Charline Vanhoenacker sur France Inter : le retour du bouc émissaire (avec notre argent)

Ella a jugé que railler, insulter Quentin et ses amis était une bonne idée ! Dire que celui-ci n'est même pas enterré...
© Capture écran - France Inter
© Capture écran - France Inter

Sur France Inter, on a donc ri. Rire - en le calomniant - d’un jeune homme de 23 ans, lynché, pas encore enterré, et de l'hommage qui lui a été rendu, c’est apparemment du « service public ». Charline Vanhoenacker et Frédéric Fromet ont pastiché L’Île aux enfants : « Voici le temps des fachos heureux et des gentils nazis. » Voilà où nous en sommes : un hommage funèbre transformé en sketch.

Ils ne valent pas plus cher que ceux qui ont lancé des œufs sur la marche blanche ou fait des danses de joie grimaçantes sur son parcours. À ceci près qu’eux autres officiaient depuis un studio capitonné, micro doré et salaire assuré — avec l’argent de tous, y compris celui des parents de Quentin. Toute la chaîne hiérarchique a donc jugé cela convenable ? À aucun moment quelqu'un ne s’est dit : « Quand même... il a 23 ans, il vient d’être tué, pensons aux parents, attendons au moins qu’il soit enterré » ? Tout le monde a trouvé cela « drôle ».

Quentin a été décrété « facho ». Peu importe qu’il n’ait aucun casier, qu’il soit venu protéger deux jeunes filles. L’étiquette suffit, elle dispense de l’humanité élémentaire. On l’a classé, on peut le salir. La députée RN Caroline Parmentier demandait, il y a quelques jours, à Delphine Ernotte, dans le cadre de la commission d'enquête sur le service public, si elle n’avait pas honte du traitement de la mort de Quentin par France Télévisions. La question vaut tout autant pour Adèle Van Reeth, directrice de la station.

Décivilisation

Adèle Van Reeth a écrit La Vie ordinaire, méditation sensible sur la maternité à l'aune de la sienne. C’est touchant. Mais la maternité des autres semble moins l'émouvoir. Une mère s’apprête à choisir un costume, des chants, des fleurs, à refermer un cercueil après vingt-trois ans d’amour — et l’on raille. Ceux qui ont perdu un enfant savent : c’est contre-nature. Comme l'avait dit, le jour de l'enterrement, debout dans la nef, à côté du catafalque, le père de Philippine, c'est un laïus de mariage qu'il aurait dû prononcer près de son enfant. Pas un discours d'adieu.

Quentin est devenu, malgré lui, objet politique. Il reste d’abord un drame intime. Notre civilisation, quoi qu’en pensent les donneurs de leçons, honore ses morts. Elle ne jette pas de pierres sur un corps encore chaud. Le philosophe René Girard parlait du mécanisme du bouc émissaire : désigner, charger, expulser. Nous y sommes. Après le lynchage physique, le lynchage moral. C’est si courageux, à plusieurs, derrière un micro.

Charline Vanhoenacker justifie son pastiche par la phrase d’un organisateur : « C’est nous les gentils. » Eh oui, ma chérie, les gentils sont les victimes ; les méchants, les meurtriers. C’est ainsi que l’entend le sens commun. Mais tout se brouille quand l’idéologie sert de boussole. Trois ou quatre énergumènes repérés à la loupe suffisent à disqualifier une marche entière — quand, ailleurs, les Black Blocs sont réputés étrangers aux cortèges qu’ils ravagent.

Même pas surpris

Faut-il s’étonner ? En janvier, sur la même antenne, une chroniqueuse chantait la mort de Jordan Bardella et de Marion Maréchal. Typhus, variole, « on l’achève ». Aussitôt dit, aussitôt fait. Ces épidémies ont disparu, elles ont été remplacées par des coups de pied dans la tête, tout aussi efficaces. Les antifas et France Inter, même combat.

Demain, Quentin sera enterré dans l’intimité familiale. Je pense aux vers de Rudyard Kipling : « Si tu peux supporter d'entendre tes paroles/Travesties par des gueux pour exciter des sots,/Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles [...] Tu seras un homme; mon fils. » Vingt-trois ans, c’est court ; mais ses parents peuvent le dire : tu as été un homme.

On se souvient de cette vieille devise chevaleresque : « Mon âme à Dieu, ma vie à la France, mon cœur aux dames et mon honneur pour moi. »

Quentin a défendu Dieu, son pays et deux jeunes filles en danger au prix de sa vie. Il est le symbole de l’honneur français. Qu’il repose en paix.

 

 

Picture of Gabrielle Cluzel
Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

88 commentaires

  1. Nous en sommes tous là, pas d’Amour, découle pas de respect, pas d’empathie, pas de morale le nouveau dieu c’est l’ARGENT ROI, que voule vous qu’il en reste ?? L’anarchie.

