Psy : de jeunes Français en détresse et tant d’étrangers pris en charge

État des lieux d'une population en souffrance... Avons-nous réellement les moyens pour « les autres » ?

Le 15 janvier dernier, le magazine Marianne révélait que « la France est le seul pays au monde à proposer une prise en charge des étrangers malades avec, en sus, le titre de séjour », le « motif psy » étant « l’un des plus fréquemment présentés pour obtenir suivi et régularisation ». Elle a pourtant déjà fort à faire avec sa propre population, le suicide étant, selon l'OMS, la troisième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans. Un mal-être profond que les services de psychiatrie, parent pauvre de notre système de santé, peinent à endiguer mais dont les racines sont profondes.

9.200 décès par suicide ont été recensés en France en 2022

Le 13 janvier, Camélia, 17 ans, met fin à ses jours en descendant sur les voies du RER à l’arrivée du train en Seine-et-Marne. Elle était victime de harcèlement de la part de ses camarades de lycée. Mais elle n'est pas la seule. Le 3 janvier, une adolescente de 14 ans se suicide à Saint-Nazaire, où elle est hospitalisée. Elle aussi après avoir été harcelée par une camarade de classe. En septembre 2025, Arthur, lycéen à Paris, tente à deux reprises de se donner la mort. Le jeune garçon est bipolaire, sous antidépresseurs à haute dose, et n’en est pas à son premier essai, mais ses parents n’obtiennent une place pour lui en hôpital qu’après plusieurs mois. En effet, ces adolescents sont loin d’être seuls dans leur cas. Selon le dossier de presse du ministère chargé de la Santé et de l’Accès aux soins de juin 2025, Santé mentale et psychiatrie, 9.200 décès par suicide ont été recensés en France, en 2022, pour une estimation de 200.000 gestes suicidaires par an. Ces chiffres reflètent le mal-être profond dont souffre notre société, provoqué ou accentué par certains facteurs comme une actualité anxiogène et une profonde perte de repères.

Une actualité anxiogène

Le 25 septembre 2024, Claire Géronimi témoignait auprès de BV des difficultés qu’elle rencontrait au quotidien, dix mois après avoir été, elle aussi, victime d’un viol par un migrant sous OQTF, le 11 novembre 2023. « C’est compliqué, il y a des hauts et des bas. Je ne pourrai jamais reprendre ma vie d’avant », expliquait-elle. Elle racontait avoir fait un burn out, avoir quitté son travail, et craindre d’être agressée une nouvelle fois. L’explosion des violences de toutes sortes - physiques, morales, sexuelles - est certainement une cause importante de la détérioration de la santé mentale. Comme nous l’explique une ancienne infirmière de l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne, « il y a beaucoup de stress post-traumatiques dus à des choses vécues ou vues ». Une augmentation des actes de violence entraîne logiquement une multiplication des traumatismes, qui peuvent pour certains aller jusqu’au troubles nécessitant des soins psychiatriques.

Mais la violence n’est pas la seule cause d’anxiété. D’autres sujets, qui peuvent pourtant sembler moins graves, causent dans une partie de la société, notamment chez les jeunes, une véritable peur. Et dans ces cas, comme l’explique Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, « le problème, ce ne sont pas les épreuves, c’est : est-ce qu’on leur donne les outils pour faire face aux épreuves qu’ils traverseront ? » Elle précise ainsi, à propos des sujets climatiques : « Il est évident qu’il y a tout un tas de questions très importantes aujourd’hui. Le problème c’est qu’on a une manière d’en parler aujourd’hui qui est tellement catastrophiste, tellement culpabilisante, [que certains] se mettent à développer de l’écoanxiété. » En effet, d’après un article de Reporterre d’avril 2025, ce nouveau syndrome appelé écoanxiété concerne « 10,5 millions de personnes en France », dont 4,2 millions sont « fortement » voire « très fortement touchés ». La façon dont le réchauffement climatique est abordé en France entrerait donc dans les causes de mal-être ; en tout cas, elle ne pousse pas à se tourner vers l’avenir en fondant une famille.

