Suppression des APL aux étudiants étrangers : LFI s’indigne pour presque rien

Au terme de la nouvelle loi, les étudiants non européens devront justifier de deux ans de résidence.
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Photo de Markus Spiske sur Unsplash

C’est un tweet de Clémence Guetté, députée LFI et coprésidente, avec Jean-Luc Mélenchon, de l’Institut La Boétie, qui attire aujourd’hui l’attention. Revenant sur l’article 67 du projet de loi de finance 2026, elle écrit : « Le budget de Lecornu prévoit de supprimer les APL pour les étudiants étrangers. Ne pas censurer, c’est accepter que plus de 300.000 étudiants internationaux se retrouvent sans solution pour se loger. Nous ne le laisserons pas passer. »

Un gros mensonge par omission

Le Premier ministre, qu’on se plaît aujourd’hui à présenter comme un rusé renard, oserait-il valider une telle mesure, lui qui prend ses consignes au Parti socialiste ? On en doute. Il est donc urgent d’aller voir ce qu’il en est exactement.

Ce sont les sénateurs qui, en décembre dernier, ont validé le gel de l'aide personnalisée au logement (APL) et restreint l’éligibilité des étudiants étrangers à ce dispositif, ces mesures devant permettre de réaliser un peu plus de 100 millions d’économies budgétaires en 2026 et 200 millions en 2027 et 2028. Ici, une parenthèse : nombreux sont les Français, pour beaucoup privés de ces aides, qui ont à cette occasion découvert que leurs impôts servaient à financer en partie le logement des étudiants étrangers...

Bref, au terme de la nouvelle loi, les étudiants non européens devront justifier de deux ans de résidence pour percevoir les APL. Face à quoi le sénateur écologiste Ronan Dantec s’est indigné, dénonçant « un contresens historique évident » et une « vision décliniste de la France, d’un pays rabougri qui se replie sur lui-même, pas à la hauteur de son histoire ». Son collègue du PS, Adel Ziane, s’est quant à lui insurgé contre des « économies faites sur le dos des plus jeunes et des plus précaires », pointant une décision « brutale et contraire au principe d’égalité de traitement ». Entre qui et qui ? On aurait aimé qu’il précise, mais on croit deviner : M. Ziane ne veut pas de préférence en faveur des étudiants français.

Il y en aura néanmoins une, partagée avec leurs collègues européens, puisque ceux-ci sont exclus de la nouvelle mesure, protégés qu’ils sont par le droit communautaire - ce qu’omet de dire Clémence Guetté. Autre gros mensonge de la députée LFI : l’article 67 dont il est question, portant sur la suppression des APL pour les étudiants étrangers extra-européens, ne concerne pas non plus ceux qui bénéficient d’une bourse sur critères sociaux.

Ils dénoncent une politique « d’attractivité sélective »

SI l’on se réfère au site The Conversation, qui se présente comme la référence de « l’expertise universitaire, l’exigence journalistique », les étudiants extra-européens bénéficiant d’une bourse financée par l’Etat français sont au nombre de 315.000 environ. Ce qui signifie donc que « plus de 300.000 étudiants étrangers extra-communautaires ne sont pas boursiers et qu’ils risquent de perdre leur APL à la rentrée 2026 ». Un scandale, nous dit-on, qui prouve « une stratégie d’attractivité ciblée sur les étudiants internationaux solvables ». N'est-ce pas ce qui se fait partout ailleurs ?

La gauche dénonce ainsi une stratégie économique via des mesures visant à « abandonner toute ambition d’accueil universaliste (sic) des étudiants internationaux dans les universités françaises ». Une gauche qui se garde bien de se pencher sur les résultats de l’accueil universaliste qu’elle promeut. En effet, il est intéressant de savoir qui vient étudier chez nous, quelles matières et pour quels résultats.

