Décès de Sylviane Police : un drame familial et une tragédie nationale

Sans domicile depuis l'été, leur fils dénonce « une injustice insupportable ».
Capture d'écran X
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Jeudi 27 novembre avaient lieu, à Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique), les funérailles de Sylviane Police, une retraitée de 66 ans morte dans la rue alors qu’elle avait été expulsée de son logement avec son mari, l’été dernier. Leur fils, Maximilian, révolté, dénonce « une série de négligences et d’inactions des autorités locales », un « drame [qui] aurait pu – et aurait dû - être évité » et écrit sa colère au journal local L'Écho de la presqu’île guérandaise « pour que cette histoire soit connue, pour que les responsabilités soient mises en lumière et pour que plus jamais une famille ne soit abandonnée ainsi par les institutions censées la protéger ».

Quand la France abandonne ses anciens

Pour Maximilian Police, le fils de Sylviane, la mort de sa mère est dû à l’épuisement d’une vie sans domicile fixe subie depuis cet été. Le Parisien rapporte que le couple n’était pas sans aucune ressource puisque « Sylviane touch[ait] une retraite de 300 euros, son mari, ancien militaire, une retraite d’environ 1.600 euros [mais] les factures d’eau et d’électricité plombent les finances du couple qui a du mal à joindre les deux bouts ». C’est une spirale qui s’enclenche quand le ménage de retraités se retrouve avec un retard de loyer qu’il ne parvient pas à combler. Ils avaient donc déposé une demande de logement social auprès de la mairie de Piriac-sur-Mer dès 2020. Si leur fils a pu les loger au début, la solution n'était pas pérenne, puisqu'il a lui-même été obligé d'habiter chez la famille d'accueil de son épouse, rapporte Le Parisien. Contactée par BV, Emmanuelle Dacheux, le maire de Piriac, « profondément affectée [par ce drame] comme l’ensemble des agents de la commune », explique que « la tension du logement sur [leur] littoral, où les prix du marché privé sont élevés, rend les parcours d’accès au logement d’autant plus difficiles pour les ménages confrontés à la précarité […] » Selon l'élue, le dossier de relogement des Police a été retardé et « le couple dépassait le plafond de ressources pour pouvoir bénéficier d’un logement dans le parc social ». Le ménage Police aurait donc été considéré comme encore trop riche pour bénéficier d’un logement social ? Après une succession de logements précaires et temporaires, le couple vivait dans sa voiture depuis six jours, pourtant !

Une tragédie familiale et un drame national

Le maire de Piriac-sur-Mer explique à BV que cette attribution n’entre pas dans ses prérogatives, puisque « les communes accompagnent les ménages dans leurs démarches mais ne décident pas des attributions ». L’édile précise que « l’attribution des logements sociaux en Loire-Atlantique relève exclusivement des bailleurs sociaux, via le fichier unique départemental, avec un contingent géré par l’État au niveau préfectoral pour les situations prioritaires (DALO, urgences sociales…). Pour Piriac, les principaux bailleurs instructeurs des demandes sont les organismes Silène et le CISN. » Contactés par BV, ces derniers n’ont, pour l’heure, pas répondu à nos questions. Maximilian Police dénonce, auprès de BV, « des incohérences entre la mairie et les services sociaux » et ajoute que « [s]es parents avaient fait une demande de logement social qui était instruite donc, par conséquent, selon lui, ils étaient éligibles ». C’est sans doute ici que le drame familial devient une tragédie nationale et que le fils de Sylviane Police dénonce une incurie des institutions et veut faire la lumière sur les responsabilités de chacune d’entre elles.

Contribuer sans retour…

Ce qui ressort de ce drame, c’est, apparemment, une gestion purement administrative des dossiers de relogement, des décisions d’attributions qui ne tiendraient pas compte des situations particulières. En effet, au journal de la presqu’île guérandaise, Maximilian Police explique que « [s]on père, [est un] ancien militaire décoré de l’ordre national du Mérite, et [que s]a mère [était] femme au foyer dévouée, mère de quatre enfants ». Une vie à se donner sans retour, donc. La France n’est même pas capable de venir en aide à ceux qui ont travaillé, et durement, pour elle. Auprès du média local, Maximilian Police s’indigne de « cette injustice […] insupportable » et accuse les institutions d’avoir abandonné ses parents, non seulement sa mère parce que « [s]es enfants n’auront pas la chance de connaître leur grand-mère comme ils l’auraient dû », mais aussi « [s]on père, qui a servi la France avec honneur, se retrouve seul, brisé par la perte de celle qui s’est consacrée toute sa vie à sa famille ».

Le 25 novembre dernier, le Sénat a voté le gel des pensions de retraite en 2026 pour celles supérieures à 1.400 euros. Plus de la moitié des retraités seraient concernés par ce gel, pénalisant particulièrement ceux de la classe moyenne, ceux qui, comme Sylviane et son mari, sont considérés comme trop riches pour être pauvres mais assez pauvres, tout de même, pour sombrer dans la précarité.

Vos commentaires

99 commentaires

  1. Je ne suis pas allée bien loin dans l’article.
    1600€/mois ? Dur c’est certain, mais au point d’aller vivre dans la rue ? Les réseaux du coeur, le Secours catholique pour les vêtements ?
    Et le fils a laissé faire ?

    • Justement vous avez eu tort de ne pas lire l’article jusqu’au bout . Le fils en question n’est pas à la maison en permanence et il a sa vie et son travail , et il n’y a que 24 heures dans une journée . Et comment faites vous avec des services qui n’ouvrent que de 9 heures à Midi et de 14 à 17 heures sachant que les mercredi et vendredis ce sera niet , journée de l’enfant et RTT ? Les secours catholique et les restos du coeur ne sont pas disponibles H24 et ne sont pas là pour vous reloger surtout quand vous touchez trop pour être aider mais pas assez pour vous reloger rapidement ; C’est à ces gens là que la société doit répondre pour ne pas que cette partie de la société des gens moyens ne tombe pas dans une précarité injuste . Pour cela ,ne pas importer une population qui ne vivra que de l’aide sociale qui devrait être réservée uniquement au x autochtones français .

  2. Sylviane Police était une Française trop blanche pour notre état,peut étre que si elle et son mari avaient squatter une maison comme maintenant les propriétaires non plus le droit de les faire partir,mais sylviane était trop honnète pour faire cela.

  3. Les logements sociaux à la merci de décideurs qui ne sont la que par piston souvent de l’entourage politique , avec des syndics promus aux nombres d’affiches qu’ils posent lors des élections . C’est ce qu’on appelle manger a la gamelle.

  4. Ainsi va la France d’aujourd’hui, on loge des migrants illégaux , et on laisse des français mourir dehors
    Question : il y a 4 enfants , l’un d’eux s’est occupé de ses parents autant que faire se peut. Et les 3 autres ?

  5. La première caractéristique de nos élus : se dédouaner de toute responsabilité quand il y a manquement, et se féliciter, même quand ils n’y sont pour rien.
    Vous remarquerez au passage que la seule corporation à s’autoféliciter en permanence sont les politiciens.
    Le lien entre incompétence et autosatisfaction, aussi surprenant qu’il soit, est pourtant bien réel.

  6. Exemple de politique déshumanisée, où on laisse mourir dans la rue de pauvres gens qu’on aurait pu secourir, et où l’on prétend pouvoir accueillir toute la misère du monde.

  7. Je ne partage pas le sentiment exprimé ici sur ce cas.
    Avec presque 2000 € nets/mois il me semble que l’on peut vivre à deux à condition d’être vigilant.
    Piriac et le bord de mer sont très recherchés, mais en se reculant un peu on trouve plus abordable…
    L’Etat providence fait déjà beaucoup dans le domaine social, même si on peut effectivement lui reprocher des fantastiques lourdeurs administrative…
    Que faisaient donc les trois autres enfants de ce couple ?
    Si eux-mêmes ne se sont pas dévoués pour leurs parents, pourquoi serait-ce à la communauté de les prendre en charges ?
    Notre Pays crève justement de cet assistanat démesuré : « aide-toi et le ciel t’aidera ! »

    • je me garderais bien de porter un jugement sur ce cas dont l’issue est dramatique et correspond bien à la réputation de l’administration en France – Paix à son âme à cette pauvre femme, soutien total à son mari et ses enfants, petits enfants…. exemple même d’une famille Française laissée pour compte pendant qu’on met à l’abris les haineux et profiteurs de la caf !

    • Pb: tu ne trouves « personne » pour te louer un bien dans le privé sans références et a fortiori si t’as été expulsé pour défaut de paiement de loyer. Que font les zassoss caritatives . Les MNA et autres CPF, les demandeurs d’asile sont eux bien logés – à grand frais- dans des hôtels réquisitionnés ( Nicolas).

  8. Beaucoup de peine ressentie à la lecture de cet article, à l’égard de ce couple. Et d’indignation, bien sûr, à l’encontre des institutions, de l’administration, d’agents de l’Etat, incapables de se mobiliser quand des cas particuliers se présentent, trop bien casés dans leur emploi, certains de recevoir leur salaire en fin de mois, indifférents à la souffrance de compatriotes ! Comme d’autres contributeurs je m’interroge sur l’absence de réactions de la part des enfants, élevés pourtant au prix de sacrifices. Sont-ils tous dans la précarité ? Enfin, un mot sur les sénateurs, grassement ondoyés dans leur poste, qui osent serrer la vis aux retraités qui ont des pensions au-delà de 1400 euros, quand on sait que pour bien vieillir et ne pas être à charge à la société, il importe d’avoir recours à une bonne nourriture et des soins qui sont onéreux ! Au regard de l’ensemble de ces lacunes, un euphémisme, on devient révolutionnaire, souhaitant un renversement total et rapide de cette société qui bafoue la raison !

  9. Voilà notre belle France qui loge dans des hôtels, des châteaux etc. les migrants mais qui laisse mourir nos français dehors. Le Maire se défend en disant que ce n’était pas de sa compétence mais il aurait peut-être pu essayer d’intervenir auprès de qui de droit pour ne pas les laisser à la rue. Quelle tristesse de voir ça.

  10. Une ignominie que seule une administration véritablement socialiste peut permettre sans sourcillier , en appliquant sa politique sociale partisane . Madame le maire est très affectée , mais refuse l’accès à un logement social à ce couple pour dépassement du plafond de ressources . Quelqu’un connaît-il le montant du plafond de ressources requis , pour un hébergement de durée indéterminée dans un gymnase , un hôtel , une mairie pour une famille de clandestins migrants ?

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