Un mannequin de Jordan Bardella brûlé lors d’un festival basque

L'événement qui a eu lieu ce week-end était organisé par une école primaire, en partenariat avec la mairie.
Capture d'écran.
Capture d'écran.

Est-ce un nouveau scandale duquel la gauche sortira sans états d’âme ? Ce samedi 7 février, la petite ville de Hasparren (Pyrénées-Atlantiques) célébrait son carnaval qui anime chaque année ses rues. Costumes, musique, confettis : pour les quelque 7.600 habitants, c’était une nouvelle occasion de défiler en famille ou entre amis, et de s’adonner au traditionnel jugement de Zan Pantzar, ce personnage fictif issu de la culture basque.

Un carnaval détourné en « tribunal de la haine »

Fabriqué de tissus et de papier, et habituellement brûlé sur la place publique dans un grand feu de joie, il incarne, dans cette tradition carnavalesque régionale, les problématiques liées à la commune, la politique, la morale, ou encore les malheurs du monde. « Zan Pantzar est, comme un bouc émissaire, condamné et brûlé », résume la fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel publié sur le site du ministère de la Culture.

Mais cette année, les organisateurs du défilé, l’école primaire Ezkia-Ikastola, en partenariat avec la municipalité « Divers », n’ont pas fait dans la dentelle en condamnant sur la place publique cette poupée géante. Sur des images diffusées par le député européen au Rassemblement national Matthieu Valet, on découvre un mannequin grimé aux couleurs du parti de Marine Le Pen, affublé des flammes qui le représentent et arborant, sur un bras, un brassard « I love Marine » et, sur l’autre, l’acronyme « RN ». Tout le monde l’aura identifié : il s’agit de Jordan Bardella, dont on reconnaît sans difficulté les yeux et la bouche. Dans une vidéo, il est dévoré par le feu, sous les rires de la foule rassemblée pour clôturer le défilé.

« Transformer un carnaval en tribunal de la haine : l’extrême gauche assume la violence comme mode d’expression politique », a fustigé, sur son compte X, l’eurodéputé RN, qui a dénoncé le « prétexte » du festival utilisé pour s’en prendre à la figure du président du Rassemblement national.

Où est l’émotion « républicaine » ?

Nul besoin de se demander ce qu’il serait advenu si une commune avait financé ou aidé à organiser une parade au cours de laquelle une effigie de Sandrine Rousseau, Mathilde Panot ou Manuel Bompard aurait été brûlée sous les yeux de badauds hilares. Lorsque l’influenceur basque Papacito, de son vrai nom Ugo Gil Jimenez, avait criblé de balles une poupée censée représenter un électeur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon était monté au créneau et l’affaire, loin de passer inaperçue, avait été portée devant la Justice, avant d’être finalement classée.

Car il semble que l’émotion, pourtant légitime face à ce type de mises en scène qui peuvent être interprétées à juste titre comme des appels à la violence ou au meurtre, ne puisse s’exprimer que dans un seul sens. Le rappeur Médine en sait quelque chose, lui qui avait été défendu par toute la classe politique de gauche après un concert où il avait frappé à coups de batte, en avril 2023, des piñatas à l’effigie de Julie Rechagneux et Edwige Diaz (Rassemblement national) et de Geoffroy Gary (Reconquête).

Sans compter la question, plus grave encore, de voir une école primaire associer des enfants à l’organisation d’un carnaval où la haine politique est mise en scène sans même chercher à la dissimuler. Que cette violence symbolique s’exerce sous couvert de tradition ou de folklore ne la rend pas plus acceptable, surtout lorsqu’elle est organisée avec l’appui d’une municipalité. Le tout aux frais du contribuable dont on peine à croire qu’il soit unanimement hostile à un parti qui a réuni plus d’un tiers des suffrages, lors des dernières élections nationales.

Sollicitée, la mairie n'a pas donné suite à nos questions.

Vos commentaires

125 commentaires

    • Les résultats PISA ne font que confirmer la qualité des ces islamo-gôchistes de l’Éducation Nationale avec le support des décéŕébrés basquisants. Pôvre France

  1. Ce n’est pas par la violence, mais par les idées et le rappel des faits qu’il nous faut continuer de combattre l’extrême droite.

  2. Rien d’étonnant dans cette région : en octobre – novembre 2014, toutes les rues de la vieille ville San Sebastian étaient pavoisées à leurs extrémités, à droite et à gauche , à hauteur du 1er étage, du drapeau de la Palestine !

  3. Ils vont enfin en parler sur face à l’info, j’attends le sujet, bien sur rien sur tf1 à 13 heures, pour le reste je ne sais pas vu que je ne regarde pas mais j’imagine fort bien

    Imaginez une ville RN où l’on brulerait le mannequin de melanchon ou autre, je ne trouverai d’une part pas ça normal, on combat ses opposants autrement pas par cette forme de violence et devant des enfants en plus

    Si donc, un mannequin effigie gauchiste avait été brulé ainsi, ce serait par contre sur toutes les chaines bien sur

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