[POINT DE VUE] Immigration: le Japon, entre hostilité et nécessité face aux musulmans

Les Japonais sont confrontés à la montée de l'islam, tandis que leur peuple autochtone s’autodétruit à petit feu.
Un clip anti-immigration devient viral au Japon. Source X / @NZLOYBX
Un clip anti-immigration devient viral au Japon. Source X / @NZLOYBX

C’est désormais une idée ancrée dans l’esprit des Occidentaux : le Japon pourrait bien être le laboratoire de la dénatalité qui est en train de nous tomber dessus à grande vitesse. Moins inféconds que les sud-Coréens (dont le taux de fécondité est inférieur à 1 enfant par femme), les Japonais nous demeurent toutefois plus proches, du moins dans l’idée que nous nous en faisons.

Lorsqu'on pense à un pays déjà vieux...

Est-ce dû à l’omniprésence des mangas dans la culture adolescente ? Aux dessins animés du Club Dorothée que ne manquait pas la génération Y ? Ou, plus sérieusement, est-ce la juste conséquence de la grandeur d’une civilisation magnifique, qui a subi l’influence et même la tutelle de la Chine, sans pour autant renoncer à produire des œuvres qui portent la marque irréfutable de son génie propre ? On ne sait pas vraiment. Toujours est-il que, lorsqu’on pense à un pays déjà vieux et qui pourrait bien nous servir d’éclaireur dans la nuit démographique, c’est au Japon que l’on pense par réflexe.

Comme beaucoup de pays dépeuplés et vieillissants, le Japon a théoriquement besoin d’une importante main-d’œuvre étrangère. En 2022, pendant la campagne présidentielle, Éric Zemmour avait lorgné du côté de l’empire du Soleil levant, en parlant de la robotisation du quotidien comme palliatif à une immigration incontrôlée, sans qualifications et incapable de s’adapter. Les Japonais semblaient préférer la tutelle de la technique, pour le dire d’une manière heideggérienne, à la disparition de leur culture sous les coups de boutoir du Grand Remplacement.

Un article du Figaro nous révèle que le Japon, malgré sa prudence sur le sujet migratoire, commence à en avoir sacrément ras le bol. À titre d’exemple, le gouverneur de la province d’Ibaraki, au nord de Tokyo, a récemment promis des primes à ceux qui dénoncent les clandestins. Il faut dire que la population étrangère ne cesse de croître, tandis que la chute de la démographie autochtone se fait vertigineuse. Dans le quotidien des Japonais, de plus en plus de travailleurs immigrés sont dévolus aux tâches ingrates. Contrairement aux Français, à qui l’on fait croire qu’ils ont toujours été un peuple multicolore, les habitants de l’archipel n’ont aucun mal et aucun complexe à les repérer. Comme dans beaucoup d’autres capitales, surtout occidentales, des quartiers d’immigrés, regroupés par nationalité, se forment au milieu des métropoles japonaises. Cette fois, c’est l’Europe qui a été le précurseur du Japon : c’était comme ça chez nous il y a quarante ans. On voit bien ce qu’il en est aujourd’hui.

Le ras-le-bol des Japonais

La croissante exaspération des Japonais envers des communautés qui arrivent massivement et n’ont pas l’intention de s’intégrer prend même la forme d’un rejet du « surtourisme »… mais, si le Japon en a marre des clandestins, il ne peut matériellement pas se permettre de fermer les vannes de l’immigration. Le rejet se reporte donc sur deux éléments : le séjour illégal (un blasphème, pour ce peuple si respectueux des lois)… et la religion. Un clip japonais, devenu viral sur les réseaux sociaux, montre comment les travailleurs étrangers de confession musulmane envahissent et modifient peu à peu l’espace public. Plus de porc à la cantine, des lieux de prière jusque dans les bureaux des entreprises et, surtout - point d’achoppement majeur au pays du shintoïsme -, des rites funéraires qui privent les ancêtres du sol sacré sous lequel ils ont le droit immémorial de reposer. On a déjà vu ça quelque part… sauf qu’il n’y a, au Japon, que 350.000 immigrés nouveaux en 2024 !

On pourrait accuser les Japonais d’hypocrisie : ils n’auraient qu’à avoir plus d’enfants. Mais on sait également que l’acédie, quand elle saisit un peuple comme le dégoût de vivre tombe sur un individu, est une sale maladie, profondément enracinée. Voyez ce qui se passe chez nous. En attendant, voici les Japonais confrontés à l’islam, tandis que leur peuple autochtone s’autodétruit à petit feu, faute d’énergie vitale. Nous devrions nous jumeler.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

18 commentaires

  1. La population japonaise va baisser, comme celle de Corée et de Chine. C’est une période un peu difficile à passer mais c’est une excellente chose. Ces pays sont surpeuplés! La population doit diminuer. C’est l’intérêt de tous.

  2. J’ai lu que si vous êtes perdu complètement dans la rue, à Tokyo, vous ne comprenez pas l’écriture du pays,…le mieux est de descendre dans le métro, là vous aurez des indications et des plans…en anglais ! Dites çà à un visiteur à Paris…Descendez dans le métro et là…etc. !

  3. Le Japon aussi est confronté à la religion musulmane , qui n’est pas qu’une spiritualité qui se pratique dans le domaine privé et dans des édifices dédiés , mais est aussi une loi suprême et organise la vie quotidienne , alimentation , habillement …. , et s’oppose donc à toute assimilation , avant le nombre aidant, de soumettre le pays d’accueil.

