[ANIMAUX] Le combat animalier de BB ? Une façon d’être « raciste », selon Politis !

Dans une perspective "écoféministe", Myriam Bahaffou s'en prend violemment à Bardot, trop blonde pour être honnête.
(Photo by AFP)
(Photo by AFP)

Ils sont nombreux, à gauche, à avoir sali la mémoire de Brigitte Bardot. Première salve à son décès, deuxième à ses obsèques. On dénonçait avec des airs supérieurs et outrés son « racisme » et son « islamophobie », tout en lui reconnaissant (difficile de faire autrement) son combat en faveur des animaux. Il revenait à Myriam Bahaffou de cracher aussi sur cet aspect de BB. Elle « ne défendait pas les animaux », non ! Elle les « fétichisait », qui plus est par « racisme ».

L’obsession du « racisme »

Le texte de Myriam Bahaffou est publié par Politis. On ne présente plus cette revue de gauche. Quant à Myriam Bahaffou, laissons-la se décrire avec ses mots à elle : « Elle écrit, jouit, enseigne et milite avec les thématiques antispécistes et écologistes depuis une perspective écoféministe, queer et décoloniale ». Nous voilà avertis. Et pourtant… accrochez-vous.

L’engagement d’une vie en faveur des animaux est rayé d’un trait de plume : « la véritable lutte de Bardot était, rappelons-le, le racisme. » Les animaux lui « permettaient de construire un rempart imaginaire entre elle, une femme blanche délicate et altruiste, symbole d’une civilisation, et des barbares sanguinaires et non civilisés ». En résumé, BB « a instrumentalisé la cause animale pour mieux assoir son racisme ».

Autres obsessions : la blancheur et Israël

Le racisme de BB ! Curieusement, c’est un tout autre racisme qui perce et s’épanouit dans ce texte de Politis. Nous venons de lire que BB était « une femme blanche délicate », et ça n’était pas un compliment. Elle est ensuite assimilée à l’une de ces « belles blondes d’antan ». Moquerie dédaigneuse, au mieux. Le contexte en fait une insulte. Rien de ce qui est « blanc » ne trouve grâce aux yeux de l’auteur. Elle fustige les « animalistes blancs » — de mauvais animalistes, on imagine —, met en doute le « véganisme blanc », dénonce le « syndrome du sauveur blanc ». À ce stade-là, une telle obsession devient gênante.

Au passage, Israël se retrouve mêlé à cela. Selon Myriam Bahaffou, ce pays « détient la plus grande "banque de peau" […] approvisionnée par des cadavres de Palestinien∙nes » (sic). Bardot, Netanyahou, même hypocrisie. Le responsable israélien se dit sympathisant des droits des animaux, comme Bardot qui, en réalité, « mangeait des poissons, n’était ni végétarienne, ni végane ». Ne pas être vegan est un crime, mais le « véganisme blanc » est par nature suspect... L'homme blanc, éternel coupable.

Erreurs ou… mensonges ?

La haine de toute blanchité entraîne notre intellectuelle à d’énormes erreurs factuelles — pour ne pas dire à des mensonges. Ainsi, lorsqu’elle écrit que les luttes de Bardot étaient « particulièrement centrées sur les pratiques "barbares" de l’abattage religieux (comprenez : halal) ainsi que sur la pêche perpétrée par ces "sauvages" (comprenez : les autochtones) », Myriam Bahaffou oublie ou laisse délibérément de côté les combats de BB contre la corrida et la chasse à courre, pratiques des plus européocentrées et dont elle demanda continûment l’interdiction. « Un pays qui tolère l’intolérable cruauté de la corrida, s’en divertit, est un pays malade qui sombre dans la barbarie », écrivait l'actrice en 2022.

De même ne tient pas le reproche selon lequel Bardot n’aimait, parmi les animaux, que « les mignons, ceux qui passent en photo, ceux qui sont loin (phoques, éléphants, animaux sauvages) ». Dans les années 70, BB a défendu les bébés phoques, mais à la Garrigue, elle ne s’entourait ni de phoques ni d’éléphants. Son univers était banalement gaulois : « Je vis comme une fermière, avec mes moutons, mes chèvres, mes cochons, ma jument, mon petit âne et ma ponette, tous mes chiens, mes chats. »

Au final, dans sa haine de ce que représente Brigitte Bardot, notre écoféministe décoloniale se retrouve sur la même ligne que certains chasseurs qui ne pardonnaient à BB ses combats et trouvaient dans son « racisme » une raison de plus de les déconsidérer : « derrière ses discours moralisateurs, on n’oublie pas son passé peuplé d’injures raciales abjectes », écrivait un site que Myriam Bahaffou cataloguerait certainement comme viandard et patriarcal… L’intersectionnalité a d’étranges carrefours. Mais qu’importe à Bardot ? Mythique elle était, mythique elle restera.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Ces imbéciles ne pourront jamais s’attribuer la beauté ni l’intelligence de BB. Reposes en paix la belle!

  2. Je ne suis pas connu du public. Alors pour attirer à moi les médias.. la seule solution utiliser les morts .. si je cite une star .. ma notoriété va augmenter ..

  3. Pauvre dame …c’est ridicule ..et sot ..elle doit être moins jolie que notre icône et donc pleine de jalousie et d’envie

  4. En résumé, les masques tombent, nombreux et vite, pour montrer un racisme anti blanc décomplexé et jamais sanctionné pénalement…

  5. Quand on a un tant soit peu d’humanité comment ne pas se reconnaître dans son combat contre l’abattage halal. Cette pratique moyenageuse est d’une sauvagerie inqualifiable. Est ce que ça changerait quelque chose à la foi musulmane que d’en finir avec une tradition désuète et contraire au respect de sensibilité animale.

  6. Bahaffou connais pas inconnu au bataillon, pourquoi s’en soucier, Bahaffou retournera d’où elle vient du néant !

  7. De la part d’une femme quelconque, c’est de la JALOUSIE pure et simple BARDOT était belle, intelligent, et cela ne convient pas aux minables, on peut comprendre.

  8. Myriam Bahaffou, connais pas. Et Brigitte, de là où elle est, elle s’en contrefout de ce que raconte cette inconnue. Elle a sa conscience pour elle et NOUS, on sait tout ce qu’elle a accompli.

  9. On dit même que BB préférait les bergers allemands aux lévriers afghans. Si ce n’est pas du racisme !

  10. On ne devrait ni dire et ni écrire Brigitte Bardot mais Madame Bardot. Un respect bien mérité pour cette grande dame,

  11. Je ne pardonne pas à Bardot d’avoir dit pis que pendre des chasseurs et de les avoir traités de « sous-hommes ». Je ne reconnais pas la réalité du concept de untermenschen. Alors Bardot et ses excès langagiers associés à sa nature de mauvaise mère, ciao et content de ne pas l’avoir connue.

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