Alger va débattre d’une loi criminalisant la colonisation française
Dimanche 21 décembre, l’Assemblée populaire algérienne débattra une proposition de loi criminalisant la colonisation française. « Le texte impose également que l’État algérien ne conclue aucun accord avec la France tant que les conditions de reconnaissance des crimes coloniaux ne sont pas réunies », rapporte l'agence de presse turque Anadolu Ajansi. Le vote sera ensuite soumis aux votes algériens le 24 décembre prochain. Les relations franco-algériennes semblent n’avoir jamais été aussi mal, mais comment reprocher au gouvernement de Tebboune de s’engouffrer dans la porte laissée béante par Emmanuel Macron ?
Après la repentance, l'auto-procès ?
En février 2017, alors en pleine campagne présidentielle, le candidat Macron s’était rendu en Algérie sur l’invitation de Tebboune. Là, rappelle l’INA, à la télévision algérienne, celui qui deviendrait Président avait déclaré, au sujet de la colonisation française, que « c'est un crime. C'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. » La proposition de loi sur la criminalisation du colonialisme français que devrait voter l’Algérie, dimanche, ne fait qu’emboîter le pas du Président Macron : après la reconnaissance et le mea culpa médiatique, Alger veut une reconnaissance politique, diplomatique, juridique et financière. En effet, comme l’explique l’Algérie aujourd’hui, « loin d’être un simple texte symbolique, ce dernier qualifie la colonisation de crime d’État, tout en exigeant reconnaissance, excuses et réparations ». Parce que c’est bien de cela qu’il est encore question : repentance et victimisation ! Et si notre Président avait fait le choix de donner raison à l’Algérie, pour le média El Moudjahid, « cette démarche, empreinte de fermeté et de détermination, a été lancée en mars 2025 par la chambre basse du Parlement dans un contexte d’attaques et de surenchères récurrentes du courant de l’extrême droite française contre l’Algérie ».
Un nouveau moyen de coercition contre la France
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement algérien tente de légiférer sur le sujet : en 1984, d’abord, puis en 2001, 2005, 2006, 2017, 2020 et 2021, rappelle le média Anadolu Ajansi. Comment ne pas voir dans le retour de cette proposition de loi un nouveau moyen de coercition de la part d’Alger ? D’ailleurs, le média algérien Horizons DZ insiste : « Dans un contexte où Paris continue de refuser toute reconnaissance claire de ses responsabilités, ce projet de loi incarne une volonté souveraine de clore les blessures du passé non par la vengeance mais par le droit. Le texte tient à rappeler de prime abord que l’agression française contre l’Algérie fut considérée comme le point de départ d’un "projet colonial systématique", raciste, ayant duré plus de 132 ans. » Horizons DZ, qui dit avoir pu se procurer la proposition de loi, détaille avec minutie ce que l’Algérie reproche à la France et ce qu’elle attend d’elle : en bref, une autocritique et des excuses officielles assorties de réparations et de dédommagements. Si la France est sur le banc des accusés, elle n’est pas la seule : tous ceux qui seront suspectés d’un tant soit peu de complaisance au sujet de la colonisation française en Algérie seront sanctionnés : « La proposition prévoit également des peines de prison et des amendes conséquentes pour quiconque s’aventurerait à glorifier la colonisation ou à dénigrer des figures de la résistance », rapporte L’Algérie aujourd’hui.
Légiférer sur l'Histoire qui déplaît
En clair, gare à celui qui oserait critiquer le FLN ou reconnaître que la France a doté l’Algérie d’infrastructures, de ports, de réseaux routiers et électriques, par exemple. D’ailleurs - et c’est tout un symbole -, le texte de loi condamne pour haute trahison, rapporte El Moudjahid, « toutes les formes de collaboration des harkis et de ceux qui étaient avec les autorités coloniales contre les diverses formes de lutte et de résistance pour le recouvrement de la souveraineté nationale et l’indépendance du pays ». Mais ce n’est pas tout, rapporte L'Algérie aujourd'hui, « la proposition de loi rappelle que l’Algérie était une nation pleinement souveraine et reconnue sur la scène internationale avant l’agression militaire du 14 juin 1830, une agression qui a marqué le début d’un projet colonial systématique et raciste, prolongé pendant plus d’un siècle ». Autrement dit, l’Algérie s’octroie le droit de façonner l’Histoire à sa convenance, puisque c'est le général Schneider qui donna son nom à l'Algérie en 1838 et que, expliquait Jean Sévillia au Figaro, « le territoire actuel de l'Algérie n'avait, de fait, jamais connu d'unité politique avant la conquête française ». Si la réalité déplaît, il suffirait donc de légiférer ?
Une semaine après que la Kabylie a proclamé son indépendance et sa volonté de se libérer du joug et de la colonisation algériens, voilà Alger qui revient à la charge avec la colonisation française : une façon de se persuader de son unité ? En tout cas, Alger a bien pris garde à inscrire dans sa proposition de loi « l’imprescriptibilité » de ce qu’elle appelle le « crime d’État » français.
