit en conformité avec ses engagements. Bien au-delà, il est le seul dirigeant capable, par moyens et volonté, de libérer des peuples du joug de leurs dictateurs. Il le fait.

    • En effet, et ce n’est pas pour rien si nos médias sont sans cesse là pour l’insulter, le moquer, le dénigrer, le ridiculiser avec chaque jour quasi, un info sur la situation à Minneapolis !

  7. Il ne fait que dire la vérité…. Si nous sommes sourds et aveugles, les américains ont bien voté pour ouvrir les yeux de ces présidents élus en Europe. A bon entendeur Attendons les résultats des municipales…..

  8. Mais monsieur Florac ouvrez donc les yeux ,la France est morte et va brader sa dissuasion nucléaire. Qu’en pensé l’ancien militaire.

  9. Seulement 13 mois de reprise en mains et que de changements ! Cela devrait, à nous Français, redonner, dans 15 mois, le courage et le cap à suivre. Ceci ne veut pas dire qu’il faut tout accepter des USA. Mais Trump, pour la première fois depuis 1945, remet en question : l’OTAN, l’OMC, le multilatéralisme, l’islamisme, les migrations de masse, le wokisme, le narco-traffic, l’étouffement économique par la Chine…Et l’Iran, le Venezuela, Cuba… C’est « l’effet brise glace » : que la France profite du chenal ouvert, pour se sauver elle-même.

  10. Plus il cause plus je l’aime : il secoue le cocotier et la politique, c’est ça. C’est à l’emporte-pièce. Les finasseux, les « faiseurs de phrases  » – comme les appelait Napoléon – se roulent par terre et le vomissent, mais tant pis pour eux. Trump est président ; il est vieux; et il n’a pas à se gêner.

  11. depuis bien longtemps, le fait de « DIRE la vérité » est devenu « clivant » ! …
    dire à un gamin qu’il est « irrespectueux » c’est le traiter avec mépris et lui « enlever toute chance de progression » quand ce n’est pas d’être accusé d’être « phobe » de tout et n’importe quoi ! …
    Alors quand un monsieur comme TRUMP vient « faire la leçon » à la « civilisation européenne » il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il deviennent un « pourris » ! …
    SAUF que des gars comme Mr VANCE ont un discours « cash » et surtout totalement VRAI ! …
    qu’il parle durant un discours à Munich ou qu’il « recadre » le corrompu zelensky, son analyse et ses propos sont tout à fait vrais ! …
    N’en déplaise à toute la bande de nocifs qui sont en place au sein de l’UE ! …
    Mention « spéciale » à macron et toute sa cliques de virus sur pattes ! …

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