[ÉDITO] Macron va reconnaître l’État palestinien : au nom de qui ?

Un Président qui « se la joue perso » sur la scène internationale.
macron onu 2018

17 % d’opinions favorables ! Encore un petit effort et Emmanuel Macron aura rejoint le niveau historique de François Hollande à l’automne 2014 : 13 % d’opinions favorables ! Et, donc, 83 % des Français, selon le baromètre exclusif IFOP-JDD, sont mécontents du président de la République. Le locataire de l’Élysée décroche dans les sondages mais s’accroche au poste. On frôle l’héroïsme.

Un sondage n’est pas une élection

Certes. Mais combien de temps cela va-t-il tenir ainsi ? Jusqu’au printemps 2027 ? On a comme un doute. Un gouvernement démissionnaire depuis bientôt deux semaines et qui gère, en principe, les affaires courantes, c’est-à-dire un gouvernement à la petite semelle, et ce, à quelques semaines à peine du débat crucial sur le projet de loi de finances (PLF) et projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Un Premier ministre qui pourrait bien ne pas passer l’automne, faute de majorité, et qui consulte. Au temps du défunt service militaire, il ne faisait pas bon être consultant, car on était supposé être malade. Et c’est dans ce contexte de grande instabilité politique intérieure qu’Emmanuel Macron se rend à New York pour reconnaître, au nom de la France, un État palestinien. Au nom de la France ? C’est ainsi, c’est la lecture stricte de notre Constitution qui fait du président de la République le chef de la diplomatie française.

Les Français divisés sur la question palestinienne

Certes, puisqu’on évoque les sondages, soyons objectif : un sondage Elabe montre que 53 % de nos compatriotes approuvent cette initiative du chef de l’État. 31 % sont « plutôt favorables », 22 % « tout à fait favorables ». En revanche, 27 % ne sont « pas vraiment d’accord » et 19 % « pas du tout d’accord ». Ce n’est donc pas un raz-de-marée pro-palestinien qui submerge notre pays. Preuve en est, d’ailleurs, cet autre sondage Elabe qui révèle que les Français sont massivement opposés (71 % !) à l’idée saugrenue d’Olivier Faure de pavoiser les mairies aux couleurs palestiniennes, ce 22 septembre. 40 % y sont même « très opposés ». Donc, schématiquement, la question palestinienne divise les Français (53 % pour, 47 % contre la reconnaissance). Français qui, massivement, se retrouvent sur l’idée qu’il ne faut pas importer le conflit israélo-palestinien sur notre sol : 71 % contre le pavoisement.

Ce n'est probablement pas en scrutant ces sondages qu'Emmanuel Macron a pris cette décision (dont l'annonce a été faite le 24 août). On évoque, bien sûr, la volonté de complaire à un certain électorat. On peut en douter, car il n'y aura pas de retour d'ascenseur ! La volonté de peser sur la scène internationale et d'y laisser sa marque y est sans doute pour beaucoup. Une scène internationale où, depuis huit ans, il a globalement tout raté. Mais que représente, sur la scène internationale, la décision d'un chef d'État qui ne dispose ni d’assise populaire, ni de majorité parlementaire, pourtant essentielle dans une démocratie représentative ? On voit le gouffre qui sépare un général de Gaulle et un Emmanuel Macron.

Du « trop-plein » au « trop-vide »

Par le passé, lorsque la cohabitation s’invita dans la vie politique de la Ve République, on eut droit à de savantes dissertations, exégèses et autres interprétations de notre Constitution : domaine supposé « réservé » ou « partagé ». On eut des cohabitations dures (Mitterrand-Chirac), un peu moins dures, tout du moins en apparence (Mitterrand-Balladur), des cohabitations gauche-droite et droite-gauche (Chirac-Jospin). Parfois, on eut des grincements, des frottements, des tiraillements sur la scène internationale : pas tellement sur le fond, mais pour des questions d’ego (c’est moi qui cause, pas toi !). On se souvient de la pique de Mitterrand à l’adresse de son Premier ministre Chirac, lors de la conférence de presse à l’issue du sommet du G7 à Tokyo : « La France n’a qu’une seule voix. » D’un côté, un Président qui avait la légitimité de son élection, de l’autre un Premier ministre, fort d’une majorité parlementaire solide, chef d’un gouvernement qui, selon la Constitution, « détermine et conduit la politique de la nation » et « dispose de l'administration [et donc de la diplomatie] et de la force armée ». En quelque sorte, on était dans le trop-plein de légitimités !

