Tout électrique automobile en 2035 : Bruxelles recule enfin !
La Commission européenne a levé, mardi 16 décembre, le tabou du tout électrique automobile à l’horizon 2035. Annoncé par sa présidente Ursula von der Leyen, début mars, puis confirmé peu après par Stéphane Séjourné, ancien conseiller d’Emmanuel Macron aujourd’hui commissaire chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, l’assouplissement des mesures du Pacte vert européen concernant l’automobile est désormais officiellement acté.
Pressions italo-allemandes
Réagissant à cette décision pour BV, le député RN au Parlement européen Julien Leonardelli (groupe des Patriotes pour l’Europe) constate que « Bruxelles fait enfin marche arrière sur le paquet automobile » et s’en félicite, car « cette victoire est une victoire pour les Patriotes pour l'Europe qui se sont toujours opposés à cette absurde décision de la commission européenne ». Pour lui, ce premier recul de la Commission européenne est « un aveu d'échec du Pacte vert ». Il résulte d’une forte « pression venant de l'Allemagne et de l'Italie », et « sur ce sujet comme sur d'autres, on voit que la Commission européenne, sous la pression des peuples et de ses représentants au Parlement européen, en l'occurrence les élus du groupe Patriote pour l'Europe », finit par « revoir progressivement sa copie ».
Prise en tenaille entre les Allemands et Italiens, soucieux de préserver ce qui peut encore l’être de l’industrie automobile de l’Union européenne (UE), et les Français et Espagnols, partisans du maintien d’une ligne idéologique « verte » pure et dure, Ursula von der Leyen, soucieuse de sauver la face, a choisi une option médiane : maintien théorique de l’objectif d’une mobilité « zéro carbone » pour 2050, mais des assouplissements supposés permettre aux constructeurs européens de s’adapter sans s’effondrer. Si l’Élysée a « salué » l'« équilibre » du plan bruxellois, le ministre de la Transition écologique français Monique Barbut a « regretté » les « flexibilités » pour les véhicules thermiques. L'extrême écologisme a la vie dure...
Léger recul bruxellois
Si certains détails des nouvelles dispositions restent à confirmer, en voici les grandes lignes :
- L’objectif initial de 100 % de véhicules électriques à la vente en neuf est abaissé à 90 %. À partir de 2035, les constructeurs pourront donc vendre encore 10 % de véhicules thermiques et hybrides, à condition de compenser ce reste de production « carbonée » par le recours à de l’acier vert (bas carbone) fabriqué en Europe et à des moteurs fonctionnant aux biocarburants.
- Les objectifs de « décarbonation » imposés aux constructeurs européens restent très contraignants, puisqu’ils devront progressivement passer, d’ici à 2035, de 110 g à 11 g de CO2 émis au kilomètre par voiture neuve vendue.
- Concernant les utilitaires, l’exigence de réduction de la trace carbone d’ici à 2030 passe de 50 % à 40 %.
- Une nouvelle catégorie de petites voitures électriques (moins de 4,20 m de longueur) va apparaître. Sur le principe des « kei cars » japonaises, elles seront dispensées de certains équipements obligatoires sur le reste des véhicules, ce qui permettra de réduire leur coût de fabrication et, donc, leur prix de vente. Elles permettront aux constructeurs qui en vendront de bénéficier d’un système de « super-crédit » avec un coefficient de 1,3. Concrètement, un constructeur qui vendra 100 de ces petites urbaines électriques sera crédité de 130 crédits carbone lui permettant de vendre plus de voitures thermiques ou hybrides sans être pénalisé.
- Des mesures incitatives seront par ailleurs proposées aux entreprises pour électrifier leur parc automobile.
Ces mesures n’arrivent-elles pas trop tard, et seront-elles suffisantes ? En recherchant un hypothétique compromis, le petit recul de Bruxelles reste bien loin des attentes des constructeurs. BMW demandait, par exemple, de repousser l’échéance de l’interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs à 2050.
Une filière en danger de mort
Or, nous parlons ici d’une filière automobile qui représente 7 % du PIB et près de 14 millions des emplois dans l’UE. Dans un marché globalement en baisse, la part de l’électrique dans les ventes neuves plafonne globalement dans l’UE à environ 17 %, et sous les 19 % en Allemagne et en France.
La revue spécialisée Transitions & Énergies rappelle que dans l’UE, « en 2024, le prix moyen d’une voiture électrique vendue était de 63.000 euros, contre 37.000 euros en moyenne pour un véhicule thermique ». Une part majoritaire des usagers n’a donc tout simplement pas les moyens de l’électrique, et une partie de ceux qui les ont estiment que l’électrique ne correspond pas à leurs besoins ou ne leur inspire pas confiance. L’atonie des ventes d’électriques a déjà fait de nombreuses victimes. Le 12 mars dernier, l’usine géante de fabrication de batteries électriques du Suédois Northvolt a fermé, faute de commandes suffisantes, mettant 5.000 employés au chômage.
Dans ce climat électro-sceptique, il faut ajouter que la balance commerciale automobile entre l’UE et la Chine vient de basculer pour la première fois en faveur de Pékin, les marques chinoises ayant pris une considérable avance technologique, et à des coûts défiant toute concurrence. Une épée de Damoclès menace donc, notamment en France, où se vendent, aujourd’hui, un million de véhicules de moins qu’il y a dix ans. Notre filière automobile a déjà perdu 40.000 emplois et 75.000 autres sur les 350.000 restants pourraient disparaître à l’horizon 2035.
Les dégâts d’un écologisme hors-sol
« Les politiques et les technocrates européens ont commis une erreur majeure », estime Transitions & Énergies. Oubliant leur devoir de neutralité technologique, « ils ont imposé une technologie plutôt que de fixer des objectifs de décarbonation réalistes, charge ensuite aux industriels à trouver les meilleures solutions techniques ». Gangrenée par un écologisme purement idéologique, hors-sol et inutilement punitif, Bruxelles tente de sauver le volet automobile de son Pacte vert au prix d’un léger recul. Cela suffira-t-il à sauver notre automobile ? Restons optimistes : qui peut faire un pas en arrière peut en faire un autre, puis encore un autre… Jamais la marche arrière n’a été aussi utile à notre automobile.
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69 commentaires
Les 50 plus gros cargos maritimes (hors pétroliers et méthaniers supertanker) consomment autant que 178 millions de véhicules diesels, à raison de 2T de fioul lourd par heure de navigation, fioul non désulfuré, et en surestimant la conso des voitures de 30 pour cent.
Combien de centaines ou milliers de bateaux cargos, pétroliers, méthaniers et paquebots ? Et quid des 600 vols de fret aérien qui atterrissent chaque nuit en Europe en provenance de Chine remplit de colis ? Alors s’en prendre à la voiture thermique des moutons du peuple… on se gausse de rire.
l’Europe peut faire preuve de souplesse.
Résumons. Nos ronds de cuir Bruxellois ne sont que de petits fonctionnaires dont la réflexion limitée se heurte aux quatre murs de leur bureau. Mais ils ont suivi de grandes études et sont grassement payés. Heureux. La cantine est certainement à la même hauteur.
L’objectif à Bruxelles ou Paris est toujours le même : péter plus haut que son cul.
Le Pékin moyen savait bien que l’objectif de 100% électrique était totalement irréaliste et débile.
Maintenant la com va nous expliquer que….bla bla….
Bruxelles ne recule que parce que l’allemagne le veut et surtout la louve von der l’hyène qui ne pense qu’à l’allemagne et se moque des autres pays et surtout de la France et du ridicule séjourné et son macron
Où passent les camions dans tout ça ? Ce sont les plus gros pollueurs ainsi que les tankers et croisièristes.
Enfin!!! Comment avons nous pu nous laisser entraîner dans ces délires écologiques.. souvent sans aucune base ni scientifique ni économique. La dette à explosé, l industrie s est écroulée mais nous revenons aux vélos de nos grand-peres! Alléluia. L objectif de détruire le potentiel de développement européen est parfaitement atteint. Nos politiques sont payés pour cela.
Ah, finalement les crânes d’oeuf de la Commission ont commencé à comprendre que dans le vrai monde ça ne se passe pas comme sur la planète Berlaymont ! A force de vivre en lévitation et sans avoir vraiment jamais travaillé, ces gens pensent que l’industrie auto peut radicalement changer au claquement de doigt et que tout le monde peut se payer une voiture électrique. Sauf mme Pannier-Runnacher persuadée que les pauvres n’ont pas de voiture. Mon Dieu, que vont ils nous pondre en 2026 ?
Pour la millième fois : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. La solution la plus simple, c’est celle, à peine évoquée dans l’article, des bio-carburants (et/ou de l’hydrogène). Cette technique permettrait de redonner du souffle à notre agriculture, et surtout, ne nécessiterait quasiment pas de modification par rapport au moteur thermique. Il faut leur expliquer comment pour qu’ils comprennent ?! A moins qu’ils le sachent parfaitement, et que derrière tout cela, il n’y ait que des histoires de lobbying pour favoriser les intérêts de certains. Pour ma pat, la réponse est évidente….
L’industrie de la chimie, de la sidérurgie, de l’automobile, de l’électro ménager, du nucléaire, de la fusée ariane, de l’aéronotique , etc. Kaput ! Il ne restera plus à ce gouvernement qu’à ponctionner les économies des Français pour survivre deux ou trois ans de plus. Et puis re-Kaput !
J’ai lu sur divers sites que dans tous les secteurs plus de 1.600 entreprises, des fleurons soit ont été vendus , beaucoup aux américains , chinois et pas que ou les entreprises sont en liquidation judiciaire comme Brandt actuellement, en même temps il a fait le programme pour lequel il a été « placé », ruiner la France, c’est bien triste et honteux