Dati lâchée par la Macronie : chance pour la gauche ou la droite nationale
Nouvel épisode des tensions traversant LR et la Macronie, depuis la formation du gouvernement Lecornu 2 ? Certainement. Rachida Dati fait partie de ces ministres LR ayant choisi de rester au gouvernement, avec l'appui de Laurent Wauquiez et contre la décision de Bruno Retailleau. Elle y avait un intérêt évident : s'assurer, en contrepartie, du soutien du parti présidentiel pour sa candidature aux municipales à Paris. Or, vendredi, le parti Renaissance, présidé par Gabriel Attal, vient d'annoncer qu'il ne soutiendrait pas Rachida Dati, pourtant en mesure de ravir Paris à la gauche d'après les sondages, mais Pierre-Yves Bournazel, le candidat du parti d'Édouard Philippe Horizons.
Dati, victime collatérale du braquage du Louvre
Le Figaro détaille les raisons qui ont conduit au refus d'adouber Dati. Le refus de l'aile gauche des macronistes, représentée par le haut-commissaire au Plan, Clément Beaune, de s'allier à la droite. Et l'élection de Barnier, à l'automne, pour laquelle Rachida Dati a négocié avec LR et Barnier sans inclure Renaissance dans l’équation. Mais il faut en ajouter deux autres qui expliquent ce lâchage. La stratégie d'Édouard Philippe de rupture (tardive) avec le macronisme alors que Dati a pensé opportun de poursuivre sa collaboration. Mais Dati est aussi une victime collatérale du braquage du Louvre : elle fait partie du club de ces irresponsables de la culture qui pensent que tout a bien fonctionné. Elle pense que l'affaire sera vite oubliée. Or, l'événement est devenu un véritable traumatisme national qui laissera des traces chez bien des Parisiens. Macroniste opportuniste, ministre de la Culture sans véritable projet de droite, élue LR félone : les nuages s'amoncellent pour celle qui a aussi des soucis judiciaires. Dans l’affaire dite « Renault-Nissan », la candidate sera jugée, en septembre 2026, pour « corruption ». Le risque pour ses ambitions politiques : une condamnation à une peine d’inéligibilité, six mois seulement après l’élection municipale.
L'alliance LR-Renaissance pour les municipales déjà caduque à Paris ?
Nul doute que la fragilisation de la candidature Dati va ouvrir des espaces. Pour le moment, la candidate, ministre LR dissident dans son propre parti, a réagi en dénonçant les fauteurs de division, dans un entretien au Parisien, mercredi 23 octobre : « Alors que l’alternance est à portée de main, ceux qui seraient tentés par la division devront l’assumer devant les Parisiens. » La candidature Bournazel contre Dati est un accroc majeur à la ligne de l'union de la droite et du centre. Et l'intervention de Larcher dans ce sens, dimanche dernier, analysée par Georges Michel pouvait s'inscrire dans cette opération de sauvetage du soldat Dati. Peine perdue : le lâchage Dati par ses amis macronistes est acté. Et un sondage publié par Le Parisien montre qu'elle a déjà perdu son statut de leader : elle est désormais devancée par le candidat socialiste Emmanuel Grégoire (22 % contre 21 %, Bounazel se hissant à 14 %).
