« Sale Blanche », injure raciste ? Pas pour Jean-Michel Aphatie

Pour le président de l'association antiraciste LEA, ces discours amènent à « relativiser et hiérarchiser les offenses ».
Capture d'écran
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Alors qu’Assa Traoré était invitée à l’Assemblée nationale, le 8 janvier dernier, pour exposer sa vision d’une institution policière traversée par un racisme systémique à l’encontre des populations dites racisées, l’expression « sale Blanche » relèverait, elle, d’une simple insulte et non d’une injure raciste. C’est en tout cas l’analyse avancée par Jean-Michel Aphatie, lundi soir, sur LCI, face à la conseillère régionale d’Île-de-France Florence Portelli.

Si le journaliste politique avait jugé, la semaine dernière, « insupportables » et « choquants » les propos de Danièle Obono, qui qualifiait la Fête de l’Humanité de rassemblement de la « gauche blanche », Jean-Michel Aphatie n’en a pas moins réactivé, face au maire de Taverny, une grille de lecture qui ne nous surprend plus. Celle d’un antiracisme dit décolonial selon lequel le racisme relèverait d’un système historiquement construit et perpétué par les Blancs, lesquels ne pourraient, par définition, en être les victimes.

Une contestation venue du terrain associatif

« Dire "ce n’est qu’une insulte", c’est désensibiliser volontairement le langage pour relativiser et hiérarchiser les offenses », réagit auprès de Boulevard Voltaire Laurent de Béchade, président de l’association « Lutte pour l’égalité dans l’antiracisme » (LEA). « Par ce procédé, Jean-Michel Apathie montre qu’il se désintéresse des victimes du racisme lorsqu’elles sont blanches », estime celui dont l’association prétend à « une conception universaliste de la lutte antiraciste ».

Trop souvent entendus pour être systématiquement relevés à chaque occurrence dans l’espace médiatique, ces propos ne sont pourtant pas sans conséquences pour les victimes d’insultes ou de violences anti-Blancs, juge-t-il encore : « Des discours de négation comme celui-ci peuvent avoir des effets concrets sur des procédures judiciaires en cours, notamment celle de Crépol. Le traitement médiatique d’un procès n’est jamais neutre : les juges y sont nécessairement exposés, bien avant que le verdict ne soit rendu », explique-t-il.

Le cas emblématique de Crépol

Dans le dossier concernant les mis en cause dans le meurtre de Thomas Perotto, survenu en novembre 2023, la qualification raciste de l’attaque au couteau n’avait en effet jusqu’ici jamais été retenue dans les débats, malgré la demande de deux associations antiracistes souhaitant se constituer parties civiles. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble avait jugé leur requête irrecevable au motif que les associations n’avaient pas été saisies par les victimes, rappelle Le Figaro.

Pourtant, ce mardi 13 novembre, la même chambre qui avait refusé de retenir la circonstance aggravante du mobile raciste dans le meurtre de Thomas, évoqué dans de nombreux témoignages lors de l’instruction, a accepté d’examiner ces éléments à la demande de l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF), qui attend toujours d’être constituée partie civile.

Alors que cette décision est attendue, pour Laurent de Béchade, dont l’association entend elle aussi se constituer partie civile, la négation persistante du racisme anti-Blanc ne saurait ici être justifiée par la crainte d’une instrumentalisation idéologique. « Beaucoup de journalistes adoptent une logique préventive ; ils le rejettent pensant lutter contre une manipulation idéologique. Mais refuser de qualifier de "racisme" un acte motivé par l’hostilité envers des Blancs alimente le ressentiment et pousse automatiquement les victimes vers les mouvements radicaux. C’est absurde et parfaitement contre-productif. »

Contre-productif et certainement très peu représentatif de l’opinion des Français qui, déjà en 2022, estimaient à 80 % l’existence en France d’un racisme anti-Blancs au sein de certaines communautés, selon le CSA. Une proportion qui s’effondrait à 49 % chez la génération des 18-24 ans, très sensible aux discours dominants des médias sociaux.

La juridiction, alors même que le racisme anti-Blanc est reconnu par le droit français, se laissera-t-elle influencer par un discours médiatique qui en nie l’existence ? Et si la circonstance aggravante venait finalement à être retenue dans l’affaire de Crépol, ceux qui, à l’instar de Jean-Michel Aphatie, relativisent ou récusent cette réalité oseront-ils encore contester ce que la Justice aura explicitement qualifié ?

Vos commentaires

43 commentaires

  1. La seule façon de répondre à cet apathique personnage est de lui rentrer dedans comme l’avait fait Nicolas Dupont-Aignan sur le plateau de Denisot

  2. je suis en accord avec Scolopandre ,c’est très bien dit . Je n’arrive pas à comprendre ,pourquoi il y a toujours des histoires de raciste ? On ne peut pas vivre en paix sans qu’il y ait d’histoire de racisme ? Pourquoi la population asiatique qui vivent en France ou en Europe ,on ne les entend pas du tout ? Alors que pour d’autres ce n’est pas les cas ?

  3. Que fait l’arcom pour cet individu de l’extrême gauche pour lui interdire de parler surtout dans quotidien qui est de gauche ( peut être d’extrême gauche il y en a marre il faut virer cet individu des chaine publique car il en fait trop de ces remarques désobligeante ont ce demande si il a sa carte de journaliste car il est pour moi personnellement un tueur d’écoute pourquoi ce barthez le m’ai encore en avant peut être lui aussi d’extrême gauche ce quotidien devrait être annulé comme l’arcom la fait pour Cyril donc cette émission est bien d’extrême gauche et ont paient pour ça

  4. L’apathique antipathique cynique APATHIE a encore frappé, le racisme anti blancs est une construction de l’esprit, même si l’Histoire ancienne démontre le contraire, mais la connait-il ?
    Si effectivement le terme de racisme est une construction récente (début du XX° siècle), les discriminations ont vieilles comme le monde et la construction de l’humanité.
    Quant à la Dame PORTELLI, si elle accepte l’injure, sans porter plainte pour propos ouvertement raciste, c’est son problème, mais ce n’est pas très courageux, ce qui ne nous étonne pas vraiment de la part d’une girouette LR !

  5. Il y a des trucs que je ne comprends pas. Par exemple, Mme OBONO, qui vient d’afrique ou elle y est née, s’inquiète qu’à la fête de l’huma, en France, il n’y ait que des blancs. C’est un peu comme moi, si je vais en Afrique et que je m’inquiète qu’il n’y ait que des noirs. Elle doit avoir une problème psychologique assez inquiétant, cette brave dame.

  6. Pour Aphatie comme pour beaucoup de Gauchistes (voire Centristes), il n’existe pas de racisme anti-blancs comme il n’existe pas de crimes de guerre, de génocide ou de lâche attaque si les « sionistes » n’en sont pas les auteurs.

  7. Selon donc l’inénarrable Aphatie donc si l’on cri lors d’un match de foot à un joueur noir « sale noir » c’est juste une insulte et pas du racisme ! Extraordinaire raisonnement par l’absurde non ? Mais sait-il aussi que depuis quasiment l’antiquité des blancs ont été razzié par des Turcs, des barbaresques etc. À l’évidence ce faux journaliste mais vrai militant n’a jamais appris l’Histoire !

  8. Le gouvernement de couards a peur de la guerre civile alors il marche sur des œufs et ne veut pas faire de provocation et tant pis pour les français qui ont construit ce pays.

  9. Comment les chroniqueurs de BV peuvent perdre du temps à commenter Jean Michel Aphatie ? Il est creux et n’a d’audience que celle que vous voulez bien lui donner. Son bouquin n’à pas trouvé 3000 preneurs, alors ne nous imposez pas ses élucubrations.

  10. C’est un nul de chez nul. Il faut le laisser pour ce qu’il est. C’est trop d’honneur à lui faire. Il n’a plus sa tête.

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