Dans la même catégorie, un autre sujet présenté de manière anxiogène depuis quelques années est celui de la santé. De nombreuses études montrent une recrudescence des troubles psychiatriques et psychologiques depuis la pandémie de Covid-19. La maladie elle-même pourrait entraîner des conséquences à ce niveau. Mais les confinements, les études à distance – interrompues par de nombreux étudiants – ont porté un coup au moral des jeunes. Certes, les personnes âgées ont souffert de la solitude, mais les plus jeunes aussi : en effet, on constate depuis la pandémie une augmentation du nombre de suicides, surtout dans la tranche d’âge la plus basse, alors qu’elle était jusque-là en diminution. Là aussi, Marie-Estelle Dupont l’explique par la manière dont la crise était présentée : « Pendant le Covid, on a infantilisé et on a culpabilisé les gens en leur disant que s’ils sortaient de chez eux, ils allaient tuer leurs grands-parents. On a mis sur leurs épaules quelque chose qui n’était pas de leur ressort. »

Mais au-delà de l’actualité et de la manière dont elle est abordée, c’est d’une perte de repères que souffre notre société ; cette idée n’est pas révolutionnaire.

Une perte de repères

En août 2025, un jeune homme mettait fin à ses jours. Il avait 18 ans. D’une famille catholique, il avait perdu la foi et abandonné la religion. Une déception amoureuse l’avait poussé à se pendre, un dimanche matin. « Ce qui permet de faire face aux difficultés de l’existence, c’est la spiritualité. On est dans un monde déspiritualisé », dit Marie-Estelle Dupont. Le spirituel est un des repères qui peuvent aider à tenir dans une épreuve, notamment pour l’adolescent ou le jeune adulte, vite submergé par ses émotions. Il donne un sens à la vie, comme une boussole sans laquelle on est désorienté quand on ne voit plus le chemin. La perte de but, d’objectif, qu’il soit matériel – par un métier, une passion – ou spirituel, peut entraîner la tristesse, voire la dépression et ses conséquences parfois néfastes.

Enfin, la perte d’une identité, accentuée par les dérives wokistes, accentue encore le mal-être de la jeunesse. Comment trouver le sens de sa vie quand on ne sait pas qui on est ? En 2017, Maxence, adolescent transgenre de 17 ans, se donnait la mort. Sa mère avait alors pris la parole, expliquant que la souffrance de son enfant venait de l’incompréhension de sa transidentité. Les personnes transgenres seraient deux fois plus susceptibles – selon la fourchette basse – de faire une tentative de suicide. Cette estimation s’explique par la perte de repères lié à un changement de sexe et, donc, d’identité.

Parer au plus urgent

Ces causes de la détérioration de la santé mentale, notamment chez les jeunes, sont bien loin d'être exhaustives. « À chaque patient sa pathologie », nous dit l'infirmière en psychiatrie. Les causes de troubles et de mal-être peuvent être multiples, mais notre société les aggrave par ces facteurs : la montée de la violence, la manière anxiogène dont sont traités certains sujets et la perte de repères.

Pour parer au plus urgent, des moyens doivent être enfin concrètement alloués - et non plus simplement promis - au secteur de la psychiatrie, cet éternel parent pauvre de notre système de santé. À condition, aussi, de faire les bons choix : avons-nous réellement les moyens de prendre en charge des étrangers malades en leur accordant des titres de séjour pour motif psy, quitte à laisser nos jeunes « sur le bord de la route » ?

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Domitille Brière
Journaliste stagiaire, étudiante en Master d'Histoire

Vos commentaires

23 commentaires

  1. L’Education nationale, ne serait- elle pas, pour une part non négligeable, quelque peu responsable de ce mal-être de notre jeunesse? Que lui enseigne-t-on d’autre que les programmes classiques qui ont fait les beaux jours des écoliers, collégiens et lycéens d’hier? De quoi lui bourre-t-on le crâne entre un bref cour de français et un survol de l’Histoire de France? Wokisme, migration, vivre ensemble, identité de genre, écologie( punitive de préférence). Comment ne pas perdre sa boussole face à cette accumulation de sujet sans aucun rapport avec le cursus scolaire classique?

