10 septembre : des appels à bloquer la France qui posent question

Cet appel emprunte à la gauche syndicale pour ses revendications et aux gilets jaunes de gauche pour ses méthodes.
Capture écran mobilisation10septembre.blog
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Une fois n’est pas coutume : toute la presse, de droite comme de gauche, tombe d’accord pour se poser la même question. « "Un arrêt total et illimité du pays" : c’est quoi, ce mouvement qui appelle à bloquer la France "à partir du 10 septembre" ? » On trouve peu ou prou ce même titre dans Le Parisien, 20 Minutes, L’Humanité ou encore La Voix du Nord. La même question est posée aussi, formulée à peine différemment, par Le Figaro, Nice Matin et Le Courrier picard.

Des revendications très « syndicales »

Au-delà de cet unanimisme provoqué avant tout par l’anonymat des auteurs de ces appels, et même si l'opération a été relayée par des sites patriotes, comme AuBonTouiteFrançais, il est intéressant d’observer que L’Humanité et Le Figaro s’accordent aussi à constater que les revendications exprimées empruntent au répertoire de gauche.

Qu'en est-il ? Le site mobilisation10septembre fédérant les initiateurs de l’appel au blocage liste cinq attentes :
- un réinvestissement massif dans les services publics : santé, éducation, transports, justice » ;
- l’arrêt immédiat des suppressions de postes et des logiques comptables inhumaines » ;
- un système de santé accessible à toutes et tous, sans franchises injustes » ;
- le maintien de tous les jours fériés et des droits sociaux conquis »
- la revalorisation des retraites, minimas sociaux et salaires, indexée sur la vie réelle ».

Ces revendications sont autant de réactions au « plan Bayrou » pour le budget, auquel il est reproché son « absence d’investissement dans les salaires, les retraites et les services publics, la suppression de 3.000 postes supprimés, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois, les économies sur la santé, la suppression de deux jours fériés et la non-revalorisation des aides et pensions ».
En conclusion, les « bloqueurs » s’adressent aux politiques, affirmant ne pas vouloir « gérer leur crise » mais vouloir « changer de cap. Pour de bon. Avec et pour le peuple. Pas contre lui », et appelant les députés à « voter la motion de censure contre ce plan injuste et dangereux ».

Gilets jaunes de gauche ?

Si le langage revendicatif semble tout droit sorti d’un tract CFDT, voire CGT ou SUD, l’anonymat des auteurs interroge, et bien plus encore les modes d’action qu’ils proposent. Le premier est le boycott, le site appelant à « ne plus acheter dans les grandes surfaces, à retirer son argent des grandes banques et à refuser de consommer ce qui alimente le système (essence, fast fashion, plates-formes numériques prédatrices de type Uber ou Deliveroo ». Mais il est aussi proposé de « cesser de travailler dans la mesure du possible ». Aux plus courageux (ou suicidaires), il est proposé de « ne plus valider ses tickets de transport, retarder ses impôts symboliquement pour dénoncer leur usage injuste… à organiser juridiquement » (sic) et, enfin, de « soutenir les circuits courts ».

Viennent ensuite des actions de désobéissance civile, qui vont du non-zèle dans les démarches administratives à des opérations de blocages ciblées de lieux symboliques. Enfin, sous le titre « solidarité citoyenne » sont listées toutes sortes d’initiatives permettant d’organiser le mouvement dans un esprit « intersyndical » avec un objectif de « convergence des luttes ».

On comprend, dès lors, la perplexité et la méfiance générales que provoque une initiative qui semble s’inspirer des gilets jaunes (phase deux, après leur récupération par la gauche), mais avec des modes d’action nouveaux, cherchant visiblement à éviter les grandes manifestations qui avaient débouché sur des violences déclenchées par des Black Blocs puis instrumentalisées par le pouvoir.

Les Gueux disent non

Joint par BV, Alexandre Jardin a précisé que « les Gueux ne participent pas à cette initiative », qu’il n’a « pas été contacté par ses auteurs » et ne peut donc « pas soutenir un mouvement qui reste anonyme ». Estimant que « toute la France n'est pas forcément prête à faire la révolution », il pense cependant que « toute la France n'a pas envie de payer sa facture d'électricité double » et qu’il faut donc se focaliser sur du concret, « cause après cause ». Les Gueux et les organisations les rejoignant travaillent donc actuellement sur leur propre agenda. « Fin août, on va faire un premier blocage pour demander un moratoire et la non-publication de la loi sur l'énergie », précise Alexandre Jardin, qui compte laisser, ensuite, un mois aux politiques pour prendre position, « et s'ils ne le font pas, là, les blocages du pays seront beaucoup plus forts à partir du 27 septembre ». La rentrée s’annonce d’ores et déjà sportive.

Vos commentaires

115 commentaires

  1. A confirmer mais le style ne me semble pas celui de la CGT beaucoup plus virulent:LGBT, antifasciste, haineux, inclusif, antitout…C’est peut être démocratique, évitons d’être aussi sectaires et intolérants que l’extrême gauche.

    • Les Gilets Jaunes, au début, étaient démocratiques avant de se faire infiltrer par les blacks blocs qui ont rendu le mouvement violent et illégitime. Même si le point de départ est spontané et sincère, vous pouvez compter sur l’extrême gauche pour tout pourrir et tout flanquer par terre … à la grande joie de Macron qui apparaitra comme le sauveur de la France sans avoir à lever le petit doigt.

      • Je suis d’accord avec vous d’autant que j’en ai déjà parlé ici
        Je me méfie de la patte des syndicats, pas forcément du côté des travailleurs et des Français en général, on sait de quel côté ils sont !!!

