[STRICTEMENT PERSONNEL] Présidentielle 2027 : des inélecteurs par millions ?
Qu’est-ce que la démocratie ? La démocratie, nul ne l’ignore, c’est le pouvoir du peuple. Exercé par le peuple. Pour le bien du peuple. Donc, le peuple au pouvoir. Du moins, en l’an de disgrâce 2026, le pouvoir que lui reconnaissent et lui consentent puissances d’argent, syndicats, organisations professionnelles, communautés ethniques et religieuses, lobbies, le crime organisé, la rue, le Sud profond, l’Orient impénétrable, les grands empires, l’Union européenne et autres groupes de pression.
Au premier abord, la France est une démocratie...
...ou quelque chose qui y ressemble d’assez près. À des intervalles réguliers, à tous les niveaux - municipal, départemental, régional, national -, le bon peuple est invité à désigner ses représentants, en tant que source unique de la légitimité des pouvoirs législatif, exécutif, ainsi que, depuis 1965, de celle du chef de l’État élu au suffrage universel, disposition voulue par le général de Gaulle, adoptée par référendum, et sur laquelle nul ne propose de revenir.
Certes, le temps n’est plus (il n’en reste qu’un rêve nostalgique et quelque peu idéalisé) où le peuple athénien, « couronné de violettes », se rassemblait sur l’Agora et y tranchait de toutes choses, des plus insignifiantes aux plus importantes, dans le tumulte, l’enthousiasme ou la fureur, sous l’influence des orateurs et des passions du moment. Aucune place publique ne saurait réunir les quelque quarante-cinq millions de nos compatriotes en possession de leurs droits. D’évidentes considérations de bon sens ont fait depuis 1789 que notre démocratie, à la différence de quelques cantons suisses et des dernières tribus amazoniennes, n’est pas directe mais représentative. Pour autant, il ne fait pas de doute que c’est en toute liberté, dans le secret des isoloirs, puis des urnes, que les électeurs, en tout cas ceux qui usent encore d’un droit chèrement arraché aux anciens régimes par leurs ancêtres, choisissent leurs élus, du plus humble au plus prestigieux et du plus insignifiant au plus puissant : le président de la République.
Le Conseil constitutionnel : annulant ou mutilant, au gré de ses fantaisies
Tout irait donc pour le mieux dans la meilleure des France possibles ? Il s’en faut de beaucoup et les atteintes à la démocratie, les coups les plus durs et les plus inattendus qui lui sont portés depuis quelques années ne proviennent ni de l’Assemblée nationale ni du Sénat, ni même de l’Élysée mais, d’une part, d’une Haute Autorité composée de personnalités nommées pour des raisons politiques ou personnelles, qui s’est progressivement arrogé une compétence aussi contestable que prétendument universelle, d’autre part, du corps même qui, censé rendre la justice au nom de la loi, a été saisi, en l’absence de toute sanction ou réaction du politique, d’un vertige de puissance, d’une hubris qui fait des ravages. Les empiètements incessants et croissants du Conseil constitutionnel et des différents tribunaux de l’ordre judiciaire, qui mettent également à profit l’affaiblissement et le discrédit du politique, constituent aujourd’hui la plus fâcheuse des entraves à un fonctionnement normal de la machine démocratique.
Limités à l’origine au seul examen, purement technique, de la conformité des lois votées par le Parlement au mot à mot de la Constitution de 1958, les « sages » de la rue de Montpensier n’ont cessé d’étendre leur champ de bataille et de manœuvres à la compatibilité des textes et des dispositions émanant des assemblées, du gouvernement et de l’administration, avec des principes qu’ils avancent et interprètent suivant leurs préférences, en utilisant l’élargissement inconsidéré de leur saisine. Annulant ou mutilant, au gré de leur fantaisie, les rares velléités de réforme de l’exécutif ou du législatif, ils contribuent avec une redoutable efficacité à l’immobilisme, voire à la paralysie, d’un système politique déjà bien fatigué, pour ne pas dire vermoulu.