Selon l’Observatoire de l’immigration & de la démographie, il y avait en France, en 2023-2024, 419.694 étudiants étrangers, soit 14 % de la population étudiante, représentant une hausse de 70 % des titres de primo-séjour en dix ans. Ce n’est pas une surprise : « La France est la première destination mondiale pour les étudiants originaires d’Afrique subsaharienne. » Ainsi, « le nombre de ressortissants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient obtenant un premier titre de séjour étudiant a doublé en dix ans ; le nombre de ressortissants d’Afrique subsaharienne a triplé sur cette période. » Sachant que la majorité d’entre eux sont généreusement exemptés des droits d’inscription (moins de 10 % s’en acquittent), la Cour des comptes a évalué que « le coût net de l’immigration étudiante pour les finances publiques est de un milliard d’euros par an ». Tout cela pour des étudiants qui « sont largement en situation d’échec académique : deux tiers (66,2 %) des étudiants internationaux en mobilité n’obtiennent pas leur licence en trois ans, avec de forts écarts selon les zones géographiques d’origine ».

L’exemple du Canada

Avant que Jean-Luc Mélenchon ne théorise le Grand Remplacement, il était déjà clair pour beaucoup de Français que notre pays pratique le principe des vases communicants : il se vide par le haut et se remplit par le bas. Fuyant un système éducatif de plus en plus éloigné de ses promesses, nombre de jeunes Français s’en vont étudier à l’étranger. Leur première destination est le Canada, et au Canada, plus particulièrement le Québec. Il est alors intéressant de connaître les conditions d’accueil de ce rafraîchissant pays pour nos enfants.

Tout d’abord, réussir le test d’anglais est indispensable à qui veut intégrer une université anglophone. (Parler la langue du pays paraît un prérequis basique, mais ce n’est pas le cas en France.) Il faut ensuite débourser 150 dollars pour obtenir un permis d’étude, délivré après examen sérieux des documents suivants : la preuve d’acceptation dans votre EED (établissement d’enseignement désigné), une preuve d’identité et de ressources financières [le Canada ne vous prendra pas en charge, NDLR], une fiche d’information sur votre famille.

Et « parmi les autres conditions qui seront vérifiées à votre arrivée sur le territoire canadien », quelques points hautement essentiels comme : « avoir assez d’argent pour votre séjour, être en bonne santé, ne pas avoir été reconnu coupable d’activités criminelles ou d’infractions liées à l’immigration ». Enfin, il vous faudra aussi « prouver que vous quitterez le Canada à la fin de votre séjour ». Donc avoir un billet de retour dans la poche. Détail, en passant : les frais de scolarité varient en moyenne de 20.000 à 30.000 dollars pour les étudiants internationaux.

Enfin, le Canada étant droit dans ses bottes fourrées, pas question de déroger à tout cela. La loi est la loi et, là-bas, elle est strictement appliquée. N'en déplaise à LFI, la condition des étudiants étrangers en France n'est pas si terrible... APL ou pas.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

24 commentaires

  1. LFI a l’indignation sélective. Elle s’indigne de deux morts aux USA par tirs de police (tirs de défense ou accidentels), mais pas un mot sur des milliers de morts en Iran …

  2. Toujours à défendre les autres avant les nôtres
    Mais nous sommes le seul pays hélas pour nous , à donner autant à ceux qui viennent chez nous, AME CMU aides diverses et variées , visa pour se faire soigner, visas pour personnes ayant des problèmes psy et qui restent dans nos rues et on sait ce qui se passe , et j’en passe, j’en ai marre de soigner , de nourrir le monde entier alors que nos jeunes pour beaucoup ne sont pas aidés, certains devant même prendre un petit boulot pour ne serait ce que manger, des parents n’ont pas tous les moyens d’aider leurs étudiants, j’en ai marre de LFI et leur préférence étrangère

  3. Combien de pays accueillent-ils des étudiants après qu’ils aient présenté des garanties de leur autonomie financières ? La majorité. Il n’y a guère que la France qui accueille des étudiants indigents voire analphabètes en Français et cela au détriment des étudiants francais qui peinent pour avoir accès aux logements U. Evidemment ces étudiants étrangers auront accès aux repas à 1 €. Nicolas en a marre !

