[EDITO] Sondage : avant les municipales, le grand retour de la France conservatrice

Un grand sondage (10.000 interrogés) révèle l'attachement des Français à leur commune... et à la France.
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À la veille des municipales, Ipsos BVA-CESI école d’ingénieurs pour le CEVIPOF, avec Le Monde et la fondation Jean-Jaurès (rassurez-vous, pas de risque de dérives vers la droite extrême…) livrent les résultats d’une grande enquête électorale réalisée du 27 février au 5 mars derniers sur 10.000 Français inscrits sur les listes électorales et en âge de voter. Un échantillon très sérieux.

Résultat ? D’abord, les Français montrent leur affection vis-à-vis de leur… pays ! Après tant de campagnes hostiles à la France, d’Assa Traoré jusqu’au président de la République, les « Gaulois réfractaires » restent indéfectiblement Français : 74 % des sondés se déclarent attachés à leur pays - trois habitants sur quatre ! Ils sont aussi très attachés à la structure administrative la plus ancienne et la plus proche d’eux, leur commune de résidence (63 %), calquée sur les paroisses d'Ancien Régime. Et ils aiment leur maire : près de sept Français sur dix lui font confiance (69 %). En dépit des efforts de nos « progressistes », les Français ne sont donc pas devenus des citoyens du monde, loin s’en faut !

Trois Français sur quatre se défient du Président...

Deuxième satisfaction : les substituts administratifs à ces attachements multiséculaires n’ont pas la cote. Seul un Français sur trois est attaché à la fameuse « intercommunalité » qui a l’avantage de fournir des postes juteux aux copains du parti mais coûte très cher au contribuable… De même, face au maire (69 %, donc), le Premier ministre ne recueille un score de confiance que de 32 %, le président de la République conservant à grand-peine… 23 % de confiants. Deux Français sur trois se défient donc du Premier ministre et trois sur quatre du président de la République. On comprend l’empressement du pouvoir à verrouiller les institutions du pays avant une éventuelle alternance.

Logique, lorsqu'on se penche sur les éléments sur lesquels les Français fondent leur confiance : l’honnêteté (prioritaire pour 64 % des répondants) et le respect des promesses (52 %) arrivent loin devant la connaissance des dossiers (32 %). Moralité : les faux procès en incompétence, pour les municipales comme pour les présidentielles, risquent de ne pas suffire.

Troisième satisfaction, les thématiques qui comptent pour les Français. On a peu parlé des municipales ? Peu importe, répondent les sondés. « L’intérêt pour le scrutin est massif (82 %) », constate le sondeur, mais les électeurs des municipales se déterminent sur la politique locale : un sur quatre, seulement, tient compte de la situation politique nationale. Et pour cause...

Pour eux, la politique nationale concentre tous les dangers. Pour ceux qui s'apprêtent à glisser un bulletin dans l'urne municipale, trois thématiques écrasent les autres : la sécurité (44 %) dévoile l’ampleur des conséquences de l’ensauvagement, fruit des politiques migratoires et judiciaires, du laisser-faire à tous les niveaux. Le maintien des services publics de proximité, le dynamisme économique ou l’accès à la santé ne viennent qu’après (28 % et 27 %).

8 % sont optimistes pour la France

Les Français se tracassent aussi pour leur pouvoir d’achat, sujet majeur pour 54 % d’entre eux, pour leur système de santé (46 %) et ils n’ont pas tort, pour les conséquences de l’immigration (33 %) et sur la sécurité (31 %), deux sujets étroitement liés. Après bientôt dix ans de présidence Macron, les Français s’inquiètent pour la France. Ils sont 31 % à afficher leur optimisme pour leur commune, mais seulement 8 % à être optimistes pour la France.

De quoi expliquer les intentions de vote aux municipales très favorables au RN, qui culmine à 33 % dans ce même sondage, loin devant le bloc central (18 %), le PS (15 %), les LR (14 %), La France insoumise ou Les Écologistes (10 % chacun). Ces intentions de vote, enfin, dessinent deux France : les petites communes de moins de 1.000 habitants, restées ancrées dans la France éternelle, affichent des intentions de vote pour le RN (43 %) deux fois supérieures à celles des grandes villes bobos de plus de 100.000 habitants. La France qui reste et celle qui part. Demeure une inconnue prête à tout bousculer : l’abstention.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

31 commentaires

  1. Il y a un nouveau code électoral pour les communes de moins de 1000 habitants . Auparavant le vote était nominatif, le panachage était possible, nous pouvions voter exactement pour ceux que nous désirions voir être élus, dorénavant c’est la proportionelle: plus de noms rayés ou de panachage,: la fin de la liberté de vote ainsi que moins d’égalité, les candidats de fin de liste ne font plus que de la figuration. Tout ça pour imposer l’élection des femmes: adieu la liberté vive l’idéologie!

  2. Dans mon village environ 550 habitants les prétendants vous parlent de la salle des fêtes qui auraient besoin d’un coup de peinture ; du fleurissement du parking de la mairie (il faut faire écolo pour les nouvelles générations) etc etc Mais surtout, on ne parle pas politique ni budget ni perte de pouvoir des maires, et on est surtout anti extrême droite et anti extrême gauche Prouesse verbale pour ne porter aucune étiquette du large centre qui va de la gauche au LR ! Le fait que les maires seraient le maillon le plus remarquable de la démocratie est une baliverne. J’ai habité dans plus de vingtaine de communes différentes et je n’ai vu qu’un seul maire remarquable Donc au mieux, je voterai blanc au pire, j’irai à la pêche

  3. Beaucoup de communes rurales ne présentent qu’une seule liste : difficulté de recruter et/ou de s’engager, obligation d’alternance de candidates et de candidats, le taux d’abstention risque d’être élevé puisqu’il suffit d’une seule voix à une liste unique pour être élue. On est loin de l’intérêt traditionnel manifesté par les électeurs pour les municipales. Il est vrai que l’enjeu est moindre par rapport à celui de la présidentielle.

    • Il n’y a qu’à déclarer élue la liste quand elle est unique sans organiser d’élection. Il faut aussi pour amoindrir l’abstention virer des listes électorales ceux qui ne votent jamais (3 ou 4 fois de suite et dehors) .Cette obsession de la parité est aussi à réformer et Il faut également regrouper les communes pour avoir des entités d’au moins 1000 habitants et baisser drastiquement le nombre de conseillers municipaux. Gain de temps , d’argent et de simagrées diverses assuré pour le bien de tous !

  4. Les Français aiment leur pays et leur région, hormis les générations influencées par les idées malsaines des écolos et de LFI qui s’en détachent au bénéfice d’un rêve bigarré. Evidemment qu’on a peur pour la France quand on voit la violence partout autour de nous.

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