L’impudente intrusion de la magistrature
Les juges, quant à eux, forts de la faiblesse, pour ne pas dire de la décrépitude, de l’État (je veux dire de ceux qui sont censés incarner l’État), ont pris l’habitude de chasser ou plutôt de braconner, assurés de l’impunité, là où pâturaient tranquillement les cibles fragilisées et apeurées qu’ils traitent, tirent et condamnent comme autant de gibiers de potence.
L’immixtion, l’ingérence, l’impudente intrusion de la magistrature dans notre vie politique n’ont cessé de s’aggraver et de se généraliser au point de peser d’un poids exorbitant sur le cœur battant de la démocratie : en l’espèce, sur les conditions et le déroulement mêmes de la prochaine élection présidentielle, normalement fixée, au plus tard, au printemps de l’année prochaine. Comme cela s’est produit maintes fois au long de notre Histoire pluriséculaire, ainsi quand les Parlements se rebellaient contre une monarchie absolue à l’agonie, notre corps judiciaire est passé en peu d’années d’une excessive servilité à une insolence abusive.
La même magistrature qui ne pipait mot lorsque Valéry Giscard d’Estaing rentrait de ses chasses africaines avec les diamants non déclarés qui lui coûtèrent la défaite en 1981, qui ne se saisit pas de l’étrange coup d’État, pour convenances personnelles, qui débarrassa « VGE » du témoin gênant qu’était l’empereur fastueux et fantoche Bokassa, s’était déjà enhardie lorsque le malheureux Alain Juppé, endossant le fardeau des irrégularités financières du maire de Paris, paya d’une condamnation qui ruina sa carrière sa fidélité à Jacques Chirac. Un peu plus tard, François Léotard, à son tour, fut sacrifié sur l’autel de la campagne malheureuse d’Édouard Balladur et de son financement opaque.
Depuis lors, les choses se sont accélérées et nos juges, de courageux, sont devenus héroïques. L’exceptionnelle célérité et la rare rigueur avec laquelle ils ruinèrent les chances de François Fillon en 2017 en témoignent, tout comme la vindicte qu’ils ont lancée et poursuivent contre Nicolas Sarkozy, sous les applaudissements de la meute.
Coup fatal à la démocratie
Aujourd’hui, c’est à Marine Le Pen et à sa candidature qu’ils s’en prennent, brûlant du dur désir d’appliquer la loi. Sera-ce après Pâques, ou bien à la Trinité, qu’ils rendront leur sentence dans l’affaire qui peut empêcher la candidate naturelle du RN d’accéder, comme il était certain, au second tour, et de remporter la victoire, comme il était désormais jugé possible, à l’issue du second tour ?
On n’entrera pas dans le détail du piège dans lequel est tombée Marine Le Pen. Il ne fait pas de doute que les eurodéputés du RN, sous sa houlette, ont violé les règles du Parlement de Bruxelles. Il est évident que ces règles sont absurdes, qui prétendent déconnecter des assistants parlementaires, recrutés pour leur fidélité, du mouvement auquel, de notoriété publique, ils appartenaient. On n’entrera pas dans le débat autour de cette crapoteuse affaire, mais on notera au passage, incidemment, que la sévérité du jugement rendu en première instance et des réquisitions demandées en appel contraste avec l’indulgence dont bénéficia - répondant aux mêmes charges - le MoDem de François Bayrou et avec l’exceptionnelle lenteur de l’instruction menée, pour des motifs analogues, contre La France insoumise.
