Venez découvrir le testament de Napoléon Ier aux Archives nationales

À la fois intime et politique, ce document rappelle combien la figure de l'Empereur continue de marquer notre époque.
Capture d'écran YT Archives nationales de France
Capture d'écran YT Archives nationales de France

Depuis le 4 mars 2026, les Archives nationales offrent aux Français la chance unique de pouvoir admirer l’un des documents les plus touchants et les plus importants de notre Histoire : le testament de Napoléon Ier. L’exposition qui lui est consacrée permet de découvrir un texte rédigé dans les derniers jours de l’Empereur, à Sainte-Hélène, alors qu’il savait sa fin proche. Plus qu’un simple acte juridique, ce document révèle les dernières volontés d’un homme qui avait marqué à jamais l’Europe et qui souhaitait encore que ses derniers désirs puissent s’accomplir, même après sa disparition.

Une exposition exceptionnelle aux Archives nationales

L’exposition intitulée « Le testament de Napoléon Ier » est présentée au musée des Archives nationales, à l’hôtel de Soubise, situé au 60, rue des Francs-Bourgeois, à Paris. Cet événement est ouvert gratuitement au public du 4 mars au 29 juin 2026 et s’inscrit également dans le cycle d’expositions organisé par les Archives nationales, intitulé « Les Remarquables », qui met en valeur certains des documents les plus précieux conservés par l’institution.

L’inauguration s’est déroulée le 4 mars en présence de Thierry Lentz, directeur général de la Fondation Napoléon, récemment promu officier de la Légion d’honneur, distinction qu’il a reçue des mains de Victor-André Masséna, prince d’Essling. Étaient également présents Charles Masséna, représentant la fondation, ainsi que le comte Walewski, descendant d'Alexandre Walewski (1810-1868), ambassadeur de France à Londres qui contribua au retour du testament de l’Empereur en France.

L’exposition sera également accompagnée, tout au long de l’année, d’un cycle de conférences consacré à la période napoléonienne. L’une d’elles se tiendra le 4 avril 2026 et portera directement sur le testament de Napoléon, sous la direction de Chantal Prévot, responsable des bibliothèques de la Fondation Napoléon. Une autre conférence aura lieu le 16 mai sur « L’Aiglon, le rêve brisé de Napoléon », présentée par Charles-Éloi Vial, conservateur au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, tandis qu’une dernière rencontre se tiendra le 13 juin autour du thème « Les soldats de Napoléon dans la France du XIXᵉ siècle », présentée par Natalie Petiteau, professeur à l’université d’Avignon et spécialiste de la période napoléonienne.

Un testament écrit à Sainte-Hélène

Napoléon Ier rédige son testament durant les dernières semaines de sa vie, sur l’île de Sainte-Hélène où il est exilé par Albion depuis sa défaite de 1815. Malade et affaibli, il entreprend, entre le 15 et le 27 avril 1821, de rédiger entièrement de sa main ses dernières volontés. Le document compte alors 58 pages, soit près du triple du testament de Louis XIV, qui n’en comporte que 20, et près de quinze fois celui de Louis XVI, limité à quatre pages. Ce testament détaille la manière dont l’Empereur souhaite organiser sa succession et transmettre son héritage à la fois matériel et spirituel.

Dans ce texte ensuite recopié par son fidèle compagnon d’exil, le comte de Montholon, l’Empereur distribue des legs importants à ses proches. Il y exprime également des positions politiques et des jugements sur son époque. Parmi les phrases les plus célèbres figure aussi son souhait que ses cendres « reposent au bord de la Seine, au milieu de ce peuple français » qu’il a tant aimé. Ce vœu sera finalement réalisé en 1840, lorsque sa dépouille sera ramenée en France et inhumée à l’hôtel des Invalides à Paris. Dans ce testament, l’Empereur s’adresse aussi à son fils, Napoléon II, l’enfant tant attendu qu’il considérait toujours, malgré l’exil et l’éloignement, comme l’héritier de son nom et de ses ambitions.

L’histoire d’un document

Ce testament, loin d’être un simple ensemble de feuillets, possède également sa propre histoire, après la disparition de son auteur. En effet, selon Marie-Françoise Limon-Bonnet, directrice des Archives nationales, après la mort de Napoléon, le document est envoyé à Londres, où il est conservé au sein de l’administration judiciaire britannique. Ce n’est qu’en 1860 que la reine Victoria décide de le remettre officiellement à l’ambassadeur de France à Londres, le comte Alexandre Colonna Walewski, le propre fils naturel de Napoléon Ier et de la belle comtesse polonaise Marie Walewska.

Une fois revenu en France, le document est confié aux Archives nationales, où il est soigneusement conservé. Il est présenté pour la première fois au public en 1867, lors de l’ouverture du musée de l’Histoire au sein des Archives. Son contenu n’était cependant pas totalement inconnu, puisque Le Mémorial de Sainte-Hélène diffusait déjà, dès les années 1830, plusieurs extraits du testament, contribuant ainsi à nourrir la légende napoléonienne et à faire connaître à tous les dernières volontés de l’Empereur. Preuve que ce dernier continue d’imprégner l’imaginaire politique, on pouvait remarquer, lors de l’allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 3 mars 2026, consacrée à la guerre en Iran, la présence, sur son bureau, d’un petit soldat de plomb représentant un grognard de la Grande Armée, discret symbole mais révélateur que Napoléon reste éternel dans notre mémoire nationale.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

8 commentaires

  1. Napoléon? Des guerres, des guerres et encore des guerres. MAIS une structuration administrative époustouflante et des codes qui – pour la plupart – ont encore une forme de sens aujourd’hui.

  2. N’empêche que Napoléon, en dépit de tous ses admirateurs, était un dictateur qui a porté la guerre
    dans toute l’Europe et pour qui la vie de ses grognards n’avait aucun prix ! MOI, ma gloire, c’est tout ce
    qui compte ! MOI, MOI, MOI et tous mes esclaves … Admirons le grand homme (qui était petit).

  3. J’ai trouvé un autre testament de Napoléon (publié par le journal de Paris) :
    Je lègue aux enfers mon génie
    mes exploits aux aventuriers
    à mes partisans l’infamie
    le grand livre à mes créanciers
    aux Français l’horreur de mes crimes
    mon exemple à tous les tyrans
    la France à ses rois légitimes
    et l’hopital à mes parents

    Bien sûr, je n’en garantie pas l’authenticité mais vous garantie que je n’en suis pas l’auteur !
    (j’aurais bien trop peur de me faire étriper par tous ses (encore) admirateurs !)

  4. Pratiquement nulle part une place, un boulevard « Napoléon »… 6 statues seulement en France.

  5.  » la présence sur son bureau d’un petit soldat de plomb représentant un grognard de la Grande Armée,  »
    Quel rapport entre Napoléon , la guerre en Iran et Macron ? Tout à l’avenant. mais prétendument minutieusement étudié « au-millimètre », comme il est convenu de dire dès qu’il s’agit de ce président-là.Enfin si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal, du coup.

  6. Une conférence sur : « Une chouanerie flamande au temps de l’Empire (1813-1814): Louis Fruchart dit Louis XVII (Ed.1905) Paul FAUCHILLE, sera-t-elle consacrée pour faire connaitre les conditions de conscription forcée des jeunes des Flandres ?

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