Pour un hommage aux victimes du 13 novembre, arrestations et perquisitions de Natifs

L'Association de soutien aux lanceurs d'alerte dénonce une « instrumentalisation du droit à des fins politiques ».
©Les Natifs
©Les Natifs

« Bataclan : dix ans plus tard, l'ennemi est toujours là. » C’est cette banderole déployée sur l’esplanade du Trocadéro, lors d’un hommage aux victimes du 13 novembre, qui a valu à cinq militants des Natifs de passer la nuit du 18 au 19 novembre en garde à vue, après la perquisition de leurs domiciles pour « provocation à la haine ou à la discrimination », parmi trois autres chefs d’accusation. Une procédure qui a d’ailleurs été prolongée au-delà des vingt-quatre heures légales, avant que les personnes interpellées ne soient relâchées, ce 19 novembre au soir, et placées sous contrôle judiciaire en attendant d'être présentées au tribunal.

La réponse disproportionnée à un simple « happening »

Une fois n'est pas coutume, des moyens considérables ont été mobilisés pour une action qui aurait pu passer presque inaperçue, tant le « trouble à l’ordre public » que la préfecture de Paris affirmait craindre n’a jamais été dans l’équation de cette action militante du 13 novembre. Un « happening » comme il en existe beaucoup et qui visait simplement à rendre hommage aux 132 victimes des attentats de 2015 et à dénoncer la menace du terrorisme islamiste, toujours présente en France dix ans après les attaques revendiquées par Daech.

Une quarantaine de jeunes hommes et femmes à visages découverts, une vingtaine de fumigènes et des slogans tels que « Ni oubli, ni pardon » ou « Islam hors d’Europe » ont alimenté cette action qui n’aura duré que quelques minutes. Après quoi, « tout le monde est retourné travailler, tout le monde est allé s’occuper de ses enfants », raconte Pierre Larti, porte-parole de l’ASLA, une association d’aide financière et juridique aux lanceurs d’alerte.

Ce n’est que quatre jours plus tard que les foyers de certains des militants identitaires soupçonnés d’avoir participé à l’action ont été perquisitionnés à l'aube, « dans l’incompréhension des familles », souligne le collectif des Natifs, avant que les menottes ne soient passées aux militants. Un décalage d’autant plus surprenant que, selon Pierre Larti, « aucun trouble ni dommage » n’a pu être observé, alors que l’un des chefs retenus porte, justement, sur un « regroupement en vue de commettre des violences ou des dégradations ».

Le motif de « mise en danger d’autrui », retenu pour les fumigènes, laisse encore perplexe Pierre Larti, qui s’étonne que l’on invoque ce risque alors que, deux semaines plus tôt, « des centaines de supporters marocains » avaient allumé fumigènes et feux de Bengale au cœur de Paris, sous les yeux apeurés des riverains, sans que ça ne génère ni garde à vue ni perquisition. À en croire le dernier article du Parisien paru sur ce sujet, et sans réponse du parquet de Paris sollicité par BV, aucune poursuite ne semble effectivement avoir été lancée en ce sens.

Le grief de manifestation non déclarée soulève la même question de cohérence, puisque les happenings, rappelle-t-il, ne font jamais l’objet d’une déclaration préalable.

« L'instrumentalisation du droit à des fins politiques »

Reste l’accusation la plus politique, selon lui : la provocation à la haine ou à la discrimination. Pour Pierre Larti, difficile de saisir comment une banderole affirmant que « dix ans plus tard, l’ennemi est toujours là » constituerait un appel à la haine, « a fortiori quand on voit les derniers sondages sortis par l’IFOP sur les sympathies islamistes d'une partie du monde musulman en France ».

Une sévérité qu’il juge disproportionnée et répétitive, puisque c'est loin d'être la première fois que les actions des Natifs sont visées, malgré leur caractère inoffensif. À ses yeux, ces mesures ne relèvent d'ailleurs ni de la sécurité ni de l’ordre public, mais d’un ciblage politique qui ne dit pas son nom. Il parle même d’une « instrumentalisation du droit à des fins politiques » par le locataire de la Place Beauvau, Laurent Nuñez. « C’est plus simple, ironise Pierre Larti, d’aller chercher des sympathisants patriotes que d’aller chercher des ultras ou des supporters marocains. »

Dix ans après le Bataclan, la menace terroriste existe toujours. Mais la réponse de l’État semble vouloir agir comme un écran de fumée.

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Arrêtez avec identitaires, ce ne sont que des gens avec du bon sens. Arrêtez avec extrême droite, ce ne sont que des patriotes. Un patriote avec du bon sens aime son pays, les autres c’est l’inverse. Merci

  2. Discrimination ? Mais oui parfaitement il faut appeler un chat un chat. Les attentats du 13 novembre ont été commis par des fanatiques musulmans islamistes. Il n’y pas de haine, ni de discrimination, juste la réalité….