Ce qu’il faut dire, en revanche, haut et fort, et sur quoi les commentateurs semblent fermer les yeux, c’est que l’éventuelle confirmation de la condamnation initiale, et singulièrement de l’inéligibilité de Marine Le Pen, alignerait la France sur les manipulations et les pratiques récentes observées en Roumanie. Certes, les dix millions d’électeurs qui avaient choisi de voter Le Pen en 2017, les treize millions qui avaient fait le même choix en 2022, les quelque dix-sept millions que les sondages lui garantissaient au premier tour de 2027 ne seraient pas légalement privés de leurs droits civiques. Mais l’impossibilité où ils seraient mis de voter comme ils entendaient le faire fausserait le sens de la consultation et porterait un coup fatal à la démocratie. Créer de toutes pièce une catégorie de citoyens dont la carte d’électeur serait rognée en punition d’une faute qu’ils n’ont pas commise, ce serait assortir l’inéligibilité de Marine Le Pen d’un étrange retour à la peine d’indignité nationale inventée en 1945. Ce serait transformer en parias des millions de Français, ravalés au rang d’inélecteurs.
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80 commentaires
Perfect timing,
Jojo sera la prochaîne victime hélas, ouvrant la voie à un vrai vote patriotique
On ne fait pas d’hommelettes sans casser des vieux
Je vous fiche mon billet que, si Marine est « empêchée », la prochaine cible et victime sera Bardella en temps opportun pour que lui aussi soit empêché (cela a déjà commencé il y a quelques mois) !!!
Pas grave, des gens de qualité, Knafo, Marion, Guaino, De Villiers etc… peuvent subvenir à la désinformation du pouvoir et ses relais: France TV et France en faux…les déformés.
Long plaidoyer de Dominique pour la réhabilitation de Marine, mais pas un mot sur
Bardella ! Il est pourtant bien ce jeune homme, qu’on accepterait facilement comme
gendre, cravate et costume impecs, mais Dominique n’aime peut-être pas les hommes ?
Qu’est-ce que la démocratie ? Un leurre ! Exercée par le peuple..
Pour le peuple… ? Un leurre
Il me rappelle avoir lu quelque part » la démocratie c’est le mal, la démocratie c’est la mort !
Autrefois, il y a bien longtemps, le peuple prenait des décisions dans ce qu’il connaissait le mieux, sa commune son travail, sa famille !
Et la politique internationale, qui s’en occupe ? Un roi ?
Donc « l’état de droit « serait lui même un état dans l’état qui aurait ses ennemis ? Le coup d’état permanent des juges . Il faut voir, comment ils se précipitent dans certains cas et combien ils sont longs dans d’autre ? C’est vrai qu’il y a des priorités.
Oui ! A la fin c’est le citoyen démocrate qui vote RN à qui l’on fait porter le chapeau de l’indignité à travers celle qui devait être plébisciter et pour labelle ce devait être le jour de la consécration après toutes ses années de galère et de coups bas , mais l’UE et les juges ne l’on pas entendu de cette oreille quitte à insulter les électeurs RN et bafouer la démocratie . Les magistrats spécialistes du multirécidivisme , et de l’OQTF inexpulsable, de la justice rendue à la chaine et de la victime moins considéré que le délinquant pour lequel on n’est au petit soin de savoir ce qu’il va devenir et qui veulent donner la leçon aux honnêtes gens qui bossent et viennent voter le dimanche pour le RN .
Pour ses élections , il ne faudra être ni inélecteur , ni abstentionniste mais résolument patriote , je ne parle pas d’un parti qui s’est attribué ce terme mais de l’ensemble des français, parce que le patriotisme concerne tout le monde . Fini la politique politicienne et les petite calcul entre amis ,Cette fois ci c’est du sérieux , on n’a pas le droit de se rater .
Les cours suprêmes , d’autres pays en ont , les Etats-Unis , l’Allemagne par exemple , mais les juges de ces hautes cours sont choisis parmi les plus éminents juristes du pays , et ensuite pour leur sensibilité politique.
