[VUE D’ARGENTINE] Une année 2025 qui s’annonce chaude
Le calendrier électoral argentin ressemble à celui des États-Unis. L’élection présidentielle a lieu tous les quatre ans, et tous les deux ans se tiennent les élections de mi-mandat qui renouvellent une partie du Sénat et de la Chambre basse. L’activité des années impaires est donc toujours intense et 2025, année de mi-mandat, s’annonce particulièrement chaude.
Le lecteur nous pardonnera de revenir un peu sur la préhistoire argentine, c’est-à-dire la période pré-Milei. Plus concrètement le deuxième semestre 2023. En cet an de grâce kirchneriste, le président sortant M. Alberto Fernández, obéissant aux ordres de sa vice-présidente Cristina Kirchner, avait quasiment délégué le pouvoir au candidat présidentiel et ministre de l’Économie improvisé, M. Sergio Massa.
À l'automne 2023, une inflation annuelle de... 142 % !
Celui-ci, cadre relativement jeune de la mouvance péroniste, dépourvu de tout scrupule, avait organisé la campagne dans le style « ça passe ou ça casse ». Autrement dit, il fallait déployer toutes les actions les plus démagogiques pour éventuellement arriver au pouvoir ou, à défaut, miner le terrain du futur président de manière à limiter sa durée de vie à quelques mois. Ce bel élan de patriotisme désintéressé prit le nom de « Plan platita », en français « Plan petits sous ». Sans entrer dans les détails, il s’agissait d’inonder le pays de pesos et de les distribuer le plus rapidement possible, tout cela, bien sûr, basé sur une accélération foudroyante de la planche à billets. À la fin octobre, date des élections, l’inflation n’était encore que de 8,3 % par mois, inflation annuelle 142 % … mais le bon peuple avait les poches bien remplies de beaucoup de billets dont la plus haute dénomination flirtait avec les trois euros… La suite est connue : Javier Milei gagne les élections par 55 % des voix. À son avènement en décembre 2023, l’inflation des prix de gros se situera à 54 %, la pauvreté grimpera, en janvier 2024, à 52 %. Malheureusement pour l’auteur du plan, l’explosion n’est pas suffisante et le nouveau président met immédiatement en place un programme de déminage étrangement efficace pour garantir sa survie politique.
L’année 2025 se présente de tout autre manière
Du jamais-vu, en Argentine. Javier Milei ne veut pas lâcher le moindre sou. Il a les yeux fixés sur le sacro-saint excédent fiscal. Tant pis si le bon peuple ne sait pas vraiment de quoi il s’agit. Qu’il se console en savourant les chiffres de l’inflation, l’ordre de la rue, la chute de la pauvreté et la baisse de l’insécurité (pour exemple, à Rosario, ville équivalente à Marseille, entre 2023 et 2024, le nombre d’homicides est passé de 259 à 90).
Certes, ces chiffres sont loin d’être suffisants pour contenter tout le monde. Certaines classes de la population sont très mal loties. Les retraités en sont un bon exemple. Ce devrait être une priorité, sauf que grâce à la gabegie insolente des précédents gouvernements, sur 7,14 millions de retraités et bénéficiaires de pension, seulement 40 % peuvent faire état de trente années d’apports. Dans ces conditions, il est très difficile de corriger substantiellement le système. Cependant, l’opposition, oubliant rapidement les causes et surtout l’identité des incendiaires, a foncé dans la brèche et a formé avec d’autres groupes à l’Assemblée un mouvement pour passer des lois sociales » améliorant » considérablement le sort de ces pauvres gens. Les gouverneurs, jamais en retard pour faire de la démagogie et sans aucun souci du financement nécessaire, se sont joyeusement ralliés aux sénateurs, si bien que les lois sont passées à la Chambre et au Sénat pour la grande fureur de Milei qui va opposer son veto. Cela n’a pas été facile et nous épargnerons par pudeur au lecteur les lyriques envolées des députés déchaînés s’étripant allègrement sans le moindre souci de cohérence.
