[POINT DE VUE] La « dissuasion avancée » d’Emmanuel Macron n’enthousiasme pas l’Italie…
« Vérité en deçà des Alpes, erreur au-delà », pour paraphraser Blaise Pascal : le discours d’Emmanuel Macron à l’île Longue, qui semblait si plein d’un immarcescible en même temps, ni tout à fait souverain ni tout à fait traître, appelait à des partenariats avec nos voisins européens. Pourtant, ceux qui sont, par l’histoire comme par la culture, les plus proches de nous (les Italiens) semblent ne pas vouloir de cette alléchante proposition. Si Giorgia Meloni ne s’est pas encore exprimée sur le sujet, son ministre, Antonio Tajani, repris par nos confrères de l’Opinion, a déclaré nettement que Rome voulait bien parler de tout cela « au niveau européen, pas à l’initiative d’une seule capitale ».
Il y a plusieurs raisons dans ce manque d’enthousiasme de nos frères transalpins. D’abord, les Italiens n’ont peut-être pas subi un aussi profond lavage de cerveau que les Allemands après la défaite de 1945, mais ils sont tout de même fortement américanisés. La Sicile a été ouverte aux Américains par la mafia new-yorkaise. Le sud de l’Italie a été fasciné par le déferlement des GI (bien davantage que par les viols collectifs des Marocains du corps expéditionnaire français, d’ailleurs) : on se souvient de Tu vuò fà l’americano, notamment chantée par Sophia Loren, qui ironisait sur l’américanolâtrie des jeunes Napolitains. L’Amérique, avec son réseau Gladio et son parapluie nucléaire otanien, a une place de choix dans l’histoire géopolitique récente de l’Italie.
La question de la souveraineté
Ensuite, il y a un autre sujet : celui de la souveraineté. Pas française ; ça, les Italiens s’en foutent, mais la souveraineté italienne. La France, dans l’idée d’Emmanuel Macron, prévoirait d’installer une partie de ses moyens de frappe sur le territoire des pays européens qui l’accepteraient. L’Italie, elle, aime mieux le mécanisme américain : le nucléaire militaire installé sur le territoire d’un pays fait l’objet, en cas d’hypothèse d’emploi, d’un mécanisme de codécision. C’est tout de même moins humiliant d’avoir son mot à dire plutôt que de servir de mule aux armes nucléaires de quelqu’un d’autre. Emmanuel Macron a du mal à comprendre cela : se mettre à la place des autres n’est pas tout à fait son fort.
La récente période de froid provoquée par le meurtre de Quentin Deranque n’a rien fait pour arranger les choses. Macron aurait dû sentir que cet épisode renvoyait Meloni au double meurtre atroce de deux tout jeunes militants nationalistes à Acca Larenzia, en 1978, par des gauchistes. Il aurait dû demander autour de lui : un conseiller aurait peut-être pu lui souffler que Giorgia Meloni n’a jamais manqué une seule commémoration de cet assassinat, depuis qu’elle s’est engagée en politique, encore adolescente. Se mettre à la place des autres, là encore… Résultat : le sommet franco-italien prévu en avril, qui devait relancer la coopération entre nos deux pays, a été ajourné sine die.
Casseroles élyséennes
Sur le fond, l’Italie semble ne pas trouver stupide l’idée d’une France « électron libre », là où la doctrine de l’OTAN, si procédurière, si anglo-saxonne, si prévisible en somme, laisse de forts indices à la Russie sur les « lignes rouges » qu’elle peut ou ne peut pas franchir. Ce qui semble la refroidir – et comment lui en vouloir ? –, c’est que cette idée vienne de Macron. Dans son sillage, notre Président traîne, comme une batterie de cuisine, une sonore réputation de bateleur sans consistance, de hâbleur irrésolu. Encore une fois, on serait bien en peine de leur jeter la pierre. D'ailleurs, si tous les pays européens refusent, un à un, cette « dissuasion avancée », nous n’aurons qu’à garder notre dissuasion tristement « classique », et ce ne sera pas si mal.
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65 commentaires
Encore et encore une fois de plus notre « président malheureusement élu » à voulu faire son intéressant . Il est ridicule sur le plan international quant au national n’en parlons même pas . Il veut faire croire qu’il est le sauveur , le grand médiateur alors qu’il n’a rien fait contre le régime iranien en temps de paix , et on l’a vu au bout de cette grande table face à Poutine et lorsqu’il a voulu participer à l’échange entre Trump et Zelensky Trump a enlevé la chaise. Il sort des inepties . Il ne prend conseil de personne , sa vision géo politique est nulle et il s’invente des rôles à l’international dont tout le monde se moque . Décidément vivement 2027
Madame Meloni vous ne devriez pas répondre à ce grossier personnage et renvoyer l’ambassadeur de France dans son pays et rappeler le votre .
