[VIVE LA FRANCE] La monnaie disparaît. Solly, la carte solidaire, apparaît

Avec Solly, la phrase « désolé, je n’ai pas de monnaie » prend un coup de vieux.
@Solly
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L’heure est à la dématérialisation. Avec le développement du paiement sans contact, les porte-monnaie se sont vidés. Dans le même temps, les titres-restaurant papier ont disparu. Ces progrès technologiques n’ont pas été sans conséquence pour les personnes faisant la manche.

Quand Tim Deguette fait ce constat, il n’a que 16 ans, il est lycéen. Il se dit qu’il faut trouver une solution pour venir en aide aux personnes en situation de précarité. L’idée ne vient pas tout de suite, elle fait son chemin. Six ans plus tard, Solly voit le jour. Il s’agit d’une association à but non lucratif qui, via des associations de maraude, « distribue des cartes de paiement gratuites à des personnes qui font la manche ».

 

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La manche 2.0

Ces cartes sont équipées d’un QR code. Une fois scannée, le donateur découvre la page personnelle de la personne à qui il souhaite venir en aide. Là, il peut procéder à un don d’un minimum de deux euros. Une fois la carte chargée, le bénéficiaire peut faire des achats. Pas n’importe quels achats : « C’est un titre de paiement intelligent. On a retiré les achats en ligne, les retraits de cash et tout ce qui est lié aux addictions. » La carte Solly permet d’acheter de la nourriture mais aussi des vêtements, des produits d’hygiène et de santé, des titres de transport et autres produits de première nécessité.

L’idée est bonne, elle semble simple ; elle a pourtant été très difficile à concrétiser, notamment parce que les personnes visées « n’ont pas de papiers d'identité ». Tim Deguette explique également : « C’est un produit technique très compliqué. » Raison pour laquelle « une commission de 9 % est prélevée » sur les dons. Elle sert à développer l’outil et, s’il y a des bénéfices, ils serviront à financer la sortie de rue des personnes de Lazare et de Toit à Moi. Tim Deguette et son équipe ne retireront rien du succès du projet, si succès il y a. Ils sont bénévoles et n’envisagent pas autre chose. « Je n’attends rien de ce projet, je veux juste aider. J’y gagne juste un peu de fierté à aider des gens », confie Tim Deguette.

Objectif sortie de rue

Pour l’heure, Solly est en phase d’expérimentation. La couverture médiatique qui entoure son lancement est importante, mais son fondateur de 22 ans ne crie pas victoire trop vite. « Est-ce que c’est un projet coup de buzz ou pérenne ? » Il se pose la question.

Des cartes ont été distribuées dans plusieurs villes de France (Lille, Amiens, Cergy, Argenteuil, Chambéry, Nice, Clermont-Ferrand, Toulouse, Bordeaux…) et leur déploiement devrait se poursuivre dans les mois à venir. Lancée en novembre 2025, Solly se laisse un an et demi pour voir si ce système de don dématérialisé est LA vraie bonne solution pour aider les plus précaires.

Le fondateur de Solly a mis sa vie professionnelle « en pause » pour « lancer le projet ». Il ne regarde pas ce qu’il perd mais ce qu’il peut faire gagner à l’autre. La démarche mérite d’être saluée.

Vos commentaires

59 commentaires

  1. Désolé, mais tout ce qui tue l’argent liquide nous livre au contrôle d’un état qui ne rêve que nous contrôler au centime prêt. Combien ne sauront pas l’utiliser ? Et si on prépare sa carte avant , et bien on peut préparer du liquide. Je ne salue pas la démarche, mais la charité de celui qui l’initie, mais je suis résolument CONTRE !

  2. Pas de chance ! Même avec cette nouvelle arnaque qu’est la carte Solly, je continuerai à expliquer aux mendiants que je ne cotise pas en double. Je paie pour eux en payant mes impôts, lesquels incluent un énorme pourcentage pour régler les problèmes sociaux. Pour éviter qu’il y ait des gens dans la rue, des affamés, des sans-abris, des non soignés. La France est la championne du monde des prélèvements sociaux. Et je cotise cher avec l’impôt sur mes revenus. Je refuse donc de payer deux fois pour la même chose.
    Allez à la mairie, à la préfecture, aux services sociaux, aux divers guichets (et ils ne manquent pas en France !) pour expliquer votre problème. Mais j’ai déjà donné, je ne donne pas deux fois.
    Et si tout le monde réagissait ainsi, il y aurait moins de quêteurs. S’il y a des quêteurs sur l’espace public, c’est que ça rapporte, sinon ils ne continueraient pas à tendre la main.
    Maintenant, pour les gens qui aiment faire la charité et qui préparent ainsi leur paradis, ils se font plaisir en entretenant la mendicité.

  3. La majorité des commentaires m’étonne bien. BV serait un refuge d’assistés ?

    Pour ma part, je refuse d’être solidaire de gens en bonne santé qui refusent de travailler et vivent des aides sociales.
    Vivre de l’assistanat, alors qu’il y a des emplois non pourvus partout dont une masse d’emplois ne nécessitant aucune qualification, est une forme de délinquance. C’est voler ceux qui travaillent et payent des impôts.

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