Ukraine : « Un grand jour pour la paix ! » On se calme…

Le principe du déploiement d'une force de maintien de la paix en Ukraine a été acté. Mais...
Capture d'écran Présidence de la République
Capture d'écran Présidence de la République

Il n’y a pas à dire : avec Jean-Noël Barrot, on n’est jamais déçu. Au lendemain du sommet de la « Coalition des volontaires », qui s’est tenu, ce 6 janvier, sous les lambris de l’Élysée, notre ministre des Affaires étrangères préféré n’a pas hésité à s’exclamer : « Un grand jour pour la paix ! » Le site de la présidence de la République, quant à lui, titre : « Jour historique pour l’Ukraine et l’Europe : 35 États réunis à Paris pour la paix et la sécurité ».

Général de Villiers : « Pas de solution militaire dans ce conflit. »

Vraiment ? Car pour faire la paix, il faut tout d'abord que les belligérants en soient d’accord. Or, au lendemain de ce sommet, l’ambassadeur itinérant Rodion Miroshnik, s’exprimant au nom du ministère des Affaires étrangères russe, a tenu des propos, rapportés par Tass et relayés par le quotidien italien Repubblica, particulièrement vindicatifs pour ne pas dire abrasifs : « Le plan de la coalition des volontaires ne montre aucun signe de fin du conflit… La coalition des volontaires a l’intention de soutenir le régime ukrainien jusqu’à ce que ses ressources humaines soient complètement épuisées, mais ses plans ne mentionnent pas la fin du conflit. Il serait plus juste de l’appeler une "coalition de ceux qui ont soif de guerre et de sang". »

Soutien de l’Ukraine « jusqu’à ce que ses ressources humaines soient complètement épuisées » : une phrase qui n’est pas sans faire penser à l’appréciation de situation faite par l’ancien chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, lundi 5 janvier, chez nos confrères de Sud Radio : « J’espère que le processus de paix qui est en route va déboucher, parce qu’il n’y a pas de solution militaire dans ce conflit entre deux peuples slaves, l’Ukraine et la Russie. Nous voyons bien que l’Ukraine n’est plus capable de gagner militairement cette guerre. »

Au-delà des cocoricos...

Alors, que retenir de ce sommet au-delà des cocoricos du général Macron et de son trompette-major Barrot ?

D’abord, que ce sommet, qui est une nouvelle occasion pour le président de la République de continuer à exister, a pour objet « le jour d’après » : après que le cessez-le-feu sera intervenu. Pas de cessez-le-feu et cette belle construction ne sera qu’un château de cartes. Et, malheureusement, il semble que nous n’y sommes pas encore, les Russes ne semblant pas particulièrement bien disposés. Un cessez-le-feu qui, d’ailleurs, ne se discutera sans doute pas à Paris et, fort probablement, autour d’une table autrement plus restreinte que celle qui avait été dressée à l’Élysée. Donc, les 35 se sont entendus pour que, le jour venu, soit constituée une force multinationale afin de garantir la paix sur le terrain. Une force qui serait placée « en retrait de la ligne de contact ».

« Plusieurs milliers de soldats »

Pour ce qui est de la France, Emmanuel Macron, mardi soir sur France 2, a évoqué le déploiement possible de « plusieurs milliers de soldats ». Qu’est-ce à dire ? Sept à dix mille hommes (une brigade) ? On n’en sait pas plus. À partir de deux mille, on est déjà à plusieurs milliers… Pour rappel, notre armée de terre peut aligner au plus 70.000 hommes. Au fait, et entre parenthèses, si l'on a bien compris, nous ne sommes pas dans l'urgence : on imagine donc que le Parlement sera consulté... En revanche, nous dit le chef des armées, qui a tenu à rassurer (sans doute en pensant aux récents propos du chef d’état-major des armées), ces forces ne seraient pas engagées au combat : « C'est le jour d'après la paix, comment apporter une garantie de paix. » Qu’en sait-il ? L’Histoire montre que les opérations de maintien de la paix ne se mènent pas la fleur au fusil. Ce qui est nouveau, comme le claironne l’Élysée, c’est que cette réunion de Paris « acte une unité sans précédent entre la Coalition des volontaires, l’Ukraine et les États-Unis ». Ainsi, l’Élysée évoque « la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, sous leadership américain ». Néanmoins, le Palais se garde bien de préciser que les Américains n’ont rien signé.