  3. Le 13 novembre 2025 ! Commémoration des attentats islamistes (qualificatif oublié du discours officiel). Sont présents, tous les officiels de la gauche, en fait, les responsables de ce qui permirent ces attentats (immigration, ouverture des frontières, angélisme électoral) et de ceux qui gérèrent le désordre dans les forces engagées pour combattre les assaillants (confusion au sein des forces de police, redite à Nice, un an plus tard, toujours les mêmes). Grand absents, non invités, les gens dits de l’Extrême Droite toute confondue. En fait l’ennemi de cette gauche tartufe, qui préfère le déni et ne pas nommer le véritable ennemi, l’islamisme, pour stigmatiser toujours les mêmes. Ceci aura au moins eu le bénéfice de mettre en évidence, malgré eux, les effets ( les bougies, les nounours, les discours, les hommages aux vraies victimes et des vraies victimes de leur basses manœuvres) et les causes , les politiques, ceux qui, par mauvaise conscience prennent des mines de compassion alors qu’ils ont les mains souillées du sang des victimes, par omission, peut-être, mais néanmoins toujours et définitivement responsables de leurs décisions. Et maintenant le Nunes s’en prend à un mouvement pacifique mettant en évidence la lâcheté et l’incompétence de ces mêmes politiques, dont il fait partie. Ces gens sont méprisables, et s’ils échappent à la justice des hommes, ils n’échapperont pas au fruit de leur karma…pour ceux qui y croient….et comme pour tous, une vie, c’est vite passé, à quoi bon se souiller ainsi !

  4. Mais quelle honte à celui qui a donné l’ordre de ces interpellations ainsi que les motifs. Dire que l’ennemi est toujours là serait une provocation à la haine…. du n’importe quoi . Quand je vois ça je pense à toutes les malheureuses victimes du terrorisme en France et à leurs proches …. quel PAYS ….

  5. Honte au Ministre de l’intérieur d’avoir interpeller ces jeunes gens ( Natifs ) qui ne disent que la vérité !
    il ferait mieux de courir après les terroristes islamistes au lieu de les considérer comme malades mentaux !!!

  6. La « force d’âme » revendiquée par le CEMA est bien présente dans ce déroulé de banderole mais malgré tout, cela mérite un petit tour au poste. Des dégâts ont-ils été commis ? Des insultes ont-elles été proférées ? Des « ACAB » on-ils été jetés à la face des policiers ?
    Va comprendre, Alexandre !

  7. Toute la personnalité profonde de l’ex-préfet de police de Paris, aujourd’hui ministre de l’Intérieur, est dévoilée ici à travers cet acte.
    Quel courage il lui a fallu pour mettre un coup d’arrêt aussi brutal à ces fachos dangereux et mortifères !

    Il est en train de surpasser Bernard Boucault, qui, rappelons-le, avait fait arrêter près de 2 000 personnes (sous l’autorité de François Hollande) qui manifestaient avec femmes et enfants, uniquement sous le prétexte qu’elles portaient un T-shirt sur lequel on pouvait voir un père, une mère et leurs deux enfants.
    Je me souviens qu’elles avaient passé 48 heures en garde à vue, mais surtout que cela n’avait pas ému les Français.
    Ces arrestations, dignes du régime soviétique, n’ayant pas provoqué de contestation, pourquoi se priverait-il de recommencer ?
    Il l’a bien choisi pour ce qu’il est !

    Voir France 3 Paris-Ile-de-France du 25/03/2013.

  8. Il serait plus juste de viser nos vrais ennemis que de cibler des patriotes qui nous défendent. La Justice a pris peur ? Il va falloir que ça change.

    • La Justice a pris peur ? Ou bien, elle est complice, noyautée qu’elle est par l’extrême gauche!
      Perso, je donne à ASLA pour qu’elle défende ceux qui défendent mon pays et mes idées!

  9. Comme d’habitude, deux poids deux mesures, alors que des supporters de foot marocains font la loi en France, que les anarcho-socialistes ne sont pas inquiétés après avoir commis leurs méfaits, des citoyens français, parce qu’ils sont de droite, sont inquiétés par le justice et sont traités comme des criminels.
    Merci la politique du parti de la racaille et de l’étranger.

  10. On préférerait que les ordres soient plutôt d’arrêter et mettre sous les verrous ceux qui attaquent les Blancs au couteau.

  11. Comparons ce qui est comparable ! Des fumigènes sur l’esplanade du Trocadéro, c’est quand même beaucoup plus dangereux que dans une salle de concert où joue un orchestre israëlien…

  12. Qu’il fait bon vivre en macronie !
    Les voyous dans la rue , les Français en taule !
    Remettra t’on bientôt le gibet de Montfaucon ?

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois