[VIVE LA FRANCE] Raphèle-lès-Arles célèbre son clocher et ses bergers

Dimanche 4 janvier, ce village d'Arles célébrait à la fois ses traditions et la ferveur locales
@Wikimedia commons
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Dimanche dernier, le 4 janvier, l’église de Raphèle-les-Arles (village de la commune d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône) bénissait son nouveau clocher et accueillait la traditionnelle messe des bergers. Détruit par la foudre en 2023, le clocher de l’église Saint-Genest a retrouvé sa superbe après d’importants travaux de rénovation que la paroisse a pu fêter pendant la messe des bergers : un événement traditionnel que l’église accueille chaque année depuis 1949.

Une église chargée d’Histoire

Si elle n’est pas très ancienne, ni d’un intérêt architectural exceptionnel, cette église de Raphèle-les-Arles constitue un morceau de l’Histoire de France et une belle preuve de la foi de ses paroissiens. Le site du patrimoine de la ville d’Arles indique même que ce sont les habitants et paroissiens qui sont à l’origine de la construction de leur église, en la demandant avec des pétitions, entre 1837 et 1841, auprès du maire d’Arles et de l’archevêque d’Aix. Un paroissien de Raphèle donna même le terrain pour y bâtir la future église.

Mais 1848 marque le retour de la République et les paroissiens de Raphèle ont bien cru que leur église ne verrait jamais le jour : « C'était pour la réussite de l'entreprise, autant que nous pûmes le prévoir, le plus grand de tous les obstacles à ce que nous crûmes alors. Car comment oser présumer que les républicains voulussent bâtir des églises ? Eux qui avaient les mêmes principes et les mêmes prétentions que ceux qui les avaient démolies en 1793 ! », rapporte l'auteur du document, Max Daniel, en citant un texte manuscrit anonyme. L’auteur raconte que, la politique de la ville d’Arles n’étant pas la même que celle de la capitale, le marquis de Grille, alors maire d’Arles, permit la construction de l’église de Raphèle le 5 août 1850. Les travaux furent lancés. Des habitants, des paroissiens, des membres d’anciennes confréries de pénitents firent dons, qui de terrains pour le presbytère et le cimetière, qui de mobilier ou d’ornements liturgiques, qui de statues, de tableaux et de chandeliers. En 1859, six ans après la construction de l’église Saint-Genest, le village de Raphèle eut son clocher couronné de la croix de Malte.

Un clocher chahuté

Pourtant, celle qui dominait l’église de Raphèle n’était déjà plus celle de 1859 : le clocher fragilisé par la foudre en 1907 et 1909 était tombé en 1922 et avait déjà été restauré en 1939. La Provence explique que la foudre, tombée sur le clocher en juin 2023, n’a pas que fait choir la croix, l’« événement [est] responsable de nombreux dégâts, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’édifice ». Le journal local rapporte qu’en plus du remontage du clocher, des fissures, notamment, ont dû être traitées et que ces travaux d’importance ont nécessité un budget de 95.000 euros alloué par la municipalité et « financés à 70 % par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône et à 30 % par la v+ille ». Heureusement, le journal local précise qu'un paratonnerre a bien été prévu dans les travaux de rénovation !

La Fête des bergers : un héritage de la ferveur locale

Les travaux terminés fin décembre 2025 ont pu être dignement fêtés par les paroissiens et habitants lors de la 76e édition de la messe des bergers organisée par l'association « Les Amis de Saint-Genest ». Arlésiennes, tambourinaires, bergers, élus, accompagnés d’ânes, d’agneaux et de chevaux traversent le village en procession jusqu’à l’église où la messe en provençal a été dite, où bergers et troupeaux ont été bénis et où a retenti la Prego di Pastre en lengo nostro - la prière du berger en langue provençale - récitée par un berger à la retraite, rapporte La Provence.

Sur le site de la ville d’Arles, Rémy Benson, un éleveur dont la première Fête des bergers remontait à ses seize ans, témoigne : « Cette tradition fait partie de notre histoire, […] la perpétuer, c’est respecter ce qui a été fait par les anciens. » Cette année, c’est non seulement le travail mais aussi la foi de leurs anciens qui a été respectés à Raphèle, puisque le clocher a été béni avec les moutons.

