Racisme anti-Blanc en entreprise : Nike sur la sellette

La marque sportive est-elle sans reproches dans la lutte contre les discriminations ? L’EEOC aimerait des explications.
« Ne tourne pas le dos au racisme », extrait d’un clip Nike en 2020. © @Nike
« Ne tourne pas le dos au racisme », extrait d’un clip Nike en 2020. © @Nike

La Commission américaine pour l'égalité des chances en matière d'emploi (EEOC) a annoncé qu’elle déposait une assignation à comparaître contre Nike, le célèbre équipementier sportif. Cette agence fédérale accuse Nike de « discrimination envers ses employés blancs ». Une première mondiale.

Fin décembre, l’EEOC avait rappelé que «la discrimination à l'encontre des travailleurs américains est illégale »… y compris lorsqu’ils sont blancs. Un rappel utile après des années de wokisme, traduit dans le monde de l’entreprise en politiques de « Diversité, Égalité, Inclusion » (DEI). Sous couvert de diversifier les profils et d’aider les « minorités » à accéder à des postes à responsabilité, bien des salariés blancs se sont retrouvés discriminés. À tous les stades, de l’embauche au licenciement, de l’affectation des tâches aux avantages sociaux, sans oublier éventuellement le harcèlement. Tout était permis contre les Blancs et l’EEOC, sous l’impulsion de l’administration Trump, entend y remédier.

Soupçon de racisme systémique

C’est dans ce cadre que l’EEOC a demandé des comptes à Nike, ayant eu vent d’allégations graves sur ces questions. Qu’on en juge plutôt. L’agence fédérale soupçonne « un schéma ou une pratique de traitement différencié à l'encontre des employés, des candidats et des participants blancs » dans différentes situations : embauche, promotion, rétrogradation, licenciements, mais également programmes de stage, de mentorat, de développement du leadership « et autres programmes de développement de carrière ». Il semble qu’il ne faisait pas bon être blanc, chez Nike.

Si l’EEOC dépose une assignation à comparaître, c’est que les réponses de l’équipementier ne sont pas satisfaisantes. En particulier sur un point qui intéressait l’EEOC : « 16 programmes qui auraient proposé des opportunités de mentorat, de leadership ou de développement de carrière réservés aux personnes de race ». Seize programmes, pas moins, dont les Blancs étaient exclus. Plus racistes, tu meurs.

Tout l'esprit Nike en une image. Source: https://www.nike.com/fr/give

Nike, des baskets engagées... et des hijabs

« Cette escalade nous paraît surprenante et inhabituelle », a déclaré Nike. La marque conteste, non les reproches, mais de n’avoir pas fourni les documents. « Nous avons pleinement et de bonne foi participé à l’enquête de l’EEOC sur nos pratiques, programmes et décisions en matière de personnel et nous nous efforçons constamment de fournir des informations et de collaborer de manière constructive avec l’agence. » Difficile en effet pour Nike de contester ses propres politiques DEI, même si actuellement, sur le site about.nike.com, la page « Portail pour la diversité et l'inclusivité au sein de l'entreprise » n’est plus active… Histoire de ne pas donner trop de billes à l’EEOC ?

En déposant cette assignation, l’EEOC frappe un grand coup. Nike est mondialement connu. Baskets, survêtements, mécénats de clubs et d’athlètes de haut niveau… C’est, à l’égal d’Adidas, une référence. Le coup est aussi politique. La marque promeut une « ligue interculturelle de football de rue », apporte son aide sportive « aux filles et aux jeunes non binaires du monde entier », entend « combler le fossé des inégalités entre les genres » et se vante d’un « don de brassières de sport Nike et de hijabs Nike Pro à des filles du monde entier ». Disponible en noir et en blanc, le hijab Nike Pro est « conçu pour couvrir entièrement la tête et le cou, une sangle intérieure l'empêche de glisser lorsque tu bouges ». Rien de patriarcal là-dedans, bien sûr.

« N’ignorez pas le racisme »

Sans surprise, la marque avait participé au mouvement des « Black Lives Matter » après la mort de George Floyd. « N'ignorez pas le racisme, disait un clip Nike. […] Ne faites pas comme si cela ne vous concernait pas. » L’EEOC rappelle aujourd’hui à Nike de pas ignorer le racisme anti-Blanc et de ne pas faire comme si l’entreprise n’était pas concernée… alors que, selon l'agence américaine, Nike aurait entretenu un racisme systémique en ses murs. Contactée par BV, Nike n’a pas répondu à nos sollicitations.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

25 commentaires

  1. y’a longtemps que je n’achète plus rien de NIKE : ils emploient bien des enfants dans leurs usines cachées de l’Asie du Sud EST …et maintenant Ils favorisent l’obscurantisme et l’inculture.

Commentaires fermés.

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