[POINT DE VUE] Tapage agricole : un paysan jugé pour avoir nourri ses bêtes tôt le matin
Au Vimeu, en Picardie, certains n’aiment pas être réveillés par le bruit de bêtes. C’est un peu dommage, dans une campagne agricole. Pendant trois jours consécutifs, en octobre 2024, un éleveur du village s’est levé tôt pour nourrir ses bêtes à six heures du matin. Selon la FDSEA de la Somme, il « avait prévu une journée assez conséquente pour réaliser ses chantiers de récoltes de pommes de terre et de betteraves [...] ça l'a obligé à nourrir ses bêtes avant de l'entamer ». Voilà qui a suffi à le rendre justiciable : un couple de voisins a porté plainte pour tapage nocturne contre ce pauvre homme, qui passera en jugement ce mardi 14 octobre.
Afin de mieux protéger les agriculteurs contre ces gens aux oreilles sensibles, la loi du 15 avril 2024 était censée ne pas donner droit à ce harcèlement juridique contre la vie normale des campagnes françaises. Quand une exploitation agricole existait déjà avant l’installation des riverains que le bruit et les odeurs offusquent, la loi dit désormais qu’il n’est pas censé être pénalement responsable. C’est bien la moindre des choses. Et pourtant, on en est là, et ce brave éleveur devra désormais se justifier de s’être levé aux aurores pour pouvoir simplement faire son travail.
Denis Bully, président de la FDSEA 80, a décidé de prendre les choses en main et de ne pas laisser l’injustice française faire son travail. C’est au nom de sa fédération que ce rassemblement de soutien doit avoir lieu, sous le slogan « La campagne, tu l’aimes ou tu la quittes ». On notera, au passage, cet emprunt pas très discret au Jean-Marie Le Pen des années fastes : une preuve supplémentaire que le prophète de la Trinité, qui, comme Odin, avait perdu un œil pour connaître la vérité, est mort mais que ses idées n’ont jamais été aussi vivantes.
Dans son communiqué, M. Bully précise sa position : « Pour nous, c'est important d'être présents, de lui apporter notre soutien même si, en tant que public, nous ne pourrons évidemment pas prendre la parole. En plus de subir cette audience injustifiée, il est visé par des menaces et des insultes de la part de ses voisins. C'est important d'être là, pour qu'il ne se sente pas seul et pour essayer d'éviter que cela se reproduise. » Menacé et insulté par ses voisins pour avoir simplement vécu comme il devait : le monde à l’envers. Tiens, par parenthèse, ces gens auraient-ils porté plainte pour tapage nocturne si des fêtards alcoolisés ou des scooters lancés à fond les avaient réveillés à la même heure, mais dans une zone plus urbaine ? On se perd en conjectures.
Le fossé entre la France des villes et celle des périphéries se creuse de jour en jour. Ces deux France n’ont plus rien en commun : ni l’architecture, ni la population, ni les priorités, ni les opinions politiques, ni même désormais l’heure du réveil. Des agriculteurs, il en faudra toujours. Des gens qui se réfugient hors des grandes villes pour finir par emmerder les campagnes (on se souvient de ces histoires de coqs chantant trop tôt le matin), on en est moins sûr. Bon courage à cet agriculteur, à qui on souhaite que la Justice, pour une fois, fasse ce pour quoi Nicolas la paie.
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135 commentaires
Arrêtez de parler des « périphéries », sauf si vous êtes wokiste bien sûr ! Parlez de la campagne, de la province !
en faisant quelques recherches,rien de bien compliqué,on s appercoit de quelques details qui sembles vous avoir échappé. les gens habitent la depuis 2003 et la plaignante à été élevée dans une ferme(l argument les bobos passe deja moins bien ) . Les nuisances durent depuis 1 an et pas 3 jours. ils ont recu des menaces de la part du monsieur et de la part de ses soutiens .leur maison a perdu 30 pourcent de sa valeur depuis que la ferme a triplé de volume etc.je vous pensais un peu plus sérieux comme « journal »
Où voulez vous qu’une ferme s’étende ? A Paris centre ?
A la campagne, on se lève très tôt pour bosser pendant 12 ou 14h, c’est peut-être difficile à comprendre dans une France ou plus personne ne veut se lever pour aller travailler.
Rassurez-vous : demain, nos campagnes seront enfin débarrassées de ces vaches si bruyantes et encombrantes. Place à une viande importée des confins du globe, discrète, sans odeur, et surtout… sans empreinte carbone visible. Après tout, pourquoi produire local quand on peut cumuler les kilomètres, les intermédiaires et les normes environnementales exotiques ? Le bilan carbone, c’est comme la poussière sous le tapis : l’essentiel, c’est qu’on ne la voie plus.
Un progrès, non ?
PS : Le silence des étables n’a jamais nourri personne, mais bon, l’important est de garder la conscience tranquille.
Encore des bobos qui veulent les avantages de la campagne sans les inconvénients
On a eu les gens dérangés par les cloche de l’angélus du matin, puis ceux dérangés par le chant du coq, là on a ceux dérangés par le fait qu’un éleveur élève ses vaches… et demain on aura quoi ?
CERTAINS par obligation TRAVAILLENT alors que les juges leur FICHE LA PAIX …
Et que les sensibles aux réalités de la CAMPAGNE DEGAGENT !!!…
Que la justice donne suite à ce genre de plainte est déjà consternant ! Pour le reste, ce brave paysan va devoir perdre son temps à se justifier devant un juge ! Si l’auteur de cette plainte n’aime pas les bruits de la campagne, qu’il reste en ville !
Ce que je ne comprends pas c’est que genre de délires aille devant un juge quand les agressions, cambriolages ne sont pas jugés faute de temps soit disant
Les juges choisiraient ils leurs dossiers ?
Les gens des villes doivent rester dans les villes s’ils ne sont pas capables de supporter les agriculteurs qui les nourrissent. Ce sont les premiers qui devraient être jugés et non les seconds.
bonjour ,
je ne comprends pas , la justice a le temps de s’occuper de ce genre d’ânerie ?
ce qui serait sympha, ce serait un déplacement pacifique au tribunal au jour et heure de l’audience, d’une grande partie de la population environnante, afin que les plaignants se rendent compte qu’envisager un déménagement serait peut être une bonne chose pour leur tranquillité, morale et de vie, au sein de la population du coin…
Comme je dis souvent, mort aux cons!
Certainement des clampins citadins qui ignorent les semaine de 70 heures et qui, pour un oui pour un non cultivent la pleurnicherie et les procédures, pauvre de nous!Et grossier pour couronner le tout; Là, l’éléveur devrait aussi porter plainte pour insultes voir menaces.
Dans la foulée quelle pourrait être la punition de tous ceux qui ont approuvé, et pire encore signé, ce fameux « Mercosur » ? Une partie de nos Agriculteurs et Éleveurs sont en risque de mort ! C’est tout de même plus grave que quelques décibels en trop, non ? Une bonne part des coupables sont à Bruxelles. Il en est même certains au pied des pyramides égyptiennes en ce Lundi 13 Octobre 2025