  2. Blocage du pays ? Pas de transports, plus de carburants, usines, bureaux, magasins, fermés (pas de salaires), pas d’écoles ni de moyens pour faire garder les enfants, grandes surfaces alimentaires non approvisionnées. Qui va souffrir de ce blocage ? Croyez-vous que ce sont ceux qui vont l’organiser, patrons de syndicats gavés de subventions payés par les cotisations des travailleurs ? Les chefs, permanents des partis, payés par les adhérents ? les politique, payés par les impôts de ceux à qui il demandent de cesser le travail et de ne pas être payé ? Comme les enfants d’Hamelin, les gogos suivent les joueurs de flûte, incapables de comprendre que ce qu’on leur propose les emmènent vers la noyade. Car on leur fait croire que le meilleur moyen de sortir la France de son marasme économique, c’est de tout bloquer, elle s’en sortira beaucoup mieux après… quelle subtilité ! Et en fin de compte, si on en est là… Qui a réelu Macron ? Qui a préféré voter LFI pour ne pas que le RN puisse avoir une majorité ? « Les Dieux se rient des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

    • A bien y réfléchir, qui pourrait répondre à un tel appel ? Sûrement pas le privé, ou alors très ponctuellement. On va retrouver les trublions habituels poussés par les syndicats historiques, CGT & Co. On aura droit à la grève de la SNCF, de la RATP, EDF, l’éducation nationale, bref … tous ceux qui sont gavés de subventions, les autres savent bien que s’ils veulent faire bouillir la marmite, il faut aller au charbon. Dans le pire des cas, le privé peut emboiter le pas avec le transport aérien et surtout le transport routier et là ça commence à faire paniquer, car cela signifie plus de carburant et plus d’approvisionnement des grandes surfaces. Il pourrait y avoir également des manifestations type gilets jaunes avec la corrida dominicale sur les Champs Élysées et la casse habituelle. Rien de nouveau sous le soleil, mais ça commence à bien faire et surtout à coûter un pognon dingue, comme dirait l’actuel locataire de l’Élysée.

  3. On nous prend vraiment pour des … idiots (il y avait un autre mot qui convenait mieux, je me suis autocensuré). On va nous expliquer que dans la France actuelle où le moindre clic de souris sur internet, la géolocalisation de vos portables permet de nous localiser au mètre près, à la seconde près, où chaque lien consulté est analysé, catalogué, classifié, algorithmé, où le moindre achat effectué par carte de crédit est fliqué, on ignore qui est derrière cette campagne ? Ah oui ? Eh bien, je n’y crois pas un seul instant. En tout cas, le style utilisé évoque plus celui des milices d’extrême gauche, que celui des scouts de France. Mais tout le monde peut se tromper …

  4. Bloquer la France, pourquoi ? Soit pour faire sauter MACRON, soit pour lui faciliter l’accession à l’article 16 de la constitution !…

  5. Ça pue l’extrême gauche escrologiste à plein nez avec un maquillage gilets jaunes de surface, c’est une pastèque jaune !!! M. Jardin a bien raison de s’en méfier.

    • Dans l’article que j’avais lu il y a quelques jours, il n’était pas question des syndicats, qui se sont donc glissés dans la brèche !!! Quand il s’agit de récupération ils ne sont jamais très loin et un mouvement avec les syndicats que décidément je ne peux encaisser, ça va tourner au vinaigre, ils sont très forts pour « pourrir » un mouvement !!!

  6. Le blocage du pays pour faire sauter entre autre les privilèges des élus avec effet rétroactif pour les anciens présidents et refonder une nouvelle République pour que les français reprennent en main leur avenir est nécessaire mais surtout il ne faut pas laisser les syndicats récupérer le mouvement, ils sont tous noyautés et vivent eux aussi à nos dépends…

  7. Serait-ce que le loup LFI et l’affreux qui le dirige sortiraient du bois et tenteraient d’établir par la force gréviste une 6ème république factice et fantoche mais révolutionnaire ?

  8. Ça pue le LFI à plein nez ce genre d’appel à la mobilisation. Les spécialistes de la bordélisation et de la révolution en carton dans toute leur splendeur.

  9. Merci de bien préciser la « récup » des gilets jaunes par les gauchistes après leur matraquage par macron et ses sbires.Oui, A. JARDIN a raison, luttons contre les factures d’énergie, les français en ont marre des conneries de macron en matière de politique étrangère énergétique et de financer l’énergie des autres pays de l’UE.

  10. Puisque leur appel est un coup de force, interdiction total de cette grève. Que le gouvernement utilise la force. On verra qui se drapera de l’écharpe de l’Assemblée Nationale.

  11. Cette initiative porte un parfum de sédition de la gauche révolutionnaire qui rêve de son grand soir. Heureusement, à un grand buzz sur les réseaux sociaux ne correspond pas forcément une mobilisation importante dans le réel.

    • « anonyme », rien n’est anonyme depuis des décennies. J’y vois plutot une main invisible des officines macronistes pour gérer le peuple une fois de plus par la peur !

      • La question de savoir est qui est manipulé par qui. Pas facile de s’y retrouver dans ce sac de nœuds qu’est devenue la France.

  12. Les ‘élites’ méprisent les Français, les sondages et les votes. L’Assemblée nationale et les diverses institutions ne les représentent pas. Il faut donc s’attendre à d’autres formes d’expression des mécontentements. A Jardin a raison d’être méfiant car tout mouvement apolitique issu de la France profonde est vite et habilement noyauté par l’extrême gauche. C’est ce qui a discrédité les Gilets jaunes.

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