Dans Le Monde, une tribune d’artistes et de journalistes contre Charles Alloncle

Certains ont tout intérêt à voir la commission d’enquête sur l'audiovisuel public accoucher d’une souris.
Capture d'écran
Capture d'écran

Ça tangue, à France Télévisions. Alors que la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public approche de son terme, la gauche culturelle sonne le tocsin. Les inquiétudes sont vives quant aux conséquences potentielles des révélations faites, ces dernières semaines, sur le système médiatique d’État. Et si le holà était mis sur les gabegies et les contrats passés entre amis ? Et si des mesures étaient prises pour mettre fin au militantisme idéologique ? Est-ce pour éviter d’en arriver là que des voix s’élèvent actuellement et contestent avec véhémence la légitimité de la fameuse commission d’enquête ?

Ce mardi 10 février, une centaine de « personnalités » ont signé, dans Le Monde, une tribune de soutien à France TV et Radio France. Elles soulignent les qualités exceptionnelles de l’audiovisuel public, son « importance particulière » dans un contexte marqué par « la montée de la désinformation » et « la défiance croissante envers la parole publique ». Sans surprise, les signataires n’envisagent pas un seul instant que cette « désinformation » puisse venir des médias publics eux-mêmes, ni que ceux-ci puissent être en partie responsables de la « défiance » grandissante des Français envers ce qui fait office d’élite. Ils reconnaissent que l’audiovisuel public « doit bien sûr accepter le débat », mais ajoutent immédiatement que ce débat doit se dérouler « le plus loin possible des polémiques partisanes et des arrière-pensées tactiques, électorales et politiciennes ». Et pour nos courageux pétitionnaires, c’est là que le bât blesse.

Haro sur Charles Alloncle

La tribune du Monde met une personne en cause. « Le ton employé lors de ces auditions par le rapporteur, [le député (UDR) de l’Hérault] Charles-Henri Alloncle, nous a profondément choqués, est-il écrit. Ses interventions, caractérisées par une posture de procureur et des mises en cause appuyées ont donné le sentiment d’un glissement préoccupant du pouvoir législatif vers une attitude relevant du pouvoir judiciaire. C’est le principe même de la séparation des pouvoirs qui se trouve fragilisé. » Et les signataires de dénoncer « les méthodes inquisitoriales, diffamatoires et menaçantes » du jeune élu, sa tendance à « instruire à charge » ou à « se substituer à l’autorité judiciaire ». « Il n’est pas conforme à l’esprit de nos institutions », tranchent-ils.

La tribune s’achève sur une demande : que Charles Alloncle fasse preuve d’« exemplarité » dans l’élaboration de ses conclusions. En d’autres termes, que rien ne change à France TV et Radio France ?

La peur du coup de rabot

Qui figure parmi les signataires de cette tribune ? On y trouve bien évidemment quelques éléphants politiques de la gauche française, à commencer par Christiane Taubira, Noël Mamère et Eva Joly. On y croise, également, de nombreux journalistes, chroniqueurs et autres experts de plateau qui, si l’audiovisuel public venait à être privatisé, verraient sans doute leur médiatisation s'estomper et, peut-être, leur train de vie être quelque peu raboté : Laure Adler, Daphné Roulier, l’historien décolonial Pascal Blanchard, le démographe favori de la gauche Hervé Le Bras, l’inénarrable chercheuse Isabelle Veyrat-Masson, etc. Mais ce sont surtout des personnalités issues du monde du cinéma qui ont pris part à cette tribune : réalisateurs, comédiens, producteurs ou scénaristes. On y trouve ainsi Costa-Gavras, Michel Hazanavicius, Agnès Jaoui, Yolande Moreau, François Berléand, Jean-Michel Ribes, Bruno Solo ainsi que Bérénice Bejo.

