Union européenne : la Lettonie refuse toute redistribution de migrants sur son sol
Le signal est venu de Strasbourg. Ce 10 février, le Parlement européen a adopté, sur la base d’une majorité alternative, un texte établissant une liste de « pays tiers sûrs » situés hors de l’Union européenne vers lesquels les demandeurs d’asile pourront être renvoyés. Un vote politique lourd de sens, qui marque un premier recul du Pacte asile et immigration.
Sur X, Jordan Bardella s’est félicité de cette avancée : « C’est un premier recul infligé aux lubies immigrationnistes de l’UE », tout en réaffirmant l’objectif stratégique : « démanteler le Pacte asile & immigration ».
En s’appuyant sur une majorité alternative, nous sommes parvenus, au Parlement européen, à faire voter un texte établissant une liste de « pays tiers sûrs », en dehors de l’Europe, dans lesquels les demandeurs d’asile peuvent être renvoyés.
C’est un premier recul infligé aux… https://t.co/4RnvEfl1ky
— Jordan Bardella (@J_Bardella) February 10, 2026
Leggeri : « Ce système n’est pas applicable »
Pour Fabrice Leggeri, eurodéputé RN et ancien directeur de Frontex (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes), interrogé par BV, ce vote n’est pas anecdotique. Il traduit un basculement du rapport de force au Parlement européen. « La redistribution obligatoire des migrants est une règle qu’il faut abolir », affirme-t-il, rappelant que le pacte a été adopté « avant les élections européennes de 2024, à un moment où il n’y avait pas encore de majorité capable d’empêcher ce genre de texte ».
Selon lui, l’entrée en vigueur du pacte en juin 2026 risque surtout de démontrer « que ce système n’est tout simplement pas applicable ». En attendant son éventuel démantèlement, la stratégie consiste à en limiter les effets : externalisation du traitement de l’asile, renvoi vers des pays sûrs, recentrage des moyens européens sur la protection des frontières.
Riga assume là où d’autres tergiversent
C’est dans ce contexte que la Lettonie a, à son tour, frappé fort. Le 29 janvier 2026, devant la Saeima (le Parlement letton), le ministre des Affaires étrangères Baiba Braže a annoncé que son pays n’accepterait pas de migrants relocalisés par l’Union européenne et ne paierait pas, non plus, la contribution financière prévue en cas de refus.
Une décision nette, qui rompt avec le réflexe d’obéissance ordinaire et met en lumière un malaise croissant, face au cœur du Pacte migratoire.
Comme le rappelle à Boulevard Voltaire Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire immigration et démographie, le pacte adopté en 2024 repose sur un principe hautement conflictuel : « la relocalisation obligatoire des demandeurs d’asile ». Un mécanisme contre lequel « un grand nombre de pays européens, notamment en Europe centrale et orientale, se sont opposés », refusant de devenir des territoires de redistribution de flux qu’ils ne maîtrisent pas.
Le texte laisse théoriquement trois options : accueillir les migrants, payer environ 20.000 euros par personne refusée ou participer à une solidarité alternative. Là où certains États choisissent le chèque comme le Portugal, Riga a tranché : ni migrants, ni amendes.
Frontière biélorusse : la preuve par les faits
La Lettonie ne se contente pas d’un refus de principe. En un an, plus de 12.000 tentatives d’entrées irrégulières ont été bloquées à la frontière avec la Biélorussie. Rapporté à une population de moins de deux millions d’habitants, l’effort est considérable.
Cette pression migratoire est largement instrumentalisée par Minsk, avec des migrants originaires de Syrie et du Moyen-Orient utilisés comme moyen de pression politique. Pour Riga, la migration est devenue une dimension à part entière de la menace géopolitique à l’Est. « L’instrumentalisation de la migration fait partie des menaces russes », souligne Nicolas Pouvreau-Monti.
Forte de cette expérience, la Lettonie propose une autre conception de la solidarité européenne : partage de savoir‑faire, déploiement de personnels, assistance logistique. Protéger les frontières plutôt que redistribuer les migrants.
La France, future variable d’ajustement
Pendant que Strasbourg infléchit la ligne et que Riga assume, la France reste en retrait. « Dans ce dispositif, la France serait évidemment amenée à prendre davantage de demandeurs d’asile », avertit Nicolas Pouvreau-Monti. Avec environ 150.000 demandes annuelles et un système déjà saturé, Paris s’expose à devenir la variable d’ajustement du pacte.
Ironie du calendrier : le 15 janvier, soit quelques jours avant la déclaration lettone, Jean‑Noël Barrot était en visite officielle à Riga. Coopération, sécurité, Europe… mais pas un mot sur le refus qui s’annonçait.
Une dynamique européenne enclenchée
Du vote sur les pays tiers sûrs au refus letton, une même logique se dessine : de plus en plus d’États et d’élus contestent un pacte migratoire jugé inefficace et déconnecté des réalités. « Il faut que le budget européen serve à protéger les frontières et à aider les États qui les défendent, pas à financer des ONG favorables à l’immigration », insiste Fabrice Leggeri, auprès de BV.
La question n’est donc plus de savoir si le Pacte asile et immigration peut être contesté, mais combien d’États oseront, à l’image de la Lettonie, transformer ce rapport de force en décision politique.
Riga le prouve. Le Parlement européen avance. Reste à savoir si Paris aura, un jour, la volonté d'emboîter le pas.
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63 commentaires
Bravo à cette dame qui mérite le respect et honte à barrot et foutriquet qui s’agenouille devant la dictature allemande
bravo les lettons : ne laissez pas les gratte-papiers européens vous imposer la destruction de votre pays !
Les LETHONS ont 100 %raison. On ne met pas en péril son propre peuple pour en sauver un autre. Quand Macron aura compris ça, la France ne sera plus la France.
Ce qui devrait se faire, c’est aider les pays en difficulté pour éviter les migrations…il arrive dans certains endroits que l’on se demande dans quel pays se trouve-t-on ?
Ils sont déjà largement aidé mais l’argent est détourné donc nous devrions saisir les fortunes des dirigeants
La lettonie à parfaitement raison de refuser l’accueil de migrants sub sahariens, ils n’ont RIEN à faire dans un pays balte dont ils ignorent probablement tout –