Traitement de l’autisme : la HAS recommande d’en finir avec les dérives psy
La Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier ses recommandations dans la prise en charge de l’autisme : elle sonne la fin des méthodes psy, contestables.
Avec bien du retard sur nos voisins européens et plus largement occidentaux, nos autorités de santé tendent à mettre un terme aux traitements à forte tendance psy dans la prise en charge de ce qu’on nomme aujourd’hui le TSA (pour « trouble du spectre de l’autisme »). À savoir « un continuum de manifestations cliniques et de besoins », associant « des perturbations dans la communication sociale avec des modes répétitifs ou restreints de comportement ». Le TSA touche 1 à 2 % de la population en France, désormais mieux dépistés et mieux pris en charge.
La France, victime du parti psy et de ses dévots
C’est long, c’est lent, mais on est sur la bonne voie. Voilà en effet quinze ans que la HAS lutte « contre l’inertie d’un système médical obsolète », nous dit le Dr Vincent Rouyer.
Il faut remonter près de vingt ans en arrière pour comprendre la valse-hésitation de nos autorités de santé. Alors que les avancées en neurobiologie faisaient progresser la compréhension de l’autisme, nos voisins commençaient à lister les « interventions non recommandées », et particulièrement l’approche psychanalytique. Les Espagnols notamment, clairs dans leur discours, écrivaient ainsi, en 2008, que « cette technique part d'une interprétation obsolète de l'autisme comme provenant de la réaction psychologique défensive d'un garçon ou d'une fille sains face à des parents pathologiques ». Pas question de ça chez nous. Tout juste commençait-on à sortir de l’accusation d’une responsabilité portant exclusivement sur la mère – forcément toxique – pour incriminer les deux parents, évidemment fauteurs des troubles de leur enfant.
En 2012, alors qu’on pensait enfin obtenir une véritable condamnation de ces fameuses interventions non recommandées par nos voisins, la HAS faisait machine arrière en les qualifiant seulement de « non consensuelles ». Il faut dire qu’en France, la pression du monde psy est encore très pesante. S’il n’est plus tout-puissant, le parti psy règne encore en maître dans bien des domaines, faisant grassement prospérer ses dévots. À noter qu’en cette matière, l’absence de résultats n’est pas un handicap mais, nourrissant la rente, une incitation à continuer…
Des méthodes à la limite de l’éthique
Il aura donc fallu attendre le dernier rapport de la HAS, le 12 février dernier, pour voir « recommander les bonnes pratiques » et, donc, abandonner les mauvaises dans le traitement du TSA. En ligne de mire, notamment, les « procédés d’aversion physique », le « neurofeedback », le « packing », la psychanalyse et une dizaine d’autres méthodes (dont l’utilisation abusive de psychotropes) qui, si elles n’ont pas toutes fait la preuve de leur nocivité, ont au moins fait celle de leur inefficacité. Le Dr Vincent Rouyer, spécialiste de l’autisme, salue « le virage » pris par la HAS, après « quinze ans d’inertie de la part d’un système médical obsolète ». Si ça bouge enfin, c’est « sous la pression des associations », explique-t-il à BV. Quant aux méthodes citées plus haut, il distingue entre le neurofeedback et le packing. Si le premier est discutable mais « pas dangereux », le second, en revanche – qui consiste à envelopper les enfants pendant 45 minutes dans des serviettes froides et mouillées –, « repose sur des concepts psychanalytiques contestables et à la limite de l’éthique ».
Il faut saluer, dit le Dr Rouyer, une « nette amélioration dans la prise charge précoce », comme « la réussite des plates-formes d’orientation qui permettent de mettre en place des soins avant même de poser le diagnostic ». On prend en compte les familles, la place centrale des parents, leur expérience dans l’accompagnement de leur enfant. Aujourd’hui, on fait en sorte que la personne atteinte de TSA « soit capable d’exprimer ses besoins », on met à sa disposition des outils qui « lui permettent de contrôler elle-même ses besoins sensoriels ». On travaille à fond sur la stimulation, le contact. Autant d’« excellentes mesures dans la suite de ce qu’on sait depuis plus de dix ans ».
Hélas, déplore le Dr Rouyer, beaucoup de personnes atteintes de TSA n’ont toujours pas de prise en charge adéquate et attendent à domicile qu’une place en institution ne se libère. Malheureusement, « les directeurs des établissements font le tri », rejetant les cas les plus lourds et enfermant les malades dans leur trouble.
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15 commentaires
Avec tout le respect dû au Docteur ROUYER, je m’inscris en faux contre cette allégation : « « les directeurs des établissements font le tri », rejetant les cas les plus lourds et enfermant les malades dans leur trouble. ».
Directrice d’un établissement accueillant des personnes porteuses de TSA, cette généralité est excessive, comme le sont toutes les généralités.
Les directeurs demandent uniquement que les personnes soient correctement orientées par la Maison Départementale des Personnes Handicapées, sur la base d’une juste évaluation de leurs troubles, ressources et besoins. Et ils attendent également de la Délégation Départementale de l’Agence Régionale de Santé dont ils dépendent que le financement idoine leur soit alloué. Les personnes dont les manifestations des TSA sont les plus lourdes ont souvent besoin d’un professionnel à part entière (1 pour 1) sauf à leur proposer un accompagnement en mode dégradé, ce que la majorité d’entre nous refuse !
Les directeurs demandent juste de disposer des moyens nécessaires pour bien accompagner au regard des caractéristiques des troubles induits !
C’est une bonne nouvelle !
Je suis maman et grand-mère de personnes autistes, présidente d’une association proposant des prises en charge spécifiques à l’autisme.
L’autisme est un handicap neurologique. Les psychiatres devraient sortir des prises en charge également. Ce sont aux neurologues de prendre le sujet!
Il est toujours en 2026, très difficile d’obtenir un diagnostic sérieux. Pas grand chose n’a changé depuis 30 ans. Les adultes sont très très souvent laissés à la seule charge de leurs parents. Moins de 10% ont des prises en charge adaptées. Les départements considèrent que c’est une solution d’être chez ses parents ! Les professionnels sont peu ou pas formés en général. La situation est toujours scandaleuse. Mais quand on a à notre charge complète nos enfants devenus adultes autistes avec peu d’autonomie, c’est difficile de crier cette vérité qui dérange.
Alors que la psychanalyse dégage enfin c’est un petit pas … utile
C’est une maladie très compliquée et très dur à vivre, tant pour ceux qui en souffrent que pour l’entourage, certains s’en sortent mieux que d’autres et tant mieux
Pardon, l’autisme n’est pas une maladie mais un handicap. Il existe avec plus ou moins d’intensité, plus au moins envahissant.
Ah pardon pour l’erreur de formulation , mais bon la finalité est la même
Madame, je me demande si vous avez une maitrise suffisante du sujet ?…
Gayant, vous ne pouvez pas vous contenter de poser une telle question à la journaliste !
Sur quel(s) propos sa maîtrise du sujet vous semble-t-elle insuffisante ?
Quelles sont les compétences qui vous permettent d’en juger ?
En l’état, nous ne pouvons évaluer que votre vacuité…
Marre des psys. Comme les chirurgiens esthétiques ou ceux du changement de sexe, ce sont des charlatans qui ne pensant qu’au bizness.
Et certaines fanfrelucheries ramboursées par la sécu .
Dolto, Miller, Lacan, etc. sont des purs produits de Mai 68. Ces gens, et tant d’autres, ont imposé leur magistère dans les facs, mais surtout auprès de nos politiciens. De ce point de vue la fausse droite a toujours baissé son pantalon face aux diktats intellectuels issus du maoïsme et du trotskysme. Tout ceci a contribué à faire perdre un temps considérable car les budgets en matière de recherche scientifique sur ce type de sujets ne sont pas allés là où il le fallait. Mais par contre ces budgets n’ont pas été perdus pour tout le monde…
Je crois que si on prônait la lecture de Dolto, « le complexe du Homard », cela aiderait bien les jeunes qui sont mal dans leur peau et choisissent parfois des traitements hormonaux absurdes et dangereux.
Il est toujours bon de « dépoussiérer » la médecine de ce qui ne marche pas. Ca prend souvent du temps, trop de temps. Cependant, si ce qui est décrit ici semble intuitivement logique et bon, les expériences stimulantes, la permission de s’exprimer, l’autisme n’a pas vraiment de traitement.
Il était temps. Les charlatanismes psy ont assez duré.
Ce n’est pas du « charlatanisme ». Devant cette maladie toujours incurable, on a tout essayé: des gens, des parents, des médecins, des psychiatres, des psychanalystes et tous psychologues, ont cherché, et cherché dur, longtemps. Si ça avait marché vous auriez chanté des alléluias sur les « psys ». Ca n’a pas marché : la médecine est faillible, et progresse. Je crois que c’est un peu trop abrupt de balayer tout ça sous l’appellation « charlatans ».
L’autisme n’est pas une maladie c’est un handicap. On naît autiste, on meurt autiste.