Téléfilms de Noël : succès de la tradition et rentabilité de la nostalgie
Chaque année, entre fin novembre et début janvier, ils sont de retour à la télévision et sur les plates-formes de streaming. Qu'il s'agisse des monuments, les vieux de la vieille qu’on regarde avec nostalgie avec nos yeux d’enfants, ou bien des plus récents, rediffusés d’année en année et complétés par les nouvelles productions annuelles, les films et téléfilms sont devenus des incontournables. Les téléfilms, surtout, séduisent le téléspectateur avec leurs scenarii et leurs décors codifiés, leur morale consensuelle et leurs visuels rassurants.
Le succès infaillible des bons sentiments et de la nostalgie
Pourquoi tant de succès ? Parce que le spectateur sait à quoi s’attendre ! À l'image des grands classiques dont on ne se lasse pas, comme La vie est belle de Franck Capra, sorti en 1946, Le Miracle sur la 34e rue de George Seaton, en 1947 - qui a même eu un remake en 1994 - ou encore la série des Maman, j’ai raté l’avion de Chris Columbus, en 1990 - dans laquelle Donald Trump fait même une apparition -, les téléfilms de Noël dégoulinent de bons sentiments et sont de véritables madeleines de Proust qui ne périment pas. Ils ont en commun une fin heureuse, des valeurs traditionnelles et familiales, sont pleins de bienveillance et d'humanité.
Depuis, à chaque année son nouveau cru de téléfilms jouant sur les mêmes cordes sensibles de l’amour, des retrouvailles familiales et de la joie de Noël qui permettent au spectateur de fuir le quotidien et la réalité pour retrouver une âme d’enfant optimiste. C’est toujours la même recette : des scenarii sans suspense qui se terminent généralement par une réconciliation ou même un mariage, un retour aux sources du héros ou de l’héroïne dans le petit village enneigé de son enfance, où se trouvent à chaque coin de rue des guirlandes clinquantes, des enfants rieurs et des pères Noël bedonnants avec, en fond sonore, des musiques de Noël populaires. Sur les réseaux sociaux, d’ailleurs, certains s’en donnent à cœur joie en imitant ce genre à part si codifié.
Une industrie lucrative
Mais c’est justement parce qu’ils sont si codifiés que cela marche ! À RTS, Dan Thompson, co-créateur du podcast Deck the Hallmark, explique que « la recette est infaillible : ces films ne coûtent pas cher à faire et vous pouvez les rediffuser encore et encore ». En fait, ces téléfilms coûteraient cinquante fois moins qu’un film hollywoodien, explique RTS, ils sont filmés et réalisés rapidement et, par exemple chez Hallmark (le leader américain dans ce domaine), on en produit jusqu’à quarante par an. 20 Minutes rapporte que produire un téléfilm coûterait seulement 687.000 euros et prendrait trois mois, et indique que chacun de ces films rassemblerait environ un million de téléspectateurs devant les diffusions de TF1. France Culture expliquait que c’était un succès assuré presque sans prise de risque, avec des « coûts de production […] relativement faibles, la production est simplifiée par une structure et un scénario très codifié, la post-production est faible et l’attention à la qualité de la production est souvent moins forte que pour d’autres films ». Netflix, Amazon Prime, Apple TV se sont donc eux aussi lancés dans ces productions particulièrement lucratives. En bref, c’est le gâteau inratable dont vous connaissez la recette par cœur, qui ne coûte pas cher et qui plaît à tout le monde : la tradition est encore rentable !
Lieu de luttes idéologiques
Effectivement, pour Sud-Ouest aussi, ce sont les « valeurs conservatrices qui peuvent être rassurantes » qui font le succès de ces téléfilms : « la famille, la communauté, la solidarité, l’amitié, la loyauté. Ces "bons sentiments" qui peuvent faire paraître ces films mièvres sont également ce qui les rendent (sic) attrayants : ils ne sont pas engagés politiquement (même s’ils sont sous-tendus par une idéologie conservatrice), non clivants, et ne traitent pas de sujets controversés. »
Et pourtant, ces téléfilms font eux aussi l’objet de luttes idéologiques, développe RTS. Deux studios, aux États-Unis, restent les chefs de file de la production Hallmark et Great American Family. Le premier est le leader historique, mais a pris depuis 2020-2021 un tournant plus progressiste qui a poussé quelques-unes de ses anciennes figures, comme Bill Abbott, à fonder le second qui n’hésite pas, lui, à mettre franchement en avant des valeurs conservatrices allant jusqu’à rendre à Noël son caractère chrétien. C’est d’ailleurs ce qu’il explique à RTS : « Nous avons fondé Great American Family avec comme fondements la foi, la famille, les traditions… toutes ces choses de Noël que les gens adorent, sans éléments qu'ils ne souhaitent pas avoir à expliquer à leurs enfants. Il n'y a pas de conversation difficile à tenir au milieu d'un dîner en famille. »
France Info parle d’un « véritable phénomène culturel », 20 Minutes de « tradition ». En France, Agathe Guillemet, conseillère artistique aux acquisitions du groupe TF1, indique au Parisien que la chaîne achète 90 % de sa programmation de téléfilms chez Hallmark Channel. Cela n’a rien d’étonnant : la responsable de la chaîne française explique à 20 Minutes qu’avec cette société de production américaine qui suit « les évolutions de la société », « il y a davantage de diversité, d’inclusion, avec des histoires autour de couples gay et de familles monoparentales ». Un pari gagnant ? Ce n’est pas certain, puisque tout le succès de ces téléfilms repose sur la nostalgie et la tradition !
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13 commentaires
Les commentaires que je viens de lire sont bien tristes. Outre le fait qu’il y a 25 chaines gratuites qui ne diffusent pas toutes les téléfilms de Noël, on peut lire, écouter de la musique, sortir faire des courses ou se promener…..Ces niaiseries ramènent à l’enfance et à la jeunesse où l’on flirtait, et tous ces bons sentiments font du bien en ces pénibles moments que nous vivons dans notre pays. Alors, personnellement, j’en ai vu cinq et ce fut fort rafraîchissant.
Je vous souhaite donc de garder un petit peu de votre âme d’enfant et vous souhaite de bonnes fêtes.
Et bien moi je fais une cure de ces téléfilms chaque mois de décembre. Ils sont nunuches à souhait mais je m’en fiche. J’assume. Ça fait partie de mes rituels d’ avant Noël et c’est plus relaxant que les infos.
Moi ces téléfilms , diffusés dès octobre, me saoulent !! Décembre je peux comprendre, mais octobre !!!
Et ils suppriment des programmes un peu mieux et c’est sur plusieurs chaines
Moraline et bons sentiments, aux antipodes de la réalité, je ne supporte pas
Tellement marre des films américains de Noël……d ailleurs on ne regarde pas.Nous avons pourtant de beaux films de Noël….comme les chansons américaines dans les rues…..sans compter le reste.
personnellement je n’ai que faire des » bons sentiments » filmés et mis en scène dans des histoires à dormir debout ! En revanche je les mets en pratique dans mon quotidien – une voisine seule reçoit une jolie carte et un petit cadeau maison – ou j’accompagne la dite voisine dans une promenade – ou j’invite à boire le thé mes voisins de palier bref les bons sentiments doivent se mettre en pratique et pas être regardé bêtement sur un écran, qui rend con !
Pour paraphraser David Pujadas : ce n’est pas parce que ces film existent que les gens plébiscitent Noël, mais parce que les gens’plebiscitent Noël que ces films existent ». Est-ce qu’on a déjà vu un chef d’entreprise investir pour créer une chaîne de gauche ? Est-ce que ceux qui l’ont fait on reussi ? Après avoir supprimé C8, première chaine de la TNT, jugée trop à droite, l’ARCOM a pris bien soin d’attribuer les fréquences ainsi libérées à des entreprises de gauche. Quel en est le resultat ? Un fiasco. Elle sont inexistantes alors que Hanouna qu’ils voulait faire taire a émigré vers d’autres cieux. Il a emmené avec lui tous ses suiveurs et continue, mais ailleurs, à faite un tabac. « Ce n’est pas parce que ces chaînes existent que les gens sont de droite, mais parce que les gens sont de droite que ces chaînes existent ». Et plus ils crachent dessus, plus ils leur font de la pub. Voyez ce qu’ils ont voulu interdire : les livres de Jordan Bardella ou Philippe de Villiers, les films « vaincre ou mourir » » et « le Sacré Coeur », et quel sont les ventes des bouquins de ces pauvres Apatie, Tondelier ou Bertrand …
La majorité silencieuse existe !! Cela est rassurant
Une seule chose manque à la France, une Meloni française, Sarah Knafo ?
Et cela dérange les progressistes gauchistes.
Je ne suis pas gauchiste et je ne supporte pas ces téléfilms, et ça commence dès octobre, je n’ai plus mes émissions habituelles , décembre je veux bien mais octobre, bientôt ce sera en aout !!!!
Et ça monopolise plusieurs chaines, déjà que les programmes ne sont pas tops mais ces téléfilms m’insupportent au plus au point
J’avoue que regarder ces téléfilms à quelque-chose d’apaisant
faire aussi est très gratifiant !
Avec Trump au pouvoir, il est permis d’espérer que les dingueries woke ne viendront pas pervertir la magie de Noël. Heureusement qu’il n’y a pas (encore) de sociétés de production de même calibre pour imposer des productions pseudo progressistes.