Mais aujourd’hui ? On a un Président, certes légitime au plan institutionnel, mais qui profite d’un « trop-vide » incongru et inédit depuis soixante-dix ans pour « se la jouer perso » sur la scène internationale. Et sur des sujets tellement délicats ! Est-ce bien raisonnable ?

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

246 commentaires

  1. Sortie de sa manche, emmmanchée d’un long mauvais coup, la carte palestinienne de Macron vise à transformer son fiasco intérieur par un éclat international. Encore un infantilisme, les derniers hoquets d’un ego en bribes. Ses amis d’hier le tiennent à distance ( Attal) et Lecornu tente de le corneriser dans les règles de l’art. Mais la réalité cogne dur.

  2. C’est le président de la France et des français paraît il. Celui qui décide tout seul sur la question palestinienne n’engage que lui même. Les français n’ont pas été consultés. Un esprit sain aurait dû réclamer la libération de tous les otages, la reconnaissance de l’état d’Israël et ensuite envisager un état palestinien sous conditions. La paix avant tout.

  3. Un Etat palestinien mais combien de fois les palestiniens ont refusé la création d’un Etat ? Notre tête de noeud est vraiment à côté de la plaque , il aura tout raté
    Vivement qu’il retourne à ses jeux de Pokémon , et le plus vite possible par une destitution ou une démission

    • 3 ou trois fois..au moins1948 a l’onu et 2002..le problème c’est que comme leur  » etat » ils n’existent pas vraiment,et il n’y a jamais eu de cohésion entre ceux qui viennent f’egypte et ceux de jordanie ou syrie..arafat était ne au caite en egypte,
      ….

  4. Reconnaitre l’état de Palestine tel que définit aujourd’hui revient à reconnaitre le Hamas en tant que « gouvernement démocratique » et par là même reconnaitre ses crimes. Après l’étoile jaune de triste mémoire, voici les juifs affublés d’une cible dans le dos.

    • @Hadrien , bien d’accord avec vous
      IL faut savoir qu’en Allemagne, des commerçants, notamment à Fribourg ont mis des affichettes appelant aux Juifs à ne pas avoir de magasins et de leur interdire l’accès au leurs, ça a commencé comme ça et on sait comment ça a fini
      Cette reconnaissance est une monumentale erreur et un crachat à Israël en plus le jour de leur nouvel an , et je ne tolère pas ce que je considère comme une allégeance à un état et organisation terroristes

  5. Reconnaître l’état palestinien alors qu’il n’existe pas, c’est bien une macronerie de plus dont on se serait bien passés. Si seulement il avait dit qu’il serait prêt à reconnaître l’état Palestinien en devenir à condition que le hamas ait déposé les armes et se soit dit prêt à renoncer à l’éradication de l’état d’Israël on aurait pu comprendre sa précipitation.

    • Il faut savoir que pas mal de pays arabes refusent la reconnaissance de l’état d’Israël et personne n’y trouve à y redire

  6. M. De Villiers aurait dû faire une pétition sur le maintien ou pas de guignol premier à l’Élysée . Mais qui l’a voté pour une deuxième fois ? Encore merci Mlp , on ne signe pas la pétition de M. Philippe De Villiers , et on nous remet un coup de Macron. M. Zemmour vite s’il vous plaît, le temps presse , il nous est compté.

  7. macron fait porter loin sa provocation, cette date du 22 septembre n’a rien d’anodin pour un juif !!! du 22 au 24 septembre c’est Roch Hachana ou la célébration de  » la tête de l’année  » . Jour symbolique pour les juifs et certes pas choisit au hasard par macron !!

  8. Macron se la joue dictateur en décidant souvent tout seul de la marche à suivre tel un dictateur ou monarque d’operette. Il ne parle plus au nom de la France mais au nom de Macron. Ce président usurpateur est devenu un grave danger pour notre grande nation qu’il détruit un peu plus chaque jour. 17% de sympathisants sans doute des sourds muets aveugles. Tout comme le Frexit est devenu nécessaire son départ ne peut attendre il y a pronostic vital engagé pour notre beau pays de France. Sa véritable mission n’est pas accomplie alors tel un PDG d’entreprise il doit laisser la place à plus compétent (e). Reconnaître un état Palestinien quand le Hamas sera totalement éradiqué. Là il apporte son soutien à des terroristes.

  9. Macron est un orgueilleux dangereux qui nous ridiculise aux yeux du monde et risque de nous entraîner dans une guerre avec la Russie en déformant la réalité des faits. Il est d’ailleurs bien aidé en cela par certains médias… Flamby n’a servi à rien mais il était moins toxique.

    • Tout à fait , un narcissique, un mégalomane qui se prend pour le président « du monde » ! Effrayant !
      J’en ai honte

    • Il faudra qu’un jour cet homme rende des comptes a la nation, son incompétence, son orgueil, sa cécité, mènent la France dans un abîme ou demeurent le ridicule, la misère et la décadence nationale.
      Nous ne sommes plus crédible.
      Reconnaître l’état Palestinien ? Oui bien sur, mais pas comme ça, pas sans contre partis, pas sans que les orages soient libéré, pas tant que le Hamas ne rend pas les armes, pas tant que le Hamas ne capitule pas et apporte les preuves nécessaires à la sécurité d’Israël.
      Cette reconnaissance ressemble a une volonté de destruction d’Israël.
      En cela c’est une faute grave

    • Non pas orgueilleux, aucune fierté, seulement vaniteux, imbu de sa personne et effectivement dangereux. Il n’a pas eu d’adolescence……on voit le résultat. Elle vient maintenant et malheureusement il a les clefs de la maison France. Comment mes compatriotes ont pu voter pour lui en 2017 et surtout récidiver en 2022!!!

  10. Au nom de qui ?
    Ben au nom du sien pardi !
    Macron n’en a strictement rien à faire de l’avis des français.
    Il veut que ça soit inscrit sur son socle jupitérien.
    Et tant pis si l’importation de palestiniens apporte dans ses bagages des terroristes, comme ce fût le cas dans l’histoire des précédents déplacements palestiniens dans l’histoire. Demandez à l’Égypte par exemple si elle en veut…
    À chaque fois qu’il a eu un déplacement de palestiniens dans l’histoire, à chaque fois certains se sont retournés violemment contre leurs hôtes…
    Le Liban ne s’en est jamais remis !

  11. Etat Palestinien , quel Etat ? Si on se réfère à la convention de Montévidéo 1933 , il faut quatre conditions dont deux sont absentes ici .
    Il faut un territoire et là le territoire n’est pas clairement défini , il faut un gouvernement et là « Palestine » est sous l’emprise d’une organisation politico-religieuse totalitaire et terroriste.
    La charte du Hamas ne reconnait pas l’Etat d’Israël et dit clairement qu’elle veut rayer de la carte « l’entité sioniste » .
    Alors , exhiber n’importe ou et surtout sur le fronton d’une mairie le drapeau palestinien est une aberration , un non sens , sauf à vouloir importer un conflit sur notre territoire , et à flatter une population nombreuse d’origine immigrée pour des raisons électorales intérieures .

    • Donc ? Massacrons et déportons l’entière population de Gaza ainsi que celle de la Cisjordanie ? Au nom de Dieu ?

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