Prix des carburants : LFI s’oppose à Bardella, mais copie Orbán !

Face à la hausse des prix à la pompe, les Insoumis n'ont qu’une idée en tête : attaquer le RN et TotalEnergies.
Capture d'écran CNews.
Capture d'écran CNews.

« M. Bardella ne semble pas avoir compris que même si on baisse les taxes sur le carburant, les prix peuvent continuer à augmenter », lance Jean-Luc Mélenchon, le 9 mars, sur son compte X. « Le sachant, c’est moi ! », aurait-il pu ajouter. Le président du RN est un petit jeune qui n’y connaît rien. Et comme dirait l’autre, « quand on sait pas, on dit pas », n’est-ce pas ? Car en vérité, « seul le blocage des prix que LFI propose protège les Français et permet de faire payer Total ». Jean-Luc Mélenchon, c’est toujours l’art de joindre l’utile à l’agréable. Blocage du prix du litron et, au passage, un bon taquet à l’infâme pétrolier, coupable de gagner de l’argent. « Total a fait les plus grands bénéfices de toute l'histoire du capitalisme français. Ils ont les moyens de payer. » Ah ? Bon, alors, pourquoi se gêner ?

Bompard dur d’oreille ?

Le gourou Mélenchon ayant ouvert la voie, le soldat Bompard s’y engouffre dès le lendemain, au petit matin du 10 mars. En terrain hostile, sur CNews, dans La Grande Interview (à partir de 1 mn 25 s), Laurence Ferrari l’invite d’entrée sur le sujet. Cela tombe bien. « Bien sûr, qu'il faut agir, et il faut le faire tout de suite », commence-t-il, dénonçant l’attentisme du gouvernement. « Et j'entendais le Rassemblement national dire non, M. Bardella, ce n’est pas ça qu'il faut faire. » Manuel Bompard est bien le seul à avoir entendu cela, mais qu’importe. « Il propose une baisse de la TVA de 20 à 5,5 sur le prix du carburant. Sur l'augmentation du prix. Mais ça... Alors, d'abord, c'est inefficace », puisque, poursuit-il, « ça veut dire qu'au lieu d'avoir une augmentation de 30 centimes sur le prix du gasoil, vous aurez une augmentation de 24 centimes ». Bon, là encore, le coordinateur de La France insoumise perçoit du président du RN des messages subliminaux qu’il est seul à capter.

Le 2 mars, sur son compte X, Jordan Bardella semblait pourtant s’être exprimé clairement : « Face aux risques d’envolée des prix de l’énergie engendrée par la situation au Moyen-Orient, l’État français et l’Union européenne doivent anticiper dès maintenant les conséquences pour le quotidien des Français », expliquait-il, invitant donc à l’action immédiate et non à l’attentisme. Et le président du RN complétait alors son propos en indiquant la méthode à suivre : « une baisse de la TICPE et de la TVA sur l’énergie » [taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques et taxe sur la valeur ajoutée, NDLR]. Donc, pas seulement la TVA, pas seulement non plus sur l’augmentation du prix à la pompe, mais sur une part de taxation par l'État entrant tout de même pour 60 % dans le prix à la pompe. Et le RN propose, par ailleurs, que ces mesures s’accompagnent d’une « suspension immédiate des règles européennes de fixation des prix de l’électricité, actuellement indexés sur les prix du gaz, pour rétablir un prix national de l’électricité ». Détail qui avait, à l’évidence, échappé à l’oreille fine de Manuel Bompard.

Mais pour ce dernier, l’objectif de Jordan Bardella, « comme toujours, c'est de protéger les grands distributeurs, le géant du pétrole Total qui se fait des milliards ». En quoi les baisses de TICPE et de TVA engraisseraient-elles TotalEnergies ? Selon Manuel Bompard, la grande faute du RN serait de mettre « à contribution l'État, puisque c'est moins de recettes fiscales pour l'État », et non les pétroliers. Faute de détails sur ce point de la part de Manuel Bompard, nous supposerons que le propos de LFI consiste à augmenter le taux d’imposition de ces mêmes pétroliers à un niveau permettant de compenser le manque à gagner de l’État en cas de blocage des prix de détail.

Total, voilà l’ennemi

Comme toujours dès qu’une crise économique menace, à gauche et plus encore chez LFI que chez d’autres, la combinaison d’une fiscalité punitive de la production et d’un gonflement de dépenses de l’État fait ici office de solution miracle. Alors même que la critique d’un système globalement incohérent de l’énergie, dans lequel la hausse du prix du gaz pénalise par exemple nos factures électriques, n’émeut personne. Les donneurs de leçons s’indignent bruyamment que TotalEnergies ne soit imposé qu’à hauteur de 56 % - excusez du peu - mais se montrent bien plus silencieux sur les bonnes affaires subventionnées des acteurs d’un éolien aussi inutile qu’inefficace.

Les solutions proposées par le RN sont-elles inattaquables ? Sans doute pas, et elles ne font d’ailleurs pas l’unanimité. Des questions peuvent pourtant légitimement se poser. Le budget de l’État supporterait-il un manque à gagner sur la TICPE et la TVA sans avoir réalisé des économies préalables ? Ces baisses seraient-elles juridiquement possibles sans changer la loi ? Un blocage temporaire des prix ne pourrait-il pas s’envisager en cas de forte et brusque flambée des prix à la pompe ? Il est amusant, d’ailleurs, d’entendre Manuel Bompard justifier lui-même sa proposition en se référant à la mesure qu’aurait prise la Croatie… En fait de Croatie, a rectifié en direct Laurence Ferrari, il s’agit de la Hongrie… Le 9 mars, sur sa page Facebook, Viktor Orbán a en effet annoncé l’entrée en vigueur immédiate d’un plafonnement du prix à la pompe du diesel et du super sans plomb.

LFI, promoteur d’un « front antifasciste » aux municipales, appelle à voter contre Bardella mais copie Orbán… Voilà qui ne manque pas de sel.

Vos commentaires

73 commentaires

  1. Qui les écoute encore ! Quand on voit leur cursus à tous même le plus intelligent de la bande fait office de gourou. A Marseille, Karim Zeribi a demandé aux Marseillais de voter pour l intello Delogu. Ça laisse rêveur !

  2. C’est bien la Hongrie qui a débuté avec le blocage du prix de l’essence à 595 Ft et du gasoil à 615 Ft, mais la Croatie a suivi.

  3. L’énergie devrait avoir, en plus de son prix de revient, la marge du producteur et éventuellement une TVA de 5% ; elle est le moteur de la croissance, la vraie celle qui nous éloigne de la pauvreté.

  4. Et pourquoi pas diminuer le coût de l’immigration afin de compenser les baisses de taxes. Ainsi l’état pourrait poursuivre son action sociale sans diminuer ses ressources. Il n’y a pas pensé Bompard, étonnant pour un visionnaire comme lui, mais peut-être que son logiciel interne ne permet pas cette hypothèse.

  5. Blocage des prix sur des produits importés quoi de plus ridicule. Si le prix du pétrole brut double , qui paye l’augmentation ? qui va vendre à perte ?

  6. Ce qui est bien avec les islamo-gauchistes, c’est qu’ils n’ont pas besoin de se signaler et qu’on n’a pas à faire énormément d’efforts pour relever leurs aberrations et leurs contradictions, ils s’en chargent très bien eux-mêmes. D’où mon interrogation : comment, en 2026, dans le pays des Lumières, peut-on encore adhérer, à moins d’être pervers ou un incurable ignare, à cette idéologie d’extrême gauche ? Moi je me pose d’avantage la question sur les raisons d’un état psychologique que sur les conséquences qui, elles, sont connues de tous.

  7. Et si on réduisait le nombre de députés de moitié, ce serait encore beaucoup mais ça piaillerait un peu moins et ça réfléchirait peut-être un peu plus.

  8. 60% du prix que nous payons à la pompe rentre dans la poche de l’État qui n’intervient nulle part. Il n’achète pas, il ne rafine pas, il ne transporte pas, il ne distribue pas, mais il se goinfre. C’est du racket ! Le plus grande voleur, en France, c’est l’État…

  9. On connaît l idéologie économique de l extrême gauche on voit comment ça fonctionne à Cuba au Venezuela
    Et ces crétins viennent donner des leçons d économie Vraiment la malhonnêteté intellectuelle incarnée par LFI

  10. Ont à vraiment affaire à des imbéciles chez LFI,mélenchon et bompart en téte d’affiche,tu baisse la TVA de 20% à 5% pour bompart tu augmente le prix de l’essence à la pompe voilà comment ont devient comptable chez LFI.

  11. Conforme à la doctrine des gauches extrêmes, le mensonge s’est encore exprimé par la voix du toutou melanchoniste. Ça ne dupe plus personne.
    Quant à la flambée du prix du pétrole, elle pourrait être un peu nuancée si l’état décidait de bloquer les taxes à leur niveau d’avant la crise. Ça ne lui coûterait rien de plus que ce qui était prévu au budget… sauf un manque à gagner qui était imprévu. De là à dire que l’état veut profiter de la guerre pour s’enrichir honteusement, il n’y a qu’un pas.

  12. C’est beau d’être dans l’opposition. Mon billet que le RN une fois au pouvoir n’appliquerait pas ses bonnes idées. Pour le Budget, sans conflit Iranien pas de hausse subite du prix du pétrole et donc pas de TICPE supplémentaire. L’Etat devait figer cette taxe. Comme des margoulins l’état ponctionne les concitoyens.

  13. Monsieur Mélenchon veut tout prendre a ceux qui ont monté des sociétés, crée des emplois, payé des impôts, bref, participé au développement économique du pays. Qu’a-t-il créé comme richesse, lui ? Rien, Nada, Zero… Depuis qu’il est en âge de travailler (si l’on peut appeler ce qu’il fait « travailler »), il ne vit (et grassement) que de l’argent de ceux qui bossent… Ses indemnités de sénateur, de député, de député européen, conseiller régional et autres dans tous les coins où il s’est fait parachuter, Massy, les Landes, Marseille (là où il était sur de gagner, pas là où il fallait se battre pour être élu…) ne lui sont payées que grace à NOS impôts…

    • Il aurait fallu demander l’avis d’un vrai spécialiste comme Sébastien Delogu, futur maire de Marseille.

    • Euh Jeanpainbeurre, vous vous trompez, sur le sujet calcul, Bompard est une pointure, mais ce qui embrouille son propos c’est qu’il veut que çà colle au discours du gourou –

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