[RÉACTION] « Le peuple iranien, avec sagesse, observe, prépare et préserve ses forces »

Si la situation reste incertaine en Iran, la famille Pahlavi se prépare à une possible restauration de la monarchie.
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Le prince Davoud Pahlavi est le cousin de Reza Pahlavi, fils aîné de Mohammed Reza Pahlavi, qui avait été renversé par la révolution islamique et contraint à l’exil, le 16 janvier 1979. En cas de prochaine restauration de la monarchie, Reza Pahlavi deviendrait le nouveau chah d'Iran. Le prince Davoud a accepté de faire le point sur la situation, quatre jours après le début des bombardements et la mort de l’ayatollah Ali Khamenei.

 

Étienne Lombard. Monseigneur, le 6 janvier dernier, vous expliquiez aux lecteurs de BV qu’en Iran, « le changement, s’il doit advenir, naîtra probablement de la rue iranienne elle-même ». Le 2 mars, le président Trump, après trois jours de bombardements, a exhorté les Iraniens à se soulever. Qu’en avez-vous pensé ?

Prince Davoud Pahlavi. Je tiens à saluer ici, avec la plus grande admiration, le courage exemplaire des peuples américain et israélien, qui incarnent les valeurs de liberté, de souveraineté nationale et de résistance face à l’oppression totalitaire. Dans un monde où les menaces islamistes et les régimes autoritaires comme celui de Téhéran prolifèrent, leur engagement ferme contre le terrorisme et pour la défense des droits humains fondamentaux représente un rempart essentiel pour la civilisation occidentale.

J’aurais ardemment souhaité que l’Europe, et particulièrement la France, s’engagent pleinement aux côtés d’eux dans cette opération que je considère comme profondément humanitaire. Une telle unité, ancrée dans les principes conservateurs de force morale et de responsabilité internationale, porterait un espoir tangible pour un Iran libéré de la tyrannie, restauré dans sa grandeur historique et aligné sur les nations libres.

Nous traversons une phase intense de bombardements stratégiques, où le régime des mollahs encaisse des coups dévastateurs : des pertes irrémédiables au sein de ses dirigeants les plus influents ainsi qu'une désorganisation profonde de son état-major. Pour l’instant, dans ce climat de tension extrême, le peuple iranien, avec une sagesse forgée par des décennies de résilience, observe, prépare et préserve ses forces, conscient que le temps est la clef de toute transformation durable.

 

É. L. Le 1er mars, une manifestation de la diaspora a eu lieu à Paris, devant la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides. Ce choix est-il un hasard ou un symbole ?

D. P. Le choix de la place des Pyramides, au pied de la statue de Jeanne d’Arc, n’est en rien un hasard. Il s’agit d’un symbole puissant, choisi avec une intention profonde et résonnante qui transcende les époques et les frontières pour incarner la lutte éternelle pour la liberté et la souveraineté nationale. Jeanne d’Arc, cette figure emblématique de la résistance française, qui a bravé l’oppression étrangère au nom de la foi en son peuple et en sa patrie, représente l’essence même du combat contre la tyrannie. Elle symbolise le courage individuel face à un régime oppresseur, la défense des valeurs civilisationnelles contre l’obscurantisme et la victoire de la lumière sur les ténèbres de l’occupation.

Pour les Iraniens, épris de liberté, ce lieu renvoie à leur propre quête héroïque pour renverser une théocratie répressive, restaurer la grandeur historique de l’Iran et rétablir une nation souveraine.

 

É. L. D’autres manifestations de ce type ont-elles eu lieu ailleurs dans le monde ?

D. P. En Europe, des rassemblements similaires ont eu lieu à Munich (plus de 250.000 personnes ont répondu à l’appel de Reza Pahlavi, le 14 février), ainsi qu’à Berlin, mais aussi, entre autres villes, à Londres, Bruxelles, La Haye, Zurich, Rome, Budapest, Stockholm, Oslo, Copenhague, Vienne et Amsterdam. Il y en a eu aussi aux États-Unis, à Los Angeles, New York, Dallas et Houston, ainsi qu’au Canada, à Toronto (350.000 participants), à Montréal, Vancouver, Edmonton et Winnipeg.

Des rassemblements ont eu lieu aussi en Australie à Sydney et Melbourne, en Israël, en Turquie, en Géorgie, en Arménie, en Inde, au Japon, en Corée du Sud et même au Ghana ou en Nouvelle-Zélande. Au total, plus de 30 pays et 70 villes se sont mobilisés à l’appel de Reza Pahlavi pour des « jours d’action globale » en solidarité avec le peuple iranien.

 

É. L. Donald Trump n’a pas exclu d’envoyer des troupes au sol. D’autres forces pourraient-elles intervenir ?

D. P. Les frappes aériennes sont nécessaires mais en effet insuffisantes à elles seules pour abattre définitivement ce régime totalitaire : sans une présence armée au sol, capable de consolider les gains et de soutenir un transfert de pouvoir, le risque d’une résilience ou d’une reconstitution des forces loyalistes reste élevé. Dans un premier temps, les Américains s’en abstiennent par prudence et pour des motifs internes bien compréhensibles. Mais le président Trump est pragmatique et résolu. Alors, attendons…

Israël, de son côté, a déjà engagé des forces terrestres limitées au sud du Liban contre le Hezbollah. Et d’autres forces interviennent déjà de façon défensive, mais il n’y aura pas d’embrasement généralisé. L’opération « Epic Fury » reste ciblée et maîtrisée : démanteler le nucléaire, les missiles et les commandements iraniens sans plonger la région dans le chaos.

 

É. L. Le point de bascule que l’on guette, vu de l’extérieur, est le retournement de généraux et officiers décidant de lâcher le régime. Avez-vous des informations sur des cas éventuels ?

D. P. Si certaines rumeurs évoquent des refus d’obéir, des désertions au sein du corps des Gardiens de la révolution islamique et même des contacts avec des puissances étrangères, aucune défection massive n’est confirmée, à ce stade. Malgré des signes de fragilité, des responsables américains soulignent la résilience du système.

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Compte tenu de tout ce qui a été dit et entendu, si Dieu le veut (espérons qu’il nous accorde sa bienveillance), le régime des fanatiques à turbans devrait être complètement éliminé et un État laïc devrait être fondé. Et concernant le….., on peu dire: « Plat réchauffé n’a pas de goût » >> Une pareille solution perdrait sa qualité initiale et sa nouveauté puisque ni fraîche ni authentique.

  2. Américains, israéliens, Iraniens, restez éloignés de l’erreur stratégique, donc de Macron!

  3. Tout est possible de bien pour l’Iran, tant que sera tenu à l’écart  » Le grand mollasson avec ses lunettes noires » qui vole au dessus du Touquet entouré par deux rafales et fait son bain de pied à proximité d’un sous marin nucléaire…

  4. Il semblerait bien que le peuple iranien en exil plébiscite le retour des Pahlavi, c’est leur choix. La génération actuelle a surtout connu la théocratie violente et ceux en exil ont constaté que l’on peut vivre autrement que sous le joug servile. Alors laissons-les faire avec l’aide de Trump.

  5. Nous ici, nous avons la chance de n’avoir qu’a émettre des hypothèses qui ne nous engagent à rien, et ne nous mettent pas en danger. Donc il faut reconnaître que seuls Israël et les USA ont eu le courage et la volonté de mettre à bas la tête de ce régime complètement fou, qui est capable de tuer son propre peuple, afin de le maintenir sous son joug. Mais il faut, et dans l’urgence, que ce peuple mette à profit cette petite fenêtre de temps qui lui ait offerte, pour renverser ce qu’il reste de cet Hydre qui tentera par tous les moyens de reprendre les commandes. Personne d’autre ne pourra faire changer ce régime, autre que le peuple iranien !…

  6. Je me demande si ce n’est pas aux Iraniens de décider par qui et comment ils veulent être gouverner.
    Les Y a qu’à et les Faut qu’on pullulent derrière les écrans. Mais on sait qu’ils sont toujours rapidement suivis des Y avait qu’à pas et des Fallait pas qu’on.