  2. cette niaise dégrade les femmes et je refuse de payer la redevance du service public pour entendre ça!
    d’ailleurs je n’écoute plus et depuis de nombreuses années cette radio de gauchos niais!

  3. L’honneur n’est pas un mot qui peut appartenir au dictionnaire de LFI . Ils sont prêt à tout, jusqu’à soutenir des assassins .
    Ils nous promettent un bel avenir, non de roses mais d’épines.

  4. Transformer la victime en coupable , salir ignoblement le martyr , insulter un mort .Voila l’éthique de ces gens là .

  5. et la ministre de tutelle, elle fait quoi? Vivement que tout ce gouvernement prenne la porte qu’on ai enfin quelqu’un qui prenne les décisions qui s’imposent!

  6. J’espère que l’ersatz qui nous sert d’Arcom sera saisi au nom de la morale et ces pseudos humoristes payé par le contribuable vires manu militari.

  7. Je trouve détestable qu’une personne soi-disant « humoriste », pas drôle, qui n’est pas française se permette de faire des blagues de mauvais goût à l’occasion de la mort ignoble d’un jeune homme ! pourquoi ne sévit-elle pas en Belgique ?

  8. Attendre que Quentin soit enterré aurait été une idée saugrenue. Le sketch n’aurait pas été plus drôle, ni moins odieux. Quel est le délai à partir duquel on peut insulter un mort ? Une fois enterré on peut s’y donner à coeur joie, avant il faut prendre sa température pour voir s’il est encore chaud?
    Il aurait peut être aussi fallu attendre l’enterrement avant de faire de la récupération politique ? Peut être que Mr Arnaud est dans la dignité dans son silence et attend ce moment pour s’exprimer ?
    La vrai victime, c’est Quentin et les gens qui l’ont connu et aimé de son vivant. Tous les français n’ont pas à se victimiser, et encore moins à se décréter « gentil » car victime. Dire que les activistes d’extrême droite sont les gentils et ceux d’extrême gauche les méchants est puéril. L’inverse aussi. Probablement Charline V. en a une certaine conscience quand lui vient l’idée d’associer ce drame à l’île aux enfants ( facilitée par le fait que Quentin 23 ans tout de même, a été volontiers présenté comme un enfant).
    Tous les enfants ne sont gentils et tous les monstres désigné ne sont méchants. Quentin était, d’après ce que j’ai compris une sorte de monstre gentil, un bon cœur sous le masque monstrueux de l’extrême droite ( à la différence de Naël, par exemple, victime d’un tir policier, qui n’était pas pour autant un enfant bien gentil dans la société)

  9. Il y a infraction aux lois : certes une action pénale (sur la base de la loi de 1881, toujours en vigueur) contre ceux qui diffament la victime de cet assassinat, serait juridiquement délicate. Mais, désormais après l’arrêt de la Cour de Cassation (Assemblée plénière, du 12 juillet 2000) la famille pourrait poursuivre tous ces s… en responsabilité civile pour ce méprisable et ignoble dommage.

    • la « Justice », quand elle est faite pour réprimer TOUJOURS les mêmes n’est plus LA justice ! …
      cela devient « une arme de répression massive » contre les opposants ! …
      Les « systèmes » qui sont annexées à cette « justice répressive » qui ne servent que la propagande institutionnalisée conforte encore un peu plus un « pouvoir » qui n’est plus une démocratie ! …
      Ces constats sont applicables en France depuis bien longtemps ! …
      la première « grosse affaire » qui a commencée dans un contexte de « vie privée » alors que cela concernait la plus haute fonction politique de la France : la façon dont Mitterrand a caché sa double vie ! …

      • Je donnais simplement un conseil en tant que technicien du droit. Pour vous répondre : il n’y a plus (depuis 20 ou 30 ans) « la » justice mais une institution éclatée entre juges qui font leur métier selon la loi et les règles… et les autres…

  10. Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas.
    C News est régulièrement condamné parce que des personnes y ont tenus des propos qui le plus souvent sont anodins mais déplaisent à la gauche.
    Le service public n’est jamais condamné.
    Cela s’appelle le privilège rouge.

    • La solution à ce problème est on ne peut plus simple. 1) Privatisation de l’odieux visuel de sévice poubellique et mise à la porte des gauchistes qui y sont. Il ne restera plus grand monde… 2) Suppression de l’Arcom et liberté totale d’expression !

    • C’est d’ailleurs pour cela que Staline puis ses successeurs à la tête de l’URSS n’utilisaient jamais le terme « nazi » mais le terme « fasciste » afin d’éviter que l’on puisse rappeler la filiation entre les deux idéologies.

  11. Chère Gabrielle, ils ne parlent hélas pas la même langue que nous, ces gens du bien, ces gentils… il leur manque vraisemblablement quelques mots bien simples: honneur, compassion, respect , humanité.
    A quoi bon espérer quelque chose de bon de leur part…

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois