Stellantis perd 22 milliards et passe un peu plus sous contrôle américain
La date du 6 février 2026 restera dans les mémoires comme un « vendredi noir » pour le groupe automobile italo-franco-américain Stellantis et ses marques françaises Peugeot et Citroën en particulier. L’action boursière du groupe a subitement décroché, pour perdre jusqu’à 26 % de sa valeur, avant que sa chute ne se stabilise à 24,9 %.
Des pertes historiques
Ce plongeon boursier a fait suite à une déclaration du directeur général du groupe. « Nous remettons à plat notre plan produits et la chaîne logistique de l'électrique pour traduire la demande des clients et les changements de régulation après avoir surestimé la transition énergétique », a expliqué Antonio Filosa. On savait déjà depuis plusieurs mois que la situation de Stellantis annonçait de mauvais résultats pour l’exercice 2025, mais peut-être pas à ce point. En attendant une consolidation des chiffres, le groupe a en effet estimé ses pertes nettes entre 21 et 23 milliards d'euros sur l'ensemble de 2025.
« Le constructeur va sans doute publier les pertes les plus importantes jamais enregistrées par une société française », estimait François Lenglet, sur RTL, dans sa chronique du 9 février.
EDITO RTL - La panne de Stellantis
"Le constructeur va sans doute publier les pertes les plus importantes jamais enregistrées par une société française" : François Lenglet dans #RTLMatin pic.twitter.com/IE2OClDFPA
— RTL France (@RTLFrance) February 9, 2026
Début août dernier, BV relayait déjà l’annonce par Stellantis d’une perte de 2,3 milliards d’euros sur le premier semestre 2025. Pour expliquer ses difficultés, la direction pointait alors surtout le double impact du manque de fiabilité de son moteur Puretech et des défaillances de son airbag Takata. Mais aujourd’hui, les propos d’Antonio Filosa, en évoquant une « transition énergétique » surestimée, mettent pour la première fois en cause la stratégie « électrique » de l'ancienne direction du groupe.
La faute à Carlos Tavares, vraiment ?
Et c’est en fait à une véritable charge que s’est livré le directeur général de Stellantis à l’encontre de Carlos Tavares, précédent PDG, auquel il reproche de n’avoir pas vu venir le danger du Pacte vert bruxellois et de son objectif de « tout électrique » imposé aux constructeurs à partir de 2035. Une légèreté coupable, aux yeux d’Antonio Filosa, « qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs », estime-t-il, ce à quoi s’ajouterait « l’impact de problèmes opérationnels antérieurs, dont les effets sont progressivement traités par notre nouvelle équipe ». Carlos Tavares s’était bien vu reprocher par son conseil d'administration, lors de son départ, son obsession pour les réductions de coûts, conduisant le groupe à licencier en masse ses têtes pensantes, quitte à perdre en créativité. Une erreur qui expliquerait un quart des pertes actuelles de Stellantis, selon Antonio Filosa. Mais « rarement un changement de direction aura autant ressemblé à un règlement de comptes », remarque-t-on chez Auto Plus. Pour le nouveau directeur général, « 75 % des coûts exceptionnels sont liés à des hypothèses stratégiques [le développement du marché tout électrique, NDLR] qui se sont révélées erronées ».
Or, accuser aujourd’hui l’ancien PDG d’avoir surestimé le marché électrique est pour le moins exagéré. En effet, en 2022 déjà, contestant la stratégie du tout électrique imposée par Bruxelles et relayée par la Macronie et les écologistes en France, Carlos Tavares déclarait, dans le quotidien Les Échos, que « l’électrification est la technologie choisie par les politiques, pas par l’industrie [...] il y avait des solutions moins chères et plus rapides pour réduire les émissions ». Mais à l’époque, Le PDG de Stellantis n’avait pas d’autres choix que de se plier au diktat bruxellois sous peine d’amendes si lourdes qu’elles auraient pu mettre l’entreprise en faillite. Depuis, sous la pression des constructeurs européens et des gouvernements allemand et italien, l’UE a baissé la garde et a commencé à montrer plus de souplesse vis-à-vis des constructeurs européens, oubliant notamment les pénalités folles qu’elle voulait imposer. C’est donc dans un contexte réglementaire moins contraignant que s’exprime désormais Antonio Filosa.
Les Américains prennent le pouvoir
Or, si tous les constructeurs européens sont en difficulté à cause du Pacte vert bruxellois et de la concurrence chinoise sur l’électrique, Stellantis a plus encore souffert que ses concurrents. La nouvelle direction du groupe a donc besoin d’un coupable afin de justifier, d’une part, une perte financière abyssale en 2025 et, de l’autre, la décision contrainte de ne pas distribuer de dividendes à ses actionnaires en 2026.
Au-delà de ces règlements de comptes peu reluisants, on retiendra de cet inquiétant épisode qu’il entérine la prise de pouvoir des Américains au sein de Stellantis. Sur les 22,2 milliards que le groupe compte investir pour se réinventer, 13 seront consacrés au lancement de nouveaux modèles aux États-Unis. Il faut bien aussi constater la perte d’influence des Européens (et notamment des Français), victimes de la folle et ruineuse politique bruxelloise du Pacte vert et de son obsession du « tout électrique ».
SOS | On assiste sans doute à la fin de l'automobile française, tuée par l'UE
Stellantis s'effondre (-24%, action divisée par 4) et provisionne 22 Md€.
L'aveu du CEO est sans appel : « on a surestimé le rythme de la transition », ce qui a éloigné le groupe des désirs… pic.twitter.com/RpeZEn14e6
— Factuel (@FactuelOff) February 8, 2026
À ce sujet — L’automobile française menacée de mort par Bruxelles
Rien de tel, en Europe, où il est juste annoncé une modération dans l’électrique au profit d’un développement de l’hybride et d’une relance de motorisations essence. Ce qui, pour le coup, relève d’un élémentaire bon sens. En espérant qu’il ne soit pas trop tard...
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70 commentaires
Le gros clou dans le cercueil, c’est l’hybride non rechargeable. Un prix d’achat élevé lié à l’impossibilité de recharger de façon autonome et une consommation somme toute élevée (ben oui, le poids, faut bien le traîner) rendent ces modèles peu attirants (c’est un euphémisme) et leur surcoût difficile à rentabiliser. Et, en plus, si la batterie est défaillante techniquement, il n’y a moyen de se rabattre sur le tout-carburant.
Tavares, avant d’être prié de sortir, a été encensé pour avoir redressé Peugeot-Citroën. Il a été le premier à dénoncer les aberrations décidées par Bruxelles concernant la fin des moteurs alimnentés par carburants fossiles. On l’accuse de tout aujourd’hui. C’est déplorable. Les vrais responsables sont à Bruxelles et à Strasbourg. Par ailleurs on ignore quelle part du pouvoir la Chine détient dans le groupe. Probablememnt loin d’être négligeable.
Je suis très contente de ma Citroën diesel et ne voudrais en changer pour rien au monde pour une « électrique ».
Et ça continue!…
Sûrement. Seulement, l’accès aux métropoles européennes est proscrit.
Nous avons tous un téléphone portable avec une batterie , et nous savons tous qu’il faut recharger la batterie de plus en plus souvent , et quand il faut la changer on vous dit , trop cher, il est préférable d’acheter un téléphone neuf .
Le problème est identique pour les voiture hybrides ou électriques , dans dix ans il faudra changer les batteries et on vous dira …
Alors un conseil , n’achetez jamais ces voitures , louez les .
Absolument. Heureusement que j’ai pris ma voiture hybride en leasing. Après 8 mois la batterie de démarrage montre déjà des faiblesses. J’ai une voiture jetable.
Et comme il est d’usage , les responsables ne seront pas poursuivis , pas plus qu’ils ne seront jugés coupables . Madame Von Der Leyen est d’une ignorance crasse en économie , la preuve est là . Seule son ambition dévorante la guide , aucune vision à long terme . Pas plus d’ailleurs que de connaissances scientifiques . Hélas il y a des crétins qui la suivent.
Carlos Tavares n’est peut-être pas « tout blanc ». Mais entre les USA « MAGA » et l’UE, il n’est pas étonnant que la (petite) part industrielle de la France soit réduite à néant. Merci Ursula et ses prédécesseurs, bien aidés par les US qui n’ont jamais eu d’autre but que d’être les premiers en commerce…
Les constructeurs auto paient leur docilité face à l’UE. Doit-on les plaindre, alors que sur les ondes les publicités pour la continuation de leurs mauvais véhicule est permanente ?
Quelle bande d’hypocrites. Croyez-vous que Carlos Tavares a décidé seul de l’avenir de Stellantis ? Il a répondu à un Conseil de surveillance. Il a répondu au poids de la communauté des constructeurs automobiles européens. Il a répondu aux pressions dissuasives de la commission et de ses écolos déjantés. Ils se sont tous soumis à la Commission européenne alors que l’ingénieur de base savait par avance que nos sociétés européennes allaient dans le mur avec le tout électrique. Pour de multiples raisons connues, très argumentées. La première d’entre elles, la Chine dominante dans le domaine de l’électrique. Le commerçant de base savait que c’était notre perte, une concurrence impossible à contrer.
Trump n’est pas un pro de l’automobile. Et pourtant, il a retenu LA solution de sagesse, par instinct sans doute, ou bien conseillé. Il laisse la bride sur le cou à tous ses constructeurs. Ils évoluent à leur propre rythme, dans la direction jugée la meilleure pour leur pérennité, sans butée.
L’Union Européenne, avec ses « rigolos » à sa tête, creuse sa tombe. Macron l’achèvera s’il succède à Ursula. Il faut bien vite se sortir de ce guêpier européen, retrouver notre pleine souveraineté pour retrouver notre grandeur. Il fut un temps où le groupe PSA était le premier constructeur de l’Europe, suivi de près par Volswagen. Ursula et Macron sont passés par là.
Frexit vite ! Surtout que l’euro devient de plus en plus une monnaie de singe.
Macron n’a pas besoin de Oursoula pour nous achever!…
Voilà ce qui arrive quand on mise bêtement sur le tout électrique avec des batteries qui vieillissent prématurément ; le parc d’occasion est rempli de ces totos qui n’arrivent pas à se vendre. Longueur de la recharge, autonomie poussive, hors de prix, même que des fois il y a une combustion spontanée.
La politique intelligente aurait été de continuer avec les voitures essence ou diesel, comme les Italiens et les Allemands.
Mais, non, en France on est les plus intelligents, est-ce l’influence de notre chef suprême, influencé par les écolo-socialos ?
En tout cas, on va garder son vieux diesel, l’utiliser jusqu’à la corde, jusqu’à ce qu’il devienne une voiture cubaine cotée comme une antiquité ; et ça roule !
La future PPE démontre que la politique néfaste de l’UE n’est aucunement remise en cause. Les lobbys écologistes décroissants continuent d’encourager la mort de nos industries et de notre secteur énergétique. Il s’agit d’un suicide organisé.
Encore une industrie qui faisait la gloire de la France et qui va passer un jour aux Américains. Une
France qui, par les décisions erratiques de son petit timonier, se retrouve cocue dans beaucoup de domaines.
Cette idéologie du tout électrique est un désastre, Don Quichotte et les moulins à vent… Nous sommes impuissants et devons subir, jusqu’à quand!…
Écouter Alexandre Jardin sur Tocsin
Vue la technologie des batteries actuellement imposer les véhicules électriques était une erreur surtout incité par des idéologues utopistes écologistes autoritaires qui veulent en toutes bonne fois sauver la planète d’une catastrophe annoncé par des erreurs répétés.
Une charge électrique de tout accumulateur a pas loin de 50% de pertes par l’effet de joule lors de sa charge surtout si elle est rapide, puis la batterie lors de sa décharge, variable en puissance demandé, perd encore de sa capacité fournie.
Faut aussi voir que transporter un poids du départ a l’arrivé de la destination n’est pas un avantage d’économie alors qu’un plein de carburant s’allège suivant sa consommation.
le résultat notre industrie automobile une des locomotive essentiel a notre économie disparait, elle aussi, résultat nous achèteront des voitures sans en avoir les moyens.
Encore une fois supplémentaire la France proche du lendemain n’est plus une puissance mondial.
Il faut rappeler que la décision qui prévoyait d’interdire la vente de véhicules thermiques après 2035 avait été prise SANS LA MOINDRE ETUDE D’IMPACT. Les auteurs de cette faute lourde devront être PUNIS.
Et cela est vrai également pour les pesticides interdits sans qu’il y ait de véritables produits de remplacement ! Pas de Roundup en France, mais en vente libre en Espagne ! Observez l’état de nos rues, de nos parcs, de nos cimetières …
Industriels arrêtez de cautionner les produits de la Chine.