Quand Yaël Braun-Pivet croit entendre des « clichés antisémites » sur CNews

Nouvelle bévue pour la macroniste, dont les propos ont fortement déplu à de nombreuses personnalités de confession juive
Capture d'écran
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Mauvaise passe, pour Yaël Braun-Pivet. La présidente de l’Assemblée nationale n’en finit plus, ces derniers temps, d’enchaîner les couacs. Après l’épisode estival de ses poules, puis sa sortie navrante sur la transmission du patrimoine familial - ce « truc qui vous tombe du ciel » -, la voici empêtrée dans une nouvelle affaire gênante. La députée des Yvelines s’y est mise toute seule, comme une grande, en publiant, ce mercredi 22 octobre, le tweet suivant : « Il est passé 22h et Erik Tegnér déroule les pires clichés antisémites en direct sur CNews. […] L’Arcom a été saisie par SOS Racisme et c’est heureux. » Quels sont donc ces « stéréotypes les plus crasses » ? Le directeur du média Frontières avait présenté à l’antenne Yaël Braun-Pivet comme la parfaite incarnation du « macronisme », dont il avait proposé une définition : « Macron, c’est quoi ? C’est le mariage d’Alain Minc, L’Argent roi, et de Jacques Attali, L’Homme nomade ».

Vous ne voyez pas d’antisémitisme, dans ces propos ? C’est parce qu’il n’y en a pas. À moins que la simple référence à des personnages publics, connus pour leurs écrits, par ailleurs de confession israélite, suffise à constituer un délit ? « J’ai dit qu’Emmanuel Macron était une sorte de mariage entre Jacques Attali et Alain Minc, entre l’Homme nomade et l’Argent roi. C’est une image parce que j’ai lu leurs livres, s’est ensuite défendu Erik Tegnér, sur X. Je m’appuie sur des livres, sur des faits. À aucun moment il n’y a d’allusion antisémite. […] J’ai pris cette image parce que [Yaël Braun-Pivet] venait de faire la proposition de surtaxer encore plus les droits de succession. On a vu, à ce moment-là, qu’elle était totalement déconnectée. »

Des accusations d’antisémitisme qui agacent… de nombreux Juifs

Si le directeur de Frontières a reçu le soutien de personnalités de confessions diverses, il a tout particulièrement été défendu par des Juifs. Il y a eu, notamment, l’entrepreneur Samuel Athlan qui a assuré qu’Erik Tegnér n’avait « rien d’antisémite » ; le reporter Pierre Rehov, très remonté contre l’accusation « lamentable » portée par Yaël Braun-Pivet ; ou encore Simon Moos, fondateur du média IN+, selon lequel Erik Tegnér « n’a montré, ces deux dernières années, que de l’amitié à l’égard des Juifs ».

Sur un plan plus politique, certains élus ou responsables ont également réagi à la polémique. C’est le cas de Meyer Habib, qui a sévèrement remonté les bretelles de son ancienne collègue ; « Non, Yaël ! Ne vois pas l’antisémitisme où il n’y en a pas ! C’est trop facile, et ce n’est pas digne de toi !, s’est emporté l'ancien député de la 8 huitième circonscription des Français de l’étranger. Erik Tegnér combat l’antisémitisme, combat la haine d’Israël, bien mieux que beaucoup de tes amis, aucune leçon à lui donner ! » Encore plus acerbe, Éric Zemmour a accusé la présidente de l’Assemblée de « détourner l’attention » et vouloir faire oublier la responsabilité de la majorité macroniste dans la montée de l’antisémitisme. « Ce sont eux qui ont provoqué une résurgence inouïe de l’antisémitisme en laissant entrer dans notre pays des millions de personnes venues de pays musulmans, où la haine du Juif se cultive depuis l’enfance », a ainsi tweeté le patron de Reconquête.

Une polémique lancée par un média d’extrême gauche

Dans sa défense, Erik Tegnér reproche à Yaël Braun-Pivet d’avoir repris « mot pour mot » un article de StreetPress. Son tweet indigné commence en effet exactement de la même manière que le papier à l’origine de toute l’affaire, publié le 22 octobre sur le site d’extrême gauche. Celui-ci ne fait pas dans le détail et qualifie très explicitement les propos tenus sur CNews de « sortie antisémite ». En citant les ouvrages de Jacques Attali et Alain Minc, Erik Tegnér aurait convoqué le « mythe du juif apatride » et le préjugé médiéval selon lequel « il y aurait un lien particulier entre les juifs et l’argent ». Une analyse pour le moins baroque qui a suscité la colère du patron de Frontières : « Absolument fou, de la part d’un média qui cautionne, depuis le 7 octobre, tous les actes et les propos antisémites de leurs amis d’extrême gauche et de La France insoumise », a-t-il fait valoir. Et d’ajouter qu’une plainte en diffamation allait bien entendu être déposée contre StreetPress.
Affaire à suivre.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

152 commentaires

  1. Cette personne a deux problèmes :
    1-elle veut absolument garder son poste malgré ce gouvernement et son parti qui coulent.
    2-Elle a déjà oublié le traitement honteux qu’elle a subi de Mélanchon (Braun-Pivet qui va « camper » en Israel »
    Elle espère ainsi s’attirer les bonnes grâces de la part de la gauche en taclant Tégner un des meilleurs pourfendeur du délire gaucho-macroniste qui détruit le pays.
    C’est du suicide ! (Au sens figuré pour les tarés qui ne connaissent que le premier degré)

  2. Elle a cru entendre des clichés sur le nourrissage de ses poules par les CRS aussi ?: Conflit d’intérêt!
    Mais que fait la haute autorité socialiste au pouvoir de transparence de la vie publique? Elle cherche à droite bien sur, grassement et inutilement rémunérée.

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