Pourquoi un tel intérêt du monde du cinéma pour l’audiovisuel public ? Peut-être parce que le premier est financé par le second. Il se trouve en effet que France Télévisions est le deuxième financeur (après Canal+) du cinéma français. Le groupe a signé un accord sur cinq ans (2024-2028) dans lequel il s'engage à investir au moins 80 millions d'euros par an dans les œuvres cinématographiques européennes ou françaises, dont au moins 65 millions d'euros en préfinancement dans au moins 60 films. Un deal qui permet à France TV de diffuser en primeur tous ces chefs-d’œuvre, mais aussi à un écosystème culturel entier de survivre. Il ne fait guère de doute qu’une réforme financière des médias d’État aurait des conséquences sonnantes et trébuchantes pour un grand nombre d’intermittents du spectacle…

Et si les attaques contre Charles Alloncle avaient moins à voir avec la défense d’un audiovisuel public de qualité qu’avec la sauvegarde du gagne-pain d’une petite caste de privilégiés ?

Picture of Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

104 commentaires

  1. Enfin merci les « artistes » !! Ils se bougent ! Il faut dire que le danger est mortel ! Alloncle embarque la démocratie avec lui ! Liberté atteinte ! Artillerie lourde contre cette Droite qui réussit.
    Cette engeance est indécente.

  2. Le torchon Le Monde toujours aux avant postes pour protéger la caste de hauts fonctionnaires pourris et inutiles critiquant les modes opératoires de la justice qu’eux mêmes approuvent quand ils appuient les tribunaux populaires contre les nationaux. Quelle faiblesse !

  3. OUF!
    Pendant un moment,j’ai cru que nous n’aurions pas eu droit au jugement des demi-Dieux de la création française.Fort heureusement,nos artistes ont comblé cette lacune et nous ne saurions trop les en remercier.
    Du haut de leur jardin d’Éden,ils ont consenti à commettre une tribune où des noms aussi fameux que Serge Hazanavicius,Léa Salamé,Laurent Delahousse et ses 3 coiffeurs à plein temps circulent en compagnie d’autres célébrités dont peut se targuer notre pays.
    Charles Alloncle est donc désigné par l’index vengeur de nos comédiens,cinéastes,présentateurs et autres écrivains oubliés qui,le temps de quelques phrases sentencieuses,redeviendront à la mode.
    On ne sait jamais,quelques subventions supplémentaires pourraient les aider à arrondir leurs difficiles fins de mois.

  4. Charles Alloncle assure simplement et du mieux possible la mission qui lui a été confiée. Il est remarquable et devrait servir de référence à bon nombre de français, dans nos actes de chaque jour pour que la France ne sombre pas. Peut-être qu’un jour ce type de « mission-enquête » pourrait se retrouver face à certains de nos juges… Car eux ausi ne sont pas au-dessus des lois. Merci encore à Boulevard Voltaire de prendre autant de risques, pour simplement nous informer. Car risque il y a…

  5. La peur des gauchistes de perdre beaucoup explique qu’ils s’agitent pour défendre leurs privilèges. Le Monde largement subventionné voit le boulet les frôler aussi.

  6. Les loups sortent du bois. Ils ont peur pour leurs petits intérêts. Ils aimeraient que le système continue au détriment des autres. Beaucoup ne peuvent plus les voir ces bobos. Que la commission continue à faire son enquête. Il est normal de savoir où passe l argent de ceux qui bossent.

    • Je vous laisse la primeur ‘Pierre Bonfils’ ayant eu la même idée mais avec un temps de retard pour l’exprimer. L’immonde journal qui se veut de la bonne parole journalistique. Ils sont tombés bien bas ces représentants d’une gauche qui ne cesse de l’être à force de malhonnêteté. Soutien total à Monsieur Alloncle.

  7. Autant de chef d’œuvres… (qui font un bide en salles…). Une petite caste de privilégiés qui vivent bien de l’audiovisuel qu’ils privatisent à leur profit.. Comme dit Melenchon ; dehors ! Tous dehors. Cet argent sera mieux utilisé pour la santé.

  8. C’était déjà le Monde qui en 1977 publiait des tribunes faisant l’apologie de la pédophilie. Décidément ce canard, sponsorisé par nos impôts n’en rate pas une, ni tous les gauchos donneurs de leçons qui biberonnent aux subventions pour pouvoir exister.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois