[SATIRE À VUE] Fiesta à l’Élysée après la commande de deux navires
La grandiloquence du message élyséen sur X semble saluer une reprise sans précédent de l'industrie française.
L'Élysée le claironne avec un message aux accents cubains de la grande époque : « La France du comandante Macronès ne suit pas le courant. Elle va plus loin. Elle tient le cap, elle se déchaîne... Emportés par la foule qui nous traîne et nous entraîne... » À l'accordéon, le porte-parole ne se sent plus de joie. Les lampions ont été allumés dans les couloirs du Palais. De la cour jusqu'au perron, ce ne sont que flonflons et sambas endiablées
Sur X, le phare qui « tient la barre de l'attractivité » livre les raisons de cette vague d'enthousiasme qui a tout emporté sur son passage.
« La France à Macron » ne suit pas le courant : elle fixe le cap de la réindustralisation, tient la barre de l’attractivité, entraîne avec elle toute une filière industrielle. https://t.co/O1nnJSgbvb
— Élysée (@Elysee) January 29, 2026
Deux navires ont été commandés aux chantiers de Saint-Nazaire ! Allez, chantons gaiement : maman le « Petit Bateau » qui fut vendu à un fonds d'investissement américano-norvégien en 2025 a-t-il des jambes ? Mais oui, mon gros bêta, puisque la marque française s'en est allée de l'autre côté de l'Atlantique en passant par ton bureau. Mais qu'il est bêta !
Rock around Alstom
Sur le pont du premier paquebot dont les travaux n'ont pas commencé, le capitaine Macron déploie ses plumes multicolores. Le paon des mers s'apprête à partir pour une traversée de l'Atlantique. Il sera le Christophe Colomb qui découvre les fleurons industriels français passés sous pavillon américain. « Un Doliprane, avant de partir ? » Contre le mal de mer, ses nouveaux propriétaires Clayton, Dubilier & Rice le recommandent. Autour de l'aventurier, les conseillers s'activent. L'un a lu dans Les Échos que « depuis le rachat d'Alstom, les groupes américains ont racheté plus de 1.570 entreprises tricolores ». Il va y en avoir, des paysages à prendre en photo ! Décidément, cette commande de paquebot est une véritable aubaine.
« Une excellence qui rayonne au large » : le Président ne croyait pas si bien écrire. Au moment de la bouteille de champagne taxée à 200 % qui se brise sur la coque, il saura trouver les mots qui tirent les larmes de l'équipage. « Ne m'appelez plus jamais France, etc. » Et puis viendra le temps de la rupture des amarres car, oui, y en a marre de ces Français qui ne comprennent rien au rayonnement. Adieu peuple ingrat, adieu sondages ennemis ! À moi iceberg et Groenland ! « Alstom ! » À vos souhaits ! Le froid transperce déjà le navigateur.
L'oriflamme de la victoire flotte au vent du réseau social. Oublions Austerlitz, l'armistice et autres anecdotes, les Américains ont commandé deux paquebots. La générosité du pourboire bouleverse l'Élysée. Une cérémonie annuelle viendra commémorer ce triomphe macronien sur la bête orange. Une gerbe sera déposée aux pieds du héros statufié. Tout sera fait pour préserver les fournisseurs de bronze français d'un rachat par les USA. Quand on « entraîne toute une filière industrielle », on a ses priorités.
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49 commentaires
Heureusement que ce sont des navires civils, vu qu’en parallèle il vend toutes les boîtes stratégiques pour la Défense.
Merci Monsieur Jany Leroy, un régal cet article. Je ne devrais pas m’etonner tellement vous nous avez habitués à déguster votre écriture. Tout y est sur fond d’humour de haut niveau. On ne s’en lasse pas, bravo et merci encore.
0 quand la construction du deuxième porte avion ,il est toujours dans les cartons