Intentions de vote à Paris | @VerianGroup - @le_Parisien
E. Grégoire (PS-PC) : 22%
R. Dati (LR-UDI) : 21%
P-Y. Bournazel (RE-HOR) : 14%
D. Belliard (ECO) : 14%
S. Chikirou (LFI) : 13%
⚫️ T. Mariani (RN) : 9%
S. Knafo (R!) : 5% pic.twitter.com/Nn3xsZ0Z9H— Clément Macchi (@clement_mci) October 22, 2025
Cette division LR-Macronie va-t-elle redonner de l'air à une gauche pourtant affaiblie et elle-même divisée ? Elle peut aussi - et c'est ce que traduisent les 14 % de Bournazel - donner de l'espace à la droite nationale. Jadis inexistante à Paris, elle y fait patiemment son trou avec les très bons scores de Zemmour dans l'Ouest parisien et les 15 % de Marine Le Pen au second tour en 2022. Du jamais-vu dans ces terres de la gauche et du centre depuis trente ans. Avec des candidats médiatiques et dynamiques comme Thierry Mariani et Sarah Knafo, face à une gauche discréditée, un Emmanuel Grégoire et un Bournazel plus falots que jamais et une Dati devenue repoussoir pour les électeurs de droite, la droite nationale pourrait créer la surprise dans certains arrondissements. Surtout, cette (nouvelle) implosion de l'alliance sauve-qui-peut LR-Macronie dans la capitale, qui devait pourtant servir de modèle, aura des répercussions dans d'autres villes. Beaucoup d'élus de droite ne vont plus se sentir tenus par les choix d'un Larcher ou d'un Wauquiez. Ils ont voulu éviter un retour aux urnes : celles de mars 2026 pourraient leur réserver quelques surprises.
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60 commentaires
Il n’y a pas de place pour deux crocodiles pour le même marigot !
Les sondages ne sont que des moyens d’influence politique . Attendons les résultats des élections municipales pour voir de quel côté penche l’électorat parisien .
Il n’y a vraiment personne de mieux que cette liste ? Je ne suis pas pour madame Dati maire de Paris. On a assez ri.
Ça continue
Touiller la tambouille…
Que voulez-vous les crocodiles ne partagent pas leurs pitences. Chacun pour soi et Dieu reconnaîtra les siens, ainsi soit-il.
Voila ce que c’est de jouer a l’autruche, elle n’avait qu’a rester chez LR . C’est une traitre, comme tout ceux qui ont quitté le parti dès l’élection de Macron !!!!
Oui, mais LR va continuer à la soutenir… Malgré sa « trahison » qui n’en est pas une puisque tout le parti fait comme elle.
Dati a joué et probablement perdu pour avoir fait confiance à la macronie qui confirme bien sa gauchitude. Quant à E.Philippe, je préfère ne rien dire pour ne pas être désagréable
Les riches et les bourgeois désertent Paris. C’est devenu la « Cour des Miracles ». La Droite n’a donc aucune chance de passer.
pertinent…
UMPS…
Avec des intentions de vote à 43% pour les 2 seuls candidats PS et LR, on se demande si les parisiens n’ont finalement pas autre chose que ce qu’ils méritent. Une ville défigurée et toujours plus endettée dans laquelle il n’est quasiment plus possible de circuler autrement qu’à vélo ou en trottinette. De toute évidence, il n’en ont toujours pas assez et ils en redemandent. On peut être à peu près sûrs qu’avec Dati à la tête de la ville, les scandaleuses notes de frais d’Hildago n’apparaîtraient finalement plus que comme de menues dépenses.
Celle là aussi on l’a assez vue.
On en était resté aux habits dorés de la mairesse de Paris mais les dessous de l’élection prochaine valent leur pesant de complexité politique. Avant Chirac, ce poste n’était que cocquecigrue, on sait desormais qu’il peut être un tremplin aux présidentielles. D’où des choix délicats qui divisent en interne les partis. Hidalgo nous a montré ce que valaient les socialistes aux dernières élections mais on ne sait pas trop ce que vaudrait Dati. A force de coller une étiquette sur une étiquette, on ne sait plus ce que contient le bocal.
chirac sa place était maire de paris
Dati a choisi de trahir son parti en s’associant à la Macronie . Je ne la plains pas .
l’image des politiques en françe
Ce sont surtout les LR qui s’adonnent à cette activité !
Dati sera battue par une coalition adverse. Elle n’est pas crédible: un coup macroniste, un petit peu LR, selon les jours. Et franchement, LR en ce moment, qui a livré la France aux socialistes et aux impôts…Que les bobos se dépatouillent.
Vous savez cette ville a élu deux fois Hidalgo et l’autre socialo avant elle… alors tout est possible…