  4. Bon, il faut ajouter les causes de la dénatalite…
    Avoir un enfant au Japon coûte très cher, aucune aide sociale massive.
    Les salariés ont un salaire de survie : 1400 euros mensuels.
    Les horaires de travail sont déments : 70 heures par semaine est courant, les heures supplémentaires rarement payées.
    Les couples sont épuisés et abandonnent tout projet d’enfant. Et finissent par se séparer.
    Les morts au travail, en dehors des accidents, sont nombreux et l’épouse se retrouve seule.
    Le suicide d’enfants est un problème national (plus les adolescents).
    Bref, tout est en place pour faire dégringoler la natalité : ils y sont.
    La Corée du Sud est bien pire.

    • Vieux clichés du 20ème siècle !
      Le manque de main d’oeuvre a rebattu les cartes. Les entreprises qui imposent de longues heures de travail ne trouvent plus personne. Les salariés ont le choix.
      Les horaires habituels de travail actuellement sont 8h-16h et surtout 9h-17h avec une heure le midi seulement voir une demie heure ce qui permet aux gens de rentrer chez eux bien plus tôt qu’en France. Dans le bâtiment, le travail est interdit après 17h00 sauf exceptionnelles dérogations à cause des nuisances.
      Actuellement un salarié japonais fait moins d’heures qu’un salarié US.
      Le nombre de suicide reste élevé mais le suicide fait partie de la culture japonaise qui l’impose en cas d’échec, ce qui est difficile à comprendre en Occident.
      Les logements restent petits à cause de la surpopulation mais leur superficie moyenne s’élève depuis 20 ans et les niveaux de confort y sont bien supérieurs à la France, notamment les salles de bains ou wc 22ème siècle.
      Le coût de la vie est globalement moins élevé au Japon qu’en France et les salaires un peu supérieur.

  5. D’un autre côté, la population japonaise est presque le double de la notre, pour un territoire inférieur d’un tiers et occupé à 70% par des montagnes fort peu habitables. La baisse de la population en elle-même ne serait pas problématique sans son corollaire: le vieillissement.

  6. A propos hier a Strasbourg le parlement européen la droite a obtenu des avancées.
    La possibilité de centres d’expulsion dans les pays tiers ;
    la détention des clandestins permise pendant 24 mois et plus si les circonstances le justifient ;
    L’ interdiction d’entrée sur le sol européen sans limite de temps ;
    La possibilité de fouiller et saisir les biens (papiers d’identité, téléphone…) du clandestin sans son accord afin d’identifier son pays d’origine ; l’appel d’une décision d’expulsion ne suspend plus l’organisation de l’expulsion.

    Ce n’est pas parfait, mais ce sont des progrès considérables qui tranchent avec le laxisme ayant prévalu jusque-là. C’était, encore une fois, une demande de notre alliée Giorgia Meloni, qui se bat à Rome et à Bruxelles pour protéger nos frontières et nos peuples.

    Le texte sera prochainement mis aux voix en séance plénière avant d’être négocié avec le Conseil. Félicitations à notre négociateur Charlie Weimers, avec lequel nous avons travaillé dès le début pour obtenir ces victoires. Et merci à François-Xavier Bellamy qui a su convaincre son groupe de travailler une nouvelle fois avec la droite. ECR

  7. L’age d’un pays est celui de sa combativité pour défendre son mode de vie et ses idéaux. Tout cela dépend dans une large mesure de l’ambiance générale, laquelle dépend en grande partie de la qualité de ses dirigeants. Depuis 15 ans on ne peut pas dire que ça se soit amélioré.

  8. Je me garde répondre au sujet qu’est le problème démographique que rencontre le Japon, par contre je peux témoigner suite a mes séjours dans ce pays que nous avons des leçons a recevoir de ce peuple. Les rues sont propres, les gens d’une gentillesse, d’une politesse et d’une honnêteté extraordinaire. J’avais perdu devant le konbini de l’hôtel une enveloppe contenant a peu près 1000€ (en yens) en cash. 24h plus tard j’ai demandé a la réception si elle avait trouvé cette enveloppe sans trop me faire d’illusion. Surprise non seulement l’enveloppe était la mais sans qu’il manque un yen ! Vous pouvez vous promener a n’importe quelle heure de la nuit sans vous faire importuner et avec un sentiment de sécurité que nous ne connaissons plus en France. Et pour finir, le choc de civilisation lorsque vous atterrissez a CDG par le vol de retour en voyant la foule trainée dans l’aéroport.

    • en France cela existai avent ca met arrivé une étourdit a mis ma sacoche de recettes que je devais amenez à la banque en roulant elle est tombé en ma percevant de ne plus l’avoir nous avons fait demi tour ne l’avons pas trouvé j’ai été a la mairie pour leur demander il mon indiqué une personne qui l’avais récupéré je me suis rendu chez elle qui me la rendu sans vouloir de dédommagement

  9. La communauté Brésilienne s’est installée au Japon dans les années 50 .il y a un quartier  » bosa nova  » a Nagoya . Sympa boite de nuit , comme a Rio.
    Dans les années 2010 .
    Il y avait 50.000 musulmans japonais , la communauté musulmane est arrivée dans les années 1910 de Russie. La mosquée de Tokyo date de 1936 comme celle de Paris .
    Vers les années 2000 sont venus des algériens, syriens etc mais pour des périodes limitées.
    Il y a maintenant près de 100.000 musulmans.
    Les prêches des imams dans les 60 mosquées au japon sont video enregistrés par service de police .

    • Oui, sauf qu’il faut expliquer que la plus grande communauté japonaise hors Japon est le Brésil, Pour la plupart ces japonais sont arrivés au Brésil à la fin de la seconde guerre mondiale. Donc certains retournent dans le pays de leur famille.

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