  7. Il est désolant de lire les commentaires de certains individus qui en sont restés à la lecture de Libération ou de L’Humanité. En 1981 Amnesty International (qui n’est pas un groupuscule d’extrême droite) publiait un compte-rendu affirmant que le régime de liberté de khomeiny avait tué en six mois plus de personnes que le régime du Shah en 37 ans ! Certains devraient revoir leurs sources ?

    • Et lire en lâchant leurs portables avec les réseaux sociaux qui les accompagnent.
      Eustache, entièrement raison.
      Nous en France nous gardons tout même les pires. « liberté, liberté…. »

  8. Le fils d’un dictateur sanguinaire se prépare à devenir roi d’un pays qu’il ne connait pas ? Et tout cela organisé par Israël ?

    • Jose Bobo: l’ancien Shah n’a jamais été un « dictateur sanguinaire »…c’est ce que des ignorants ont toujours voulu faire croire. Mais dans un pays très récemment sorti du moyen âge il est impossible de gouverner sans une grande fermeté. Le Shah voulait le meilleur pour son pays: évidemment sous son règne nombre de mollahs croupissaient en prison et les sympathisants du parti Toudeh (communistes) n’étaient pas bien vus… La suite a montré qu’il n’avait pas tort. La « révolution iranienne » contre le Shah a été orchestrée par la petite bourgeoisie, les intellectuels, et les communistes, qui se sont bien faits avoir par les mollahs. Le peuple, lui, aimait et admirait son Roi. C’était une époque où les gens vivaient vraiment correctement, à tous les étages de la société. Évidemment, tout près du pouvoir existaient des personnages corrompus et peu reluisants, comme la princesse Ashraf soeur jumelle du Shah…

  9. Des milliers de manifestants Iraniens dans les capitales européennes et 93 millions en Iran. Envoyer des troupes au sol pour envahir un pays trois fois plus grand que la France dont la géographie ressemble à celle de l’Afghanistan que les Américains ont piteusement évacué ? On se moque de qui ?

  10. Avec le douloureux souvenir qu’à laissé le règne du Shah, je pense que son fils n’a aucune chance de lui succéder, il n’y a qu’en France que nous sommes « amnésiques » et pas dans les pays musulmans ou la vengeance est de rigueur

    • Paypou, le souvenir du règne du Shah ? Demandez aux manifestants iraniens qui sortent courageusement ce qu’ils en pensent ! Évidemment l’immense majorité ne l’ont jamais connu, mais ils savent ce qu’il a accompli grâce à ce que leur racontent leurs grands parents…Il ne faut pas retenir de son règne que les cérémonies exagérément fastueuses de son couronnement. C’était un pays pacifique, à l’époque un modèle régional, qui se développait dans tous les domaines très rapidement grâce à ses ressources pétrolières mais aussi grâce à la clairvoyance de son souverain. Evidemment il existait de la corruption dans les plus hauts niveaux du pouvoir, mais le mouvement politique qui s’opposait au shah provenait surtout d’un milieu chiite très traditionaliste qui s’opposait fermement aux initiatives de libération des femmes (opérations de sensibilisation à la contraception organisée dans les villages par les « sépahi danesh » des étudiants et étudiantes en santé publique, actions de la Shahbanou dans le domaine de l’enseignement et de la culture…). Il ne faut pas non plus oublier que son premier ministre était Bahaï… donc, pour les chiites, un hérétique. Bien sûr le Shah a commis des erreurs, notamment dans sa « Révolution Blanche », en particulier lorsqu’il a retiré les terres aux grands dignitaires pour les redistribuer aux paysans…. Khomeini était un grand propriétaire terrien paraît il.

  11. Je ne suis pas spécialiste mais il ne m’apparaît pas « souhaitable » que les Pahlavi reviennent. Une élection serait préférable . Sinon des oppositions se lèveront et le boxon recommencera.

    • Je ne suis pas certain que les Pahlavi veuillent revenir au pouvoir. Et, personnellement, je pense qu’il serait politiquement très maladroit de leur part de s’imposer, effectivement. Mais je crois qu’ils ont peut être – plus que d’autres – la possibilité d’organiser des élections qui soient réellement libres.

      • Instaurer une démocratie serait trop long et dangereux. Offrir une monarchie constitutionnelle au fils du Shah serait plus rapide et plus sage.,il n’a rien d’un dictateur et ce serait très étonnant qu’il refuse enfin la majorité du pays semble être d’accord.

  12. Emmanuel Macron aussi observe et préserve nos forces. 2027 est une parenthèse, on est déjà bien préparé pour 2032.

  13. Pour le moment seul le peuple iranien, sait de quoi il a besoin. Laissons le choisir sa façon de se remettre de toutes ces années de peur, de déchirure, de torture. Le calme revenu verra plus clair dans son intention. Faisons lui confiance.

    • J’ai pour ma part bien peur que le système mollahs multicouches impose à nouveau sa dictature mafieuse avec à la clef une terrible répression. Situation comparable au Japon en 1945. Il faut utiliser des moyens tactiques radicaux.

  14. Le Prince a raison de souligner le courage des americains et des israeliens et si il ne parle pas de la lacheté des européens c est par courtoisie . Les intervenants non-iraniens sur les plateaux de TV qui donnent des conseils aux iraniens feraient mieux de la fermer et laisser ce grand peuple decider . Israel et les Etats Unis font notre boulot a nous europénens molassons et craintifs face au terrorisme internantional. l’Histore s’en souviendra : Honte a nous !

    • Netanyahou fait notre boulot ou le sien? Zelensky fait il notre boulot comme les Israéliens ?
      Le boulot c’est la guerre, et le peuple français est tout à fait partisan de la retraite. Qu’on recule l’âge de la retraite et le peuple français passe à l’attaque dans la rue en réclamant la paix sociale.

      • Nous ne sommes pas un petit peuple qui a décidé de s’installer au milieu d’une région hostile sur les terres d’un autre peuple sous des prétextes religieux. Alors oui, ce n’est pas notre guerre !

    • En tout points d’accord avec vous, les américains et les israéliens ont un vrai président eux, le notre n’a même pas été capable d’anticiper le retour de nos concitoyens des zone de conflits, un nullos comme disent les jeunes

    • Ce n est certainement pas a nous de dire aux iraniens ce dont ils ont droit et encore moins a donner des leçons de soit-disante democratie a quiconque quand on voit ou celle-ci nous conduit (dans un mur ou un gouffre sans fond !)

    • On n’a plus le droit de rêver ?
       » Une possible restauration de la monarchie »: c’est un rêve bien partagé sur BV. Peut importe le roi, pourvu qu’on ait l’ivresse de la Réaction.

      • Vous savez, « monarchie » ne signifie pas nécessairement « état totalitaire »…Connaissez vous les pays d’Europe qu’on appelle Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, ou Suède ? En revanche les états communistes que sont la Corée du Nord, la Chine, le Viet Nam, ou le Laos, ne sont pas – à mon avis- de véritables paradis…

    • Apres le régime du Shah et celui des religieux, ce n’est même plus un droit, c’est un devoir ? La démocratie ou la mort ? Le peuple n’a plus le droit à l’erreur, donc n’a plus le droit au roi ni au mollah?

    • au cas où celà vous ait échappé, c’est ce que propose Reza pahlavi ! il prend provisoirement la tête de l’état pour organiser des élections et installer une démocratie laïque, élection à laquelle d’ailleurs il a dit qu’il ne se présenterait pas
      il n’a jamais parlé d’installer une monarchie

      • Instaurer une démocratie serait trop long et dangereux On ne peut prévoir le résultat. En revanche instaurer une monarchie constitutionnelle avec le fils du Shah des la chute du régime actuel ne présente aucun danger .Cela peut se faire rapidement, le fils du Shah n’a rien d’un dictateur et il ne refusera pas de servir son pays

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