Les 35 unanimes : vraiment ?

Par ailleurs, si les 35 se sont mis d’accord pour « valider » cette « déclaration de Paris » qui détaille des « garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable » en Ukraine, seuls Macron et le Premier ministre britannique Starmer (qui devra, lui, obtenir l'accord du Parlement pour envoyer des troupes) ont signé formellement une déclaration d'intention avec Zelensky pour déployer une force multinationale en Ukraine après cet hypothétique cessez-le-feu. Qui plus est, les Allemands, s’ils pourraient participer à la force multinationale, ne se déploieraient que sur le territoire d'un pays membre de l’OTAN, voisin de l’Ukraine (la Pologne, par exemple ?). Pas question d'aller en Ukraine ! Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a précisé à la presse qu'il va consulter les groupes parlementaires et que de toute façon, il faudra l'accord du Parlement pour envoyer des troupes. Quant à l’Italie de Meloni, il n’est pas question qu’elle envoie des troupes au sol en Ukraine. Donc, tout n’est pas si unanime, comme pourrait le laisser penser la photo officielle du sommet !

Rien sans les Américains

En tout cas, il est clair, enfin, que rien ne se fera sans les Américains. Du reste, le général Mandon, chef d’état-major des armées, postait, ce 6 janvier, ce message, sur X : « Les travaux militaires en cours, menés depuis des mois avec notre coalition et en lien avec les États-Unis, appuient les démarches politiques pour mettre en place une paix durable sur notre continent. » Américains qui, par ailleurs - on le répète -, sont à la manœuvre diplomatique avec la Russie. La France, elle, s’étant exclue d'elle-même depuis de longs mois, si ce n’est des années, du jeu diplomatique avec Moscou, il ne lui reste donc plus que le jeu « en second rideau ». Macron sait très bien recevoir à l'Élysée.

Alors, en fin de compte, ce 6 janvier 2026, un grand jour pour la paix ? Si Barrot le dit.

Picture of Georges Michel
Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

78 commentaires

  1. Ho, les coalisés. Faites gaffe, Poutine a une arme de congélation massive.
    Ho, les coalisés, faites gaffe, il fait très froid en Ukraine, vous allez tous choper la grippe. Vous y avez pensé? Ursula s’en occupe avec phiser. C’est pour ça qu’elle est là.

  2. Peine perdue, en se rappelant avant la révolution de Maïdan en 2014 il n’était pas secret que les états unis avec l’opposition Ukrainienne que ce pays soit sous l’Otan, la Russie ne pouvait pas accepter qu’un pays supplémentaire surtout l’Ukraine passe d’une manière ou du autre a l’Otan et ne l’acceptera jamais elle tiens trop a ce que les régions Russophones soient ralliés à la Russie.
    Dans l’état actuel la Russie ne peut plus reculer l’opinion ne l’acceptera jamais.

  3. Et que sait-on des tractations intimes Trump-Poutine ? Tu me laisse avoir le Dombas je te laisse avoir le Vénézuela (voire le Groënland) pendant que les US puissent vendre leur matériel militaire aux européens pour une inutilisation (puisqu’utilisation inutile ) et s’enfoncer dans une dépendance matérielle et financière venant s’aggraver d’une incapacité politique.

  4. Un accord qui est sans doute fait du même bois que la lettre d’intention signée entre Paris et Kiev pour la livraison d’une centaine d’avions Rafale. Ou l’histoire d’un vendeur qui se sait incapable de livrer la commande et d’un acheteur qui n’a pas le premier euro pour la payer.

  5. Il faudrait que cet éternelle adolescent, qui n’a jamais coupé le cordon avec ses mamans soit un peu responsable, il signe des traités dont il ne sera plus responsable des conséquences. Il ne lui reste plus beaucoup de temps mais assez pour faire des dégâts considérables

  6. Aux yeux de certains,il est prépondérant de veiller sur les frontières de l’Ukraine ,mais en ouvrant largement les nôtres,de feçon à accueillir de futurs bi-nationaux ,qui parait il ,nous enrichissent,et vont’ occuper les métiers en tension,selon le dogme officiel.On voit çà chez ces braves commerçants ,des  » herboristes »et des « apothicaires », qui proposent leurs produits jusque dans les entrées d’immeubles et parfois même dans nos campagnes les plus reculées.

  7. Excusez, M. Michel, lors de ces « sommets des volontaires », ce n’est pas la France qui s’exprime, mais Macron ! Une politique Française, vous le savez bien, serait autrement plus utile.
    N’est que d’observer lors des photos de groupe son révélateur sourire mégalomane, la place centrale qu’il s’attribue frénétiquement devant les caméras, pour ne pas douter que pour lui, la finalité de ces grands barnums n’est que …. l’exhibition de sa personne!.
    Et comme à l’accoutumée, le reste du monde qui s’y associe y trouve d’autres intérêts que ceux proclamés par l’histrion, sachant que, par obligation, rien ne sérieux n’en sort!
    Pour la plupart des pays, c’est simplement éviter de se singulariser, d’avoir à donner des explications au monde politiquement correct. Pour d’autres faire croire que les choses avancent. Pour les américains, leurrer les européens en leur faisant croire qu’ils comptent….
    Au résultat, en fait rien, évidemment, sinon Macron, et non la France, jouant à la guerre, au Churchill, mais en fait à don Quichotte éperonnant on ne sait quoi sinon ses chimères, ses hallucinations.
    Enfin, tout est bien, ses photos ont fait le tour du monde, il est serein, opération réussie.

  8. Macron ferait mieux de recentrer ses efforts sur la situation intérieure du pays. S’il veut jouer les durs, qu’il s’occupe de la délinquance et du trafic de drogue. A quel titre la France enverrait-elle des soldats en Ukraine, pays ni dans l’Otan, ni dans l’UE ? Qu’il arrête de parler en notre nom.

  9. Un grand jour pour préparer la guerre, leur discours de paix n’ est qu’ un faux semblant. Les petits feux allumés à travers le monde notamment le feu Trump et Maduros, pourra être hélas le moyen d’un embrasement général. Pour ce qui de macron il doit penser que jouer avec des soldats lui donnera une grandeur qu’ il n’ a jamais eu . Je suis pessimiste car notre occident est dirigé par des gens insensés.

  10. Macron, veut absolument des victimes françaises, cet homme est plus que dangereux.
    Et à long terme combien vont couter aux contribuables le cout des retraites supplémentaires pour opération « OPEX » ?

  11. j’espère que nos militaires vont enfin sortir du silence ,car leur mission est de protéger la France et pas l’ukraine!

  12. Je m’interroge sur le fond de l’affaire : Pourquoi le gouvernement français pousse à prolonger la guerre, quitte même à mettre un pied dans la bataille ?
    J’y vois quelques réponses, d’ailleurs qui peuvent se cumuler :
    – Ruiner définitivement l’Ukraine, pour la livrer entièrement (ses terres, surtout) à l’élite mondialiste richissime quand elle sera exsangue, quitte à laisser à la Russie des territoires d’origine et de culture russes.
    – Forcer les nations à accepter que l’union européenne devienne elle-même un Etat fédéral (donc la mort des nations), un empire supranational total élitiste (donc d’extrême droite), en s’inventant un ennemi commun.
    – Par la guerre, créer de force une armé de l’union européenne, qui pourra alors mater les peuples qui relèveraient la tête pour sortir de leur prison e.u., une armée nationale risquant de ne pas vouloir s’attaquer à son propre peuple.
    – Toujours par la guerre, créer un chaos permettant à un pouvoir totalitaire (ici, d’extrême droite mondialiste) de devenir le seul recours, le sauveur, bref de faire main basse sur la France.

  13. Il est inquiétant ce président qui prend ses lubies d’Europe coalisée pour des réalités. Ce n’est pas parce qu’il s’exalte dans le discours que cela est.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois