Royaume-Uni : les élèves « misogynes » seront signalés et rééduqués

Les professeurs joueront le rôle peu enviable, et peu pédagogique, de sycophantes.
Keir Starmer explique le plan anti-misogynie à des élèves de sixième et de terminale de l'école St Mary Magdalene, à Londres. (Photo : Eddie Mulholland / POOL / AFP)
Keir Starmer explique le plan anti-misogynie à des élèves de sixième et de terminale de l'école St Mary Magdalene, à Londres. (Photo : Eddie Mulholland / POOL / AFP)

Où s’arrêtera la politisation de l’enseignement secondaire, au Royaume-Uni ? Déjà enrôlés pour « protéger les enfants contre la désinformation, les fausses nouvelles et les théories du complot sur les réseaux sociaux » — derrière la bonne intention, on sait que cela vise à discréditer toute parole d’opposition —, les professeurs vont être formés à détecter la misogynie de leurs élèves. Et ces derniers seront rééduqués et déconstruits aux frais du contribuable.

Une misogynie fourre-tout

Repérer une faute dans un calcul algébrique, une faute de syntaxe, est chose objective. Mais comment définir et circonscrire la misogynie ? Que met-on dans ce mot, dès lors qu’on s’emploie à la détecter ? « Les enseignants, explique le texte officiel, bénéficieront d'une formation spécialisée sur la manière d'aborder avec les élèves des sujets tels que le consentement et les dangers liés au partage d'images intimes » (« nudes » et autres « revenge porn »). Contre ces pratiques , il n’y a guère qu’une éducation classique des garçons qui puisse donner satisfaction : une éducation au respect de l’autre et de soi-même, donnée par les parents.

Mais sont aussi concernées par ce dispositif « les influences misogynes profondément ancrées ». Soit, en interprétant raisonnablement, la dénonciation de cette même éducation classique basée sur une vision de l’homme et de la femme que les féministes jugent insupportable, parce que patriarcale. La misogynie ainsi conçue est un fourre-tout, et les dispositions prises, politiques.

L’État salvateur

Les élèves dont les comportements seront détectés par le professeur seront orientés « vers des structures d'accueil et de soutien renforcées ». Ça sent le camp de rééducation pour enfants réfractaires au récit féministe. Concrètement, l’autorisation des parents sera-t-elle requise ? Dans une société britannique de plus en plus islamisée, les professeurs n’hésiteront pas à dénoncer les élèves « de souche », mais quid des élèves musulmans ? Les parents accepteront-ils sans broncher la remise en cause de l’éducation coranique ? Poser la question, c’est y répondre.

« Nous pouvons empêcher le mal avant qu'il ne commence, a déclaré Keir Starmer, sur X, et sauver toute une génération de jeunes hommes de l'influence des misogynes en ligne ». Sauver du mal : le ton du Premier ministre est quasi religieux. Tel que lancé, le projet coûte 20 millions de livres. L’État met 16 millions sur la table — Nicholas is always paying — et compte sur des philanthropes pour les 4 millions restants. On voit bien George Soros mettre au pot, dès lors qu’y pousse un projet sociétal et progressiste.

Une « urgence nationale » qui rate sa cible

La lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles est une « urgence nationale », selon les mots du ministre chargé de la protection de l'enfance, Jess Phillips. Difficile de dire autre chose après la publication, cette semaine, par le Daily Mail, de la carte des viols et agressions sexuelles commis par des demandeurs d’asile, partout dans le pays. Mais alors que le problème se situe dans les rues, les parcs, les transports en commun, sous forme de jeunes hommes en situation illégale et parfois malintentionnés, le gouvernement rejette la faute sur… les collégiens et les lycéens.

La chef de l’opposition, Kemi Badenoch, dont on connaît le franc-parler, explique ce dispositif anti-misogynie par quelques travaillistes qui auraient pris trop au sérieux la série Adolescence, sur Netflix. L’histoire d'un banal ado de 13 ans accusé de meurtre, sur fond de harcèlement scolaire, de masculinité toxique et de réseaux sociaux. « En réalité, rappelle-t-elle, ce ne sont pas des garçons de 11 ans, à l’école, qui commettent des violences contre les femmes et les filles ». D’autres mesures s’imposent, qu’elle indique : « déployer des policiers dans les rues, empêcher l’entrée sur notre territoire de personnes issues de cultures qui ne respectent pas les femmes et expulser les criminels étrangers dès qu’ils commettent un crime ». Cette politique-là, Keir Starmer n'est pas prêt à l'appliquer. Que les femmes se le tiennent pour dit : il ne touchera pas à l'immigration, dussent-elles en être les victimes.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Ce n’est hélas pas une consolation de voir le RU s’embarquer dans des voies extravagantes, bien au contraire. C’est plutôt une inquiétude de voir nos instances juridiques de s’en inspirer et faire encore mieux vu le gauchisme qui y règne.

  2. Ce starmer est en train de mettre son pays en l’air ! C’est un fou progressiste. Le même que chez nous. Il faut absolument les virer avant que cela soit trop tard!

  3. Dans quel endroit seront-ils rééduqués ? A l’école ou ailleurs ? Mais… pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Qu’en sera t-il du climat, et énormément de choses du même acabit ( à rééduquer ? ).

  4. Incapables de traiter les problèmes régaliens qui sont les seuls véritables sujets qui devraient préoccuper les gouvernants, les socialos et la gauche en général veulent créer « l’Homme Nouveau ». Un tel projet est ontologiquement totalitaire.

    • Félicitations. Vous y venez maintenant, vous aussi, à reconnaître les méthodes totalitaire des dirigeants européens de l’Ouest. J’apprécie sincèrement.

  5. Rééduquer les « misogynes » blancs donc, pas les fanatiques islamistes qui rabaissent les femmes. Il me semble pourtant qu’une proportion non négligeable des violences sexuelles en Grande Bretagne (comme en France d’ailleurs) viennent de communautés d’origine étrangère : on se souvient du scandale des jeunes filles « blanches » violées, victimes de gangs pakistanais dans des quartiers populaires. Les garçons issus de ces communautés vont-ils être « rééduqués »? Bien sûr que non, seul le patriarcat blanc colonisateur est visé. Quand Starmer fait du Sandrine Rousseau…

    • Vous venez de dire ce que je pense. Perso j’aime les femmes et quant je vais au resto je tiens la porte et j’essaie de me comporter en gentlemen.

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