Bravo! Oui je crois que nous connaîtrons mieux tout ces symptômes de déséquilibre après les élections de 2027…
pas sur car le formatage de l’information s’organise , la démocratie est verrouillée , un passage de témoin pour une candidature de l’extrême centre supervisée par la caste progerssiste de l’UE … donc sauf un coup d’état improbable, après 2027 la France continuera comme précédemment sur la voie de l’impasse finale …
Méfions nous car ce dépositaire de l’arme suprême ne mette le boutefeu en oeuvre , juste pour faire voir aux copains européens qu’ils peuvent compter sur lui (bien sûr un tir à « blanc » s’entend ) mais tout sera bon pour convaincre , sauf nos voisins italiens plus pondérés .
Merci pour l’image d’illustration, ça chance d’avec celles du-e notre Guide suprême. Mais mon sujet c’est les bases pour les vecteurs ne notre force de frappe nucléaire qui se trouverait donc en Belgique, aux Pays-Bas, en Suède, au Danmark et en Allemagne.
Le frérot espagnol, Sanchez a dit des choses intéressantes il y a quelque jours. Les USA demandent pour utiliser leurs bases en Espagne pour les escales de gros porteurs militaires vers le moyen orient. Leurs bases…mais Sanchez dit que ces bases sont en Espagne et donc sous l’autorité de l’Espagne…Hou là, frérot dit un truc intéressant, ces bases sont en Espagne et donc, les bases du frérot macron seront, par exemple, en Belgique et on sait que la Belgique a refusé le vol de l’argent russe planqué dans les banques de ce pays. Un ondice. Que va faire Macron quand il constatera que ses avions qui doivent partir sur ordre de son bouton doivent avoir l’autorisation de l’ambassade de Belgique ? Les avions sont sur territoire belge, et donc, dirait Sanchez, c’est Bruxelles-Brussel qui décide ( pas Bruxxxelles, for sure). Il est bon d’écouter ce que les hommes au pouvoir racontent ici et là, on a des informations détournées qui interrogent sur le plan de la logique et de la similitude. Merci Sanchez !
Dès l’élection de la Meloni, Macron a fait la fine bouche et décrété qu’on allait la mettre en observation, la surveiller, entraver si possible sa politique au nom de « notre Europe » (macronienne). Aujourd’hui la France sort de l’Histoire et l’Italie relève la tête. Si les Allemands n’ont jamais cru au « couple franco-allemand » (ce concept n’a pas de traduction compréhensible en allemand), la perspective d’une alliance germano-italienne n’est pas pour leur déplaire, ils l’avaient déjà testée avant-guerre… et cette fois, ce sera sous le parapluie et avec l’assentiment de Donald !
Capitaine Flam (en plastique), tu n’es pas de notre galaxie…
Macron est un hyper-narcissique.
Il veut toujours être sur le devant de la scène et il est prêt à inventer n’importe quoi pour l’occuper en permanence. Tous les moyens sont bons pour exister et faire son petit théâtre, son rôle préféré.
Comme appuyer sur son bouton nucléaire sans l’assentiment de l’OTAN, il est capable de le faire, au dernier acte, tout se joue sur scène mais ici la scène est le meurtre de la France. Il a encore un an pour tout détruire…
Et dire que c’est nous qui nous le farcissons !
Quel bonheur ça doit être d’être Italien en ce moment !
Une vraie chef de gouvernement qui prend des décisions, bonnes de surcroît, des gens fiers de leur pays et de son histoire qui l’ont montré lors de la cérémonie des JO. Il y a certes une gauche mais pas aussi nihiliste que celle que nous avons.
Viva Italia
Vivre la France!
Ce n’est pas parce que des nuls la dirigent depuis un bail que je ne vais plus l’adorer. J’ai même risqué ma peau pour elle, ce que je n’aurai pas fait pour l’U€ des bourges.
Et vive la Nation!
oui ,
« chacun chez soi » disait Macron à Meloni il n’y a pas si longtemps je crois…
« Et les moutons seront bien gardés »… donc mieux gardés que notre Capitaine Flam de l’Elysée trop bien gardé par nos CRS!
Quelles raisons à ce besoin d’installer » ses moyens de frappe sur le territoire des pays européens » ? L’Europe est-elle si gigantesque que cela ? Les moyens de propulsions modernes ne permettent-ils pas d’atteindre des pays lointains ? A quoi servent les sous-marins ?
En réalité, Macron éprouve le besoin de se faire valoir. « J’ai l’arme atomique. Je vous suis surpuissant. Observez-moi ». Il ne se doute pas que dans quelques années, son arme atomique il pourra se la mettre dans sa poche, des armes plus puissantes et beaucoup moins polluantes vont naître. Que dans quelques années, l’armée allemande dominera l’Europe : forts pouvoirs dynamiques d’ingénierie, industriel et productif, accompagnés d’une gestion saine.
Macron plane dans tous les domaines. A croire que son esprit est totalement déconnecté. Bon état de santé ?
Dans ce conflit contre l’Iran, il n’a qu’un mot à la bouche « négociations ». Mais qu’a-t-il entrepris en temps de paix pour amener les mollahs à la tempérance ? Meilleures tolérances vis à vis de leur population, des pays voisins, arrêt des attentats. Rien, il observe, bras croisés, comme à son habitude, mais n’entreprend rien, comme en FRANCE. Il bavarde, fanfaronne, fait le beau. Et il critique ceux qui agissent à sa place.
La doctrine nucléaire française prévoit déjà, en entretenant un flou souhaitable en la matière, que nos intérêts vitaux pourraient déborder de nos frontières. Lever une partie de ce flou est une imbécilité qui n’a pour but que de construire un peu plus la future ambition de Macron.
Vous écrivez ici : « La Sicile a été ouverte aux Américains par la mafia new-yorkaise » ! C’est évidemment faux, l’armée américaine a pris pied en Sicile par la force de ses armées. Mais il est vrai que les Américains ont ensuite un peu trop vite ouvert aux mafiosos enfermés les portes des prisons dans lesquelles les avait enfermé Mussolini ! Vous osez ensuite écrire : « Le sud de l’Italie a été fasciné par le déferlement des GI (bien davantage que par les viols collectifs des Marocains du corps expéditionnaire français, d’ailleurs) » C’est sûr M. Florac que les GI libérateurs ont plus fasciné les Italiens que les violeurs marocains, on le comprend aisément ! Laissez-moi vous dire que votre phrase semble tirée directement de cette propagande communiste organisée par les Russes après guerre et qui prétendait que les GI violaient les femmes italiennes par milliers… C’est scandaleux de colporter de telles infamies 80 ans après ! Pour le reste votre article est incroyablement vide.
« votre phrase semble tirée directement de cette propagande communiste » Les faits : dans l’armée française de Juin, les tirailleurs marocains du général de Montsaber avaient tous les droits sur les populations locales, considérées comme nazies. Et ils ne s’en sont pas privés. Les sources non communistes en font foi, ainsi que Sophia Loren dans le film « La Ciociara ».
Je parlais des viols (prétendus par l’URSS) d’Italienne par les GI !
La libération de l’Italie, et plus particulièrement le débarquement allié en Sicile en 1943, a été facilitée par une série de collaborations pragmatiques mais lourdes de conséquences entre les services secrets américains et la mafia italo-américaine et sicilienne. Ces accords, passés avec des figures comme Lucky Luciano, ont permis de sécuriser le débarquement et d’asseoir l’occupation, mais ont eu un prix dévastateur : la résurrection politique et territoriale de Cosa Nostra, dont les conséquences gangrènent la politique italienne jusqu’à nos jour. Collaboration des milieux mafieux pour sécuriser les ports de New York (1942) et fournir des informations cruciales pour l’invasion de la Sicile (Opération Husky, 1943). En outre, La mafia sicilienne avait été durement réprimée par le préfet de fer Cesare Mori sous Mussolini (années 1920) ; elle voyait donc les Alliés comme des libérateurs. Pour administrer rapidement le territoire et éviter les troubles, le Government Militaire Allié (AMGOT) nomme des maires et des officiers de liaison issus de ces réseaux. Le cas le plus emblématique est celui de Don Calogero Vizzini, un parrain influent, nommé maire de Villalba.
La libération des mafiosi n’est pas la même chose que le débarquement des alliés en Sicile, ne mélangez pas tout.
Étonnant comme le regard de nos proches cousins est réaliste à l’égard de macron.