Objectif : indigner la « bien-pensance »
Il faut reconnaître que le président a contribué au florilège d’épithètes pour les « babouins », sans grand sens de la mesure, ne serait-ce par l’égard dû à ces pauvres quadrumanes. Ou, plutôt, il a délibérément construit une mise en scène dont il est l’acteur principal et dont l’objectif est d’indigner la « bien-pensance ». Sous d’autres latitudes, il est de bon ton de communiquer avec élégance, un brin d’arrogance, un révérend respect de la sensibilité de la presse de gauche et, parallèlement, un mépris des réalités. Ici, on va droit au but. On fonce sur les journalistes que l’on traite de « vendus, mercenaires du micro que l’on ne hait pas suffisamment », sur les députés qui sont des « imbéciles,
irresponsables, dégénérés fiscaux », sur le Sénat qui est un « immonde nid de rats », sur le gouverneur de la province de Buenos Aires qui est, suivant l’inspiration du moment, soit « un nain soviétique », soit le « tsar de la pauvreté », etc.
Pendant ce temps-là, Javier Milei observe avec une joie contenue la guerre commerciale entre Trump et Lula. Il négocie parallèlement en utilisant un autre langage. C’est sa manière à lui de faire de « l’en même temps ».
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26 commentaires
Trump, Milei, ont renversé la table. Ils ont compris que rien ne pouvait changer si l’on acceptait le statut quo de l’Etat de droit, qui a oublié le citoyen pour devenir l’Etat des droits de l’homme. Cette évolution frappe d’obsolescence toutes les micromesures, tous les délicates glissades de curseurs économiques ou sociaux, toutes les condamnations, les plus-jamais-ça, tous les inutiles débats qui constatent l’évidence, qui enfoncent des portes ouvertes. Je ne suis pas sûr que la planète brûle (elle l’a fait tant de fois depuis le big bang!) mais je suis sûr que la France sombre, et elle ira par le fond si elle ne trouve pas l’homme/la femme de la purge!
Je souscris à la suggestion ci dessous signée BreizhAtao à 11h20.
Bon dimanche.
J Milei ne peut représenter pour nous qu’une volonté déterminée
ce qu’il a fait et fait dans son pays est impossible en France en raison de la structure de nos institutions
et pour changer nos institutions, il faut déjà que ceux que nous soutenons arrivent au pouvoir
quant on lie YAYA, on voit bien que ça relève de l’impossible. Ce contributeur raisonne dans le système imposé et s’en accomode même s’il n’a pas été de ceux qui ont porté macron au pouvoir
sauf mauvais calculs, en votant ZEMMOUR, c’était obligatoirement porter macron au pouvoir et l’y maintenir
macron n’est à la tête de l’état que par ces raisonnements et cette idiotie qui consiste à dire en France, au 1er tour on choisit, au 2ème on élimine.
C’est dès le premier tour qu’il faudra renverser la table, sinon, les mêmes causes produisant les mêmes effets……on aura toujours un « tiède » à la tête du pays puisqu’il sera encore et toujours le meilleur déniminateur commun pour le plus grand nombre
il n’y a qu’en votant pour le plus représentatif à droite (même si on n’est pas d’accord avec ses idées) et dès le 1er tour, qu’on aura une petite chance de renverser la table et changer de système
et si ça ne passe pas au 1er tour, on reproduire toujours la même chose au 2ème tour et on aura « un macroniste », même un peu revu et corrigé.
Je suis absolument d’accord avec vous.
Milei, Méloni, à quand un équivalent pour redresser les comptes français et diviser par 2 minimum le nombre de Sénateur et des députés à l’Assemblée Nationale
Mélenchon son idole était Chavez qui a ruiné son pays mais pas sa famille ni ses proches grâce au pétrole
Tiens, c’est curieux, cela. 60% des retraités n’auraient pas cotisé, donc vivent seulement aux frais de l’Etat, si j’ai bien compris. Pendant ce temps, en France, on s’étripe sur la durée de cotisation, donc sans trop se soucier de ce que cela coûte aux caisses!
