Un « scandale d’État » : la nomination d’Amélie de Montchalin conspuée

La droite nationale s'étrangle et dénonce « la République des copains ».
Capture d'écran
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C’est désormais officiel. Ce mercredi 11 février, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a été nommée à la tête de la Cour des comptes par Emmanuel Macron en Conseil des ministres. Elle prendra ses fonctions le 23 février. Une nomination éclair que les oppositions n'ont pas eu le temps de digérer ; la nouvelle était révélée par Le Figaro ce lundi 9 février, soit seulement deux jours avant son officialisation en Conseil des ministres.

Depuis 48 heures, le camp national s’insurge. Marine Le Pen a demandé, en vain, au chef de l’État de renoncer à sa décision. « Une telle nomination serait une énième preuve de la dérive illibérale d’un régime agonisant, prêt à toutes les transgressions éthiques pour placer ses fidèles et perturber la future alternance démocratique », fustige la députée du Pas-de-Calais, qui appelle de ses vœux des « personnalités compétentes et indépendantes à la tête de nos institutions ». Sébastien Chenu, député du Nord et vice-président du Rassemblement national, dénonce, dans une vidéo postée sur ses réseaux, une « République des copains » et un « ministre qui sera en parfait conflit d’intérêts, puisqu’elle va devoir vérifier et analyser un budget qu’elle-même a fait voter alors qu’elle était ministre du Budget ». « Il est loin, le nouveau monde promis par Emmanuel Macron ; en réalité, le pire des pratiques démocratiques est à l’œuvre », poursuit-il. Yoann Gillet, député RN du Gard, évoque « une honte, une provocation ». Il interpellait, le mardi 10 février, Amélie de Montchalin à l’Assemblée nationale au sein de l’Hémicycle : « Votre nomination revient à confier le contrôle de l’argent des Français à ceux qui ont vidé les caisses. »

« Rien ne se perd, tout se recycle »

Le président de l’UDR Éric Ciotti évoque un « scandale d’État ». « Un clan veut prendre en main, contre le peuple de France, tous les rouages de l'appareil d'État », explique le député niçois. Antoine Valentin, le tout nouveau de la formation alliée au Rassemblement national, a pris la parole, ce mercredi 11 février, au palais Bourbon, à l’occasion des questions au gouvernement pour protester contre « une méthode qui vise à cornaquer des institutions pourtant indépendantes à l’heure où nous vivons le crépuscule du mouvement macroniste ». « En politique comme en chimie, rien ne se perd, tout se recycle, a poursuivi le parlementaire élu en Haute-Savoie il y a dix jours. Si le recyclage est bon pour l’environnement et la planète, je ne suis pas certain que le vôtre le soit pour la France. » « Le régime agonisant d'Emmanuel Macron veut nommer une personne qui fera tout son possible pour maquiller la ruine des comptes publics dont il est responsable, ruine à laquelle Mme de Montchalin a d'ailleurs directement participé », se désole, pour sa part, le député RN Jean-Philippe Tanguy, sur X. Marion Maréchal, quant à elle, s’interroge : « La Macronie crépusculaire se prépare-t-elle à verrouiller l’État pour empêcher l’alternance de la droite nationale d’agir ? »

Des nominations en cascade

La nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, potentiellement jusqu’en 2054 du fait de son jeune âge actuel, s’ajoute en effet à la liste déjà longue des institutions étatiques névralgiques dont le dirigeant a été nommé par Emmanuel Macron. Petit tour d’horizon. Le socialiste Richard Ferrand, ancien président macroniste de l’Assemblée nationale, préside le Conseil constitutionnel depuis un an, et ce, jusqu’en 2034. Martin Adjari, directeur de cabinets ministériels sous François Hollande, a été nommé à la tête de l’Arcom en 2025 pour un mandat de six ans. L’ancien ministre Clément Beaune dirige, depuis un an, le Haut-commissariat au Plan, un mandat dont la durée n’est pas fixée par la loi. Par ailleurs, plusieurs nominations clés auront lieu dans les mois à venir. François Villeroy de Galhau a annoncé, le lundi 9 février, son départ de la Banque de France ; son successeur sera donc prochainement nommé par le président de la République pour un mandat de six ans. Didier-Roland Tabuteau, qui « vice-préside » le Conseil d’État, doit être lui aussi remplacé au printemps, car il aura atteint la limite d’âge de 68 ans.

Deux défis de taille attendent le camp national. Parvenir aux commandes et gouverner malgré un appareil d'État parfaitement hostile.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

197 commentaires

  1. La vraie question reste de savoir d’où vient cette prérogative du président? Car s’il a ce pouvoir comment s’étonner qu’il en use et en abuse? Surtout Macron!!!

  2. Et en plus, Monchalin a renié son prénom et donc ses parents et donc ses origines catholiques, versaillaises bobo de droite… C’est pas bien jeune fille d’avoir honte de ce qu’on est, car vous êtes finalement prêtes à tous les renoncementt pour le pouvoir mains finalement inapte à tous postes.
    Marie…c’est tellement plus gracieux et plus beau que la molle gauche au pouvoir sans électeurs.

  3. Limite d’âge à 68 ans? Il faut commencer par faire rembourser à Lang tout ce qu’il a touché depuis ses 68 ans et toutes ses notes de restaurants qu’il doit un peu partout. Ah! Elle est belle la gauche caviar! Allez les gueux! Ramez! la traversée de l’enfer n’est pas finie!

  4. Pour compléter car j’ai du faire autre chose, on a aussi MLP qui en est encore au stade de « demander » à Macron de renoncer à sa décision. Pfff cette situation me pose question. J’espère que le sieur Bardella n’est pas dans cette optique avec Macron !!! Demander à Macron… »m’enfin !) » dirait Gaston !

  5. Que de nominations d’amis proches à des postes-clés depuis duex ans. Imaginez, en plus, Macron au Conseil Constitutionnel ( il y a droit !!) et vous comprendrez ce qui attend son successeur : blocage de toute décision ou empêchements dans tous les domaines. Y a de la joie … ( cf. la chanson de Charles TRENET )

  6. On se désole, on s’interroge, on souligne, on pointe, on fustige ( ça c’est déjà quand même audacieux) et en attendant le macron court toujours, se marre, place ses gens aux postes adéquats pour continuer à nuire au pays un fois parti pour Bruxxxelles, il est toujours reçu normalement dans le monde, dans les cours européennes, il y a toujours garde républicaine pour présenter les armes etc…Il aurait du être arrêté il y a bien longtemps mais il n’est jamais critiqué dans les médias, ( pas comme Trump) et poursuit son vilain bonhomme de chemin.

  7. devant un tel coup d’état, une seule solution : faire supprimer tous ces conseils et hautes autorités par la voie d’un référendum

  8. La montchalin va donc être être nommée à la tête d’un machin chargé de se prononcer sur un budget auquel elle a participé en tant que ministre.Elle est donc juge et partie.De ce fait,elle ne risque pas de se déjuger ni de critiquer Infatué 1er ,alias foutriquet,qu occupe l’ancien palais de la Pompadour.Dans l’ancien régime,on avait les privilèges de l’aristocratie qui,de nos jours,se sont mués en privilèges républicains.

  9. La provocation est l’arme des faibles . Quel bel exemple que nous avons là. Allez virez moi ce tas de mous.

  10. On est jamais si bien contrôlé que par son clone ou son obligé, alors à bientôt l’heure du bilan il vaut mieux s’offrir un peu de complaisance.

  11. Deux commentaires:
    – d’abord ne pas s’illusionner sur les phantasmes de Macron de continuer à peser après son départ. Son pouvoir tient à sa fonction et non à son aura. Une fois éloigné de l’Elysée, ne lui restera qu’un groupuscule de niais. Et beaucoup de ces recasés n’hésiteront pas à se prostituer pour garder leurs prébendes. Mais, c’est vrai, leur pouvoir de nuisance sera toujours patent;
    – ce qui impose aux mouvements démocratiques et nationaux de considérer que toutes ces exactions, voies de faits, nominations, pièges, depuis le putsch de l’adoption du traité de Lisbonne, jusqu’aux nominations de Ferrand, Bommier et autres affidés devront être considérés comme nuls et non avenus, parce qu’anti démocratiques, quoiqu’en disent les juges, l’UE, la presse … A défaut de quoi aucun redressement national ne sera possible.

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