« Si ce n’est pas quotidien, c’est hebdomadaire » : la violence au cœur des foyers de l’ASE

Le week-end dernier, un adolescent placé de 14 ans était passé à tabac par un autre pensionnaire de son foyer.
Capture d'écran Mediavenir
Capture d'écran Mediavenir

Insoutenables, révoltantes. Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier les images révélées par Mediavenir qui circulent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, et sur lesquelles on voit un jeune homme de 15 ans tabasser violemment un garçon de 14 ans, sous les hurlements de douleur et de peur de sa victime. La scène, filmée le 8 février dernier par les camarades passifs de l’agresseur, se déroule dans le foyer de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) de Châlons-en-Champagne. Des faits pour lesquels la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, a saisi la justice ce mercredi.

« C’est le quotidien de la plupart des foyers »

« Est-ce que ça m’étonne ? Absolument pas. » Pour Antoine Darrieutort, agent social dans une structure similaire, ces images n’ont malheureusement rien de surprenant. Il explique à BV : « Ce qui se passe là, c’est le quotidien de la plupart des foyers. Si ce n’est pas quotidien, c’est hebdomadaire : violences physiques, harcèlement, agressions sexuelles. Sauf qu’il n’y a pas de vidéo au quotidien et les jeunes sont rarement sanctionnés. » Coups de pieds, dont certains au visage, coups de poings, gifles. Malgré les saignements et les cris de l’enfant qui redoublent en puissance au fur et à mesure que s’abattent sur lui les poings de son agresseur, ce dernier ne s’arrête pas. Et pourquoi le ferait-il, quand la veille, il passait à tabac un autre enfant du même foyer sans qu’une sentence ne tombe immédiatement ?

L’éducateur y voit d’abord un problème structurel. « Ça met en évidence le manque flagrant de places dans les foyers en France, estime-t-il. Peu importe le profil des jeunes, on les place là où on peut. Il n’y a aucune séparation entre des mineurs vulnérables, placés parce qu’ils ont subi des violences physiques ou sexuelles, et d’autres qui sont des prédateurs, des agresseurs sexuels ou des violeurs. »

« La justice des mineurs est inexistante »

Ce mélange explosif n’est pas sans conséquences. « Dès qu’un jeune pose problème, s’il commet des faits très graves, il passera peut-être devant le juge et sera placé dans un autre foyer… s’il y a de la place. Sinon, il reste. Dans le foyer où je travaillais, un agresseur sexuel est resté plus de six mois malgré les demandes répétées de l’équipe. Pendant ce temps-là, il en a violé d’autres. »

C’est dans un contexte tristement ressemblant que le parquet de Châlons-en-Champagne saisi de l’affaire a fait connaître sa décision. Après 48 heures de garde à vue, l’adolescent, qui a « reconnu intégralement les faits », a été déféré devant un juge pour enfants. Il fait l’objet d’une « mesure éducative judiciaire provisoire prévoyant un placement pénal à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) », selon un communiqué du département de la Marne. Mais « faute de places disponibles au sein des structures de la PJJ », il a d’abord réintégré le même foyer que ses victimes... avant d’être transféré dans un autre établissement du département, en attendant son jugement prévu début mars, indique cette fois un communiqué de la Police nationale.

« S’il a passé 48 heures en garde à vue, c’est parce que l’affaire a été médiatisée », explique Antoine Darrieutort. Une chance, pourrait-on presque exprimer à regret. « Les jeunes ont compris que leurs actes n’entraînent aucune conséquence. Il n’y a pas de condamnations réelles. On part du principe que le jeune est déjà placé, donc on ne veut pas “alourdir la peine”. Elle est ultra-laxiste », déplore l’agent social qui assume ce constat : « La justice des mineurs, selon mon expérience, est inexistante. » Si le Département assure de son côté que « toutes les mesures ont été prises par la direction du foyer pour protéger la victime », laquelle souffre d’une fracture du nez, d’un traumatisme crânien et de nombreux hématomes, l’agresseur, déjà connu pour des faits de violence dans de précédents établissements, s’est vu imposer un couvre-feu de 22 heures à 6 heures.