En France on fait l’inverse , c’est d’abord la sensibilité politique qui est prise en compte , la qualité de juriste devenant seconde , et on s’offre ainsi le ridicule d’avoir pour président du Conseil constitutionnel un personnage qui n’a , il parait, qu’un DEUG de droit , qui a eu maille à partir avec la justice et qui a bénéficié d’un non lieu opportun .
Quant aux autres juges , les judiciaires comme les administratifs , ils se comportent comme des commissaires politiques , sortant de manière compulsive des « grands principes » de sous leur toge , pour définir la politique de notre pays en lieu et place des élus qui votent la loi.
Philippe de Villiers parle fort justement de « messianisme judiciaire » .
Notre passé fait sien cette réflexion de Jean Marie Le Pen, « l’histoire ne pardonne pas aux peuples qui se couchent »
Franchement je ne pense pas voter en 2027, déjà d’une , je suis handicapée et acarophobie, mes seules sorties sont tous les trois mois pour aller chez le médecin et accompagnée par mon aide de vie et en taxi à mes frais , pour aller voter pas possible pas de prestation le dimanche je ne me vois pas payer en plus pour des gens qui nous méprisent, se moquent de nos préoccupations, ne répondent pas aux courriels
Je n’ai personne de confiance à qui faire procuration
De toute façon, comme disait Coluche, « si voter servait à quelque chose, ce serait interdit » il n’avait pas tort, une fois de plus
Ne cherchez pas, le successeur de macron c’est l’UERSS qui va le choisir, les juges s’occupent de MLP, pour Bardella ils vont bien nous sortir un joker bien pourri de leur manche
L’avenir est sombre et moi jusque là je pensais avoir bien voté, bon jamais pour la gauche, mais Chirac bienveillant en surface , de droite soit disant mais politique de gauche , sarkozy et son référendum sur lequel il s’est assis, karcher resté dans son emballage, il avait œuvré pour faire supprimer kadhafi qui était un bouclier contre les passages de migrants, je précise que kadhafi était un personnage amoral et que je détestais, mais il était utile malgré tout, en 2012 voté « blanc » je ne voulais ni du PS ni de LR, et après pas voté pour macron c’est sur, et en 2022 j’étais à l’hosto pas pu voter
Donc pour moi , vu que la plupart se foutent de la France et des Français, pourquoi je ferai un effort donc je suis incapable physiquement et moralement
Vers où que l’on tourne la tête, dans le personnel politique qui a gouverné la France depuis 40 ans, c’est la consternation. Les têtes de gondole dont nous sommes le plus fiers? DSK, Lang, Cahuzac pour les mœurs et la probité, Hollande et Maire pour leur maîtrise des comptes publics, Melenchon, Delogu et une clique de décérébrés pour leur civilité de pitbulls, Wauquiez, Bertrand ou Estrosi pour leur capacité à trahir leurs électeurs, Atal, Bayrou et de nombreuses girouettes pour leur amour inconditionnel à l’ EU qui nous détruit …la liste est longue. Finalement on est tellement satisfaits que beaucoup sont prêts à voter pour le chat de MLP. Ce n’est pas l’idéal mais Bardella et Ciotti compatibles avec RECONQUÊTE ont au moins la vertu d’être patriotes et structurés par des valeurs qui nous font actuellement gravement défaut et au moins ils ne sont pas responsables de la situation. Par contre ils n’auront pas le droit d’échouer , le Karcher qui devient Kouchner c’est fini!
D’accord avec vous. Mais ma confiance donnée aux hommes l’a été fort rarement et après engagement ou événe
Je suis assez d’accord avec votre analyse que je fais mienne .
Que reste-t-il de la » démocratie » dans ce pauvre pays où les juges politisés à l’extrême décident eux mêmes du choix des candidats ? Après l’élection volée de 2017, où » l’assassinat » de Fillon a sonné le glas du fondement de la démocratie : » le gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple », le peuple n’est plus maître des élections. Tout est déjà organisé en amont, avec la complicité de certains médias, et la bénédiction de Bruxelles. La messe est dite.