  2. Nos jeunes vont mal c’est sur, mais il faut voir les causes
    -le covid, cours à distance, certains n’ont pas pu suivre comme en classe, lors du fameux confinement
    -après à la reprise, masque en classe et pour les cours de sport, je défie qui le voudrait, de faire du sport avec un masque , c’est invivable !
    -les curetages de nez pour tester si covid ou pas, j’ai vu des vidéos d’enfants terrorisés et maltraités
    – là les cours d’EVARS qui va pervertir notre jeunesse et ce à peine sortis de couche culottes pas des gens pas vraiment formés pour ça, souvent pas bien dans leur tête…..
    – le harcèlement qui ne date pas d’hier c’est sur, mais quand une « victime » s’en plaint, elle est dénigrée et de victime devient coupable, on l’a vu dernièrement,
    Alors oui nos jeunes vont mal !

    Et pendant ce temps on se préoccupe plus de ceux qu’on fait venir pour motif « psys », et qu’on ne soigne même pas en institut et qui déambulent dans nos rues et gare à celui qui est sur le chemin et quoiqu’il arrive sera bien sur déclaré irresponsable , soigné quelques mois et remis en liberté

    Je me demande à quoi « ils  » jouent en haut lieu ?
    L’avortement dans la constitution, la fin de vie et nous là dedans ?
    A méditer

  3. Commençons par fermer nos frontières et mettre dehors tous les clandestins. Ça donnera déjà un bol d’oxygène à la sécu. Ne plus prendre en charge les changements de sexe et les soins esthétiques y compris nez et oreilles décollées, etc… Arrêtons de déshabiller Paul qui travaille pour habiller Jean qui ne fait rien et vit aux crochets des autres. Je m’arrête là…

  4. On désarme les gens mais on les décime par un climat anxiogène : menaces de guerre, d’épidémie, de cataclysme climatique, de chômage et déclassement, Immigration, agressions impunies.
    La religion chrétienne, au lieu d’ouvrir ses églises à des gens qui ne nous veulent aucun bien, devrait en profiter pour reprendre la barre et s’imposer efficacement.

  5. Ni pour les psy, ni pour les autres… NOUS n’avons plus les moyens, même pour NOUS . Alors pour les autres, même pas la peine d’y penser. Et dans TOUS les domaines !

  6. Pas le seul motif psy !!! Une spirale mortifère qui touche tous les domaines. « L’autre » avant nous.
    Dans ce nous, des gens trop pauvres pour accéder aux soins hors classiques, et aux logements.

  7. Beau cri d’alarme , belle profession de foi …Mais savez vous en quoi consiste les traitements modernes de ces pathologies ecistentielles ? Je l’ai vecu comme victime collaterale des dogmes de la faculte de medecine . Si on ne change pas de paradigme tres vite nous aurons une societe de zombies sous drogues legales qui seront completement abrutis par les anti-depresseurs avec un excellent resultat pour Big Pharma : des humains dont les thyroides seront totalement detruites …

  8. Déja le socialiste Michel Rocard disait dans les années 80.. : »La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde .. »

  9. Franchement, au delà du problème, citer comme sources sur BV, sans expliquer, Reporterre, un torchon de l’extrême gauche écolo radicale qui publie intox sur intox, c’est sidérant. J’ai relu plusieurs fois en me pinçant.

  10. Sénat Stéphane Ravier
    Plus de 2 millions d’étrangers sont rentrés sur le territoire sous la macronie , selon l’observatoire de l’immigration et de la démographie entre 700 et 900 000 clandestins vivent sur notre sol , 95% des OQTF ne sont pas exécutées , 423 000 clandestins bénéficient de l’AME , 1 milliard 200 millions d’euros par an , selon l’Assemblée des départements il y aurait 40 000 supposés mineurs non accompagnés pour un cout annuel moyen de 50 000 euros par mineurs par an , soit 2 milliards d’euros par an , selon l’INSEE sur les 2 600 000 algériens vivants en France 42% sont chômeurs ou inactifs tout en bénéficiant de la panoplie des aides sociales dont ils ne sont pas contributeurs , selon l’OCDE l’immigration coute 35 milliards d’euros par an , soit le double de l’économie de la réforme des retraites , les étrangers représentent 10 % de la population mais 25 % de la population carcérale , et sont responsables de 50 % de la délinquance et de la criminalité ,

    • Pas bien compliqué. Remettre le délit d’aide aux clandestins.
      La carte vitale et de séjour jumelée biométrique.
      Et supprimer toutes aides et possibilités de logements , ouvertures de lignes de téléphone, mariage etc aux personnes ayant pas de titre de séjour en règle.
      Ce que font les pays du golfe et asiatiques.
      Du coup ils demandent a repartir

      • Le problème est que nous avons en France une gauche immigrationniste qui bloque toutes tentative de législation en ce qui concerne les clandestins au mépris des natifs, de ceux celles qui respect ce pays en y venant vivre.
        Tant que cette gauche sera présente et agira de la sorte , rien ne changera , au contraire cela empirera.

    • Oui surtout que la plupart ne le sont oas mais que grâce a la gauche et ses associations on ne doit pas identier( tests osseux)

  11. La gauche discrimine les français au profit des autres! Les autres sont le vivier des électeurs futurs de la gauche biberonnée à l’idéologie Terra Nova! Les électeurs qui constituaient le socle électoral de la gauche des années 1970-1980 a « migré » vers le RN. Les électeurs issus de l’immigration extra européenne sont biberonnés par la gauche au détriment des Français qui ne votent plus pour elle… Pourquoi la pauvreté touche t’elle tant de Français? La substance économique a foutu le camp et ce sont les plus humbles des Français qui sont touchés en premier. Les dignitaires de la gauche eux, au passage se servent via les prébendes et vivent confortablement de cela… L’avenir du pays ils s’en fichent éperdument. Le sort des Français laissés au bord du chemin? C’est le dernier de leurs soucis! Croyez-vous qu’un Hollande, un Olivier Faure soit attendri par l’état catastrophique de la France? Que nenni! Les choses vont très bien pour eux! Ils ne tiennent pas à ce que quoi que ce soit change. Car ils perdraient leurs prébendes… Ces gens me font penser à Louis de Funès alias Salluste dans la Folie des grandeurs, qui disait: « Que vais-je devenir, je suis ministre je ne sais rien faire »!

  12. Le couplet de ce qui constitue l’entête de votre article, peut-être, décliné sur tous les tons de l’éventail des spécialités médicales….ainsi pourrait-on aussi dire… : »Combien de cotisations pour avoir droit aux soins dentaires, paiement de mutuelles, chères, pour, lorsqu’on en a besoin, se faire refuser l’accès au cabinet dentaire, parce que pris d’assaut par des gens qui n’ont jamais cotisé, qui viennent d’arriver en France (pour se faire soigner), ne paieront pas leurs factures, mais resteront, par humanité, prioritaires, et prendront toujours notre place en toute…illégitimité « . Dermatologue, cardiologue, la liste est longue de ceux qui croupissent dans les listes d’attente, lorsqu’ils ont encore la chance, de pouvoir y être inscrits.

  13. Un exemple donné dans cet article me trouble. Maxence, dont l mère dit uil suffrait de l’incompréhension pr son entourage de sa transidendité. Nous ne connaissons pas l’histoire de ce pauvre jeune homme ( cette pauvre jeune fille ?). Mais il me semble que de très nombreux adolescents ont des idées suicidaires. J’ai connu trois cas de ces suicdes dans ma jeunesse et j’y ai moi-même pensé. Mais actuellement, il y a dr mauvaises forces à l’œuvre, qui profitent d’un désespoir profond de certains ados pour les embrigader dans la propagande trans, et même certains parents sont déboussolés. Ce qui évidemment ne résoud en rien leur mal-être, mais au contraire les pousse dans l’abîme.

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