Des décisions qui ne peuvent empêcher de rendre coupables l’ASE et la justice aux yeux de l’éducateur : « ils arrivent à trouver des places d’hôtels pour des mineurs non accompagnés (MNA) dans l’urgence. Ils auraient pu faire la même chose pour ce jeune, mais en ont décidé autrement. »

 

Vos commentaires

14 commentaires

  1. les ASE sont principalement dirigés par les « gochos » alors pourquoi s’étonner ?
    tout cela me fait souvent penser aux « Disparues de l’YOnne » Omerta, collusion avec les juges etc etc

  2. Je crois que c’est tout le système qui est à revoir et il y a beaucoup trop de mineurs dont il faut s’occuper alors les fonctionnaires qui n’ont pas le temps de s’occuper de tout le monde, eux se couvrent, ils font des rapports pour montrer qu’ils travaillent, mais pratiquement rien ne se passe. Pourtant la police ou la gendarmerie connaissent très bien ces mineurs, même s’ils n’ont jamais été interpellés ainsi que souvent le chef d’établissement mais ça ne suffit pas sans compter que certains sont irrécupérables ou plutôt on les a rendus irrécupérables parce qu’ils n’ont jamais été punis.

    • Il faut savoir que certains ados sont retirés à leurs parents parce que ces derniers ne sont pas d’accord avec leur souhait de transition et ces ados atterrissent à l’ASE, de quoi leur faire regretter d’avoir tenu tête à leurs parents car ils y vivent un véritable enfer !!!

  3. Il est temps de supprimer cette « excuse de minorité »: Si tu te conduit comme un adulte, que tu sois jugé comme tel!

    • Les « jeunes » d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux de 1945 on l’a bien compris, une loi ça se modifie quand elle est obsolète
      Mais les députés notamment ceux de gauche et les juges , toujours dans cette culture de l’excuse qui ne responsabilise ni les jeunes ni les familles, est fort nocive on voit au quotidien, pas punis, ils récidivent à peine sortis du commissariat

      • Effectivement, nous sommes loin de « Chiens perdus sans collier » de Gilbert Cesbron. Avec des répliques du genre : « Monsieur le substitut, lorsqu’un enfant vole une bicyclette, qu’est ce qui importe à la société, le sort de la bicyclette ou celui de l’enfant… ».

  4. comme dit l’adage,  » quand on est pas puni, on recommence » ! c’est factuel, cet  » Ase » anciennement  » Dass » met les enfants en danger à l’évidence -cette société maltraite ses enfants et ses vieux, je ne vois pas d’avenir dans ses conditions.

  5. J’en avais déjà parlé, l’enfer pour certains ados, donc certains retirés de leurs parents pour x raison, mais ce qu’ils y trouvent est bien pire, viols, prostitution reconnue, violence, humiliation de la part des encadrants et pseudos éducateurs, cf, un jeune tondu et humilié et c’est arrivé plusieurs fois, peu de contrôle dans ces centres et il faudrait y penser car ce qui s’y passe peut détruire un jeune …..

  6. Personnellement je trouve que les ASE ne devraient pas accueillir des jeunes violents et que ceci devraient être placés dans des structures fermées avec des encadrants ex militaires ou policiers sans permissions de sortie avant leur majorité
    Actuellement beaucoup d’encadrants des ASE n’ont aucune formation, les salaires étants bas les ASE prennent le tout venant

    • je ne vais pas « m’étaler » sur mon passé … Pour autant, j’ai vécu dans ces « structures » car ancien de la DDASS qui est devenue ASE ! …
      Je suis outré par ce fracas qui est soit disant « découvert » par des « élus ! …
      Il y a effectivement des prédateurs dans ce secteur ! … Il faut être radical ET répressif ! …
      IL FAUT aussi arrêter de nous faire croire que les « mineurs isolés » étrangers doivent tous être acceuillis ET sauvés en FRANCE ! … CE N’EST DEJA PAS LE CAS de nos propres enfants isolés ! …

      • ANTISYSTEME, mineurs souvent majeurs , que j’appelle les « mijeurs », bon plus sérieusement, ils ont le droit eux, de refuser tout test osseux (merci la gauche comme d’habitude) et nous par contre devrons nous identifier d’ici à quelques mois, il n’y aurait pas un problème là ?

        Sinon les mijeurs devraient être avec leurs parents, nous n’avons pas à entretenir les enfants des autres…..

    • J’ai vu des vidéos horribles de jeunes humiliés , torturés par des encadrants dont on se demande quelle formation ils ont, et c’est grave de confier des jeunes déjà en grande difficulté à ce genre de personnes

      IL faut savoir que les jeunes qui veulent faire une transition de genre et si les parents refusent, ils sont placés en ASE, les parents ne voient plus leurs enfants qui leur sont retirés, c’est monstrueux

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