[RÉACTION] Film Sacré-Cœur : « Rien ne justifie, en droit, cette censure »

Le sénateur des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, a déposé un référé-liberté devant le tribunal administratif.
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À la suite de l’annulation, par la mairie de Marseille, de la projection du film Sacré-Cœur au château de la Buzine, Stéphane Ravier a déposé un référé-liberté devant le tribunal administratif. Le sénateur des Bouches-du-Rhône nous en explique les raisons.

 

Yves-Marie Sévillia. Vous estimez que le maire est dans son tort ?

Stéphane Ravier. Rien ne justifie, en droit, cette censure. À écouter Benoît Payan se justifier, ce jeudi après-midi, nous avons estimé, avec le réalisateur du film Steven Gunnell, qu’il y avait une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés d'expression, de réunion, de création et de diffusion artistique. En effet, seul l’impératif d’ordre public peut justifier l’interdiction de la représentation d’un film par l’autorité de police municipale. Le principe de laïcité a été ici invoqué à tort. D’autant que ce film avait obtenu un visa d’exploitation par le CNC.

 

Y.-M. S. Que dit cette affaire de Benoît Payan, selon vous ? La question dépasse-t-elle le champ juridique ?

S. R. C’est une décision qui dépasse le champ juridique. Benoît Payan a bâillonné l’expression d’un film-documentaire au prétexte qu’il traitait d’un thème chrétien. Il a cédé aux sirènes de cette gauche qui avait voulu voir retirer la crèche que j’avais installée dans la mairie des XIIIe et XIVe arrondissements de Marseille en 2018. Une gauche pour qui le séparatisme viendrait du santon, car d’une culture trop provençale, trop ancrée, trop française.

Cela intervient dans un contexte plus général de christianophobie d’atmosphère. On la voit se dessiner de l’interdiction de la crèche de Beaucaire à l’interdiction des affiches du film Sacré-Cœur dans le métro en passant par la demande de retrait de la croix à Quasquara, en Corse, le retrait par hélicoptère de la croix de Montgenèvre (Hautes-Alpes), sainte Jeanne d’Arc tournée en dérision dans une publicité gouvernementale, Ashur tué par un djihadiste à Lyon pour sa foi. Tout cela se déroulant sur fond de profanations d’églises et d’augmentation des actes antichrétiens.

Pour rappel, Marseille a été consacrée au Sacré-Cœur en 1720. C’est la ville de la Bonne Mère. La ville aux 111 cochers. Mais tout porte à croire que le maire actuel veut effacer cette essence culturelle qui irrigue tous nos quartiers.

 

Y.-M. S. La ville de Marseille est-elle aux avant-gardes d’un choc des cultures ? Le recours à la laïcité est-il la bonne réponse lorsqu’elle est à géométrie variable ?

S. R. La ville de Marseille est aux avant-postes du grand basculement culturel. Il y a effectivement un choc insécuritaire, mais pas vraiment de choc culturel, puisque les élus locaux décident de s’incliner devant les nouvelles cultures, de favoriser celles d’ailleurs.

En réalité, depuis longtemps, les élections se jouent sur l’arithmétique des communautés, à Marseille. Et certaines ont plus le vent démographique en poupe que d’autres. Ce qui justifie les choix politiques de certains élus de gauche et d’extrême gauche.

Aujourd’hui, le maire de Marseille se sert d’un laïcisme épurateur pour faire interdire la projection de Sacré Cœur dans une salle municipale. Il avait moins d’états d’âme en déclarant que « sans les musulmans, Marseille ne serait pas Marseille » ou quand il a promis dans une mosquée, pendant le ramadan de cette année, de céder un terrain pour en construire une nouvelle, insistant auprès d’eux pour ne pas être remercié.

Son œuvre est assez cohérente. Il cherche à effacer notre culture pour mieux permettre son remplacement. Il avait déjà supprimé les podcasts historiques de Franck Ferrand sur le site de la ville, expulsé le petit-fils de Marcel Pagnol du Château de la Buzine, qui est le « château de ma mère ». Désormais, il supprime une projection sur le Sacré-Cœur. Il souhaite tourner la page.

Pour ma part, je suis du côté de la Bonne Mère nouvellement redorée et couronnée. Je refuse de me résigner et je choisis d’agir concrètement pour enrayer cette dynamique destructrice.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 13/11/2025 à 11:15.
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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

26 commentaires

  1. Il s’est trouvé un juge du tribunal administratif, certtainement non membre du syndicat de la magistrature, pour annuler la décision du maire. Pour une fois, la gauche a perdu. Pourvu que cela dure !

  2. censure du film sacré cœur au nom de la laïcité quelle honte je ne voudrais pas revenir sur l ‘ inauguration des jeux et la cène avec le christ ou le défilé des drags queens en apôtres bref une honte . La question est pendant combien de temps la droite et l’ église seront capable d’ accepter de se faire humilier .Je n’ ai pas entendu l’ archevêque de MARSEILLE un proche de François 2 ni le pape actuel mais je reconnais le courage de ST.RAVIER qui est toujours dans le combat et le fait qu’ il se soit retirer de la mairie de MARSEILLE pour que le candidat RN ALLISIO gagne alors je persiste le sénateur RAVIER est un homme digne

  3. Hier (le 24/10/2025), Éric Zemmour affirmait sur Cnews devant Pascal Praud (à 23′ du début de l’Heure des Pros) qu’il fallait  » bannir le sacré de l’espace public » . A un participant qui lui faisait remarquer qu’il pensait dire  » bannir le sacré du service public « , E Zemmour a bien précisé qu’il parlait de l’espace public, argumentant qu’en son temps Atatürk l’avait fait, Bourguiba l’avait fait… Pour lui, il est indispensable de bannir le sacré de l’espace public. N’est-il pas ainsi d’accord, sur ce point du moins, avec Benoit Payan ?

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