A votre réflexion je pense que vous êtes salarié et que vous haïssez les retraités qui, si j’ai bien compris, vivraient au crochet de l’Etat et donc du contribuable.
Alors, j’espère que vous êtes assez jeune pour voir votre rêve devenir réalité et voir supprimer la retraite par répartition pour la remplacer par une retraite par capitalisation. Ainsi au prochain krach boursier identique à celui de 2008 (qui ne saurait tarder) vous vous retrouverez avec … zéro. Tout comme des millions d’américains, fonctionnaires municipaux compris. Et à ce moment vous comprendrez à quel point cette retraite par répartition était bien et supportable dans le budget de l’Etat à condition de ne plus financer l’étranger avec l’argent des français.
En octobre nouvelles élections en Argentine , si le bon Peuple Argentin est contant de l’action de Milei , il saura le faire savoir , dans l’inverse aussi . Comme au champ de tir il faut attendre la phrase cruciale : » Aux résultats «
Décrié par nos politiques bien pensants et dispendieux ainsi que par son opposition sortie du même moule, Milei à montré au monde qu’il était possible de remettre une économie foireuse sur les rails. Certes il y a quelques dégâts collatéraux qu’il parviendra à résorber si on lui en laisse le temps, mais globalement il a eu raison d’y aller à la tronçonneuse.
Espérons qu’il passera victorieusement le cap de ces partielles et qu’il pourra continuer à redresser son pays.
Chez nous, on ferait bien de s’en inspirer plutôt que de continuer à persécuter ceux qui travaillent et paient déjà trop d’impôts pour nourrir ceux qui ne savent que téter nos finances.
Messieurs qui avez le pouvoir, agissez avec courage, ça vous changera.
« Milei à montré au monde qu’il était possible de remettre une économie foireuse sur les rails. » Tout comme Pinochet l’avait fait au Chili.
Comment chez nous nos gouvernants pourraient-ils changer les choses, vu que ce sont eux les premiers à téter….et qu’ils ont de plus en plus soif…
Alors le courage….!?!?!?
Sergio Massa me rappelle un peut Mr Massa, tout est bon pour s’assurer un pouvoir durable. Une technique éprouvée a gauche.
A quand un Milei en France, plutôt que des mous du genou
Zemmour ? De Villiers ? Knafo ? et quelques autres.
Mais il faut pouvoir dégager les nuisibles du CC et du CE et quelques autres sans doute.
De Villiers, oui. Les deux autres, non, des parloteurs narcissiques.
Qu’ils s’unissent, fassent un Front Souverainiste, et la France sera sauvée.
Dés que les 18,8 millions de Français qui ont réélu Macron seront saisis d’un éclair de lucidité. Pour autant que l’on puisse considérer ça comme une attente réaliste.
Il fallait bien se résoudre à ré-élire EM quand on ne voulait, ni de ML, ni du Front populaire !
Suite à JdesSDaules :
J’étais dans les 7% de Zemmour, au premier tour …. (rire)
Ils utilisent toujours le même ressort qui n’est pas prêt de se casser : faire barrage (merci les castors) aux bruits des bottes (même si ça relève de l’imaginaire collectif car evidemment ils savent pertinemment que ça n’est pas possible mais ça marche tellement bien alors on recommence encore et encore
Les grandes économies dans notre pays sont à faire dans le social qui a plombé Notre France d’antan !
Plombé, certes, mais surtout le social sert à acheter les votes. Donc pas touche.
Avant de penser au social il faut initier de la relance économique pour créer de la prospérité. C’est ce que fait Milei. Il est dans le vrai. Mais en France, il est pris pour un fou par une majorité de français même à droite. Cela montre à quel point nous sommes soumis à l’Etat providence comme un peuple avachi. L’Etat providence nous a aseptisé et rendu d’une faiblesse mentale auto-destructrice.
« Le gouvernement annonce verser près de 150 milliards d’euros par an pour aider les entreprises en difficulté. » Etat providence en effet…
@Cyrano24
Raskasse propose de faire « de grandes économies dans le social ».
Pourquoi faudrait-il attendre ?
250 en fait.