Viticulture : quand l’agence sanitaire saborde la vigne française
À l’initiative d’Edwige Diaz, députée RN de Gironde, une table ronde consacrée à la viticulture s’est tenue à l’Assemblée nationale, ce 28 janvier. Autour de la table, des viticulteurs de Saint-Émilion, des responsables coopératifs et plusieurs parlementaires (RN avec Hervé de Lépinau, député de Vaucluse, et Pascal Markowsky, de Charente-Maritime, ou UDR avec Maxime Michelet du Champenois) venus écouter un secteur à bout de souffle. En cause : l’accumulation de normes, la surtransposition française et, surtout, les décisions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), accusée de précipiter les exploitations dans une impasse technique et économique.
« Je considère que c’est mon devoir de protéger cette filière, parce qu’elle est génératrice d’emplois, qu’elle contribue à notre rayonnement international et qu’elle incarne un savoir-faire ancestral », rappelle Edwige Diaz, interrogée par BV, refusant de « voir cette filière viticole s’effondrer ».
L'utilisation du cuivre, symbole d’une écologie hors-sol
Le cœur du débat a porté sur l’interdiction progressive des produits à base de cuivre dans le traitement des vignes bio, utilisés contre des maladies comme le mildiou ou la nécrose bactérienne. En juillet, l’ANSES a refusé de renouveler plusieurs autorisations de mise sur le marché de produits cuivrés, réduisant drastiquement le nombre de solutions disponibles. Problème : deux mois plus tard, l’Union européenne décidait de prolonger l’usage du cuivre jusqu’en 2029. L'agence est même allée jusqu'à obliger l'interruption de traitement au cuivre pendant sept jours entre chaque utilisation.
Ce matin, avec mes collègues du @groupeRN_off et des @patriotespourEurope, nous avons reçu des viticulteurs girondins.
➡️Réviser la loi Évin, contrer les taxes punitives de la gauche et du bloc central, favoriser la vigne française : ils savent pouvoir compter sur nous ! pic.twitter.com/hnLHxSle8M
— Edwige Diaz Ⓜ️ (@diaz_edwige) January 28, 2026
Autrement dit, la France est plus zélée que Bruxelles. « L’Italie a repoussé l’examen de ses dossiers à 2029. En France, tout a été acté avant même la décision européenne », souligne Sophie Foray, viticultrice bio à Montagne-Saint-Émilion, interrogée par BV.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. « Quand on nous interdit de retraiter pendant sept jours, avec la pluviométrie girondine, c’est simple : on perd la récolte », alerte-t-elle. Le mildiou, lui, ne connaît pas les délais administratifs.
Une impasse économique assumée
Les viticulteurs dénoncent une contradiction flagrante : en supprimant les produits les moins toxiques, l’ANSES pousse à revenir vers des solutions plus agressives, parfois classées CMR (produits cancérogènes, mutagènes et/ou reprotoxiques). « On est dans une impasse technique en bio comme en conventionnel. La viabilité des exploitations est clairement en jeu », a insisté la vigneronne, lors de la table ronde.
Dans un département où une exploitation sur trois pourrait disparaître, le sujet n’a plus rien de théorique. Deux suicides de viticulteurs ont déjà été recensés, en 2025, dans le vignoble bordelais. « Produire coûte de plus en plus cher pour gagner de moins en moins », résume Thomas Sidky, président de la cave coopérative libournaise, évoquant plans sociaux et pertes de débouchés.
L’ANSES hors de tout contrôle politique
Au-delà du cuivre, c’est le fonctionnement même de l’agence qui interroge. « Le ministre de l’Agriculture n’a aucune autorité sur l’ANSES », déplore Edwige Diaz, pointant une technocratie devenue autonome. Le député Hervé de Lépinau va plus loin : « Les questions agricoles ne sont plus au centre des discussions. L’idéologie a investi les ministères. »
La députée RN de Gironde met également en cause la gauche parlementaire, accusée de multiplier amendements et taxes. « Vous avez la gauche qui culpabilise et le bloc central qui se paralyse », résume-t-elle.
Derrière la norme, une idéologie de la décroissance
Pour les participants, la crise viticole n’est pas seulement réglementaire. Elle est aussi culturelle. Assimiler le vin à l’alcoolisme, restreindre sa promotion avec la loi Évin, entraver la transmission des exploitations : autant de signaux envoyés à une filière déjà fragilisée.
« On empêche l’artisan de communiquer [par la publicité], mais aucun problème pour les sodas », ironise Sophie Foray. Pendant ce temps, les concurrents étrangers investissent massivement dans la promotion.
En attendant une réforme de l’ANSES ou un sursaut politique, la vigne française continue de ployer sous le poids des normes. Et le bon sens, lui, reste coincé en commission.
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42 commentaires
Le vin, c’est un peu l’ADN des français ! Il n’est pas responsable de l’abus que certains en font
qui ont plutôt un problème psychologique et d’ailleurs, l’abus de bien des produits peut se
révéler pathologique ! Autant supprimer les couteaux qui peuvent tuer ! Et les alcools forts,
bien plus dangereux que le vin, qu’attend t-on pour les supprimer ? et le tabac ?