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Nos anciens avaient réussi à se débarrasser des loups et nos campagnes ont vécu paisiblement pendant des dizaines d’années sans ces prédateurs dangereux pour l’homme et ses enfants. Grace à quelques écolos bobos qui hantent les ministères Parisiens et qui ne savent même pas ce qu’est un mouton , les loups sont de retour et c’est encore Nicolas qui paye pour ces bêtises.
    Quelques illuminés ont réussi à faire croire que les loups et les ours sont bons pour la nature. La nature se passait très bien des loups et les moutons aussi . D’autres prédateurs moins dangereux se sont chargés de l’équilibre des éco-systèmes On peut facilement se débarrasser des loups, mais les technocrates sont une race qui s’autogénère , comme les rats ! Il sera difficile de les empêcher de se reproduire et de nuire!. Une solution? On pourrait créer des réserves et on y conserverait les loups et les ours sous la garde des technocrates qui les adorent. A Lerte

    • @A.Lerte : « On pourrait créer des réserves et on y conserverait les loups et les ours ». Et pourquoi pas y mettre également tous ceux qui n’ont toujours pas compris comment fonctionne la nature. Autre possibilité, les envoyer en stage de 1 an dans les pays ou les loups vivent paisiblement en compagnie des hommes et des troupeaux. Certains commenceraient peut être à comprendre ce que veut dire le mot « équilibre ».

      • bonjour Bergamote; Quels sont les pays ou les loups vivent paisiblement avec les hommes et les troupeaux? cela m’intéresse! A part dans les contes de fées, Je n’en connais pas! Par contre, étant fils d’éleveur de moutons, je sais que mes ancêtres se passaient très bien des loups et des ours. Et l’équilibre s’était fait naturellement car la nature est la plus forte. Faut il regretter aussi la disparition des tyrannosaures? Merci de me donner des précisions sur vos sources. A Lerte

  2. Les traditions chez nous sont bien vivantes,et par dessus tout ce sont les jeunes qui les font vivre! Il suffit d’assister a la fête du riz des olives,aux abrivades,etc .pour voir des jeunes en habit danser et chanter au son des fifres et des tambourins…

  3. J’adore, moi qui suis originaire de Paris juste après guerre mais que ne peut plus moralement mettre les pieds dans la capitale tellement qu’elle a changé en mal, je suis en extase de voir que dans les provinces les traditions perdurent.

    • @Olaf : « mais que ne peut plus moralement mettre les pieds dans la capitale tellement qu’elle a changé en mal ». Et moi ce n’est pas moralement c’est physiquement. La dernière fois, par obligation, que j’ai du y mettre les pieds (il y a 10 ans), j’ai compris ce que voulait dire avoir des envies de « meurtres »… dieu merci je n’ai pas loupé mon train pour le retour dans mon paradis.

  4. je me rejouis que cette tradition ait pu avoir lieu sans l’attaque de laïcards enragés ou autres islamo-gauchos bobos

  5. Emblidaz pas la Prego di Pastre en lengo nostre : » Oh beu Bon Dieu, baïle di s’astre ! / Que sies naissuentre li pastre ! / » L’Occitan est une des langues de France qui en font la richesse et la culture.

      • Le provençal n’est-il pas un des rameaux de l’Occitan (ex partibus occitaniae) ? Comme le sont le gascon, le béarnais, la languedocien, le rouergat ? (v. le dictionnaire d’Alibert).

      • Et le Provençal est la forme d’occitan parlée en — Provence. Je ne comprends pas le désir d’entretenir des divisions à l’intérieur de la lenga nostra. Cette division fait le bonheur de nos adversaires.

      • @Ray1349 : et quelle importance! Une langue régionale est toujours empreinte d’une autre langue, raison pour laquelle il y a des similitudes entre elles et pas qu’en France, les peuples bougent depuis des siècles et pas seulement avec leurs valises…

  6. En 1850, les bergers avaient bien de la chance, les loups avaient été exterminés.
    Nous avons oublié pourquoi nos ancêtres avaient exterminé ce prédateur, on en paie le prix par les massacre de bétail, et on en paiera le prix fort un jour ou l’autre avec des enfants tués.

    • @Reney : « En 1850, les bergers avaient bien de la chance, les loups avaient été exterminés. » Allez raconter ça aux autorités responsables du parc national de Yellowstone (USA). La bas aussi, pour faire plaisir aux chasseurs de bisons entre autre, ils avaient exterminé tous les loups. Devant les dégâts induits à la faune et à la flore, dus aux déséquilibres engendrés, ils se sont empressés, après moult interrogations et études sur la décrépitude des lieus et après en avoir compris les raisons, de réintroduire les loups…mais 70 ans plus tard. Les traces de leur folie sont encore visibles.

      • Vous avez du retard dans les études. Il est maintenant démontré que les écologistes ont construit à Yellowstone un mythe « du loup indispensable » basé sur des données fausses.

        A lire : Une analyse erronée invalide l’affirmation d’une forte cascade trophique à Yellowstone après la réintroduction du loup : un commentaire sur Ripple et al. (2025) », par Daniel R. MacNulty, David Cooper, Michael Procko et TJ Clark-Wolf, 13 octobre 2025, Global Ecology and Conservation .

  7. Merci pour cet article! J’ignorais cette histoire alors que ce quartier d’Arles ( village de Raphele que je connais bien)est a peine 1/4 h de chez moi dans les alpilles..vous ,de la capitale avez aiguisé ma
    curiosité ..a moins que notre région vous soit chère aussi!

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