    • On délivre des visas étudiants , une excuse pour mettre le pied sur notre sol et y rester, mais beaucoup ne vont pas ou à peine en cours et une fois le cursus fini, refusent de repartir, ne pas oublier la meurtrière de Lola qui faisait soit disant un CAP cuisine, et pas vraiment assidue, qui n’est jamais repartie, la suite on la connait

  4. Quand on va étudier a l’etranger meme en Roumanie pour faire medecine,on doit prouver son niveau scolaire,sa solvabilité payer sa pension et ses droits d’inscription..on y va pour étudier et on revient diplôme en poche pour travailler au pays..la France est sans doute le seul pays au monde où on peut venir au prétexte d’étudier même si on ne parle ni n’écrit le francais…juste parcequ’on est  » jeune » etre grassement aidé, ne rien étudier et s’installer pour vivre aux crochets des francais…

  5. Mon fils, qui avait repris ses études après avoir travaillé quelques années, s’est vu refuser les APL sous prétexte que l’année précédente il gagnait sa vie. Cependant, les étudiants étrangers autour de lui y avaient droit dès leur arrivée, on ne leur demandait pas s’ils avaient travaillé l’année précédente. Il était scandalisé, et il y a de quoi !

  6. Ce ne sont pas les pays d’origine qui prennent en charge les divers frais liés à la scolarité de leurs ressortissants qui viennent étudier en France ?

    • non, c’est vous ! vous avez les chiffres sur ma contribution par ailleurs
      alors vous ajoutez ce qu’on paye aux étudianbst étrangers et l’audio visule public, ça fait environ 10 000 millions d’euros !

  7. Il faudrait aussi chercher la cause dans le financement des universités au pro- rata (en gros) du nombre d’étudiants, qui joue le rôle de pompe aspirante ..D’où les inscriptions majoritaires d’étrangers en provenance d’Afrique et du Maghreb,alors même que notre pays est chargé chez eux de tous les maux colonialistes:je ne manque pas de m’étonner de voir (à la faculté de droit d’Aix) ,toutes ces étudiantes voilées en uniforme islamique aller étudier un droit issu du code Napoléon ,en totale opposition avec l’islam, a fortiori la Charia: Montesquieu, Condorcet,retournez vous dans vos tombes!

  8. Il y a des employés Français , qui même avec un CDI, vivent dans leurs voitures sans que LFI s’en indigne

  9. Mon petit-fils, boursier, a travaillé deux mois en usine pendant ses vacances d’été pour subvenir aux dépenses de son foyer. Résultat: la CAF a supprimé les allocations de sa mère (reconnue adultes handicapée, pour dépassement de ressources !

  10. Pas d’inquiétude. C’est Jean Luc Mélenchon lui-même qui financera l’APL des étudiants étrangers, car il est un homme généreux, mais uniquement avec les étrangers.

  11. normal loge nourri gratuitement sans avoir cotise il ya des francais qui ne l on pas ;;;;;;;;;;;;;;;si tu viens en france tu paye ou tu reste chez toi

  12. Bien en lien avec le Canada et la CAF: une famille française privée d’allocation pour sa fille étudiant au Canada alors que le cursus entrepris n’existe pas en France. Alors, justice??????

  13. Par contre, pour moi, citoyenne française ayant contribué ( impôts et cotisations ) pendant 50 ans, bénéficiaire d’une ALS depuis un an, j’ai remarqué que toute augmentation de ma ( mini) retraite ( index inflation ) entrainait automatiquement une diminution équivalente de mon allocation logement. Oui, tout à fait, ils nous prennent vraiment pour des

  14. Guetté s’étrangle d’indignation? Qu’à cela ne tienne, qu’elle lance une cagnotte afin que tous les immigrationnistes, alimentent un fond d’aide aux « pauvres » étudiants étrangers. La générosité, ce n’est pas en puisant dans la poche des contribuables et cotisants pour le redistribuer à certains. la générosité, c’est de sortir son carnet de chèque et de verser ses propres sous à la cause qui tient à coeur! la générosité telle que la LFIste Guetté la conçoit, c’est dire : « Donne moi ton portefeuille et je prends tes billets pour les distribuer sans me demander mon avis »…

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