Les drogues et protoxyde d’azote qui font bien plus de dégât, pas touche à mon litron non je bois du bon vin, rarement mais surement
Renseignez-vous sur les bienfaits du vin, car il y en a! À boire avec modération, bien entendu. À 83 ans, j’en bois tous les jours et espère pouvoir le faire encore un peu. À votre santé.
Bravo Maria ! Moi je suis plus âgé que vous
et j’en bois aussi tous les jours, modérément !
Les fonctionnaires de l’agriculture sont tellement nombreux, leur effectif a doublé en quinze ans, alors que le nombre agriculteurs a largement chuté, que désoeuvrés ils produisent des normes sans fin.
Conséquences , ils faut bien qu’ils s’occupent car les journées sont longues ,donc ils pondent de nouvelles normes !!
L’Etat s’attaque à la viticulture pour soi disant lutter contre l’alcoolisme….?!! Mais conserve le monopole du tabac qui lui rapporte , grâce à des augmentations du prix régulières ,pour lutter contre le cancer….??!! …c’est pas beau une telle hypocrisie ????
Le massacre continue.
Si le ministre de l’agriculture n’a aucune autorité sur l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), , c’est que le gouvernement la voulu. Technique récurrente pour laisser le mal se faire en prétendant « ce n’est pas moi, je n’y peux rien ». Vieille arnaque bien connue avec le trop connu et complètement usé « ce n’est pas moi (sous entendu, je vous accorderais tout ce que vous demandez, moi, c’est Bruxelles… Ah, alors …). On aurait bien besoin, à côté du RN, d’un parti national qui sache tirer les implication de cette supercherie…
quand va-t-on se décider à supprimer toutes ces agences qui ne servent à rien (sauf à caser les copains ) et qui coutent des milliards
Les droits de douanes instaurés par Trump ne suffisent pas. Il faut augmenter le calibre du pistolet qui est sur la tempe des agriculteurs.
La France est plus zélée que Bruxelles voilà le vrai grave problème.
Les familles de vignerons sont catalogués comme « filière »….la drogue aussi est une filière…c’est peut-être pour çà …pour faire passer toutes leurs aberrations
Finalement on veut TUER les récoltes. Mais quel est le but profond de toutes ces initiatives contre les agriculteurs,les éleveurs, les viticulteurs ????? LA DISPARITION PURE ET SIMPLE DE NOTRE PATRIMOINE ALIMENTAIRE. Ne peut ont pas SURSSOIR à ces IDIOTIES de merde ??? Je pose la question Il y a surement un moyen.. Que peuvent faire ces « bureaucrates français et bruxellois » si on passe outre ???
Revenir à l’époque du chasseur cueilleur, le rêve écologiste. Je rectifie, cueilleur uniquement.
« e vin rouge est un trésor de composés naturels qui en font bien plus qu’une simple boisson alcoolisée. Il contient une concentration élevée de polyphénols, dont les plus connus sont les flavonoïdes et le fameux resvératrol, présents dans la peau et les pépins du raisin. Ces antioxydants puissants sont reconnus pour leur capacité à neutraliser les radicaux libres responsables du vieillissement cellulaire et de nombreuses maladies chroniques. Le resvératrol, notamment, fait l’objet de nombreuses études pour ses effets protecteurs sur les cellules, ses propriétés anti-inflammatoires et son potentiel dans la prévention de certaines pathologies dégénératives.
Le vin rouge contient également des quantités intéressantes de vitamines B (comme la B6), de potassium et de fer, qui soutiennent le métabolisme et renforcent la vitalité générale. Ce cocktail de nutriments, bien que modeste comparé à d’autres sources alimentaires, contribue à faire du vin rouge une boisson naturellement riche pour l’organisme — à condition d’en limiter la consommation. »
Merci pour votre précision.
La quantité nui a la qualité, boire du vin c’est bénéfique, en boire trop c’est nuisible.
Nous le voyons avec les écolos sensés boire que de l’eau.
Un bon Bordeaux contient une quantité non négligeable de tanin, excellent pour la santé, quand j’étais invitée chez mes grands parents, je passais chez « Nicolas » qui me connaissaient bien, un bon Bordeaux pour mes grands parents et du Brouilly préféré de mon cousin, avec un bon « chèvre », que du bonheur !!!
Améliorer le produit et abandonner la vinasse, diversifier avec complément de revenus du vignoble comme l’apiculture par exemple.
Aux US, dans un restaurant, j’ai vu mettre du coca dans du vin… français!…Tous les goûts sont dans la nature…
l’ANSES du même accabi que les ARS des machines à perdre, nous nourrissons des technocrates dot le seul but est de scier la branche sur laquelle ils sont assis et bien assis.
Encore un organisme inutile et très coûteux mis en place pour faire suer les viticulteurs et surtout pour faire vivre une caste d’employés parmi des milliers d’autres payés pour ne rien foutre à part justifier leur existence de parasites vivant encore une fois sur le dos des contribuables. Vivement que ça dégage tout ça.