[TRIBUNE] Les indignations sélectives de Rima Hassan

La mémoire des victimes mérite mieux que des compassions sélectives, nous dit le prince Davoud Pahlavi.
Capture d'écran Le Figaro.
Capture d'écran Le Figaro.

Il est des silences qui en disent plus long que les discours les plus véhéments. Il est des absences de parole qui pèsent davantage que des condamnations tardives. Lorsque des foules d’Iraniens descendaient dans les rues pacifiquement pour réclamer la liberté, la dignité et la justice, les balles réelles répondaient à leurs voix. Des familles ont pleuré des fils, des filles, des frères et des sœurs, des mères et des pères. Des vies ont été brisées, piétinées dans la violence d’une répression implacable et sanguinaire. Dans ces heures sombres, certains ont choisi de parler. D’autres ont préféré détourner le regard. Oui, leur humanité était sélective. Gaza !

Ce silence-là n’était pas neutre. Il s’inscrivait dans un contexte où le régime iranien, structuré autour de l’autorité religieuse et politique du Guide suprême et soutenu par les Corps des gardiens de la révolution islamique, consolidait son pouvoir par la force. Face à cette réalité, l’absence de solidarité exprimée envers le peuple iranien ne pouvait qu’apparaître comme une forme d’indifférence, sinon de complaisance.

Rima Hassan s’émeut du sort du Guide suprême

Et voici qu’aujourd’hui, la même voix qui se taisait hier, celle par exemple de Rima Hassan, se lève pour plaider la cause de ceux qui détiennent le pouvoir. Elle s’émeut du sort du Guide suprême, invoque la stabilité, la souveraineté, la complexité géopolitique. Elle appelle à la compréhension des dirigeants, à la prudence dans les jugements, à la retenue dans les critiques, proclamant que « l’Iran a le droit de se défendre » et qu’Israël « a le droit de la fermer ». Ce renversement est plus qu’un simple changement de ton : il est une rupture morale. Si Rima Hassan défend réellement le régime des mollahs, qu’elle les rejoigne alors et combatte à leurs côtés. Car à mon avis, l’idéologie des islamistes, celle de la charia, du terrorisme et de l’antisémitisme, n’a pas sa place dans un pays comme la France, pays des Lumières et des droits de l’homme.

Car il ne s’agit pas ici d’un débat abstrait entre analystes. Il est question de vies humaines, de responsabilité, de cohérence. On ne peut ignorer les victimes lorsque la répression frappe, puis invoquer la compassion lorsque le pouvoir se trouve contesté ou fragilisé. On ne peut se taire devant la souffrance des citoyens ordinaires et, dans le même mouvement, réclamer des égards pour ceux qui ont dirigé l’appareil répressif.

La mémoire des disparus exige davantage que des prises de position opportunes. Elle exige une ligne claire. Elle impose une fidélité à des principes qui ne varient pas selon l’air du temps ou l’évolution des rapports de force. Si l’on estime que le régime iranien mérite soutien et défense, il faut alors en assumer pleinement les conséquences intellectuelles et morales. Il faut accepter que ce soutien inclue aussi la responsabilité des actes commis en son nom.

La politique internationale est faite de calculs, d’équilibres, d’intérêts stratégiques. Personne ne l’ignore. Mais il est une frontière que l’on ne franchit pas impunément : celle qui sépare la realpolitik de la négation des souffrances humaines. Lorsque des manifestants tombent sous les tirs, lorsque des familles sont endeuillées, le minimum que l’on puisse attendre d’une conscience publique est une parole de compassion et de lucidité. Le silence, dans ces moments, ressemble à une abdication.

Ce qui choque aujourd’hui n’est pas qu’une personnalité comme Rima Hassan exprime une opinion différente. Le pluralisme fait partie de la vie démocratique. Ce qui heurte, c’est la dissonance entre l’hier et l’aujourd’hui, entre l’indifférence face aux victimes et l’empressement à défendre les dirigeants. Cette dissonance donne le sentiment d’une hiérarchie inversée des priorités : l’autorité avant le peuple, le pouvoir avant les vies.

Si le soutien au régime est sincère, qu’il soit alors assumé sans détour. Qu’il ne se dissimule pas derrière des formules prudentes ou des considérations techniques. Soutenir un pouvoir, c’est accepter d’en porter aussi l’ombre. C’est reconnaître que la stabilité invoquée a un prix, et que ce prix a été payé par des citoyens ordinaires.

On ne peut exiger du peuple iranien qu’il comprenne la complexité stratégique tout en lui refusant la reconnaissance de sa souffrance. On ne peut appeler au respect de la souveraineté d’un État sans entendre les aspirations de ceux qui, en son sein, réclament des droits fondamentaux. La souveraineté n’est pas une fin en soi ; elle est un cadre destiné à protéger la nation, non à l’étouffer.

Pour une cohérence morale dans l’espace public

En définitive, la question posée n’est pas seulement celle d’une personne et de ses prises de position. Elle touche à une exigence plus large : celle de la cohérence morale dans l’espace public. Dans un monde saturé de déclarations instantanées et d’indignations sélectives, la constance est devenue une vertu rare. Pourtant, elle demeure indispensable. Sans elle, les mots se vident de leur sens.

Les Iraniens qui ont manifesté n’étaient pas des abstractions. Ils étaient l’expression vivante d’un peuple en quête d’avenir. Les forces qui leur ont fait face n’étaient pas non plus des abstractions : elles représentaient un appareil d’État déterminé à maintenir son autorité. Entre les deux, chacun est libre de son analyse politique. Mais nul ne peut prétendre que les responsabilités sont interchangeables.

Il est toujours possible de défendre la stabilité, l’ordre, la continuité d’un État. Ce sont des valeurs qui ont leur légitimité dans le débat. Mais ces valeurs ne sauraient justifier l’oubli des victimes. Elles ne sauraient effacer la mémoire des événements ni relativiser la gravité de la répression.

Ce que beaucoup attendent, au fond, ce n’est pas l’uniformité des opinions. C’est la loyauté envers les faits et envers les principes que l’on proclame. Si l’on se réclame du courage, qu’on le démontre dans l’adversité. Si l’on invoque la justice, qu’on l’applique sans distinction entre gouvernants et gouvernés.

Les paroles publiques ont un poids. Elles construisent des récits, influencent des perceptions, façonnent des jugements. Les prononcer engage une responsabilité. On ne peut, à la fois, s’abriter derrière la liberté d’expression et se soustraire aux conséquences morales de ce que l’on choisit de dire ou de ne pas dire.

La dignité d’un peuple ne se mesure pas seulement à la puissance de ses institutions, mais à la considération accordée à chacun de ses membres. Lorsque cette dignité est blessée, le minimum requis est la reconnaissance. À défaut, la fracture s’élargit entre ceux qui parlent au nom des principes et ceux qui en subissent l’absence.

Dans cette affaire, la constance aurait été plus honorable que la volte-face. La franchise aurait été préférable à l’ambiguïté. Car au-delà des calculs et des postures, il demeure une évidence simple : la mémoire des victimes mérite mieux que des silences stratégiques et des compassions sélectives. Elle appelle une parole droite, claire, assumée, quelle qu’en soit la couleur politique.

Picture of Prince Davoud Pahlavi
Prince Davoud Pahlavi
Famille royale d'Iran

Vos commentaires

90 commentaires

  1. Les complices doivent être démasqués . Les Français ont droit de savoir qui est derrière cette organisation de destruction de notre civilisation .

  2. A force de se comporter comme elle le fait, elle va envoyer ses autres copains de la Jeune Garde en prison. Aujourd’hui il y en a 9 qui vont y passer. Finalement les voyous vont quitter les rues et la tranquillité reviendra petit à petit.

  3. Quoi que l’on dise ,quoi que l’on fasse ; le problème c’est l’islam . Déjà Mustapha Kemal Atatük ( 1881-1938 ) Premier président de la république TURQUE , disait :  » Depuis plus de 500 ans …. Les règles et les théories d’un vieux Cheikh arabe , et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixés en Turquie ,tous les détails de la loi civile et criminelle, elle ont réglés la forme de la constitution ,les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture , ses heurs de veilles et de sommeil , la coupe de ses vêtements , ce qu’il apprend à l’école , ses coutumes , ses habitudes et jusqu’àses pensées les plus intimes .L’islam cette théorie absurde d’un bédoin immoral est un cadavre qui empoisonne nos vies  » … La messe est dite .

  4. Cettte élue profite « gentiment » de l’univers « rouge » trotskiste lui ayant ouvert un parcours sans heurts. Le pire est à venir …

  5. Ce texte lu par Rima Hassann c’est de la confiture pour des cochons. Elle n’en est pas digne.

  6. Divine Ikubor , car c’est ainsi qu’on devrait l’appeler , c’est son vrai nom, n’est pas digne de la nationalité française acquise depuis 2010. Née dans une famille chrétienne elle renie tout . Sans regret je la verrait volontiers ramasser la tôle du siècle aux prochaines élections

  7. Avec la mort d’Ali Khamenei, « LFI est en deuil ». C’est ce qu’affirme dans Charles Luylier et Hélène Roué, journaliste au Journal du Dimanche.
    « Donald Trump a participé à la tuerie d’Ali Khamenei, il y a quelques mois c’était Maduro, un autre grand modèle de Jean-Luc Mélenchon capturé par Donald Trump, donc c’est vrai que ce sont deux coups durs pour LFI. »
    LFI s’écroule en même tempsque ses amis terroristes: Hamas, Hezbollah, Khamenei et ses enturbanés « Madurose »…Peut être que cette terroriste de l’UE obtiendra encore des financements pour ses oeuvres « humanitaire »?
    Que du bonheur si ce n’est les postures poussives de Macron à ne faire preuve d’aucun discernement ni corage, on le savait.
    De chef de guerre contre la Russie qui n’attaque pas, il devient chef de gare pour rapatriement…une gloire « préposthume », dirait il en même temps.

    • Hélas LFI ne manque pas de « jeune garde » « d’antifas » et autres stigmatisés par une France rance et moisie (car même si on offre des papiers à tours de bras ils restent stigmatisés) pour déclarer la guerre ici même.
      Il y avait un article voici deux jours peut-être qui expliquait que le RN était interdit de débat a Strasbourg et une autre ville (j’ai oublié laquelle navré)
      Qui empêche le RN de prendre part à ces débats selon vous ?

  8. Rima Hamas n’a pas l’indignation sélective, mais exclusive. Elle ne s’indigne que lorsque des musulmans sont victimes et surtout s’ils sont palestiniens et si les agresseurs ne sont pqs musulmans et surtout s’ils sont juifs. Son paradigme de pensée est : je défends le palestinien agressé par un juif. Sa planète s’arrête à Gaza.

  9. Rima Hassan n’a pas sa place au Parlement européen, car qu’y fait-elle? rien pour la France rien pour l’Europe. Elle a écrit: « L’Iran a le droit de se défendre et Israël a le droit de la fermer ». Une formule lapidaire et grossière. On peut voir deux sens dans le terme « Iran », le peuple ou l’état. On peut supposer qu’il s’agit bien de l’état donc des mohlas. Hassan soutient donc un régime qui tue son peuple. Et concernant Israël, on peut comprendre qu’elle doit se laisser faire. Elle serait donc pour l’anéantissement d’Israël. Cette personne m’est de plus en plus méprisable.

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