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134 commentaires
S’il s’agit de faire un bilan pour répondre à Tebounne, il suffit de mettre en balance :
– D’un côté les piratages barbaresques et la mise en esclavage des milliers de gens enlevés sur les côtes d’Europe et de France qui ont provoqué l’intervention française ; l’inexistence d’un Etat algérien dans ses frontières actuelles et limites floues de l’autorité du Dey d’Alger sur un territoire (qui était une colonie ottomane et non un Etat indépendant) ; le niveau des infrastructures terrestres, sociales, sanitaires et autres de ce territoire au moment de la conquete ; le volume et l’état sanitaire et économique de la population à ce moment-là ;
– Et de l’autre, le niveau de tous ces éléments au moment de l’indépendance : territoire, infrastuctures, population, etc… C’est l’Algérie indépendante qui nous doit des indemnités pour tout ce qu’on lui a laissé et qui en faisait l4Etat le plus moderne et le mieux équipé d’Afrique à son indépendance.
Mais quand va t on réagir ?? Si on commençait par renvoyer tous les indésirables qui sont sur notre sol !!
le dirigeant algérien Tebboune jette sa dernière dose de venin contre la France car il sait que la prochaine échéance présidentielle française, sonnera le glas de toute repentance et autre accusation aberrante du type « crime contre l’humanité » parlant de la colonisation Française.
Et la colonisation arabo-ottomane ?? ils en parlent? Je suis sûr que, pour sauver son alimentation en gaz, notre (soi-disant) président va se coucher. Il ferait mieux de se réconcilier avec la Russie. Ce serait moins néfaste pour les intérêts français.
Excellent !!
Alors la entièrement d’accord avec vous.
Plus le temps passe plus on a l’impression que le non dit s’étoffe. Est-ce que l’ancien otage d’Alger avait vraiment le désir de revenir en France une opportunité réalisé par les Allemands.
Nous savons ce que notre chef de l’état est allé faire en Algérie, une catastrophe, une suite a ce qui se passe a présent, l’Algérie a qu’un doigt a laquer pour que les banlieues descendent dans les rues, tout ce qui se passe est a l’origine de Macron.
Macron a refuser de défiler contre l’antisémitisme, on connait les résultats.
Il faut couper tout liens avec l’Algérie arbitrairement financiers et diplomatiques, plus un visa Français. Les Français sont majoritairement pour.
Quand la France fait la carpette, la tentation est grande de s’y essuyer les pieds.
Et on nous ressasse la menace de la guerre avec la Russie quand l’Algérie se rit de nous. Commençons déjà par supprimer la double nationalité aux délinquants!
Il faudrait que quelqu’un leur mette les points sur les I comme on dit
Qu’on leur présente la facture de toutes les infrastructures payées par les impôts des Français de l’époque,, les routes, hôpitaux, écoles, ports, aéroports et j’en passe,
Qu’on leur présente la facture de tous ceux qui viennent se faire soigner en France et dont les factures ne sont JAMAIS payées
Qu’on leur présente les factures des dommages dus à leurs ressortissants lors d’émeutes et autres
Qu’on leur demande la liste des retraités VRAIMENT ENCORE VIVANT sur leur sol, car marre de payer pour les centenaires bien nombreux , décès non déclaré bien sur
Les médicaments et vaccins ont permis à ces populations de vivre, quand une femme avait x enfants et qu’un seul arrivait à l’âge adulte, à présent, ce sont quasiment tous, d’où le boom démographique, ce qui est valable à toute l’Afrique d’ailleurs
Nous n’avons nullement à nous excuser pour quoique ce soit et à payer pour quoi que ce soit, cela fait 63 ans qu’on paye, ça va à un moment, sans compter ces accords qu’il faudrait dénoncer
Boualem Sansal est certainement interdit de parler pour valider ce beau résultat de la diplomatie impuissante et artificielle de Macron qui bavasse chez la PQR dans les tuyaux sociaux au lieu de montrer les dents…C’est consternant, cette République du mensonge en marche. L’extrême rien au firmament!
J’aimerai faire ravaler a macron son discourt lors de sa visite en Algérie, ce type a été un danger depuis .
totalement
Merci, Monsieur Macron, vos déclarations intempestives mettent la France dans l’embarras. Que reste-t-il à faire ? Contre-attaquer ! Voter une loi justifiant l’action de la France et son droit à se défendre contre la piraterie algéroise, l’esclavage des pirates algérois et les razzias séculaires sur le territoire français par les sarrasins et les barbaresques.
Une loi rétroactive très bien remontons à Charles Martel alors
Ce Charles aurait il un descendant aussi efficace ? car avec la mollesse et l’inadéquation on ira nulle part !!Qui osera mettre les accords de 68 à la poubelle et trouvera d’autres marchés pour le gaz ??
Je ne sais pas s’il a une descendance mais le plus crédible dans l’histoire selon moi c’est Éric ZEMMOUR
« L’Algérie », qu’on le sache, est une « invention » datant d’après 1830…L’on pourra aussi noter, que le marché aux esclaves d’Alger était bien, au préalable, une triste réalité…
Tant qu’à faire, ils pourront faire une loi criminalisant la colonisation Kabyle.
… et, dans la foulée, vont-ils débattre d’une loi criminalisant la colonisation de la Kabylie par les arabes ? Et, pour, la France crilinalisation de l’occupation de la Gaules par les Romains ??? Quant à ce que les Américains ont fait aux Amérindiens…